Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Histoire

  • Les tirailleurs sénégalais n'étaient pas tous sénégalais

    En ce jour du 11 novembre, il est opportun d'attirer l'attention sur le carré militaire du cimetière de Lectoure. S'y trouvent comme dans beaucoup de cimetières les tombes des quelques lectourois morts pour la France mais aussi un carré spécialement dédié aux 73 tirailleurs du 141 ème bataillon de tirailleurs sénégalais, malades, blessés, et soignés à l'hôpital de Lectoure où ils sont décédés à la fin de 1918 et au début de 1919. Les dépouilles de ces soldats n'ont jamais rejoint leur pays natal. Leur mémoire est cependant soigneusement entretenue ici, et c'est tout à l'honneur de Lectoure. 7 venaient du Bénin, 10 du Burkina Faso, 7 du Congo, 19 de Côte d'Ivoire, 3 de Guinée, 2 du Mali, 4 du Niger, 1 de République centrafricaine, 6 du Sénégal, 7 du Soudan et 7 de pays indéterminés.

  • Solferino

    Solferino? pour les parisiens c'est une station de métro de la ligne 12, pratique pour se rendre au Musée d'Orsay, pour les observateurs de la vie politique le siège du Parti Socialiste, pour encore peu de temps. C'est surtout une bataille, une victoire de Napoléon III et de l'alliance franco-sarde contre l'empire d'Autriche de François-Joseph, le 24 juin 1859. Bataille illustrée par ce tableau de Jean-Louis-Ernest Meissonier.

    Cette bataille, elle est encore peu présente dans les esprit. Si j'en parle, c'est parce que à l'occasion d'une petite visite au bourg de Saint-Clar dans le Gers, la capitale de l'ail, j'ai découvert sur le monument aux morts le nom de Jean Lestrade du 49e de ligne, mort pour la patrie à Solférino, petit village lombard de 2500 âmes aujourd'hui.

    saint clar.png

    On voit de temps à autre sur les monuments aux morts, les victimes de la guerre de 1870, c'est la première fois que je vois célébrés les héros de Solférino.

    Doù cette chronique, l'occasion de rendre hommages aux quelques 320000 soldats qui se sont affrontés au cours de ces batailles, batailles meurtrières à l'origine de la fondation par Henry Dunant de la Croix rouge internationale.

  • Le Dunkerque de Duquesne

    Un bon complément au Dunkerque de Christopher Nolan, le film. 

    En 1940, Jacques Duquesne a dix ans. Il habite à Dunkerque dans la ville basse. la guerre il va la vivre en famille, la drôle de guerre d'abord puis les bombardements et enfin l'entrée des allemands dans Dunkerque.

    Jacques Duquesne livre ici son analyse de cet épisode en historien qui a beaucoup lu, travaillé, recherché pour mieux comprendre ce qu'il a vécu. Et il y mêle ses souvenirs personnels.

    Rien de commun en fait avec le film de Nolan.Il est très peu question de l'évacuation des troupes anglaises puis françaises. Il est question de la drôle de guerre, des atermoiements des politiques et de l'Etat-major français, de l'impréparation de nos armées, peu de chars, peu d'aviation, de mauvaises transmissions, peu de ravitaillement,  et de celle du Royaume-Uni, de l'absence totale d'information des habitants de Dunkerque sur ce qui se passe. La population se rend à peine compte qu'elle est encerclée.

    Beaucoup de désabusement, de désillusion, sur le moment, le petit garçon voulait que son pays gagne la guerre et visiblement, presque 80 ans plus tard, Jacques Duquesne ne s'en est pas remis.

    J'ai repensé en lisant cet ouvrage aux excellents manuscrits de guerre écrits par Julien Gracq qui décrit très bien cette période lorsqu'il était à la tête de quelques soldats, ivres le plus souvent, qui aspiraient pour l'essentiel à se rendre ou à déserter. Seuls quelques uns firent leur devoir jusqu'au bout pour défendre la tête de pont de Dunkerque. Julien Gracq fût de ceux-la. Il y en eu d'autres qui sauve§rent l'honneur de la France.

  • Dunkerque - Dunkirk - Dunkirchen - Duinkerke

    Bien sûr, je suis allé voir le film de Christopher Nolan. Un an que j'en entends parler lors de mes séjours à Dunkerque où je suis administrateur au conseil de surveillance du Grand port maritime. J'y vais depuis 2010, tous les trimestres.

    Et puis Dunkerque, j'y allais lorsque j'étais gamin, voir le cousin Bernard qui travaillait à Usinor et qui habitait Malo les Bains.

    Et puis, mon père, Henri, il y était dans la poche de Dunkerque en juin 1940. Son père Auguste disait je préfère la savoir mort qu'aux mains des allemands, il parlait d'or puisqu'il avait été prisonnier des allemands en 1917. Henri fut évacué en Angleterre, je n'en sais guère plus.

    Le film de Nolan ne raconte rien de tout cela, peu de chose sur le contexte stratégique, rien ou presque sur les français. Nolan célèbre, l'esprit de Dunkerque, vu par les anglais, résister, préserver leur armée, l'évacuer, pour reprendre le combat demain. On attend des français un grand film sur Dunkerque. Les anglais ont fait le leur.

    Le film de Nolan est un film formidable sur la survie, sur ce que c'est que d'être soldat, sur une plage, sous le feu des chars et de l'aviation allemande. Ni plus ni moins, mais c'est déjà beaucoup.

    Pour le reste, la stratégie, le rôle héroïque des soldats français,  on peut utilement regarder un petit bijou pédagogique sur arte plus :

    http://www.arte.tv/fr/videos/077437-001-A/dunkerque-tenir-a-tout-prix

    et puis sans doute lire, j'y reviendrai l'ouvrge de Jacques Duquesne  :Dunkerque - une tragédie française.

    Et puis il faut aller visiter Dunkerque : les lieux de mémoire, les dunes, le musée portuaire, l'urbanisme, le waterzoi... http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/07/13/30003-20170713ARTFIG00003-cinq-bonnes-raisons-de-visiter-dunkerque.php

     

  • Géopolitique des empires

    C'est un assez vieux livre, il est paru en 2010. Trump, Macron, le Brexit, les attentats de Paris, Nice, Londres, Bruxelles, Manchester... ne sont pas cités. Mais qu'importe! C'est le temps long qui compte ici pas les péripéties que nous narrent les médias au quotidien.

    Dans ce petit ouvrage, Jean-Pierre Rageau et Gérard Chaliand nous résument l'histoire des empires depuis celui de Sargon en Mésopotamie il y'a 6000 ans à l'effondrement de l'URSS.

    C'est à la fois passionnant et frustrant car l'on n'a pas le temps d'approfondir et il y a une multitude de détails, de batailles que l'on oubliera vite une fois la lecture terminée.

    Il y a quelques idées sur lesquelles il vaut la peine de s'attarder.

    La puissance est le plus souvent maritime, on le sait bien depuis la méditerranée. Une des premières mondialisations d'envergure s'est déroulée dans l'océan indien et a été le fait des musulmans bien avant la domination européenne. 

    La domination européenne est finalement assez récente, trois siècles à peu près, La Chine, l'Inde, la Russie moghole sont restées longtemps des puissances déterminantes. 

    Mais l'Europe est à son crépuscule, elle regarde les autres sans objectif, sans pilote, sans stratégie. La démographie lui est défavorable. Toute la puissance, le dynamique économique se sont déplacés vers l'Asie et le Pacifique. Aux portes de l'Europe, l'Afrique et sa démographie galopante est une menace car elle est incapable faute de dynamisme économique suffisant d'absorber toutes les jeunes générations qui viennent échouer, c'est malheureusement le cas de le dire, sur le continent européen, lequel n'a aucune stratégie pour transformer ce handicap en atout.

    La seule solution pour l'Europe est de s'unifier, de se fédérer, se doter d'une réelle politique économique commune avec des transferts budgétaires entre Etats comme cela existe aux Etats-Unis. En sera-t-elle capable avant de se retrouver au bord du précipice?

  • L'archipel d'une autre vie

    On reste en Russie mais dans les années 1970 ou plutôt les années 1950. Car Andreï Makine, dans ce roman d'aventure haletant puis métaphysique, emboite un récit dans l'autre. Le narrateur écoute le récit de l'histoire de Pavel Gartsev un soldat condamné, on ne sait pourquoi, dans l'Union soviétique de Staline, un condamné qui reçoit la mission avec trois autres militaires de partir à la recherche d'un prisonnier évadé et de le ramener vivant afin d'en faire un exemple devant tout le camp de prisonnier.

    Pavel va errer dans la taïga sibérienne dans une traque rude peuplée de pièges qui vont peu à peu éliminer ses compagnons d'infortune mais ces derniers auront le temps de révéler tout ce que l'homme a de bon... et de mauvais en lui. 

    Après un retour mouvementé à son camp de base où il frôle la mort, Pavel retournera sur les traces de l'évadé dans l'Archipel des Chantars, tout la-haut sur la carte, où il terminera ses jours on ne sait trop comment exactement après y avoir trouvé l'amour. je ne vous en dit pas plus, ce roman est aussi un hymne à l'amour, un hymne à l'environnement, un hymne à la sérénité, un avertissement à tous les vaniteux...

    Un très bon Makine, de l'Académie française.

  • Saint Petersbourg - Epilogue

    Derniers moments avant de reprendre la route de l'aéroport. Un petit tour, toujours à pied, dans le quartier de Kuznechnyy, le quartier ou vécut Dostoiewski. Il y a un marché traditionnel, bien achalandé mais peu fréquenté. Beaucoup de vendeurs et peu d'acheteurs, la productivité n'est pas élevée.

    Pour se rendre à l'aéroport, taxi commandé à l'Hôtel. Une fois de plus un taxi sans enseigne extérieure de taxi. Et un chauffeur qui n'accepte pas la carte bleue et n'a pas la monnaie sur 5000 roubles pour en payer 800 et qui nous fait faire deux fois le tour de l'aéroport pour aller acheter une petite bouteille d'eau dans une station service pour faire la monnaie. Et bien sûr, il ne connait aucun mot d'anglais. Heureusement nous avons de l'avance.

    Petit conseil de lecture pour terminer : le dictionnaire amoureux de Saint Petersburg de Vladimir Fedorowski, très agréable à lire après les visites pour se pénétrer pendant le voyage de l'histoire du lieu et de celle des principaux tsars et pour se guider le guide Voir de la collection Hachette. Même si aujourd'hui, Le Monde déconseille les guides pour aller vraiment à l'aventure. Il y a un peu de vrai mais quand même.

  • Saint Petersbourg - Jour 5

    Aujourd'hui alternance de grosses averses et de belles éclaircies mais le temps est frais.

    L'objectif est l'ile de Vassilevski c'est une ile qui est enserrée dans le delta de la Neva. Cela fait plusieurs jours qu'on la voit caractérisée par ses deux colonnes rostrales rouges surmontées d'une sorte de phare. Des colonnes qui nous rappellent bien sûr celles de la place des quinconces à Bordeaux.

    C'est peut-être une des raisons qui ont amené Bordeaux et Saint Petersbourg a signer un accord de coopération en 1992 mais malheureusement cet accord est peu actif. C'est un bordelais qui vous le dit.

    Mais avant la traversée de la Neva un petit café serré au Zoom café dans la rue Gorokhovaya. Un café très sympa,on dirait une boutique de fleurs de l'extérieur avec beaucoup de jouets d'enfants, très cosy et une exposition d'un finlandaise  qui raconte ce qu'elle appelle des expériences du monde.

    Elle repère sur Internet des histoires de vie puis elle va sur place enquêter et photographier les lieux et en fait une exposition, en l'espèce celle d'une jeune fille dans un bidonville de Bangok qui explique que son père la bat tous les jours, qu'elle fait toutes les tâches ménagères et que son frère à lui de l'argent de poche pour s'acheter des cigarettes mais que pourtant elle aime ses parents.

    Puis petite visite dans la grand magasin Au pont rouge, genre Le bon marché à Paris.

    L'ile de Vassilevski est remarquable à plus d'un titre. Elle abrite le magnifique édifice de l'Académie des beaux arts en bord de Neva derrière un débarcadère encadré de deux sphinx ramènes d'Egypte. Mais aussi le Palais de Menchikov, l'éminence grise de Pierre le Grand, un fils de pâtissier qui lui apporta sa seconde femme Catherine, en fit à la mort de son tsar l'impératrice Catherine I, pour devenir lui-même prince sérénissime, le vrai maître de Saint Petersbourg, marier sa fille au futur Pierre II qui excédé par sa tutelle le fera arrêter et exiler au fin fond de la Sibérie.

    Se trouve aussi sur cette ile, entourée de verdure au point qu'on se plait à se croire un petit peu à Cambridge l'université de Saint Petersbourg et ses briques rouges. Des noms illustres y sont attachés : Pavlov, Lomonossov, Sakharov (photo) dont la statue les mains derrière le dos suggère bien ce que fut son sort. 

    Faute de trouver le restaurant espéré, fermé, déjeuner dans un self russe : choux en salade et soupe à la tomate.

    Retour par le pont de la Trinité puis la nouvelle Hollande, également en briques rouges et en travaux pour devenir un centre culturel un peu alternatif, on est en Russie... puis la MoÏka, on retrouve des chemins devenus familiers.

    Passage à l'hôtel puis diner de nouveau à l'USSR Café près de Nevski prospect après de petits achats de thé et de chocolat au café  Elisseiev.

     17,5 km aujourd'hui.

  • Saint Petersbourg Jour 4

    Aujourd'hui visite du quartier de Saint Nicolas. Il y a une église orthodoxe de style baroque russe entourée d'un beau jardin qui faisait ce matin l'objet de toutes les attentions d'un groupe de jeunes gens sans doute volontaires désignés d'office. Dans ce quartier calme, les autocars déversent simplement les touristes à l'église mais ces derniers ne déambulent pas comme ailleurs. Dans le quartier également un immense marché en réfection et le théâtre Mariinski également en travaux, tout le quartier en fait est en rénovation. 

    Déjeuner dans un endroit intime, le Crocodile rue Galernaia au numéro 18 à quelques pas de la Neva pas très loin d'une très belle allée plantée d'arbres, il y a finalement beaucoup d'espaces verts dans cette ville.

    Au retour, on passe par la rue bolchaimorskaia le long de la Moïka, une rue élégante habitée autrefois par de riches hommes d'affaires et donc des hôtels particuliers de qualité de style néo classique et art nouveau. un peu plus loin la maison ou vécut enfant Nabokov.

    Puis à deux pas la place Sennaya, une place populaire, autrefois marché aux grains, ou l'on voit j'allais dire enfin la population locale qui s'affaire à la sortie des trois stations de métro, on y trouve de petits marchés des vendeurs de fruits et légumes ambulants  mais il se met à pleuvoir à verse . Retour à l'hôtel.

    Petite sieste

    Puis sortie pour aller déguster une crêpe dans un bar de style USSR mobilier, décor musique et enfin diner au Foliet sur le bord de de Fontanka à côté de notre hôtel. C'est plus chic que nos habitudes récentes, meilleur mais plus cher et plus impersonnel, j'ai préféré nos petites restaurants de quartier sans ambition précédents.

    De nouvelles averses pendant le diner et à la sortie retour du soleil qui permet la photo en une.

    14 km  seulement aujourd'hui

  • Saint Petersbourg - Jour 3

    Il a plu cette nuit et ce matin départ sous la pluie en maugréant et puis par miracle les éclaircies l'ont emporté. Au lieu d'aller visiter le musée russe on est allé de l'autre côté de la Neva en empruntant le pont de la trinité et ses drapeaux aux couleurs de la coupe de la fédération organisée par la FIFA, c'est du foot. Le foot qui au passage a installé une fan zone près de l'église de Saint sauveur sur le sang, c'est d'un délicat.

    La forteresse Pierre et Paul est à l'origine de la ville construite par Pierre le Grand. On est un peu comme dans la citadelle de Blaye des bâtiments espacés consacrés aux garnisons, au stockage des munitions... mais il y aussi la cathédrale Pierre et Paul, dans laquelle sont inhumés les empereurs de Russie y compris depuis peu les restes de Nicolas II et sa famille exécutés par les bolcheviks.

    Et surtout des prisons. Dès sa fondation, l'endroit a été utilisé pour emprisonner et torturer les opposants au régime tsariste à commencer  par Pierre le Grand qui y enferma et mis à mort son propre fils Alexis accusé de complot contre l'Etat Russe. Cette vocation ne cessa jamais. Dostoiewsky y fut emprisonné et les communistes utilisèrent aussi les geôles de la forteresse.

    L'endroit serait calme car sans voiture s'il n'y avait la ronde des hélicoptères qui décollent et atterrissent pas loin pour faire des tours de ville touristiques en 10 mn. et les inévitables rabatteurs de croisières fluviales avec leurs haut-parleurs. De façon générale on a le sentiment que donner des autres aujourd'hui des conseils ou des invitations par haut parleur est resté un trait culturel hérité de l'URSS.

    On peut faire le tour des remparts et il y a une plage.

    On est allé déjeuner un peu à l'écart de deux pizzas végétariennes par défaut dans un restaurant dont on a découvert à la fin qu'il était japonais et était bien celui que l'on cherchait...

    Au retour on admire un grand trois mâts et on file tranquille par les Jardins d'été, c'est dimanche, il y a beaucoup de monde et même des couples de mariés qui font des photos puis la Moyka et le charmant jardin très bien restauré de Mikhaïlovsky

    Retour à l'hôtel sous quelques gouttes, sieste bien tardive puis de nouveau dehors pour le restau végétarien d'à côté où l'on mange à deux pour 7,5 euros! La vie peu ne pas être chère.

    15,6 km aujourd'hui