Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Histoire

  • L'homme en rouge

    Radiographie ou anatomie de la Belle époque!. Le docteur Samuel Pozzi (1847 - 1918), l'homme en rouge selon un portrait célèbre de John Sargent, en robe de chambre, chirurgie et gynécologue talentueux, brillant, innovant. Son père Benjamin était originaire d'une famille lombarde et sa mère Inès d'une famille du Périgord. La ville de Bergerac, où il est né,  continue d'honorer la mémoire du docteur Pozzi, l'hôpital local porte son nom ainsi qu'une rue de la ville.

    Mais Pozzi fut aussi un mondain de la Belle époque, fort apprécié de ses patientes dont certaines furent ses maitresses, Sarah Bernhardt au premier rang. Intellectuel raffiné, lettré, il fréquentait les salons les plus huppés de Paris, voyageait beaucoup, aux Etats-Unis, à Londres. Il traduisit Darwin et faisait confectionner ses costumes et ses tentures avec des tissus achetés à Londres.

    Il fut sans doute malheureux en famille, Thérèse, un mariage d'amour au début, une femme rapidement trompée, catholique, fidèle, qui finira par le quitter, une fille qui trouvera difficilement son équilibre, un fils qui fera une carrière diplomatique modeste et un fils atteint de troubles mentaux.

    Julian Barnes dans ce récit fait autant le portrait de ce médecin exceptionnel que celui de la Belle époque, dont on retiendra qu'elle n'était pas si belle que cela. Les portraits du comte Robert de Montesquiou-Fezensac et du prince Edmond de Polignac sont un peu accablants. Cette noblesse décadente dépourvue de vrai talent n'aspire qu'à se mettre en avant, elle continue à pratiquer le duel pour un oui ou pour un non...

    La société française est marquée par l'affaire Dreyfus, la réaction est omniprésente parmi les élites de l'époque. Le contraste entre cette société sur le recul et un homme qu'on peut qualifier de la Renaissance comme Pozzi est assez frappant. On croise Léon Daudet, Marcel Proust, Oscar Wilde, les Goncourt, Jean Lorrain, Colette, Henri de Régnier, Léon Delafosse...

    Un livre très vivant, d'une grande érudition par le plus francophile écrivain anglais.

  • La guerre du Péloponnèse

    A la veille du confinement, j'ai regardé dans ma bibliothèque et suis retombé sur ce vieux bouquin de La Pléiade qui offre en un volume l'Enquête d'Hérodote et La guerre du Péloponnèse de Thucydide. Je me souvenais très bien du plaisir que j'avais eu à lire Hérodote et j'était persuadé n'avoir pas lu Thucydide. Je me suis rendu compte en cours de lecture que ce texte magnifique m'était familier et j'ai finalement découvert sur une page que je l'avais lu au second semestre 2003!

    Je dois avouer que malgré toutes les louanges faites à cet auteur, en particulier par Jacqueline de Romilly que j'ai vue maintes fois dans les émissions littéraires de Bernard Pivot, la lecture de La guerre est souvent un peu fastidieuse. Le récit des batailles est il faut le dire un peu répétitif, hive,r été, en toutes saisons pendant dix huit ans...

    Mais il est vrai que ce livre ne vieillit pas du point de vue de l'énonçé des stratégies des acteurs, de leur questionnement, du dilemme démocratie/oligarchie, de la nécessité des empires, de l'asservissement des peuples, des renversement des alliances. Notre monde s'est globalisé mais entre les Etats qui le composent, les enjeux sont un peu les mêmes qu'entres les cités grecques il y a 2500 ans, celle qui maitrisent la mer, celles qui maitrisent les continents...

    Ce qui manque tout de même ce sont quelques considérations sur le quotidien de ces conflits, pillages, viols, misère des vaincus, famines, tout cela n'est guère évoqué. Les femmes sont totalement absentes

    Périclès émerge comme le grand homme du moment, ses successeurs sont moins convaincants... Les sociétés ne génèrent pas de grands hommes à chaque génération!

     

    Lire la suite

  • Par instants, la vie n'est pas sûre.

    Ce n'est pas un roman, ce n'est pas un récit, c'est une lettre que Robert Bober a écrit au soir de sa vie, il est né en 1931 à Berlin, à Pierre Dumayet (1923-2011), son ainé, avec lequel il a collaboré pendant plusieurs années pour réaliser des documentaires pour la télévision (lecture pour tous émission littéraire mythique entre autres).

    Des souvenirs donc tout simplement qui permettent de croiser Erri de Luca, Georges Perec, Reverdy., le cardinal Lustiger, ... ,de se promener dans le quartier de Belleville, rue Vilin, la butte aux cailles, d'évoquer la culture yiddish, les tailleurs de l'après-guerre devenus hommes de lettres comme Jean-Claude Grumberg... Mais aussi Marguerite Duras, Jankelevitch, Hans Hartung, Martin Buber, Aharon Appelfeld, Marcel Rajman, (l'Affiche rouge), Paul Otchakovsky-Laurens (POL°), Henri Cartier Bresson, Robert Doisneau, tous, la plupart disparus,  deviennent vivants sous la plume de Robert Bober.

    C'est vraiment très attachant, et ce qui ressort c'est le souci constant de lire, relire scruter, regarder, photographier, mettre en scène, montrer.

    Le plus attachant de tous est peut être Erri de Luca qui depuis plusieurs dizaines d'années sans être croyant, lit quotidiennement le bible, en Hébreu, et à appris le yiddish, pour montrer à Hitler qu'il n'a pas gagné.

  • Crime et châtiment

    Voilà qui est fait. Depuis le temps que je me disais qu'il fallait lire Crime et châtiment de Fedor MikhaÏlovitch Dostoïevski (1821-1881). Mort à soixante ans donc, encore jeune.

    Le deuxième confinement, je n'ose pas écrire le second, m'aura convaincu de passer à l'acte. j'ai donc passé presque tout le mois de novembre à Saint-Petersbourg, près de la place Sennaia, la place aux foins, avec un jeune étudiant, noble, miséreux, ayant abandonné ses études, mais brillant, un assassin, Rodion Romanovitch Raskolnikov (qui signifie schisme, coupure, l'intéressé s'est coupé du monde).

    Le crime de Raskolnikov consiste à tuer une vieille usurière à coups de hache, et sa soeur, malheureusement témoin du meurtre, à la voler puis à cacher le butin.

    Ce n'est qu'à la toute fin du roman à la page 651 que Raskolnikov avouera son crime à la police, sans que celle-ci ait réuni quelques preuve que ce soient et lors qu'elle s'apprête à renoncer à le soupçonner parce que un autre individu, Nicolas, s'est accusé pour d'obscures raisons du crime.

    C'est donc un roman éminemment psychologique qui nous ait offert. Raskolonikov n'est pas tout à fait convaincu lui-même d'avoir commis un crime. Il souligne souvent que d'autre personnage éminents, Napoléon ont des morts sur la conscience bien plus importants mais qu'ils sont néanmoins portés au pinacle parce que ces crimes était la condition de la réalisation d'interêt supérieur. Qu'est qu'une vieille usurière finalement. En quoi est -elle utile à la société?

    Mais à la différence des êtres supérieurs qu'il admire, Raskolnikov se rend compte qu'il n'en est pas un. Son crime le dévore, il ne l'assume pas finalement et a peur d'être démasqué, par sa famille, ses amis, la police. C'est une grande déception, il est comme tout le monde. Et il manque de courage. Il est tenté par le suicide. C'est Sonia, une petite prostitué, qui va le sauver.

    Crime et châtiment est aussi un portait passionnant de la Russie au temps d'Alexandre II, une Russie qui vient d'abolir le servage qui s'ouvre aux idées nouvelles : psychologie, sociologie alors que son prédécesseur Nicolas 1er pendant trente ans avait régné pour faire prévaloir l'autocratie, l'orthodoxie et l'a russie éternelle.

    C'est aussi un roman qui montre les ravages de la prostitution, de l'alcoolisme, de la pauvreté, de la faim.

    On peut le lire comme une fable sociale ou comme un roman policier.

    Et il faut se souvenir en le lisant qu'en 1849 Dostoïevsky fut condamné à mort pour délit d'opinion, attaché au poteau d'exécution avec ses camarades, puis gracié et condamné au bagne pour dix ans. Il écrira à la suite de ce séjour, Le souvenir de la maison des morts qui aura un retentissement un peu analogue à celui du Goulag de Soljenitsyne.

  • Ceux de 14

    Aujourd’hui, avec Maurice Genevoix, nos grands-pères et grand-oncle entrent aussi au Panthéon.

    Ils y sont.

    Auguste était dans l’infanterie, il a été bléssé une première fois à Verdun puis fait prisonnier en 1917

    Ixile était dans la troisième coloniale d’Orient, il a combattu en Serbie contre les bulgares, démobilisé en juin 1919

    Paul, prêtre, a servi comme brancardier dans les tranchées pendant toute la guerre avec ses frères Auguste et Raphaël,

    Marcel a embarqué à Brest en 1917 comme marin sur le cuirassé Montcalm

    leur souvenir reste, ils sont vivants en nous.

  • Fantaisies quantiques

    Sur la photo de couverture de cet ouvrage prise en 1911, on voit les meilleurs savants de l’époque réunis par Ernest Solvay pour un congrès de Physique à Bruxelles. On peut reconnaître Albert Einstein, Max Planck, Hendrik Lorentz, Jean Perrin, Ernest Rutherford, Paul Langevin, Arnold Sommerfeld, Henri Poincaré et, seule femme, Marie Curie. dix prix Nobel et deux de plus pour Marie Curie en physique en 1903 et en chimie en 1911.

    Ernest Solvay, inventeur d’un procédé industriel de fabrication de la soude et curieux des sciences physiques et en particulier de comprendre la matière avait eu l’idée de la réunion de ce conseil de physique. Des conseils qui allaient se réunir tout au long du XX siècle à intervalle régulier et scander les progrès de physique quantique, de la connaissance de l’atome à la théorie du big bang.

    Ne sont pas sur la photo mais ont pris le relais de leur maître Erwin Shrödinger, Paul Dirac, Wolfgang Pauli, Niels Bohr, Richard Feynman, Satyendra Nath Bose,  Bragg père et fil, Werner Heisenberg, Louis de Broglie, Joseph, John Thomson, George Gamow, l'abbé Georges Lemaître... et j'en passe.

    C’est Marina Solvay, l’arrière-arrière-petite-fille d’Ernest qui nous raconte, avec Catherin Doultremont, au travers de portraits vivants des acteurs de cette épopée, des controverses scientifiques, des débats, sur fond de Grande guerre, de montée du fascisme, d’exil des savants juifs en Amérique, de repli européen, cette magnifique avancée de la science. Magnifique même si cette aventure est aussi celle qui conduit à la suite du projet Manhattan à Hiroshima et à la perspective de la fusion nucléaire avec le projet ITER.

    j’avoue qu’on ne comprend pas toujours tout mais les portraits sont attachants, les anecdotes savoureuses et cela donne envie d’en savoir plus.

  • Zoli

    Cette fois Colum McCann nous emmène sur les pas de Zoli, une femme insaisissable, une tzigane, au coeur de l'Europe centrale, la Slovaquei en l'occurence, des années trente à la fin du XX siècle. C'est magnifique.

    Au départ, les années trente,  des milices fascistes cantonnent un groupe de roms sur un lac gelé, la glace fond, seuls la petite Zoli et son grand-père en réchappent.

    C'est le début d'une errance qui va durer toute la vie de Zoli. Elle va apprendre à lire, puis à écrire, devenir poète puis l'égérie des communistes nouvellement au pouvoir après 1945, ils veulent intégrer les roms dans de hlms, en vain.  Zoli reste révoltée, toujours libre, érigée en modèle d'intégration, puis bannie par son peuple...

    Elle va fuir, traverser les frontières, le rideau de fer, se retrouver en Autriche, puis en Italie, rencontrer un mari, faire une fille, une révoltée, elle aussi à Paris. La roue tourne interminablement...

     

  • Moulins du Lectourois

    Vendredi 2 octobre, la Société archéologique du Gers présentait à la salle de la comédie de Lectoure  le fruit de deux années de recherche sur les moulins du lectourois.

    Le lectourois ou 28 communes autour de Lectoure dans lesquelles ces érudits ont recensé avec l'aide des communes est des propriétaires pas moins de 151 moulins, environ 90 à vent et 60 à eau. Recherches sur le terrain et dans les archives richement illustrées par des photos et des plans. La conférence était animée par Georges Courtiès l'ancien président de la société et suivi par de nombreuses personnes, élus, propriétaires, ou simplement curieux.

    Les moulins à eau sont les mieux conservés, ceux à vent ont été plus abimés par le temps mais jalonnent encore le paysage, même lorsqu'ils ont perdu leur tête et leurs ailes.

    L'occasion d'expliquer les mécanismes de fonctionnement de ces moulins, sans roue à aube mais à roue horizontale dans notre région,  et de préciser les affres du métier de meunier, surtout pour les moulins à vent avec les risques associés à l'habillage des ailes, la montée des escaliers chargés d'un sac de farine, la surveillance de la vitesse du vent. On y a appris également que pour déterminer le sens du vent les meuniers s'appuyaient sur la position de leur âne toujours soucieux de s'abriter du vent.

    Et de clore en chantant "Meurier tu dors...

    Dans un siècle ou deux on inventoriera sans doute les silos qui jalonnent aujourd'hui nos campagnes...

  • Looking for Beethoven

    On avait été ravis il y a quelques années du spectacle de Pascal Amoyel consacré à Cziffra à l'auditorium de la Chaise-Dieu.

    On a été emballé pas celui-ci, vu dans la petite salle du théâtre du Bidochon à Barbaste, dans le cadre du Festival d'Albret, en Lot et Garonne.

    Pascal Amoyel est un merveilleux pianiste doublé d'un merveilleux conteur. Seul en scène, il nous conte la vie de Beethoven et habite réellement le personnage au point qu'il n'est plus un conteur mais un acteur qui s'identifie totalement avec son personnage.

    Beethoven, musicien de la joie malgré une vie personnelle marquée pa rles maladies,  l'excès d'alcools, les déceptions amoureuses, l'incompréhension d'une partie de ses contemporains mais toujours vivant et désireux de donner le meilleur de lui même pour la musique.

    Un spectacle émouvant dont on sort joyeux.

  • toujours charlie...