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Livre - Page 4

  • Charlotte

    Charlotte est un beau, un très beau roman de David Foenkinos publié dans la collection blanche de Gallimard qui retrace la vie de Charlotte Salomon, une jeune juive allemande déporté et assassinée à 26 ans, enceinte, en 1943.

    Un peu avant son arrestation, Charlotte qui avait fui l'Allemagne nazie pour se réfugier en zone libre, sur la côte d'azur a écrit une oeuvre composée de 800 gouaches, de textes, d'indications musicales intitulée Leben, oder Theater, Vie? ou théâtre.

    C'est toute une vie a-t-elle dit à son médecin qui l'avait accompagné lorsqu'elle lui remit son travail.

    Toute une vie marquée de bout en bout par la tragédie dans une atmosphère de folie que retrace magnifiquement et avec beaucoup d'admiration Foenkinos qui a adopté pour l'occasion, par nécessité dit-il, une forme de poème en vers libres qui dépassent rarement une ligne. 

    C'est très réussi. Et il serait judicieux de remonter une exposition à propos de Charlotte Salomon, sa vie et son oeuvre le méritent.

  • Première personne du singulier

    Quatre nouvelles remarquables, déchirantes de Patrice Franceschi, un homme qui cumule beaucoup de  talents : aventurier, combattant, écrivain, marin, voyageur, aviateur, charmeur.

    Un homme habité par l'esprit d'aventure, auquel il a consacré un essai avec Gérard Chaliand.

    Ici quatre histoires où un individu, quatre hommes et une femme, est confronté à un choix impossible, tragique, terrifiant mais qu'il va assumer.

    Je vous laisse découvrir c'est remarquable.

  • Dans la colère du fleuve

    Un roman américain, de nouveau. Un roman écrit à deux ou quatre mains comme on voudra par Tom Franklin et Betj Ann Fennelly, mari et femme. Dans la colère du fleuve dans la traduction française.

    Mississipi, 1927. La crue du fleuve est là. La prohibition aussi. Voilà pour le contexte. Deux agents fédéraux Ham et Ted arrivent dans la ville de Hobnob à la recherche du meurtrier d'un de leurs collègues parti à la recherche d'un contrebandier d'Alcool. Pendant ce temps là la population accumule les sacs sur les digues car l'eau monte et menace d'inonder La Nouvelle Orléans.

    Ham et Ted ont des souvenirs communs forgés dans les tranchées de la Somme. Ted est orphelin. Aussi lorsqu'ils découvrent deux cadavres avec un bébé bien vivant Ted n'a de cesse que de lui trouver une maman de substitution. Il tombe sur Dixie qui justement vient de perdre son bébé et est toute heureuse d'en trouver un autre. Mais Dixie  mariée trop jeune à Jesse un garçon peu recommandable est en fait une contrebandière de haut vol qui distille du Wisky que son mari volage et violent écoule dans toute la région à son insue.

    Les deux auteurs alternent les récits de Dixie et et de Ted, les digues sautent à la dynamite, pour sauver NewOrleans il faut bien inonder Hobnob. Dixie et Ted, deux personnes qui n'auraient jamais du se rencontrer vont vivre une belle histoire d'amour.

    Un beau roman dans le cadre d'un épisode aujourd'hui méconnu de l'histoire américaine.

  • Un arrière goût de rouille

     

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    Ce roman de Philip Meyer est son premier. paru en 2009. J'ai eu l'occasion de présenter son second, intitulé le fils,  dans une chronique précédente.

    Dans Le fils on avait affaire à un sage familiale qui s'étendait sur plus d'un siècle et nous présentait en quelque sorte la construction des Etats-Unis, des indiens aux rois du pétrole. Ici l'action se situe à une époque beaucoup plus contemporaine en Pennsylvanie.

    Dans la presse américaine, l'expression Rust Belt, la ceinture rouillée littéralement, désigne cette partie industrielle des Etats-Unis atteinte par la désindustrialisation, avec ses conséquences, des usines sidérurgiques abandonnées qui rouillent, des villes désertées, la nature qui reprend ses droits, des habitants expulsés de leurs maisons, des chômeurs, des invalides qui errent à la recherche de leur passé.

    L'action se déroule autour de deux adolescents, des jeunes gens qui ont terminé leurs études secondaires mais ne sont pas allés au collège.

    Isaac est un surdoué, taiseux, petit, malin, amoureux de la nature qui est resté pour prendre soin de son père, invalide, ancien ouvrier sidérurgique, alors que sa soeur est allé au Collège, s'est mariée, a réussi, apparemment, sa vie.

    Poe est un grand gaillard, impulsif, sportif, ancienne vedette de son équipe de foot américain mais sans grande volonté, qui se laisse allé et fait toutes les bêtises possibles et imaginables. Sa mère Grace a sacrifié sa vie pour lui, ses aspirations, elle est restée avec son mari un soiffard, et file une petite histoire d'amour avec Harris le shérif, un policier en fin de carrière, qui gère ses administrés avec bienveillance.

    Isaac et Poe se baladent dans la forêt et dans un entrepôt abandonné croisent la route de trois SDF peu recommandables et là c'est le drame de leur vie qui se joue. Pour défendre son copain Poe, Isaac, le sage, est amené à tuer sans le vouloir, un des agresseurs de Poe. Ils fuient. Mais Poe a oublié sa veste et va être accusé du meurtre, alors qu'Isaac assurant enfin son rêve est parti pour la Californie avec les 4000 USD qu'il a volé à son père.

    Que va faire Harris, le shérif qui a déjà sorti Poe de plusieurs affaires, Poe va t'il accuser Isaac? L'amitié va-t-elle l'emporter? Isaac va-t-il se dénoncer? C'est l'occasion de décrire l'enfer que sont les prisons américaines et surtout le désespoir qui mine tous les personnages de ce roman, issus de cette région meurtrie et qui cherchent tous à fuit leur condition.

  • The kept ou Retour à Watersbridge

    On est en 1897, dans le nord de l'Etat de New-York. Elspeth, Une sage femme revient après plusieurs semaines d'absence à la ferme très isolée ou vit sa famille. Elle trace sa route dans la neige avec des cadeaux pour son mari et ses enfants.


    Elle découvre les cadavres de toute sa famille assassinée, seul Caleb , 12 ans manque à l'appel. Le gamin dans une grange au moment des meurtres, s'est caché dans le garde manger et croyant voir revenir les tueurs il tire à travers la porte et atteint sa mère de plusieurs plombs. Revenu de sa méprise, il va la soigner, la tirer d'affaire, et tous deux vont partir à la recherche des trois tueurs aux foulards rouges, du côté de Watersbridge.


    Roman d'initiation à la vie pour Caleb, qui va peu à peu découvrir les secrets de sa famille, lui, qui n'a jamais quitté la ferme, va découvrir qu'habituellement frères et soeurs se ressemblent, ce qui n'est pas son cas. Pour survivre, sa mère déguisée en homme, va travailler dans une usine de fabrication de glace, de l'eau gelée pas des miroirs, dans le froid, la neige. Et les tueurs rodent tout autour. Quel est le secret d'Elspeth?


    Un bon premier roman de James Scott, qui illustre bien la vie américaine à l'aube du XX siècle, sa dureté, ses règlements de compte, la condition ouvrière, la misère, l'honneur, la vengeance, la place centrale des armes à feu mais aussi la tendresse, la fidélité, ...

  • Du Japon d'avant guerre

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    Deux occasions de se plonger dans le Japon d'avant la seconde guerre mondiale le film dramatique mais un peu mélo intitulé La maison au toit rouge et un roman de : Shan Sa La joueuse de go.


     


    Le film raconte l'histoire de l'amour impossible d'une jeune femme mariée avec le jeune collègue artiste de son mari fabriquant de jouets qui voit dans l'impérialisme japonais l'occasion d'élargir les marchés. L'histoire est contée avec beaucoup de sensibilité par lajeune femme de ménage du couple, sortie de sa montagne reculée, fidèle à sa maitresse mais aussi aux convenances, secrètement amoureuse sans doute du beau jeune homme et qui restera célibataire toute sa vie ce que son petit neveu essaie de comprendre.


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    La joueuse de go, elle a seize, ans, est mandchoue et vie en zone occupée par les japonais.  Elle s'éprend de deux jeunes révolutionnaires en même temps qu'elle joue au go tous les jours sur la place des mille vents avec un officier japonais qui espionne par ce biais les habitants, ces amours seront brefs et sans issue.

  • Clément VI au travail

    Pierre Roger, devenu Clément VI, pape en Avignon de 1342 à 1352, est peu évoqué à La Chaise-Dieu même s'il y a son tombeau au centre de l'Abbatiale, Abbatiale qu'il fit construire pour cet usage, en souvenir des années qu'il y passa de 1301 sans doute, date de son entrée en religion, à 1307 date de son départ pour l'université de Paris.

    L'ouvrage d'Etienne Anheim, tout récemment paru aux Publications de la Sorbonne, permet de découvrir non pas la biographie de Clément VI mais le travail de ce pape savant à travers son parcours, sa bibliothèque, ses écrits.

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  • La Chaise-Dieu en 1896

    En 1896, Jean Ajalbert publiait L'Auvergne, un ouvrage illustré, hymne à son pays natal, qui sera couronné par l'Académie française en 1906. Voici ce qu'il ecrivait à propos de La Chaise-Dieu.

    "Même aux temps de splendeur, les pentes vêtues de pins, et La Chaise-Dieu richement entretenue avec l'activité du village, sous le rude climat, à ces hauteurs, dans cet éloignement, cela devait être d'une morne tristesse ; à présent, par l'etendue rasée, le village dépéri, l'église nue et verdie, celà est d'une indicible désolation, plus poignante peut-être maintenant que c'est la vie qui s'est retirée d'ici, après y avoir été intense... 

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  • L'homme de Kiev

    L'Homme de Kiev de l'écrivain américain Bernard Malamud (1914-1986) a été publié en 1966 sous le titre The fixer. Bernard Malamud né à Brooklyn est un descendant d'immigrés juifs d'Europe centrale, il a beaucoup écrit sur la vie des américains d'origine juive aux États-Unis. Il est aussi connu pour être un écrivain de la résignation, inspiré par Spinoza.

    C'est le cas avec L'homme de Kiev.

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  • Vert - Histoire d'une couleur

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    A La Chaise-Dieu, cette semaine, tout est blanc, mais c'est bientôt le printemps, on le sait, alors près de la cheminée, on lit Vert, histoire d'une couleur de Michel Pastoureau.

    Michel Pastoureau, historien des couleurs, avait déjà publié en 2000 Bleu, histoire d'une couleur et en 2008 Noir, histoire d'une couleur. On attend désormais les histoires du rouge et du jaune.

    C'est à chaque fois un vrai plaisir que de lire cette histoire chronologique d'une couleur toujours magnifiquement illustrée.

    L'histoire du vert commence très fort par une question que l'on aurait pas imaginée : les grecs étaient-capables de voir la couleur verte? Les scientifiques se sont posé la question jusqu'au milieu du dernier siècle et les nazis qui s'enorgueillissaient de ce que le vert étaient bien documenté dans les cultures germaniques anciennes en tiraient les conclusions que l'on imagine.

    Le vert a longtemps été associé à des connotations négatives, dragons, serpents, maléfices, sorcières, mais aussi à la versatilité, à la jeunesse.

    Au XIX siècle, du fait de sa fabrication à l'arsenic, il empoisonnait les intérieurs et est sans doute à l'origine de l'empoisonnement de Napoléon qui aimait beaucoup le vert, le vert empire.

    Aujourd'hui, le vert est synonyme de santé, de liberté, d'espérance, au moins en Occident. Le vert est partout, un vert idéologique, comme le rouge au siècle dernier....

    Versatilité du vert ou des civilisations?