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Cas@d€i

  • Lisière

    voici un bel ouvrage de Kapka Kabassova, une actrice comme on dit maintenant, bref une auteure bulgare aujourd'hui âgée de 47 ans qui émigra à la fin de son adolescence en Nouvelle-Zélande où elle étudia la français à l'université et qui vit lorsqu'elle ne voyage pas en Ecosse.

    Avec ce récit elle revient en Bulgarie, dans le sud aux confins de la Grèce et de la Turquie. Et c'est l'occasion d'une suite de récits qui mêlent histoire, mythologie, légendes, philosophie, géographie.

    Cette région méconnue aux frontières qui ont été déplacées maintes fois a vu passer des milliers de pauvres gens, réfugiés, fugitifs, militaires, garde-frontières, passeurs. Les populations ont été islamisées, christianisés, ont été obligées de changer de nom, de nationalité, ont dénoncé, été dénoncées, assassinées par les pouvoirs en place, les voisins, les mafias, les chercheurs de trésor. Les rappels historiques sont illustrées des témoignages des héros anonymes rencontrées par l'auteure, des personnes attachantes, d'une grande simplicité si ce n'est toujours dune grande moralité.

    La forêt, profonde, garde trace des thraces, ses premiers occupants, les rivières sont vivantes, les sources magiques mais tout cela sera bientôt du passé car les progrès est là qui arrive...

    Et pour ne rien gâcher, l'écriture est belle.

  • Dans les quartiers

    Le confinement dans les quartiers prioritaires de la ville, en langue technocratique, dans les quartiers populaires en fait, ceux qui sont caractérisés par l'illettrisme, l'absence d'Internet, des petits logements, beaucoup de jeunes, peu d'emploi, c'est difficile et l'explosion n'est souvent pas loin. Le couvre-feu serait probablement une provocation. Alors la communication, adaptée à ce public, fait preuve d'une belle créativité, qu'il faut saluer et diffuser...

  • Manu Dibango

    Merci, Merci, Merci! Nous avions eu le bonheur de le voir à Jazz in Marciac l'été dernier.

  • Confinement - Jour 5

    Cinquième jour. Le Pont Chaban-Delmas est désert ce matin. Je suis allé courir les 2 km autorisés, pas sur les quais de la Garonne, c'est désormais interdit, et même barriéré, mais le long des immeubles. Une voiture passe de temps à autre, les trams sont vides, leur cadence sera réduite la semaine prochaine, toutes les vingt minutes, et le trafic ne commence qu'à 6:30 pour s'arrêter à 20:30, une difficulté de plus pour les soignants qui habitent souvent loin du centre et travaillent en horaires décalés.

    La rue Notre-Dame pas loin de chez nous est vraiment villageoise, peu de monde, la plupart des commerces fermés, sauf le marchand de légumes, la petite boulangerie, bio coop... on entend les oiseaux, les conversations dans les appartements, d'une certaine façon c'est charmant...Ailleurs c'est le silence.

    A la maison, on fait plus de cuisine, de lecture, de rangement, on a une liste de tâches à effectuer chaque jour, trier l'épicerie, nettoyer le micro-ondes, le frigo...on en a pour trente jours de tâches, de confinement on ne sait pas!

    Bon courage à tous et toutes.

  • Guerre et paix

    Ce n'est pas une relecture mais un découverte. J'ai mis longtemps à m'y mettre et si vous êtes comme moi allez y, surtout en cette période de confinement. Les éditions Points ont retenu une version courte, Tolstoi a publié ce roman d'abord en feuilleton puis en plusieurs éditions toutes différentes. Cette version, ramassée, met l'accent sur les aspects romanesques au détriment de passages philosophiques prétendument trop longs.

    Peu importe, c'est une oeuvre brillante et attachante que l'on abandonne une fois lue avec regrets tant les personnages au fil des pages nous sont devenus familiers.

    Il y a bien sûr l'aspect historique, les conquêtes de Napoléon en Europe, Austerlitz, Borodino, la prise de Moscou, son incendie et la débâcle des français. L'opposition entre deux empereurs. L'un issu de la révolution française, Alexandre porté par une aristocratie rétrograde, autant que brillante.

    Il y a les batailles, sabre au clair, les stratégies militaires, dont Tolstoi nous explique qu'elle ne sont qu'apparentes, bricolées par les circonstances, l'essentiel étant de faire peur à l'adversaire pour qu'il fuit... les mesquineries entre les généraux, des deux côtés, la recherche de la gloire, des places, des honneurs, la misère des blessés...

    Il y a les salons de l'aristocratie russe à Petersbourg, on y parle français, on y est bienveillant chez les Rostov, fiers chez les Bolkonski,il y a les mariages à arranger, les dots à saisir pour les nobles désargentés, les planques dans les Etats-majors pour les fils de bonne famille, les vrais héros romantiques comme le prince Andrei, les bandits comme Dolokhov, les illuminés comme Pierre Bezooukhov, héritier richissime qui ne parvient à rien faire de sa vie, même si c'est une pure intelligence, les francs maçons, les grenouilles de bénitiers, les serfs oppressés par leur maîtres tout puissant.

    Il y a du fatalisme chez Tolstoi, l'homme est le jouet du destin et n'a guerre de prise sur lui. on vit, on meurt, on flirte, on se bat, on trahit, on pardonne...mais on ne fait pas l'histoire.

    Et il y a de la poésie : 

    "Comme les nuages glissent paisiblement, pendant que nous sommes là, à courir, lutter et crier. Pourquoi n'avais-je encore jamais remarqué la profondeur du ciel ? Comme je suis heureux d'avoir découvert cela. La guerre, la gloire, toutes ces choses auxquelles j'aspirais tant n'ont plus aucun sens. Tout est vanité, tout est tromperie, hormis l'immensité du ciel." Le Prince Andrei blessé sur le champ de bataille à Austerlitz. 

  • Antigone

    Pendant l'allocution de Macron, sur le covid19 nous étions tranquillement ou inconsciemment au Théâtre National  de Bordeaux Aquitaine pour assister à la représentation d'Antigone par un troupe d'acteurs ukrainiens et russes. C'est cela les abonnements. La salle était pleine de jeunes scolaires et de retraités, personnes vulnérables. Mais qu'importe, le spectacle en valait la peine.

    Antigone est toujours un texte très moderne même si dans cette mise en scène un peu rude, Créon nous est apparu très cruel, pas du tout tourmenté par le dilemme qui fait l'objet de l'intrigue. La musique qui accompagnait la représentation avec parfois des accents punk rock rap est magnifiquement interprétée par le choeur et adapté à la sévérité de l'action.

    Pour les ukrainiens, qui se sont révoltés il y a plusieurs années, il est évident qu'Antigone renvoie à la nécessaire désobéissance civile face à l'oppression. Antigone est et restera actuelle longtemps!

    Une excellente soirée.

  • Port-Soudan

    Très beau Livre! Dans ce récit, Olivier Rolin qui s'est retiré depuis quelques années à Port-Soudan, loin de l'agitation parisienne, où il y survit de petits trafics, apprend la mort d'un de ses amis de jeunesse, à Paris.

    Il décide d'aller à Paris. et il enquête sur les dernières années de son ami. Auprès de sa femme de ménage, des voisins, il arpente le jardin du Luxembourg, il se rend à l'hôpital psychiatrique ou a séjourné son camarade, il évoque leurs années de révolutionnaires, sa dernière compagne, très jeune, habillée de blanc et de noir, qui a quitté son ami brutalement. La séparation, c'est pire que la mort, une espèce de trahison.

    C'est très beau, très bien écrit. 

  • Kosmos, l'épopée des particules et ... La Llorana

    Agréable à lire, j'ai toujours rêvé sans y parvenir, de maîtriser la mécanique quantique, de comprendre la différence entre relativité restreinte et relativité générale. 

    Ce petit livre qui alterne passages scientifiques et petite histoire aide à s'approcher de cet objectif. J'entame la deuxième lecture et je comprends de mieux en mieu : la différence entre énergie, charge, intensité, proton, électron, matière antimatière.

    Cela reste difficile, la lumière est ainsi une onde mais aussi un faisceau de particules, en mécanique quantique, rien n'est sûr, il n'y a que des probabilité et parfois pas de solutions...

    Je recommande, 

    et je recommande aussi au passage d'aller voir au cinéma La Llorana un très beau film qui met en scène un huis- clos entre la famille d'un dictateur guatémaltèque déchu mais blanchi par un tribunal complaisant du crime de génocide et le peuples maya avec en filigrane une légende de pleureuses...

  • The narrow corridor

    Désolé,  ce livre pas encore été traduit à ma connaissance en français. IL s'agit d'une vaste fresque qui analyse à partir de l'histoire des Etats sur l'ensemble des continents la relation entre l'Etat et la société. 

    Tous les cas sont possibles il peut y avoir une société forte sans Etat, c'est le cas de certaines sociétés dites primitives, comme les Tiv, un Etat fort sans société, la Chine de Mao par exemple. L'idéal est de se déployer au sein d'un étroit corridor où les pouvoirs de l'Etat et de la société se renforcent simultanément et se contrôlent mutuellement. C'est le parcours des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de bien d'autres. 

    Tous les cas de figure sont abondamment commentés appuyés sur des faits historiques et la leçon à retenir est que la vigilance s'impose, un pays peut sortir du corridor, la république de Weimar, par exemple, et il est difficile d'y rentrer.

    En France, il nous faut être attentif à équilibrer constamment pouvoir croissant de l'Etat et pouvoir de la société, des corps intermédiaires, autrement la sortie de route est possible. A bon entendeur...

    corridor2.jpg

    En ordonnée le pouvoir de l'Etat, en abscisse, celui de la société

  • 1917

    Un bon film d'immersion, l'attention ne se relâche pas une seconde, de très belles images. Mais c'est peu réaliste pour décrire la guerre de 1914 et l'enfer des tranchées. peu crédible d'envoyer deux jeunes caporaux traverser les lignes ennemies pour porter un message il y avait sans doute d'autre moyens. Peu crédible d'arrirer à accomplir cette mission impossible. Pas un mot sur le ressenti des appelés à l'égard d'une hiérarchie militaire aujourd'hui largement déconsidérée. Des alternances de paysages dantesques et de prairies verdoyantes peu réalistes. Une rivière qui ressemble à grand gave en montagne avec des remous et des rapides... une scène surréaliste dans un village en ruine avec une jeune femme et un Bébé...

    J'ai tout de même pensé pendant tout le film à mon grand-père et ses frères...