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Cas@d€i

  • Le code de la créativité

    Marc du Sautoy est anglais professeur de mathématique à Oxford. Il est spécialiste des ombres premiers, il en a écrit l'histoire et de la symétrie, pourquoi la symétrie envahit -t-elle nos vies?

    J'ai chronique en 2012 deux livres de du Sautoy les 17 mars et 27 juillet. Il y a quelques années j'ai essayé de lire "Ce que l'on ne saura jamais" que j'ai abandonné en route. La lecture de ces livres n'est pas toujours facile.

    Ici du Sautoy essaie de comprendre dans quelle mesure l'intelligence artificielle IA risque de supprimer son métier de mathématicien, métier qu'il exerce avec un papier et un crayon sans recourir a des ordinateurs.

    Pour illustrer l'enjeu à partir des nombres premiers un ordinateur est toujours capable de trouver le nombre premier qui suit une suite ar exemple après 1 2 3 5 7 11, il y a 13 Mais est ce qu'une intelligence artificielle est capable de démontrer qu'il y a une infinité de nombres premiers?

    L'intelligence artificielle a fait des progrès considérables, on s'intéresse beaucoup moins qu'autrefois aux championnats d'échecs depuis que l'ordinateur  a prouvé qu'il était capable d'infliger des défaites cuisantes aux plus grands maîtres. Plus récemment, l'intelligence artificielle a mis à terre les meilleurs spécialistes du jeu de go. Rien ne lui résiste. Avec la multiplication des données, l'IA est en effet en mesure d'améliorer elle-même les programmes, les algorithmes qu'elle utilise.

    L'auteur passe donc en revue les progrès de l'IA en matière de Musique, l'IA peut produire des partitions à la manière de Bach, jouer du jazz, en peinture, l'IA peut produire des autoportraits à la manière de Rembrandt, elle peu aussi écrire des chansons, faire du journalisme, écrire de la littérature.

    Mais y a t-il de la création ou est ce simplement de la répétition intelligente avec des innovations aléatoires? Y a t-il de l'émotion. Les machines peuvent-elles accéder à la conscience et si elles y parviennent un jour les comprendra- t-on?Wittgenstein disait que si les lions pouvaient parler nous ne les comprendrions probablement pas!

     

     

  • Apeirogon

    Abir Aramin, 1997-2007. Smadar Elhanan, 1983-1997. Une palestinienne et une israélienne. La première abattue par la police israélienne par une balle en caoutchouc qui lui pénètre par la nuque, la seconde par un commando suicide palestinien, sur le chemin de l'école dans les deux cas. Deux innocentes.

    Le conflit israélo-palestinien a des centaines de facettes comme un apeirogon, cette figure géométrique au nombre d'arêtes infini.

    Colum Mc Cann nous les met en évidence dans un roman à l'articulation très originale, des faits, des souvenirs, des réflexions, des combats, des références historiques et littéraires. 

    Les pères de Smadar et Abir ont fondé Le cercle des parents, des parents israéliens et palestiniens qui donnent des conférences en faveur de la paix, partagent leurs expériences.

     Instagram : theparentscircle

  • Ce que je ne veux pas savoir et le coût de la vie

    C'est le prix Femina étranger de 2020. Deux ouvrages qui viennent d'être traduits en français. Le premier a été publié en anglais en 2013, le second en 2018.

    Les éditions du sous-sol survendent un peu l'oeuvre. " Ce livre éblouissant d'intelligence et de clarté, d'esprit et d'humour, pas tant récit que manifeste, ouvre un espace où le passé et le présent coexistent et résonnent dans le fracas incessant d'une destinée". Rien de moins!

    C'est autobiographique, dans Ce que je ne veux pas savoir Déborah Levy évoque son enfance en Afrique du sud, son père d'origine juive, blanc, emprisonné entre se première et sa cinquième année pour son opposition à l'apartheid, sa nounou noire, son exil à Londres, son attrait pour les oiseaux.

    Dans le second, la cinquantaine venue, elle a divorcé et se lance dans l'écriture avec comme modèle Marguerite Duras et Virginia Woolf. Si Virginia Woolf a une chambre rosi Déborah Levy a son cabanon pour écrire et son vélo électrique pour se déplacer... Pour échapper au patriarcat. Si manifeste il y a il est féministe.

    Au premier abord, ces ouvrages reposent beaucoup sur des anecdotes, des souvenirs, des réflexions qui peuvent paraitre futiles mais tout est passé au crible d'un discours à visée féministe. Si un homme parle de sa femme, l'autrice souligne qu'il ne cite pas son nom comme si elle n'avait pas d'existence propre, si un vieux monsieur de 70 ans prend un peu de place dans un train en face d'une jeune fille pour installer son journal, sa tablette et sa pomme c'est qu'il est macho. Lorsqu'on fait abstraction de ces petits travers systématiques, la lecture est agréable parfois drôle, parfois amère, tragique, souvent poétique, ce n'est pas facile d'être une femme libre de cinquante ans dans le Londres contemporain et d'écrire suffisamment pour faire vivre ses deux filles. Beaucoup de références au cinema de Godard et à Simone de Beauvoir.

    L'ensemble est assez déconcertant, on passe d'un style à l'autre mais c'est attachant et ses doute très travaillé.

  • Nickel Boys

    Il est écrit roman sur la couverture, et il est vrai que les personnages sont fictifs. Mais la valeur principale de ce récit est documentaire. Colson Whitehead met en scène la vie de deux jeunes noirs Elwood et Turner, dans ce qu'on appelait une maison de redressement et que l'on dénomme aujourd'hui centre éducatif fermé. Elwood y a été interné à la suite d'une erreur judiciaire alors qu'il s'apprêtait à entrer à l'université.

    Peu importe c'est de mauvais traitement, de torture et même de meurtres qu'il s'agit. Il y a des noirs et des blancs mais ils sont séparés et bien entendu les noirs font l'objet de discriminations. Les personnels sont cruels, les dirigeants corrompus.

    Chaque fois qu'il y a un peu d'espoir, que l'on croit voir le bout du tunnel, nos héros retombent plus bas. C'est désespérant. Et ce n'est pas du roman les faits restitués se sont bien déroulés à la Dozier School for boys, à Marianna, en Floride. Et on peut consulter le site Internet des survivants de Dozier à l'adresse : officialwhitehouseboys.org, on y trouvera les histoires édifiantes des anciens élèves.

  • Histoires de la nuit

    Le roman est magnifique, par l'écriture, la narration, le suspense, les personnages. On ne s'ennuie pas une seconde. Le phrases sont longues ciselées au scalpel. Angoissantes.

    On est à La Bassée, dans le centre de la France, quelque part, un hameau oublié de tous au bout d'un chemin de terre. Il y a Patrice agriculteur, chasseur, marié depuis une dizaine d'année avec Marion, qui va fêter ses quarante ans, Ida leur fille de dix ans à qui sa mère raconte le soir avant de s'endormir des histoires de la nuit, et il y a la voisine, Christine une petite soixantaine, peintre, un peu bobo, les cheveux orange, mais seule, qui cherche encore et toujours l'inspiration, qui adore Ida, ne comprend pas bien qui a été Marion, avant, qui a de la compassion pour Patrice et réciproquement. Et le chien Radjah.

    C'est la campagne, l'isolement, l'abandon, le fruit de dizaines d'années d'exode rural et de désindustrialisation.. Et en cette journée d'anniversaire, on attend en fin de soirée le retour de Marion, de son travail, Patrice a invité deux de ses collègues mais il y a aussi des invités, imprévus, qui se sont invités.

    La tension monte, insoutenable, souvent. C'est un thriller et un portrait sans concession de la pauvreté dans tous les sens du terme

     

  • L'homme en rouge

    Radiographie ou anatomie de la Belle époque!. Le docteur Samuel Pozzi (1847 - 1918), l'homme en rouge selon un portrait célèbre de John Sargent, en robe de chambre, chirurgie et gynécologue talentueux, brillant, innovant. Son père Benjamin était originaire d'une famille lombarde et sa mère Inès d'une famille du Périgord. La ville de Bergerac, où il est né,  continue d'honorer la mémoire du docteur Pozzi, l'hôpital local porte son nom ainsi qu'une rue de la ville.

    Mais Pozzi fut aussi un mondain de la Belle époque, fort apprécié de ses patientes dont certaines furent ses maitresses, Sarah Bernhardt au premier rang. Intellectuel raffiné, lettré, il fréquentait les salons les plus huppés de Paris, voyageait beaucoup, aux Etats-Unis, à Londres. Il traduisit Darwin et faisait confectionner ses costumes et ses tentures avec des tissus achetés à Londres.

    Il fut sans doute malheureux en famille, Thérèse, un mariage d'amour au début, une femme rapidement trompée, catholique, fidèle, qui finira par le quitter, une fille qui trouvera difficilement son équilibre, un fils qui fera une carrière diplomatique modeste et un fils atteint de troubles mentaux.

    Julian Barnes dans ce récit fait autant le portrait de ce médecin exceptionnel que celui de la Belle époque, dont on retiendra qu'elle n'était pas si belle que cela. Les portraits du comte Robert de Montesquiou-Fezensac et du prince Edmond de Polignac sont un peu accablants. Cette noblesse décadente dépourvue de vrai talent n'aspire qu'à se mettre en avant, elle continue à pratiquer le duel pour un oui ou pour un non...

    La société française est marquée par l'affaire Dreyfus, la réaction est omniprésente parmi les élites de l'époque. Le contraste entre cette société sur le recul et un homme qu'on peut qualifier de la Renaissance comme Pozzi est assez frappant. On croise Léon Daudet, Marcel Proust, Oscar Wilde, les Goncourt, Jean Lorrain, Colette, Henri de Régnier, Léon Delafosse...

    Un livre très vivant, d'une grande érudition par le plus francophile écrivain anglais.

  • La guerre du Péloponnèse

    A la veille du confinement, j'ai regardé dans ma bibliothèque et suis retombé sur ce vieux bouquin de La Pléiade qui offre en un volume l'Enquête d'Hérodote et La guerre du Péloponnèse de Thucydide. Je me souvenais très bien du plaisir que j'avais eu à lire Hérodote et j'était persuadé n'avoir pas lu Thucydide. Je me suis rendu compte en cours de lecture que ce texte magnifique m'était familier et j'ai finalement découvert sur une page que je l'avais lu au second semestre 2003!

    Je dois avouer que malgré toutes les louanges faites à cet auteur, en particulier par Jacqueline de Romilly que j'ai vue maintes fois dans les émissions littéraires de Bernard Pivot, la lecture de La guerre est souvent un peu fastidieuse. Le récit des batailles est il faut le dire un peu répétitif, hive,r été, en toutes saisons pendant dix huit ans...

    Mais il est vrai que ce livre ne vieillit pas du point de vue de l'énonçé des stratégies des acteurs, de leur questionnement, du dilemme démocratie/oligarchie, de la nécessité des empires, de l'asservissement des peuples, des renversement des alliances. Notre monde s'est globalisé mais entre les Etats qui le composent, les enjeux sont un peu les mêmes qu'entres les cités grecques il y a 2500 ans, celle qui maitrisent la mer, celles qui maitrisent les continents...

    Ce qui manque tout de même ce sont quelques considérations sur le quotidien de ces conflits, pillages, viols, misère des vaincus, famines, tout cela n'est guère évoqué. Les femmes sont totalement absentes

    Périclès émerge comme le grand homme du moment, ses successeurs sont moins convaincants... Les sociétés ne génèrent pas de grands hommes à chaque génération!

     

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  • Berrac c'est sympa

    Ce mardi 22 décembre, le brouillard de la mi-journée levé, on décide d'aller en soirée voir à Berrac, la mise en lumière du village et la crèche de Noël. Nous savions que Jean-Louis devait sonner les cloches à la volée à 18 heures mais pas que nous serions aussi nombreux. Pas moins de 15 personnes dans cette petite commune d'une centaine d'habitants, des illuminations montées par les bénévoles de Berrac Village Gersois, les cloches à la volée pile à 18 heures sonnées finalement par John et Annabelle sous le regard de Jean-Louis et une petit verre de vin chaud préparé et offert par Jeanine. Des enfants émerveillés. Le miracle de Noël renouvelé.

  • Par instants, la vie n'est pas sûre.

    Ce n'est pas un roman, ce n'est pas un récit, c'est une lettre que Robert Bober a écrit au soir de sa vie, il est né en 1931 à Berlin, à Pierre Dumayet (1923-2011), son ainé, avec lequel il a collaboré pendant plusieurs années pour réaliser des documentaires pour la télévision (lecture pour tous émission littéraire mythique entre autres).

    Des souvenirs donc tout simplement qui permettent de croiser Erri de Luca, Georges Perec, Reverdy., le cardinal Lustiger, ... ,de se promener dans le quartier de Belleville, rue Vilin, la butte aux cailles, d'évoquer la culture yiddish, les tailleurs de l'après-guerre devenus hommes de lettres comme Jean-Claude Grumberg... Mais aussi Marguerite Duras, Jankelevitch, Hans Hartung, Martin Buber, Aharon Appelfeld, Marcel Rajman, (l'Affiche rouge), Paul Otchakovsky-Laurens (POL°), Henri Cartier Bresson, Robert Doisneau, tous, la plupart disparus,  deviennent vivants sous la plume de Robert Bober.

    C'est vraiment très attachant, et ce qui ressort c'est le souci constant de lire, relire scruter, regarder, photographier, mettre en scène, montrer.

    Le plus attachant de tous est peut être Erri de Luca qui depuis plusieurs dizaines d'années sans être croyant, lit quotidiennement le bible, en Hébreu, et à appris le yiddish, pour montrer à Hitler qu'il n'a pas gagné.

  • Âme brisée

    Beau roman,  très bien construit , très bien écrit, en français, par un écrivain japonais, qui fait monter les larmes aux yeux même si les personnages sont trop parfaits et le scénario totalement improbable.

    Le récit démarre en 1938 à Tokyo. Yu, professeur d'anglais répète, en quatuor, avec trois amis chinois,  Rosamunde de Schubert.

    Et d'un coup, sans crier gare, un petit commando de militaires brutaux, interrompt la répétition, humilie les musiciens, Yu a tout juste le temps de cacher son jeune fils Rei dans une armoire, son violon est piétiné par le chef de l'escadron qui fait embarquer tout le monde au poste. On ne les reverra plus. Seule l'intervention d'un jeune lieutenant japonais atténue un peu la tension. Il se rend compte de la présence de Rei dans l'armoire et une fois le commando parti lui remet le violon de son père.

    Quelques années plus tard, on découvre Jacques  à Mirecourt, le pays du luthier Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875), fabricant du violon de Yu,  il est lui aussi luthier.

    Il est impossible de raconter la suite des rebondissements de cette histoire toujours émouvante, un vrai conte de Noël, ou se côtoient les horreurs de la guerre sino-japonaise et la sérénité de la musique de Schubert et de Bach.