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Histoire

  • L'usage du Monde

    Le grand classique de la littérature de voyage. en version illustrée par les dessins de Thierry Vernet. Une lecture formidable, déjà faite i ya plusieurs années avec le plaisir de retrouver des pays que j'ai eu l'occasion de visiter dans des conditions heureusement plus confortables que celles de nos eux voyageurs.

    Mais a plus de soixante ans de distance on retrouve les permanences historiques qui définissent encore ces régions du monde : Bosnie, Serbie, Macédoine, Iran. Malheureusement je n'ai pas eu l'occasion d'aller en Afghanistan et au Pakistan.

    Ce qui frappe aussi c'est la disponibilité des voyageurs pour attendre, pour parlementer avec les villageois rencontrés, las patrons de bar, les mécaniciens, les douaniers, les paysans, au gré des pannes, des incidents.

    C'est très bien écrit, assis sur de solide connaissances historiques et littéraires.

    je me suis amusé à reproduire dans un carnet les dessins de Thierry Vernet, de grands traits noirs épais.

    Un très bon moment, une relecture à ne pas manquer.

  • L'amas ardent

    Petit livre très attachant qui dépeint l'irruption puis la montée de l'islamisme en Tunisie sous une forme parodique. En parallèle on nous décrit la vie paisible, ascétique du Don, apiculture, qui voue sa vie à ses abeilles et qui découvre un jour ses chères "filles" massacrées. Après enquête, il s'avère qu'elles ont été victimes d'un frelon nouvellement apparu, le frelon asiatique, un corps étranger. 

    C'est ce qui arrive aussi à la Tunisie, dont les paysans paisibles se voient bousculées par l'irruption déjeunes gens  fanatiques et haineux qui déversent leur violence au nom de l'islam et détruisent la société et ses solidarités.

    Heureusement pour le Don, le voyage au Japon d'un jeune couple de ses amis permettra d'importer une nouvelle reine pour les abeilles qui saura initier ses chères filles à se protéger du frelon asiatique en formant autour de lui un amas ardent.

    Mais qui nous protégera des méfaits de l'islamisme?

  • Au Japon

    C'était il y a exactement un siècle. Mandaté par le journal l'Excelsior, Albert Londres effectuait un séjour de six mois en Asie, Japon, Chine,  Indochine et Inde. Il n'est peut-être resté que six semaines au Japon mais il a su en ces quelques jours magnifiquement saisir le Pays. Ses spécificités, sa culture. Bien sûr, il y a quelques pages datées, en particulier sur la femme japonaise, qui lui vaudraient des bordées de me too scandalisées mais c'était il y a un siècle et le Japon venait juste de sortir de trois sièges d'enfermement.

    Pour le reste c'est très bien vu, souvent, très actuel, magnifiquement écrit avec beaucoup d'humour.

  • Les souvenirs viennent à ma rencontre

    Edgar Morin a plus de cent ans! Né en 1921, il a traversé toutes les épreuves de l'après première guerre mondiale. Guerre d'Espagne, résistance, guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, Viet-Na. il, décolonisation, chute de l'URSS,  a été confronté à toutes les modes idéologiques, communisme, surréalisme, situationnisme, les écoles de sociologie. Il a été chercheur au CNRS en sociologie, spécialisé à l'origine dans le cinéma, dès l'âge de trente ans. Une sorte de sinécure à une époque où les chercheurs pouvaient déjà largement télétravailler.

    Il a beaucoup voyagé, énormément publié, rencontré un nombre innombrable de femmes, s'est parfois trompé de combat mais a su assez tôt s'extirper du parti communiste et dégager sa propre voie, celle de la "complexité", une sorte de "en même temps" qui l'a rendu prudent, tolérant et surtout généreux.

    Un bon millier de pages de souvenirs agréables à lire avec des portraits de beaucoup de ceux  qui ont compté comme intellectuel au XX siècle.

  • Correspondance de Flaubert

    C'est à la suite de l'écoute des Chemins de la Philosophie de France Culture en mars 2021 que j'ai décidé de me plonger dans la correspondance de Flaubert, pas la totalité publiée dans la Pléiade, mais seulement des extraits sélectionnés et présentés par Bernard Masson.

    Bien m'en a pris! J'ai lu à voix haute une lettre par jour le matin au réveil avant de me lever. Il y a 297 lettres présentées chronologiquement. Dix mois de lecture donc sans faillir un seul jour. Un rituel.

    J'ai ainsi vécu entre Croisset près de Rouen, Paris, mais aussi L'Egypte, la Tunisie, Deauville. Flaubert a assez peu voyagé. Un homme très fidèle avec les siens, sa mère, sa nièce, ses amis.

    Tous entier consacré à l'édification de son oeuvre, misanthrope, il ne se mariera pas, n'aura pas d'enfants, fréquentera les prostituées en Egypte et en Tunisie au cours de voyages comme on n'en fait plus aujourd'hui, les demi-mondaines à Paris, il finira sa vie quasi dans la misère mais avec tout de même des employées de maison, le mari de sa nièce pour lequel il s'était porté caution l'ayant ruiné ou presque. Il bénéficiera sur l'insistance de ses amis d'une sorte d'emploi fictif. Flaubert a toujours vécu de ses rentes sans vivre de ses livres, il n'aurait pour rien au monde accepté un travail qui l'aurait détourné de sa tâche.

    La rédaction de chaque ouvrage, est une épreuve intellectuelle et physique planifiée avec une énorme documentation et des mois de rédaction, une souffrance, qu'il s'agisse de la Bovary, de La tentation de Saint Antoine, une oeuvre remise régulièrement sur le métier, Salammbô, Bouvard et Pécuchet qui restera inachevé. Ses trois contes paraissent plus facile. Le style bien sûr est la préoccupation première. Heureusement Flaubert n'a pas vécu aujourd'hui, il aurait détesté les oeuvres d'auto fiction ou l'écrivain se met directement ou indirectement en scène, il considérait au contraire que l'écrivain se devait de ne rien écrire le concernant dans son oeuvre. Il détestait la bêtise, raison pour laquelle il entreprit Bouvard et Pécuchet, n'aimait pas son époque, la modernité, le naturalisme

    On découvre pendant la guerre de 1870 un Flaubert combattant, à presque 50 ans , il fait des rondes armées dans Rouen

    Il correspond essentiellement avec des écrivains ; Louise Colet, sa muse, George Sand, Louis bouilhet, Maxime du camp, les Goncourt, ZolaGuy de Maupassant, son disciple, Melle Leroy de Chantepie une fervente catholique, qu'il ne rencontrera jamais, mais aussi la princesse Mathilde, Mme Brainne, des femmes de salon, des demi-mondaines

    Il meurt d'une attaque cérébrale en mai 1881 à 59 ans encore plein de projets mais visiblement fatigué par une vie d'efforts continus.

  • Joseph le Nourricier

    Joseph le Nourricier est le quatrième et dernier tome de Joseph et ses frères, après Les histoires de Jacob, le jeune Joseph, et Joseph en Egypte, déjà chroniqués.

    Accusé injustement d'avoir commis l'irréparable avec la femme de son maitre Potiphar à l'attrait de laquelle il a en fait résisté, Joseph est envoyé en prison et retombe au plus bas de l'échelle. Mais Potiphar lui a trouvé une prison accommodante et là encore il va faire preuve de tous ses talents avec l'aide d'un geôlier compréhensif dont il va devenir l'intendant.

    Et puis arrive un jour deux hommes de la cour du pharaon dans l'attente de leur procès, ils sont accusés de tentative d'empoisonnement. Joseph en interprétant leurs songes va indiquer à l'avance lequel est innocent et lequel est coupable. Plusieurs années plus tard à la cour du Pharaon, personne, aucun prêtre, n'est en mesure d'interpréter un des songes de Pharaon qui voit défiler une suite de vaches grasses et de vaches maigres et on se souvient alors des talents de joseph et les intendants le font venir pour interpréter le fameux songe. Joseph va indiquer que le pays va connaitre sept années de prospérité puis sept années de famine et conseiller de se préparer à ces événements en construisant des entrepôts de stockage alimentés par un prélèvement obligatoire et en organisant la répartition des récoltes. Il est nommé premier intendant du pharaon et se met au travail, il va se marier, avoir deux enfants, ses prévisions se réalisent. Il devient très riche, très puissant, mais est toujours préoccupé par le sort de son père qui le croit mort depuis longtemps.

    Après les sept années de prospérité c'est la famine qui menace de l'autre côté du Sinaï où vivent ses frères et son père Jacob. Ses frères décident lors de se rendre en Egypte pour y acheter des provisions. Ils rencontrent Joseph sans d'abord le reconnaitre et celui-ci les convainc de retourner chez eux et de revenir avec son petit frère Benjamin et surtout son père Jacob, que Joseph est heureux de savoir vivant.

    Happy end donc pour cette trilogie remarquable qui se clôt avec la mort en paix de Jacob après qu'il ait bénit ses fils, sur ses terres..

  • Le Curry

    Rogan, Josh, Tikka masala, korma, vindaloo, jalfrezi, Byriani... il n'y a pas que le curry

    Mais qu'est-ce exactement que le curry? Ce serait un anglicisme dérivé du tamoul kari qui désigne la préparation des épices destinées à l'assaisonnement, un anglicisme devenu progressivement un terme générique pour tous les plats épicés nappes d'une sauce épaisse.

    Lizzie Collingham, historienne anglaise, dresse dans cet ouvrage un portait de la cuisine indienne à travers l'histoire. Les grands moghols, les portugais, la compagnie des indes, la colonisation britannique, les restaurants indiens de Londres, l'expansion de la cuisine indienne dans le monde, aux iles Fidji, en Californie, au Japon, la conquête de l'indépendance par le thé, le Chai, un livre érudit, très plaisant à lire  et qui invite à passer à la pratique avec par exemple les recettes de cuisine indienne popularisées de Madhur Jaffrey. Une élève d'art dramatique hindoue arrivée à Londres sans savoir faire la cuisine qui se fit adresser par sa mère des recettes qu'elle adapta aux ingrédients disponibles sur place puis qui fit des chroniques culinaires à New-York avant de créer une série télévisée avec la BBC qui connut un grand succès dans tout le monde de langue anglaise.

  • Les quatre saisons du fleuve Amour

    Ce premier livre de 2022 est superbe. Jean d'Albis, banquier de profession mais dont l'enfance s'est déroulée dans les milieux artistiques, porcelaine de Sèvres, restauration de tableaux anciens, séjours familiaux en Bohème, aux Etats-Unis,  en Extrême Orient, nous emmène à l'embouchure du fleuve Amour à la frontière entre Russie et Chine.

    On y suit la vie d'Orok, Dimitri, Lisaveta, Kalinka, Giliak, Nicolas, un peuple héritier des traditions des vieux croyants, des orthodoxes restés fidèles à l'orthodoxie d'avant 1666 et de l'animisme des Nivkhs

    On se love dans la peau d'un saumon qui remonte le cours de l'Amour, d'un chasseur, d'un ours, d'une biche, d'une conteuse, de l'héritière d'un soldat soviétique mort au combat.

    C'est tout simplement magnifique.

    Et je vous laisse méditer avec cet extrait : Il a appris que l'on reçoit à profusion en se contentant de peu. Il suffit de laisser les choses venir à soi et d'en goûter le sens, le temps qu'elles le veuillent bien. Il a aussi compris que rien ne sert de faire des réserves, rien ne sert d'accumuler. Car c'est dans l'action que se trouve la vie et non dans les greniers.

  • La volonté

    Très beau livre de Marc Dugain. Un ouvrage autobiographique et une histoire du XX siècle à la fois.

    Marc Dugain nous livre ici l'histoire de sa famille. Un grand-père maternel "gueule cassée", sa femme dévouée à jamais à son mari et sa fille unique. Des grands parents paternels, bretons, le père, marin au long cours, la grand-mère qui attend son mari, enclos dans la pauvreté, qui ne comprendront pas l'émancipation de leur fils cadet, le père de Marc, par l'école.

    Le père de Marc va être victime d'une attaque de polio adolescent, il parviendra, bien soigné par un médecin humaniste à marcher en boitillant, à faire de brillante études et deviendra ingénieur en physique nucléaire, spécialiste de l'étude des sols. Son épouse brillante scientifique également fera une carrière exceptionnelle dans l'industrie des eaux. Les deux tourtereaux dès les débuts de leur vie professionnelle s'expatrient en nouvelle Calédonie, puis au Sénégal où va naitre Marc Dugain, il veulent le meilleur pour leurs enfants, jusqu'à l'incompréhension devant ce fils qui ne leur ressemble pas, tête en l'air, poète...

    Tout au long de ce récit Marc Dugain nous raconte en parallèle de la saga familiale l'histoire de la France au XX siècle, la grande guerre, la crise de 29, la montée du fascisme, la défaite de 1940, la décolonisation. Ce siècle Marc Dugain lui règle son compte, il ne l'aime pas. toutes ces erreurs, ces dérives, ce capitalisme triomphant, et pour finir le réchauffement climatique. Heureusement, il y a des individus courageux, qui parviennent à force de volonté à se frayer un chemin exemplaire. De vrais humanistes. L'humanisme une valeur à réhabiliter en ces temps de cynisme généralisé.

     

  • Les pierres sauvages

    Les pierres sauvages est le titre de l'ouvrage écrit par Fernand Pouillon (1912-1986) lorsqu'il était en prison, accusé de malversations financières de ses partenaires dans l'exercice de son métier d'urbaniste et architecte, il sera amnistié par Pompidou un peu plus tard et recevra la légion d'honneur de Mitterand. Quoi qu'il en soit il a été un grand architecte, précurseur du développement durable, il préférait la pierre au béton.

    Avec Les pierres sauvages, qui est sans doute un auto portrait, Fernand Pouillon relate sous la forme du journal imaginaire du moine Guillaume Batz, les péripéties de la maitrise d'oeuvre de la construction de l'Abbaye du Thoronet dans le Var, une des trois merveilles de l'art cistercien en Provence avec Sénanque et Silvacane.

    C'est merveilleux! Quoi de plus beau que ce construire une abbaye au XII siècle. Il faut tout faire : extraire les pierres, les tailler, les affecter en fonction de leur qualité à tel ou tel usage, construire les outils, acheminer les autres matériaux, les vivres, diriger la communauté des moines et des convers, faire les plans, convaincre l'Abbé de l'Abbaye de Florielle, l'abbaye mère, de ses choix, arbitrer les conflits entre les personnes, faire face aux accidents du travail, parfois mortels, à sa propre santé, ne pas se décourager.

    Un livre magnifique qui ne laisse rien paraitre des convictions religieuses ou philosophiques de Fernand Pouillon.