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Livre

  • Gasa Gasa girl

    La gasa-gasa girl, c'est Mari, la fille de Mas Arai, un retraité jardinier rescapé d'Hiroshima qui vit sur la cote ouest de Etats-Unis.
     
    En japonais, gasa-gasa, signifie toujours en mouvement, turbulent, excité. Mari n'a pas réussi après l'adolescence à s'entendre avec son père et est partie vivre à New-York ou elle s'est mariée depuis avec un américain, LLyods un vrai pas un fils de réfugié japonais. Et elle vient d'avoir un bébé.
     
    Mais un jour, elle appelle son père à l'aide. S'ensuit une série de rebondissement dans lequel un millionnaire d'origine à moitié japonaise est retrouvé mort dans le bassin d'an ancien jardin japonais de New-York qu'il avait entrepris de faire restaurer par le mari de Mari.
     
    Mas, très observateur, repère aussitôt des indices qui n'intéresse guère la police et soucieux de préserver sa fille et sa famille du risque d'une errreur judiciaire va s'impliquer avec un vieux copain japonais qu'il retrouve à New-York dans une enquête policière. C'est l'occasion de redécouvrir New-York sous le regard d'un japonais de Los Angeles qui va de découverte en stupéfaction mais finit pas s'en sortir...
     
    Alors dans ce roman, il y a bien sûr l'enquête policière mais surtout le plaisir de faire connaissance de ce milieu des japonais des Etats-Unis avec son vocabulaire spécifique, ses traditions conservées, son souci d'intégration, la méfiance qu'il continue de susciter.
     
    Un bon moment de lecture en anglais.
     
     

  • Le Turquetto

    Un roman bien sympathique, bien écrit, qui nous emmène au sein du bazar de Constantinople sur les traces d'un petit gamin juif orphelin particulièrement doué pour le dessin. 

    Ce gamin, il va se révolter, abandonner sa mère, une marchande d'esclaves pour le harem, et aller à Venise, là ou l'on a le droit de dessiner, de peindre des portraits, ce qu'interdit l'islam.

    On le retrouve donc trente ans plus tard à Venise, adulé par la bonne société qui ne cesse de lui passer commande, il est marié, installé et puis un jour, le chef d'une scuola, jaloux, découvre que finalement, il n'est pas chrétien.

    Le procès est inéluctable.

    Faut il au moins sauver les oeuvres ou se résoudre à l'autodafé?

    Un roman sur l'histoire de l'art, sur la rivalité entre chrétiens et musulmans, sur la tolérance, sur la loterie qu'est, a été, sera encore pour longtemps, la naissance, le destin...

  • L'île au trésor

    Et oui, pourquoi pas?

    Pour 3,40 euros on peut se replonger dans une aventure à suspens, comme si l'on était encore adolescent.

    Et puis il y a la préface de Dominique Fernandez, une préface étonnante, dans laquelle il affirme que ce roman est l'archétype du roman, le résumé, le modèle et l'exemple le plus accompli du genre romanesque tout entier.

    Résumons, il y a d'abord  le don de raconter, pas besoin de digressions, d'analyse psychologique, de philosophie, tout est dans le récit.

    Le héros est un enfant, un adolescent, il découvre le monde, avec un oeil neuf dans un univers inconnu et c'est bien l'objet du roman que de faire découvrir.

    Pas de femme, Stevenson s'est épargné d'inventer les premiers émois amoureux de son héros. Ses romans avec des femmes avaient été des échecs. C'est l'argument le plus contestable.

    Le navire, le navire est un espace clos, une résumé de la société, un modèle réduit avec sa hierarchie et lorsqu'elle est contestée par une mutinerie c'est tout l'univers qui risque de basculer.

    L'île, autre univers clos, une île sans habitants  mais qui recèle un trésor, une divine surprise, la promesse d'un homme nouveau.

    La société, les personnages du roman représente la société, la bonne, le capitaine, l'armateur, le docteur et les hommes sans foi ni loi, les marins, les nomades, les flibustiers. Notre jeune héros passe lui de l'un à l'autre, sans vraiment trahir. Et les marginaux apparaissent souvent comme les plus sympathiques.

    Par certains côtés, l'ile au trésor est aussi un roman familial, une réflexion sur la solitude, un éloge de la vertu de l'action, la vitre au sens de Machiavel et enfin c'est un roman initiatique.

    Alors vous êtes convaincu?

  • Le Dunkerque de Duquesne

    Un bon complément au Dunkerque de Christopher Nolan, le film. 

    En 1940, Jacques Duquesne a dix ans. Il habite à Dunkerque dans la ville basse. la guerre il va la vivre en famille, la drôle de guerre d'abord puis les bombardements et enfin l'entrée des allemands dans Dunkerque.

    Jacques Duquesne livre ici son analyse de cet épisode en historien qui a beaucoup lu, travaillé, recherché pour mieux comprendre ce qu'il a vécu. Et il y mêle ses souvenirs personnels.

    Rien de commun en fait avec le film de Nolan.Il est très peu question de l'évacuation des troupes anglaises puis françaises. Il est question de la drôle de guerre, des atermoiements des politiques et de l'Etat-major français, de l'impréparation de nos armées, peu de chars, peu d'aviation, de mauvaises transmissions, peu de ravitaillement,  et de celle du Royaume-Uni, de l'absence totale d'information des habitants de Dunkerque sur ce qui se passe. La population se rend à peine compte qu'elle est encerclée.

    Beaucoup de désabusement, de désillusion, sur le moment, le petit garçon voulait que son pays gagne la guerre et visiblement, presque 80 ans plus tard, Jacques Duquesne ne s'en est pas remis.

    J'ai repensé en lisant cet ouvrage aux excellents manuscrits de guerre écrits par Julien Gracq qui décrit très bien cette période lorsqu'il était à la tête de quelques soldats, ivres le plus souvent, qui aspiraient pour l'essentiel à se rendre ou à déserter. Seuls quelques uns firent leur devoir jusqu'au bout pour défendre la tête de pont de Dunkerque. Julien Gracq fût de ceux-la. Il y en eu d'autres qui sauve§rent l'honneur de la France.

  • Dunkerque - Dunkirk - Dunkirchen - Duinkerke

    Bien sûr, je suis allé voir le film de Christopher Nolan. Un an que j'en entends parler lors de mes séjours à Dunkerque où je suis administrateur au conseil de surveillance du Grand port maritime. J'y vais depuis 2010, tous les trimestres.

    Et puis Dunkerque, j'y allais lorsque j'étais gamin, voir le cousin Bernard qui travaillait à Usinor et qui habitait Malo les Bains.

    Et puis, mon père, Henri, il y était dans la poche de Dunkerque en juin 1940. Son père Auguste disait je préfère la savoir mort qu'aux mains des allemands, il parlait d'or puisqu'il avait été prisonnier des allemands en 1917. Henri fut évacué en Angleterre, je n'en sais guère plus.

    Le film de Nolan ne raconte rien de tout cela, peu de chose sur le contexte stratégique, rien ou presque sur les français. Nolan célèbre, l'esprit de Dunkerque, vu par les anglais, résister, préserver leur armée, l'évacuer, pour reprendre le combat demain. On attend des français un grand film sur Dunkerque. Les anglais ont fait le leur.

    Le film de Nolan est un film formidable sur la survie, sur ce que c'est que d'être soldat, sur une plage, sous le feu des chars et de l'aviation allemande. Ni plus ni moins, mais c'est déjà beaucoup.

    Pour le reste, la stratégie, le rôle héroïque des soldats français,  on peut utilement regarder un petit bijou pédagogique sur arte plus :

    http://www.arte.tv/fr/videos/077437-001-A/dunkerque-tenir-a-tout-prix

    et puis sans doute lire, j'y reviendrai l'ouvrge de Jacques Duquesne  :Dunkerque - une tragédie française.

    Et puis il faut aller visiter Dunkerque : les lieux de mémoire, les dunes, le musée portuaire, l'urbanisme, le waterzoi... http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/07/13/30003-20170713ARTFIG00003-cinq-bonnes-raisons-de-visiter-dunkerque.php

     

  • Saint Petersbourg - Epilogue

    Derniers moments avant de reprendre la route de l'aéroport. Un petit tour, toujours à pied, dans le quartier de Kuznechnyy, le quartier ou vécut Dostoiewski. Il y a un marché traditionnel, bien achalandé mais peu fréquenté. Beaucoup de vendeurs et peu d'acheteurs, la productivité n'est pas élevée.

    Pour se rendre à l'aéroport, taxi commandé à l'Hôtel. Une fois de plus un taxi sans enseigne extérieure de taxi. Et un chauffeur qui n'accepte pas la carte bleue et n'a pas la monnaie sur 5000 roubles pour en payer 800 et qui nous fait faire deux fois le tour de l'aéroport pour aller acheter une petite bouteille d'eau dans une station service pour faire la monnaie. Et bien sûr, il ne connait aucun mot d'anglais. Heureusement nous avons de l'avance.

    Petit conseil de lecture pour terminer : le dictionnaire amoureux de Saint Petersburg de Vladimir Fedorowski, très agréable à lire après les visites pour se pénétrer pendant le voyage de l'histoire du lieu et de celle des principaux tsars et pour se guider le guide Voir de la collection Hachette. Même si aujourd'hui, Le Monde déconseille les guides pour aller vraiment à l'aventure. Il y a un peu de vrai mais quand même.

  • Les furies

    Drôle de roman! Je m'y suis plongé après lu l'entretien avec Barack Obama publié dans le premier numéro de America, la revue trimestrielle qui chronique l'Amérique de Trump fondée par Fottorrino et Busnel. Dans cet entretien Obama cite quelques uns des livres qu'il a particulièrement appréciés et il y a Les furies.

    J'ai d'abord entrepris de le lire en anglais dans la version originale qui s'intitule très justement Fortunes and Furies. Mais j'ai décroché rapidement, vocabulaire bien trop riche et imagé pour moi.

    Le livre comprend deux parties comme le titre américain le suggère la première est celle de la fortune, tout est parfait, un couple improbable qui erre de fêtes en fêtes, alcool, drogue, créativité, dans la Nouvelle Angleterre. Mais ils sont fidèles l'un à l'autre, font l'admiration de tous leurs amis et enfin la réussite, Lancelot, dit Lotto, acteur et auteur de théâtre, grand, beau et fort connait le succès et Mathilde, belle comme l'aurore, le protège.

    La seconde partie est une descente aux enfers, les personnages de rêve sont démontés, cruellement, on tombe de très haut devant autant de cynisme, de cruauté, de malheur. Je vous laisse deviner ou plutôt découvrir car on ne peut pas deviner...

    Pourquoi Barack Obama a t'il aimé ce livre? Peut-être parce que, lui, a su, au fil de la lecture, deviner???

  • Bistrot!

    Une petite mais très belle exposition à la Cité du Vin sur le thème du bistrot. L'exposition convoque la peinture du XVIII à nos jours bien sûr mais aussi la littérature (Baudelaire, Verlaine...), le Cinéma (Nouvelle vague), la chanson...

    C'est tout de même un peu trop franco-français et il manque une évocation des café célèbres du monde entier maus c'est tout de même très bien fait et fort sympathique.

     

    Venez à Bordeaux ou achetez le très beau catalogue!

  • A la découverte des grands ports du monde

    Je le cherchais depuis plusieurs mois. Il est reparu. Une invitation au voyage avec Tintin : Saint-Nazaire, Antwerpen, Oostende, Akureyri, Le Havre, La Rochelle, Marseille, Matadi, Port-Saïd, Djibouti, Chicago, New-York, Callao, Haïfa, Shanghaï... des années 3O aux années 60, l'âge d'or de la marine.

    Une très belle réussite : vignette des albums de , photos, encadrés et textes par les spécialistes de Ouest France, du journal Le Marin (une filiale du premier) et de quelques tintinophiles avertis des questions maritimes.

    A ne pas manquer!

  • La cache

    Ce récit est celui d'une famille, la famille Boltanski, ou Boltanski ou Boltansky, originaire d'Odessa. Le mémorial de Yad Vashem en Israël compte 177 victimes de la Shoah de ces noms là.

    Un nom juif donc pour l'auteur Christophe, journaliste et écrivain, fils de Luc Boltanski, sociologue, petit-fils d'Etienne Boltanski, médecin des hôpitaux, arrière petit-fils de David, sellier immigré d'Odessa à Saint-Ouen où il est rejoint par sa femme Enta Fanstein.

    Etienne se marie avec Myriam, une femme corse, véritable héroïne de cette sage, mère-grand, atteinte de la polio à l'âge de 22 ans. Etienne et Myriam ont donc trois fils, Jean-Elie, aujourd'hui discret linguiste, Luc, poète et sociologue, père de  et Christian-Liberté, l'artiste mondialement connu aujourd'hui.

    Ces gens là vivent reclus dans leur appartement de la rue de Grenelle, la polio limite les déplacements de la mère qui refuse les fauteuils roulants, s'accroche à la vie, couve sa maisonnée, Etienne est du genre mélancolique et puis la guerre arrive, la nazisme, l'antisémitisme, les confrères s'éloignent, les dénonciations se profilent... La famille met en place un stratagème : officiellement, Etienne et Myriam divorcent, Etienne est parti, en fait il vit le jour dans une cache, sous le plancher et ne sort que la nuit, jusqu'à la libération et le retour à l'hôpital avec les mêmes collègues qu'avant... cela crée des habitudes, se cacher, rester ensemble, toujours solidaires, regarder par où fuir, ne pas s'éloigner de la voiture, ne pas sortir seul, ne pas aller à l'école, Christian n'y a jamais été, les enfants ont eu des précepteurs, même un ancien collabo...

    Le récit, est-ce un roman, est construit autour des pièces de l'appartement, on commence par la voiture, une Fiat 500, à cinq, puis c'est la cuisine, le bureau... avec à chaque fois un plan détaillé.

    Une famille de non dits dominée pour toujours par la peur, la peur de tout, la peur de l'extérieur, de l'imprévu, des autres... mais une famille unie comme jamais malgré les différences entre les garçons, qui restent attachés les uns aux autres encore aujourd'hui malgré des parcours professionnels fort différents.

    Un livre très attachant mais aussi par certains côtés effrayant.