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Cas@d€i

  • Solferino

    Solferino? pour les parisiens c'est une station de métro de la ligne 12, pratique pour se rendre au Musée d'Orsay, pour les observateurs de la vie politique le siège du Parti Socialiste, pour encore peu de temps. C'est surtout une bataille, une victoire de Napoléon III et de l'alliance franco-sarde contre l'empire d'Autriche de François-Joseph, le 24 juin 1859. Bataille illustrée par ce tableau de Jean-Louis-Ernest Meissonier.

    Cette bataille, elle est encore peu présente dans les esprit. Si j'en parle, c'est parce que à l'occasion d'une petite visite au bourg de Saint-Clar dans le Gers, la capitale de l'ail, j'ai découvert sur le monument aux morts le nom de Jean Lestrade du 49e de ligne, mort pour la patrie à Solférino, petit village lombard de 2500 âmes aujourd'hui.

    saint clar.png

    On voit de temps à autre sur les monuments aux morts, les victimes de la guerre de 1870, c'est la première fois que je vois célébrés les héros de Solférino.

    Doù cette chronique, l'occasion de rendre hommages aux quelques 320000 soldats qui se sont affrontés au cours de ces batailles, batailles meurtrières à l'origine de la fondation par Henry Dunant de la Croix rouge internationale.

  • La vie parisienne

    Une belle réussite que cette opérette d'Offenbach au Grand théâtre de Bordeaux en ouverture de la saison, vue mardi dernier.

    Bien sût, c'est une petit clin d'oeil à l'arrivée de la LGV, Bordeaux n'est plus qu'à 2heures 04 de Paris, et n'a jamais été aussi près de la vie parisienne à moins que ce ne soit désormais le contraire.

    Tout le grand théâtre était mobilisé, : l'orchestre, le ballet, le choeur sur une scène qui s'est révélée un petit peu petite. Faudra -t-il aller jouer à l'Arena de FLoirac? Marc Minkowski, tout en mouvement a été parfait même si on a du mal comprendre comment ses musiciens arrivent à comprendre sa gestuelle peu ordinaire.

    La mise en scène était parfaite surtout du rythme c'est essentiel pour ce spectacle. et du contemporain avec beaucoup de clins d'oeil. Des hipsters et des personnages que l'on pouvait s'amuser à reconnaitre, Mme de Fontenay, Liliane Bettencourt, Sonia Rykiel, Mireille d'Arc dans le grand blond, Karl Lagerfeld... la costumière s'est sans doute bien amusée.

  • Underground Railroad

    Le livre est disponible en français malgré son titre anglais. Il a obtenu le prix Pulitzer. il conte l'histoire de Cora, esclave américaine noire de seize ans abandonnée par sa mère Mabel qui va vivre une épopée incroyable pour retrouver sa liberté. L'action se situe avant la guerre de sécession.

    Au début, dans sa plantation de coton, Cora se contente de se battre pour survivre. Survivre aux privations, à la violence quotidienne, au manque d'amour, aux assauts sexuels d propriétaires et de ses fils. Elle ne sait pas ce qu'il est advenue de sa mère partie pour être libre, partie en abandonnant son enfant.

    Et puis un jour, elle rencontre Caesar, qui lui propose de partir à deux dans les Etats du Nord, là où il n'y pas d'esclavage.

    L'auteur imagine qu'il prennent un train souterrain, d'où le titre, un réseau ferré qui matérialise ici le réseau de passeurs, de solidarités, appelé dès l'époque underground railroad, qui a existé avant l'abolition pour aider les esclaves à passer du nord au sud.

    Il y a des passeurs, des abolitionnistes, blancs, qui risquent leur vie, torture, pendaison, et il y a des chasseurs d'esclaves, des chasseurs de primes, mandatés par les propriétaires qui veulent tout à la fois récupérer ce qu'ils appellent leur bien, c'est la meilleure hypothèse, plus souvent pour les supplicier à titre d'exemple.

    Le livre est très fort, d'espoir, de bravoure, de défaites, de trahisons, de réussites tout au long d'un parcours qui nous mène de la Virginie à l'Indiana . Il est long le chemin de la liberté.

    Depuis le début, l'Amérique est mal partie, génocide des indiens et esclavage. Elle a toujours du mal à s'en remettre.

  • Gasa Gasa girl

    La gasa-gasa girl, c'est Mari, la fille de Mas Arai, un retraité jardinier rescapé d'Hiroshima qui vit sur la cote ouest de Etats-Unis.
     
    En japonais, gasa-gasa, signifie toujours en mouvement, turbulent, excité. Mari n'a pas réussi après l'adolescence à s'entendre avec son père et est partie vivre à New-York ou elle s'est mariée depuis avec un américain, LLyods un vrai pas un fils de réfugié japonais. Et elle vient d'avoir un bébé.
     
    Mais un jour, elle appelle son père à l'aide. S'ensuit une série de rebondissement dans lequel un millionnaire d'origine à moitié japonaise est retrouvé mort dans le bassin d'an ancien jardin japonais de New-York qu'il avait entrepris de faire restaurer par le mari de Mari.
     
    Mas, très observateur, repère aussitôt des indices qui n'intéresse guère la police et soucieux de préserver sa fille et sa famille du risque d'une errreur judiciaire va s'impliquer avec un vieux copain japonais qu'il retrouve à New-York dans une enquête policière. C'est l'occasion de redécouvrir New-York sous le regard d'un japonais de Los Angeles qui va de découverte en stupéfaction mais finit pas s'en sortir...
     
    Alors dans ce roman, il y a bien sûr l'enquête policière mais surtout le plaisir de faire connaissance de ce milieu des japonais des Etats-Unis avec son vocabulaire spécifique, ses traditions conservées, son souci d'intégration, la méfiance qu'il continue de susciter.
     
    Un bon moment de lecture en anglais.
     
     

  • Vendanges en Lomagne gersoise

    Vendanges au Rosier d'Angélique, samedi dernier, chez Nelly, Francis et Séraphin mais sans Angélique, retenue par ailleurs. Une petite propriété d'une dizaine d'hectares, familiale depuis quatre générations.

    Bien sûr, cette semaine, la vendange a été faite par un entrepreneur à la machine. Mais samedi dernier, à l'invitation des susnommés, voisins et amis, une petite trentaine de personnes, sont venus à partir de huit heures trente manier le sécateur et la hotte pour débuter la vendange à l'ancienne.

    En fin de matinée, envoi de la vendange au pressoir, nettoyage des paniers, des sécateurs et enfin on déguste le premier moût, bien sucré cette année avec tout le soleil de l'été.

    Et puis tout cela se termine par un bon repas offert par nos hôtes, on fait connaissance, on se découvre ou se redécouvre, heureux d'avoir partagé ce moment.

    Pour visiter et acheter les crus de Gascogne de la propriété : Le Rosier d'Angélique

  • Festival de musique de La Chaise-Dieu

    Comme on peut le lire sur la photo, ce festival était dédié à Ludovic Morot-Sibillot, docteur en immunologie, chercheur, batteur, bénévole depuis plusieurs années, apte à toutes les tâches, toujours en mouvement et disponible. J'ai eu le plaisir et l'honneur de donner un peu de mon temps au Festival à ses côtés ces dernières années. il a rejoint brutalement, le 24 juin dernier, s'ils existent, les anges musiciens que l'on peut admirer sur la gauche juste avant d'entrer dans le choeur de l'abbatiale en arrivant du cloître.

    Six concerts seulement cette année, la première depuis que nous n'avons plus de pied à terre à La Chaise-Dieu. Mais six beaux concerts : le récital de piano de Michaël Levinas (Bach, Beethoven, Debussy et Levinas), le Requiem de Verdi par l'Orchestre et le choeur de Milan sous la direction de Daniel Kawka, un concert de l'Orchestre d'Auvergne avec le sémillant Roberto Fores Veses consacré à Mendelssohn avec l'excellent Guillaume Chilemme au violon et au Songe d'une nuit d'été, dans une mise en scène peu convaincante, l'ensemble des six concertos brandebourgeois sous la direction précise de Bertrand Cuiller au clavecin, une merveilleuse Passion selon Saint Jean du désormais bordelais Marc Minkowski et pour terminer un délicieux duo de clavecins avec Benjamin Alard et à nouveau Bertand Cuiller.

    Ce séjour aura aussi été une succession de satisfactions, une excellente météo, le plaisir de retrouver les vieux amis, manifestement heureux de nous revoir, eux qui nous croyaient définitivement absents. Un belle exposition à voir au Puy intitulée Picasso et la maternité et puis le sentiment que le pari engagé par La Chaise-Dieu est peut être enfin sur la bonne voie, les travaux avancent, la fréquentation touristique semble en hausse, au point que les infrastructures en hébergement et en restauration sont souvent saturées. La découverte de l'ancienne chapelle Notre-Dame, futur écrin, dès l'été prochain, des tapisseries est prometteuse.

    Aujourd'hui, le festival se termine, nous sommes de retour dans le Gers, il fait 35 degrés et à La Romieu se tient un nouveau festival sonore Made of Walking, festival itinérant consacré à l'écoute de la terre.

  • Le Turquetto

    Un roman bien sympathique, bien écrit, qui nous emmène au sein du bazar de Constantinople sur les traces d'un petit gamin juif orphelin particulièrement doué pour le dessin. 

    Ce gamin, il va se révolter, abandonner sa mère, une marchande d'esclaves pour le harem, et aller à Venise, là ou l'on a le droit de dessiner, de peindre des portraits, ce qu'interdit l'islam.

    On le retrouve donc trente ans plus tard à Venise, adulé par la bonne société qui ne cesse de lui passer commande, il est marié, installé et puis un jour, le chef d'une scuola, jaloux, découvre que finalement, il n'est pas chrétien.

    Le procès est inéluctable.

    Faut il au moins sauver les oeuvres ou se résoudre à l'autodafé?

    Un roman sur l'histoire de l'art, sur la rivalité entre chrétiens et musulmans, sur la tolérance, sur la loterie qu'est, a été, sera encore pour longtemps, la naissance, le destin...

  • L'île au trésor

    Et oui, pourquoi pas?

    Pour 3,40 euros on peut se replonger dans une aventure à suspens, comme si l'on était encore adolescent.

    Et puis il y a la préface de Dominique Fernandez, une préface étonnante, dans laquelle il affirme que ce roman est l'archétype du roman, le résumé, le modèle et l'exemple le plus accompli du genre romanesque tout entier.

    Résumons, il y a d'abord  le don de raconter, pas besoin de digressions, d'analyse psychologique, de philosophie, tout est dans le récit.

    Le héros est un enfant, un adolescent, il découvre le monde, avec un oeil neuf dans un univers inconnu et c'est bien l'objet du roman que de faire découvrir.

    Pas de femme, Stevenson s'est épargné d'inventer les premiers émois amoureux de son héros. Ses romans avec des femmes avaient été des échecs. C'est l'argument le plus contestable.

    Le navire, le navire est un espace clos, une résumé de la société, un modèle réduit avec sa hierarchie et lorsqu'elle est contestée par une mutinerie c'est tout l'univers qui risque de basculer.

    L'île, autre univers clos, une île sans habitants  mais qui recèle un trésor, une divine surprise, la promesse d'un homme nouveau.

    La société, les personnages du roman représente la société, la bonne, le capitaine, l'armateur, le docteur et les hommes sans foi ni loi, les marins, les nomades, les flibustiers. Notre jeune héros passe lui de l'un à l'autre, sans vraiment trahir. Et les marginaux apparaissent souvent comme les plus sympathiques.

    Par certains côtés, l'ile au trésor est aussi un roman familial, une réflexion sur la solitude, un éloge de la vertu de l'action, la vitre au sens de Machiavel et enfin c'est un roman initiatique.

    Alors vous êtes convaincu?

  • Le Dunkerque de Duquesne

    Un bon complément au Dunkerque de Christopher Nolan, le film. 

    En 1940, Jacques Duquesne a dix ans. Il habite à Dunkerque dans la ville basse. la guerre il va la vivre en famille, la drôle de guerre d'abord puis les bombardements et enfin l'entrée des allemands dans Dunkerque.

    Jacques Duquesne livre ici son analyse de cet épisode en historien qui a beaucoup lu, travaillé, recherché pour mieux comprendre ce qu'il a vécu. Et il y mêle ses souvenirs personnels.

    Rien de commun en fait avec le film de Nolan.Il est très peu question de l'évacuation des troupes anglaises puis françaises. Il est question de la drôle de guerre, des atermoiements des politiques et de l'Etat-major français, de l'impréparation de nos armées, peu de chars, peu d'aviation, de mauvaises transmissions, peu de ravitaillement,  et de celle du Royaume-Uni, de l'absence totale d'information des habitants de Dunkerque sur ce qui se passe. La population se rend à peine compte qu'elle est encerclée.

    Beaucoup de désabusement, de désillusion, sur le moment, le petit garçon voulait que son pays gagne la guerre et visiblement, presque 80 ans plus tard, Jacques Duquesne ne s'en est pas remis.

    J'ai repensé en lisant cet ouvrage aux excellents manuscrits de guerre écrits par Julien Gracq qui décrit très bien cette période lorsqu'il était à la tête de quelques soldats, ivres le plus souvent, qui aspiraient pour l'essentiel à se rendre ou à déserter. Seuls quelques uns firent leur devoir jusqu'au bout pour défendre la tête de pont de Dunkerque. Julien Gracq fût de ceux-la. Il y en eu d'autres qui sauve§rent l'honneur de la France.

  • Dunkerque - Dunkirk - Dunkirchen - Duinkerke

    Bien sûr, je suis allé voir le film de Christopher Nolan. Un an que j'en entends parler lors de mes séjours à Dunkerque où je suis administrateur au conseil de surveillance du Grand port maritime. J'y vais depuis 2010, tous les trimestres.

    Et puis Dunkerque, j'y allais lorsque j'étais gamin, voir le cousin Bernard qui travaillait à Usinor et qui habitait Malo les Bains.

    Et puis, mon père, Henri, il y était dans la poche de Dunkerque en juin 1940. Son père Auguste disait je préfère la savoir mort qu'aux mains des allemands, il parlait d'or puisqu'il avait été prisonnier des allemands en 1917. Henri fut évacué en Angleterre, je n'en sais guère plus.

    Le film de Nolan ne raconte rien de tout cela, peu de chose sur le contexte stratégique, rien ou presque sur les français. Nolan célèbre, l'esprit de Dunkerque, vu par les anglais, résister, préserver leur armée, l'évacuer, pour reprendre le combat demain. On attend des français un grand film sur Dunkerque. Les anglais ont fait le leur.

    Le film de Nolan est un film formidable sur la survie, sur ce que c'est que d'être soldat, sur une plage, sous le feu des chars et de l'aviation allemande. Ni plus ni moins, mais c'est déjà beaucoup.

    Pour le reste, la stratégie, le rôle héroïque des soldats français,  on peut utilement regarder un petit bijou pédagogique sur arte plus :

    http://www.arte.tv/fr/videos/077437-001-A/dunkerque-tenir-a-tout-prix

    et puis sans doute lire, j'y reviendrai l'ouvrge de Jacques Duquesne  :Dunkerque - une tragédie française.

    Et puis il faut aller visiter Dunkerque : les lieux de mémoire, les dunes, le musée portuaire, l'urbanisme, le waterzoi... http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/07/13/30003-20170713ARTFIG00003-cinq-bonnes-raisons-de-visiter-dunkerque.php