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Livre

  • Dunkerque - Dunkirk - Dunkirchen - Duinkerke

    Bien sûr, je suis allé voir le film de Christopher Nolan. Un an que j'en entends parler lors de mes séjours à Dunkerque où je suis administrateur au conseil de surveillance du Grand port maritime. J'y vais depuis 2010, tous les trimestres.

    Et puis Dunkerque, j'y allais lorsque j'étais gamin, voir le cousin Bernard qui travaillait à Usinor et qui habitait Malo les Bains.

    Et puis, mon père, Henri, il y était dans la poche de Dunkerque en juin 1940. Son père Auguste disait je préfère la savoir mort qu'aux mains des allemands, il parlais d'or puisqu'il avait été prisonnier des allemands en 1917. Henri fut évacué en Angleterre, je n'en sais guère plus.

    Le film de Nolan ne raconte rien de tout cela, peu de chose sur le contexte stratégique, rien ou presque sur les français. Nolan célèbre, l'esprit de Dunkerque vu par les anglais, résister, préserver leur armée, l'évacuer, pour reprendre le combat demain. On attend des français un grand film sur Dunkerque. Les anglais ont fait le leur.

    Le film de Nolan est un film formidable sur la survie, sur ce que c'est que d'être soldat, sur une plage, sous le feu des chars et de l'aviation allemande. Ni plus ni moins, mais c'est déjà beaucoup.

    Pour le reste, la stratégie, le rôle héroïque des soldats français,  on peut utilement regarder un petit bijou pédagogique sur arte plus :

    http://www.arte.tv/fr/videos/077437-001-A/dunkerque-tenir-a-tout-prix

    et puis sans doute lire, j'y reviendrai l'ouvrge de Jacques Duquesne  :Dunkerque - une tragédie française.

    Et puis il faut aller visiter Dunkerque : les lieux de mémoire, les dunes, le musée portuaire, l'urbanisme, le warzezoi... http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/07/13/30003-20170713ARTFIG00003-cinq-bonnes-raisons-de-visiter-dunkerque.php

     

  • Saint Petersbourg - Epilogue

    Derniers moments avant de reprendre la route de l'aéroport. Un petit tour, toujours à pied, dans le quartier de Kuznechnyy, le quartier ou vécut Dostoiewski. Il y a un marché traditionnel, bien achalandé mais peu fréquenté. Beaucoup de vendeurs et peu d'acheteurs, la productivité n'est pas élevée.

    Pour se rendre à l'aéroport, taxi commandé à l'Hôtel. Une fois de plus un taxi sans enseigne extérieure de taxi. Et un chauffeur qui n'accepte pas la carte bleue et n'a pas la monnaie sur 5000 roubles pour en payer 800 et qui nous fait faire deux fois le tour de l'aéroport pour aller acheter une petite bouteille d'eau dans une station service pour faire la monnaie. Et bien sûr, il ne connait aucun mot d'anglais. Heureusement nous avons de l'avance.

    Petit conseil de lecture pour terminer : le dictionnaire amoureux de Saint Petersburg de Vladimir Fedorowski, très agréable à lire après les visites pour se pénétrer pendant le voyage de l'histoire du lieu et de celle des principaux tsars et pour se guider le guide Voir de la collection Hachette. Même si aujourd'hui, Le Monde déconseille les guides pour aller vraiment à l'aventure. Il y a un peu de vrai mais quand même.

  • Les furies

    Drôle de roman! Je m'y suis plongé après lu l'entretien avec Barack Obama publié dans le premier numéro de America, la revue trimestrielle qui chronique l'Amérique de Trump fondée par Fottorrino et Busnel. Dans cet entretien Obama cite quelques uns des livres qu'il a particulièrement appréciés et il y a Les furies.

    J'ai d'abord entrepris de le lire en anglais dans la version originale qui s'intitule très justement Fortunes and Furies. Mais j'ai décroché rapidement, vocabulaire bien trop riche et imagé pour moi.

    Le livre comprend deux parties comme le titre américain le suggère la première est celle de la fortune, tout est parfait, un couple improbable qui erre de fêtes en fêtes, alcool, drogue, créativité, dans la Nouvelle Angleterre. Mais ils sont fidèles l'un à l'autre, font l'admiration de tous leurs amis et enfin la réussite, Lancelot, dit Lotto, acteur et auteur de théâtre, grand, beau et fort connait le succès et Mathilde, belle comme l'aurore, le protège.

    La seconde partie est une descente aux enfers, les personnages de rêve sont démontés, cruellement, on tombe de très haut devant autant de cynisme, de cruauté, de malheur. Je vous laisse deviner ou plutôt découvrir car on ne peut pas deviner...

    Pourquoi Barack Obama a t'il aimé ce livre? Peut-être parce que, lui, a su, au fil de la lecture, deviner???

  • Bistrot!

    Une petite mais très belle exposition à la Cité du Vin sur le thème du bistrot. L'exposition convoque la peinture du XVIII à nos jours bien sûr mais aussi la littérature (Baudelaire, Verlaine...), le Cinéma (Nouvelle vague), la chanson...

    C'est tout de même un peu trop franco-français et il manque une évocation des café célèbres du monde entier maus c'est tout de même très bien fait et fort sympathique.

     

    Venez à Bordeaux ou achetez le très beau catalogue!

  • A la découverte des grands ports du monde

    Je le cherchais depuis plusieurs mois. Il est reparu. Une invitation au voyage avec Tintin : Saint-Nazaire, Antwerpen, Oostende, Akureyri, Le Havre, La Rochelle, Marseille, Matadi, Port-Saïd, Djibouti, Chicago, New-York, Callao, Haïfa, Shanghaï... des années 3O aux années 60, l'âge d'or de la marine.

    Une très belle réussite : vignette des albums de , photos, encadrés et textes par les spécialistes de Ouest France, du journal Le Marin (une filiale du premier) et de quelques tintinophiles avertis des questions maritimes.

    A ne pas manquer!

  • La cache

    Ce récit est celui d'une famille, la famille Boltanski, ou Boltanski ou Boltansky, originaire d'Odessa. Le mémorial de Yad Vashem en Israël compte 177 victimes de la Shoah de ces noms là.

    Un nom juif donc pour l'auteur Christophe, journaliste et écrivain, fils de Luc Boltanski, sociologue, petit-fils d'Etienne Boltanski, médecin des hôpitaux, arrière petit-fils de David, sellier immigré d'Odessa à Saint-Ouen où il est rejoint par sa femme Enta Fanstein.

    Etienne se marie avec Myriam, une femme corse, véritable héroïne de cette sage, mère-grand, atteinte de la polio à l'âge de 22 ans. Etienne et Myriam ont donc trois fils, Jean-Elie, aujourd'hui discret linguiste, Luc, poète et sociologue, père de  et Christian-Liberté, l'artiste mondialement connu aujourd'hui.

    Ces gens là vivent reclus dans leur appartement de la rue de Grenelle, la polio limite les déplacements de la mère qui refuse les fauteuils roulants, s'accroche à la vie, couve sa maisonnée, Etienne est du genre mélancolique et puis la guerre arrive, la nazisme, l'antisémitisme, les confrères s'éloignent, les dénonciations se profilent... La famille met en place un stratagème : officiellement, Etienne et Myriam divorcent, Etienne est parti, en fait il vit le jour dans une cache, sous le plancher et ne sort que la nuit, jusqu'à la libération et le retour à l'hôpital avec les mêmes collègues qu'avant... cela crée des habitudes, se cacher, rester ensemble, toujours solidaires, regarder par où fuir, ne pas s'éloigner de la voiture, ne pas sortir seul, ne pas aller à l'école, Christian n'y a jamais été, les enfants ont eu des précepteurs, même un ancien collabo...

    Le récit, est-ce un roman, est construit autour des pièces de l'appartement, on commence par la voiture, une Fiat 500, à cinq, puis c'est la cuisine, le bureau... avec à chaque fois un plan détaillé.

    Une famille de non dits dominée pour toujours par la peur, la peur de tout, la peur de l'extérieur, de l'imprévu, des autres... mais une famille unie comme jamais malgré les différences entre les garçons, qui restent attachés les uns aux autres encore aujourd'hui malgré des parcours professionnels fort différents.

    Un livre très attachant mais aussi par certains côtés effrayant.

     

  • Séquelles

    La mode est au polar nordique, alors innovons! Voici un polar australien. on s'imagine déjà sur de belles plages avec de beaux surfeurs, lunettes de soleil, bodybuildés...

    Et bien pas du tout. Peter Temple un sud-africain d'origine né en 1946 qui vit en Australie depuis 1980 nous emmène à Cromarty au sud de l'Australie, en automne, et plus on est au sud, plus il fait froid: il y a de la pluie du vent, des landes, de la boue, on se croirait en Irlande...

    Le roman a été publié en 2006 et a été couronné de nombreux prix, méconnus ici : Ned Kelly Award, Ducan Lawrie Dagger.

    Au départ Joe Cashin, policier qui a été exilé dans un petit commissariat à l'écart de la criminelle à la suite d'une enquête désastreuse coule des jours tranquilles, répare la vielle maison de son oncle, promène ses chiens, sa solitude, son mal de dos... jusqu'à ce qu'il soit appelé pour le meurtre d'un notable local, mort sous la torture. Rapidement trois aborigènes sont inquiétés puis tués par la police dans ce qui ressemble à une embuscade. Tout le monde est content! Sauf Cashin qui trouve que l'enquête est bâclée et les coupables bien commodes.

    On découvre alors peu à peu l'envers du décor du rêve australien : racisme, omerta, policiers véreux, corrompus, drogue, prostitution, pédophilie; on verra qu'il n'est possible de compter sur personne et que les notables ont l'âme bien noire et que ceux qu'on admire le plus sont parfois très décevants.

    Pas très gai ce polar malgré quelques éclaircies d'humanité de temps à autre...

  • A propos de courage

    Tim O'Brien est né en 1946. Un peu plus âgé que moi. Mais il est américain, originaire du Minnesota. A 21 ans, il est envoyé à la guerre au Viet-Nam dans la 23 ème division d'infanterie, celle qui fut impliquée dans le massacre de My-Lai. il sert son pays de 1968 à 1970.

    Après la guerre, il reprend ses études à Harvard et il devient écrivain sans l'avoir prémédité.

    Toute son oeuvre est hantée par la guerre qu'il a livrée. Dans cet ouvrage, écrit 20 ans après, il se remémore son expérience entrecoupée de souvenirs de son enfance et de son adolescence, le temps d'avant. il ne dénonce rien, il ne prend pas partie, il décrit. La pluie, la boue, l'attente, les copains, la peur, la honte, la folie, la nostalgie, le courage, la solidarité...la mort des copains, l'hélico qui les ramène à la maison, les VC, les viet-congs... Tim O'Brien fait revivre les morts, ils ne le quittent pas y compris la petite Linda sa copine dont il était amoureux à l'âge de neuf ans

    La première partie qui donne son titre à l'ouvrage en anglais s'intitule "The things they carried", c'est saisissant, tout ce que porte un soldat, d'essentiel et d'accessoire.

    Le passage où il explique aussi pourquoi il renonce finalement après une semaine de réflexion à la frontière avec le Canada de ne pas déserter est magnifique. Finalement, il y va à la guerre parce qu'il manque de courage...

    Ce livre est vraiment à mettre dans toutes les mains pour comprendre ce qu'est la guerre, ce que sont les guerres et ce qu'est la compagnie des morts.

     

  • VIVA

    L'ivresse de la littérature et de la révolution... A vrai dire avec ce livre, je crois que c'est le dernier ouvrage de Patrick Deville paru, il vaudrait mieux parler d'étourdissement.

    Deville utilise le même procédé que dans Equatoria, des allers et retours biographiques de nombreux personnages et les réflexions contemporaines de l'auteur. On est ici au Mexique dans les années trente et quarante et les personnages sont imposants : Léon Trotsky en exil, Frida Kahlo et Diego Rivera, Malcom Lowry, Arthur Cravan.

    Ce qui réunit ces artistes ce n'est pas vraiment l'art mais plutôt l'action politique. En arrière plan, il y a les luttes entre les partisans de la quatrième internationale créée par Trotsky et ceux qui sont restés staliniens et qui veillent au grain.

    On se demande sans le comprendre vraiment pourquoi Mexico est devenu le centre de cette lutte et la destination de tant d'intellectuels, il semble qu'il faille faire le voyage de Mexico, on y croise même André Breton, qui au passage en profitera pour piller un peu d'arts premiers.

    Si on excepte Trotsky, il semble qu'on boive beaucoup, les amitiés et les amours sont fugaces, les trahisons nombreuses et on se demande vraiment comment Malcom Lowry est parvenu à écrire son célèbre roman Au dessous du volcan, ce n'est pas ce livre qui nous l'expliquera vraiment, tant le récit est décousu...

    Petite déception donc...

  • Les impliqués

    Un polar polonais! La mode est au polar nordique alors cap sur la Pologne. J'ai rencontré l'auteur et son traducteur au Salon Lire en Poche à Gradignan (Bordeaux Métropole), une excellente manifestation avec conférence d'auteurs, dédicaces, la présence de toutes les librairies de Bordeaux...

    Zygmunt Miloszewski, l'auteur, a écrit un polar un peu particulier qui relie la Pologne d'aujourd'hui et on le découvrira au cour de l'enquête du procureur, son passé. Le procureur est un peu blasé, au milieu de sa vie, il s'ennuie, supporte mal sa hiérarchie et n'est pas très heureux en couple. l'affaire qui va l'occuper va lui apporter du changement et un trop plein d'émotions.

    Un matin il est appelé dans un monastère qui a été loué par un thérapeute pour un WE de thérapie basé sur la reconstitution de la constellation familiale. Les participants jouent chacun leur tour le rôle de la famille d'un des patients et cette constellation permet de mettre en évidence la cause des troubles, des angoisses... pourquoi pas... et peu importe, l'essentiel est que ce matin là l'un des patients est retrouvé mort avec la broche d'une rôtissoire enfoncé dans l'oeil. Le meurtrier est sans doute parmi les participants à la thérapie, mais lequel?

    Le petit plus : les impliqués a été publié par une maison d'édition basée à Bordeaux :http://mirobole-editions.com