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Cas@d€i - Page 110

  • La seconde surprise de l'amour

    lasecondesurprisesdelamour_001.jpgCela se passe au théatre des bouffes du nord jusqu'à demain, samedi soir 20 décembre, et c'est tout simplement formidable. Le théatre, tout prêt des acteurs, dont la diction est excellente, pleins de vie, l'amour donne des ailes, on le voit bien dans cette pièce.

    Marivaux avait déjà écrit Le triomphe de l'amour et avec La seconde surprise de l'amour on a une version davantage centrée sur le personne de la marquise, veuve éplorée qui va rencontrer l'amitié et/ou l'amour d'un chevalier, lui aussi non consolable de la perte de sa belle. Comme le dit Luc Bondy, metteur en scène, l'interêt de cette pièce est qu'elle pourrait s'arrêter avant la fin il n'y aurait rien dire, tous les dénouements sont possibles.

    La mise en scène est simple avec deux petites maisons, deux petits abris côtiers qui s'éloignent et se rapprochent au gré de l'évolution des sentiments.

    Tous les acteurs sont formidables, Marie Vialle pétillante et foldingue, Audrey Bonnet en Lisette et Micha Lescot en chevalier desarticulé et désespéré. J'ai trouvé le Comte et le philosophe moins convaincants car ils n'apparaissent pas vraiment comme des alternatives crédibles au Chevalier.

    Mais l'amour est aveugle!

  • Voyager avec Hérodote

    kapuscinski.jpgVoyager avec Hérodote, vivre à la manière d'Hérodote, témoigner comme Hérodote, c'est sans doute ce qu'a voulu vivre Ryszard Kapuscinski, journaliste, écrivain, poète polonais décédé en janvier 2007.

    J'avais lu à l'époque où je sillonais l'Afrique Ebène, livre magnifique qui narre quarante annnées de reportages ebene.jpgen Afrique et donc de rencontres, avec les grands, le shah, le négus, le rais...et les petites gens, les réfugiés ceux qui régulièrement sont jetés sur les routes de l'exil depuis tant d'années, un des meilleurs livres sur l'Afrique d'après les indépendances.

    Avec mes voyage avec Hérodote, on accompagne Ryszard, en Afrique, mais aussi en Chine, en Inde , auvoyage.jpg Caire, et au fil de l'enquête d'Hérodote, on cotoie Darius, Xerses...

    Pour tous ceux qui n'ont pas encre lu l'enquête d'Herodote, ce sera une découverte, une initiation, pour ceux qui l'ont déjà lu, une redécouverte, dans tous les cas c'est éblouissant.

    enquête.jpgHérodote nous invite à partir à la découverte du monde, des mondes : la culture d'autrui est un miroir permettant de se contempler afin de mieux se comprendre...

    Alors avec Ryszard et Hérodote prenons notre bâton de pélerin.

  • Coriolan

    Coriolan de William Shakespeare est joué au théatre des Amandiers à Nanterre. Le spectateur doit être motivé : RER pertubé et à Nanterre préfecture, trouver la navette qui conduit au théatre reste malgré les années qui passent une aventure, surtout dans le froid glacial de la semaine dernière...

    A la sortie vers minuit, on est ravi! la navette est là et le spectacle a été à la hauteur des attentes.

    Avec Shakespeare, comme d'habiture, on est plongé dans les grands questions politiques, questions qui traversent le temps. L'action se situe dans la Rome républicaine d'il y a 2500 ans et est jouée en costume élisabethains de l'Angleterre du XVII éme siècle, on aurait pu prendre les costumes contemporains les problèmes sont les mêmes.

    Opposition riches pauvres, patriciens plébéiens, démocratie, démagogie, oligarchie militaire, monarchie, tyrannie, machiavélisme, chaque classe travaillée par ses contradictions, tout y passe. Ascension, décadence, unité nationale, tous aux frontières, patriotisme national et famililal...chacun trouvera matière à reflexion dans ces presque 4 heures de théatre d'une pièce peu souvent jouée.

    Quelques regrets dans le mise en scène de Christian Schiaretti : beaucoup trop d'acteurs courent tout le temps notamment pour simuler les batailles à grandes envolées de drapeux rouges, la marre d'eau qui occupe le milieu de la scène est inutile, c'est peut être elle qui a conduit Wladimir Yordanoff-Coriolan à se blesser le 2 décembre, ce qui l'oblige à jouer avec des béquilles, le chef des Volsques est le plus souvent incompréhensible et la mère de Coriolan  (Hélène Vincent) est plus hystérique que machiavélique, mais elle est possessive ce qui est essentiel pour les tenants de la psychanalyse.

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    Coriolan vaincu par sa femme et sa mère de Nicolas Poussin

    En revanche Roland Bertin est impérial dans le rôle de Ménénius, sénateur prêt à tous les compromis et revirements, il illustre bien les affres de la démocratie face aux périls intérieurs et extérieurs qui la menace constamment. La mise en scène de façon générale ne prend pas parti entre le surhomme qu'est Coriolan, avec toute l'arrogance et le mépris dans lequel il tient le peuple, et la démocratie, représentée par les tribuns rapidement assoupis dans les ors du pouvoir qui donnent aux romains la paix et le confort mais la laissent à la merci des barbares...

    A ne pas manquer!

  • Touristes vs usagers

    vrac 022.jpgL'accès de la Gare de Lyon rue de Bercy n'est déjà pas très folichon d'habitude mais depuis quelques jours, il est franchement nauséeux.

    L'usager doit se frayer son chemin au milieu des immondices.

    Qui est responsable? la RATP, la SNCF, la ville de Paris?

    Personne a priori.

    Les Champs Elysées sont briqués pour les touristes, pas la Gare de Lyon pour les usagers. Pourquoi s'en faire, de toute façon il faudra bien qu'ils repssaent demain, pour aller gagner leur pain.

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  • Bilinguisme

    h_14_ill_1130027_belgium.jpgAvec cette photo (AP/Thierry Charlier) d'un policier belge, parue à la Une du Monde.fr, on se rend compte qu'en Belgique, le respect du bilinguisme l'emporte sur l'objectif de visibilité ou de reconnaissance de la police : on préfère écrire police en deux langues plutôt qu'en une seule au détriment de la taille des caractères qui s'ils étaient plus grands permettraient une meilleure perception de la qualité des fonctionnaires rencontrés au coin de la rue! Au fait, il y a une minorité allemande en Belgique, il faudrait ajutéer Polizei sur les blousons! Comment font-ils dans la Confédération helvétique avec leur quatre langues?

  • Vendre son âme à la BD?

    Angoulême est, qui l'ignore encore, la capitale de la BD grâce à son festival, chaque année fin janvier. Ce festival initié par quelques passionnés a grandi d'années en années, les fondateurs ayant été rapidement remplacés par des professionnels de la communication, proches des éditeurs et des élus. C'et une vraie réussite en termes de notoriété, d'image et même de créations d'emplois, puisque plusieurs studios y ont fait racine. Certes, ce n'est pas encore la Silicon valley, mais tout de même Angoulême est un pôle attractif dans la mesure où il existe désormais un micro marché local de l'emploi dans le domaine du dessin animé, des animations vidéos, du film d'animation...

    Mais trop c'est trop, Angoulême est en passe de vendre son âme à la BD au détriment peut-être de la mise en valeur de ses autres atoûts.

    angoulème6.jpgLe voyageur de passage qui emprunte tout naturellement l'artère piétonne se rend compte rapidement que toutes les plasques et les numéros de rue ont été changé pour adopter la forme de bulles (combien ça coûte?), informatives au demeurant. On apprend ainsi que la rue des arceaux se dénommait autrefois rue du fanatisme parce que Ravaiilac (1610 ..) y demeura.

    Les murs peints ou les trompe l'oeil sont tous consacrés à la BD, comme celui-ci de Got et Pétillon (le angoulème 7.jpgbaron noir) "vous n'en avez pas marre de tout ce mouton"...Peu inspiré!

    L'artère piétonne, à savoir la rue de Marengo puis la rue de Périgueux ont été débaptisées pour prendre les noms de rue Hergé et de Rue Goscinny. Tant qu'à faire de baptiser les voies publiques autant le faire pour célébrer si possible des personnalités locales! La Charente n'en maqnue pas de François Mitterand à Félix Gaillard, en passant par Jean Monnet ou Pierre Marcilhacy. pour s'en tenir aux homes politiques. A quoi bon célébrer Hergé et Goscinny qui sont déjà dans tous les bacs...mais je suis de mauvaise foi...

    Le pire c'est l'aménagement de la place du champ de mars. La création du centre commercial sur deux niveaux dont un enterré est une excellente inititiative, elle renforce l'attractivité du centre vile vis à vis des grandes surfaces de la périphérie. Mais que dire de cet espace non aménagé entre le centre commercial et un batiment neuf apparemment totalement inoccupé dans les étages. Cette béance, ce vide sidéral, cette étendue de béton sans arbre, sans aucun mobilier urbain est destinée à accueilir trois jours par an les bulles du salon de la BD. Bravo aux architectes et aux aménageurs pour leur créativité.

    angoulème 2.jpg

    Pourtant la ville regorge par ailleurs de trésors d'architecture mis récemment en valeur comme l'immeuble des Galeries lafayette, superbement améagé, ou la nouvelle entrée du musée même si on peut regretter d'avoir l'oeil davantage attiré par un personnage de Chaval en polystrène que par la statue de Girard II, l'évêque fondateur de la Cathédrale Saint Pierre dont on ne se lasse pas d'admirer la façade...

    A trop réduire son identité à la BD, Angoulême court un risque. Mieux vaudrait diversifier les images, le proverbe dit bien qu'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier...et les atouts à mettre en valeur ne manquent pas : préhistoire, circuit des remparts, gastronomades, vallée de la charente, musiques métisses,  Il n'ya pas que la BD dans la vie!

  • Je veux voir

    je_veux_voir_fichefilm_imagesfilm.jpgJe veux voir! C'est la réponse de Mademoiselle Catherine Deneuve, venue à Beyrouth pour un gala de bienfaisance après la guerre de 2006 à deux diplomates de l'Ambassade de France, Brigitte et Joseph, qui essaient, c'est leur métier, de la dissuader d'aller dans le sud à la frontière d'Israël, des risques, des ennuis, des moyens à mettre en oeuvre...

    Alors on voit Catherine Deneuve et Rabih Mroue, acteur libanais, au français hésitant, parcourir en voiture Beyrouth et le Sud liban

    C'est un grand plaisir après trois mois de revoir en images le Liban, c'est très familier, à portée de main, l'urbanisme, les paysages, le désordre, les gens...

    On voit l'entrée de l'hôtel Phoenicia.

    On voit une Catherine Deneuve en saharienne, angoissée, allumant cigarette sur cigarette, le danger est partout : l'absence de respect du code de la route, feu rouge, feu vert, c'est pareil...On ne voit pas l'Etat, le grand absent depuis la guerre de 1975!

    On voit les ruines nées des différentes guerres :on parle de la Tour Murr, monument implicite de la guerre de 75-90, on voit les ponts bombardés, les immeubles détruits par la dernière guerre, des gravats...

    On devine, on entend les interventions des milices islamiques dans la banlieue sud : pas le droit de filmer, pas d'autorisation...

    Dans le sud on entend la chasse israélienne passer le mur du son à basse altitude : après les bombardements de l'été, ce n'est rien

    On voit, à Bint Jbeil, Rabih Mroué chercher la maison de sa grand mère dans les ruines sans la trouver, plus rien n'est comme avant! Disparues la rue, la salle à manger, la cuisine, la chambre, parties à la mer avec les débris...

    La mer, cette promesse de départ dont parle justement Rabih Mroué dans la pièce de théatre  l'homme d'hier (cf.chronique précédente).

    On voit les badauds, surtout des hommes, à Bint Jbeil, se demander ce que fait cette femme blanche, seule dans une voiture, la reconnaissent-ils?

    On voit la Finul toute en blanc à la frontière israélienne, on emprunte un moment un petite route tout près de la frontière, à pied histoire de dire qu'on y était, je n'y suis jamais allé...

    On se fait peur en empruntant par inadvertance une route potentiellement minée.

    On revient à Beyrouth, on emprunte les tiunnels, on retrouve le Phoenicia.

    Gala de bienfaisance, le tout Beyrouth est là, les flashs... On voit Mademoiselle Catherine Deneuve, en robe de soirée faire son métier de star aux côtés de Bernard Emié qui fait son métier d'ambassadeur, chacun dans son rôle, de vrais professionnels, Catherine préférerait retrouver son collègue Rabih, tout sourire, mais pas invité à la table d'honneur...

  • L'homme d'hier

    Dans la Salle du haut du théatre de la Bastille, un seul acteur, qui va rester assis derrière un petit bureau pendant un peu plus d'une heure devant un grand écran où vont défiler des images de Beyrouth, des plans, des photos...

    homme d'hier.jpgPari réussi de Tiago Rodrigues, acteur et dramaturge portugais qui à l'occasion d'un voyage à Beyrouth a rencontré Rabih Mroué, acteur libanais que l'on peut voir sur les écrans aux côtés de Catherine Deneuve dans "je veux voir" et Tony Chacar, architecte, libanais lui aussi.

    Tiago Rodrigues nous raconte une fable, celle  de son voyage à Beyrouth où il va chercher à l'aide d'un lhommedhierGd.jpgvieux plan son chemin. Il ne va pas le trouver mais va rencontrer d'autres Tiago, ses doubles d'une autre époque, d'un autre Beyrouth. Dédoublements multiples des identités, sédimentations successives de la ville sur elle-même, sédimentations de nos identités elles-mêmes...

    Dans chaque ville, il y a une autre ville, dans chaque individu un autre individu ; au fil du temps le narrateur confronté à toutes ses identités, à tous ces visages de la ville, ne sait plus trop qui il est. Alors, il cherche la mer, sans la trouver.

    La mer, une promesse de départ! le départ, une solution pour se retrouver soi-même, ce que font de nombreux libanais!

  • Art Chartrons

    Bordeaux au coeur du Port de la lune se déroulait vendredi, samedi et dimanche derniers le 3éme parcours indépendant des galeries d'art des chartrons. Là au moins, il ne pleuvait pas et malgré le temps, l'initiative a rencontré son public, du moins en apparence, il y avait toujours du monde dans les galeries.

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    S'y cotoyaient le pire et le meilleur, mais c'est affaire de goût personnel, en matière d'art, il faut se souvenir des consignes que l'on recevait enfant : on ne dit pas "c'est pas beau", on dit "j'aime pas tellement"... même si on déteste franchement.

    Alors, le premier intérêt d'une telle initiative c'est sur les quais des Chartons et de Bacalan de découvrir de l'intérieur de beaux immeubles, du XVII ou XVIII, plus ou moins bien rénovés, d'emprunter des ruelles jamais fréquentées pour se rendre au Hangar à boisl'Annexe du cours de la Martinique et au Faubourg des Arts..., de découvrir au hasard de ces pas le Glob théatre...

    Le second c'est donc de découvrir des oeuvres. J'ai particulièrement apprécié les artistes de l'Atelier 18 quai de Bacalan : Buisson, Durrey, Leguellec, les photographes africains exposés à la Porte 44 du faubourg des arts et les artistes allemands du "Berliner collage" à la galerie MLS du quai des Chartrons.

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    Galerie MLS

    Tous les gens croisés avaient l'air heureux, c'est l'essentiel.

    A l'année prochaine pour un nouveau parcours et à très bientôt dans les galeries. 

  • La Mère Agitée

    Une bonne adresse pour dîner comme à la maison! C'est rue Campagne première, près de la station de métro Raspail, à Paris.

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    Au RdC, la salle est petite, de quoi installer une vingtaine de clients au maximum et il y a une cave voutée pour les groupes (35 places) sur réservation.

    C'est comme à la maison à savoir qu'il n'y a pas de carte, même pas de menu affiché! Hier soir en entrée c'était soupière de velouté aux courgettes, excellent, de quoi se faire chacun deux bonnes assiettes creuses ou tranche de pâté; de la joue de cochon comme plat du jour, sans doute cuit très lentement, longtemps, presque confit, la viande fond dans la bouche, avec quelques légumes genre pot au feu; en dessert poires pochées à la crème anglaise. Le tout arrosé d'une carafe de côtes du Rhône.

    L'établissement existe depuis quinze ans. Il est tenu par Valérie (la mère agitée) et Dominique : http://www.lamereagitee.fr/index.html

    La patronne a tous les talents, cuisine bien sûr, bridge, jeu qu'elle pratique avec son PC en réseau, littérature...Dominique s'immisce dans les conversations, toujours sur un mode bon enfant : on est en famille. Ambiance très sympathique, abord simple, une excellente adresse à partager entre amis, et en plus il y a des animations les premiers mardi (jazz manouche) et mercredi (chant traditionnel) du mois. Compter un  peu moins de 30 euros par personne le soir.