Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Science

  • Lettre à D.

    Les anciens comme moi se souviennent avoir lu Michel Bosquet Journaliste au Nouvel Observateur, pseudonyme d'André Gorz, un esprit toujours aiguisé, précurseur sur l'analyse de la société, du travail, sur la technique, sur l'écologie. Je n'ai jamais lu le philosophe André Gorz, disciple à ses débuts de Marx et de Sartre et qui introduira à la fin de sa vie des cohortes de lecteurs à la philosophie d'Ivan Illich.

    Sa lettre à sa femme Dorine ou Doreen est un petit texte publié un avant leur suicide conjoint en 2007, petit texte mais chef d'oeuvre, une grande lettre d'amour dans laquelle il s'interroge sur le fait que sa femme ait été aussi peu présente dans ses écrits malgré 58 ans de vie commune. Et pourtant Doreen l'a porté tout au long de sa vie tant il était peu sûr de lui, inquiet, pessimiste...

    Avec cette lettre il lui redit son amour comme axu premiers jours lorsqu'il décida sans en être certain qu'il valait le coup de vivre avec elle en s'engageant pour toujours puisqu'elle ne concevait pas qu'il puisse en être autrement! Elle avait raison.

  • L'infini dans un roseau

    Irène Vallejo a 42 ans, elle est espagnole, elle a étudié la philologie classique, est diplômée des universités de Saragosse et de Florence et, avec L'infini dans un roseau, elle a écrit un chef d'oeuvre d'érudition sur l'histoire du livre et de la lecture. Ce pourrait être ennuyeux, truffé de notes de bas de page, bref scientifique mais au contraire cela se lit comme un récit, un conte et le lecteur va d'émerveillements en émerveillements. 

    Il est long le chemin qui mène des premières tablettes d'argile aux livre électronique d'aujourd'hui, en passant par le papyrus, le parchemin, les rouleaux, les incunables. Avant les inscriptions sur la pierre, comme encore aujourd'hui sur les tombes, les arbres, pour les amoureux, les histoires étaient transmises oralement, l'écriture, le livre, ont permis de les fixer, mais combien d'histoires perdues, transformées au fil du temps.

    Le livre a t'il encore un avenir? Très certainement, il a survécu à toutes les révolutions technologiques, à toutes les tentatives d'autodafés, 

    Le livre a permis de doper l'espérance de vie des idées, des histoires, il n'est pas prêt de s'éteindre.

  • La panthère des neiges

    Deux ans que j'attendais sortie en poche! et aucune déception. Le livre est magnifique : éloge de la patience, de l'affût, de la vie, des bêtes. Sylvain Tesson nous remet à notre place au sein de la biodiversité. L'homme aura été depuis le néolithique, le plus fort au point d'éliminer progressivement tous les êtres vivants, au point qu'un jour il se supprimera lui-même. En attendant on peut encore vivre de belles aventures et sans aller dans le Tibet profond à 5000 m d'altitude par moins 25 degrés prendre le temps de se poser, de regarder autour de soi d'attendre et voir ce qui se passe et un jour, un moment, le merveilleux se produit.

  • A l'aube de la sixième extinction

    Qui est en mesure de citer les six grandes extinctions connues?

    Il y 445 millions d'années l'extinction de l'Ordovicien 60 à 70 % des espèces à la suite d'un intense et courte période glacière, à l'époque les êtres vivants se trouvaient essentiellement dans les océans et ceux-ci ont gelé.

    Il y a 360 millions d'années, l'extinction du Dévonien, jusqu'à 75 % des espèces,  à cause de l'épuisement de l'oxygène dans les océans due à la prolifération des végétaux terrestres.

    Il y a  250 millions d'années , l'extinction du Permien, 95 % des espèces sur terre et sur mer du fait d'impacts volcaniques et/ou de la chute d'un astéroïde. 

    Il y a 200 millions d'années, l'extinction du Trias, 70 à 80 % des espèces dont les ancêtres des dinosaures  du fait de grandes éruptions volcaniques lors du morcellement de la Pangée l'unique continent d'alors.

     

    Il y a 66 millions d'années, l'extinction du Crétacé, 75 % des espèces, c'est celle que l'on connait tous, celle de la disparition des dinausores avec la chute d'un astéroïde dans la péninsule mexicaine du Yucatan mais des scientifiques estiment aussi que les dinosaures étaient appelés dès avant à disparaitre du fait de l'évolution de leur environnement, de l'activité volcanique.... Leur disparition aurait permis aux autres mammifères de se développer ce qui a favorisé l'apparition d'homo sapiens. 

    La leçon à retenir est que la terre ayant 4,5 Milliard s d'année (13,8 pour l'Univers !), la vie n'y a pas toujours été présente, elle serait apparue il y a seulement un million  d'années pour les organismes multicellulaires et 500 millions d'années pour les ancêtres de tous les vertébrés. Il y a sept millions d'années apparait la branche qui a conduit l'homme à diverger de celle des primates supérieurs et homo sapiens surient  il y a 300000 ans.

    En conclusion, la dominante historique c'est l'absence de vie sur la terre et encore plus l'absence de l'homme. la sixième extinction, celle de l'homme pourrait être celle de son propre fait, mais cela ne serait qu'un petit épisode dans l'histoire de notre planète. D'autres formes de vie reviendraient probablement et pourquoi pas une autres espèce dotée d'intelligence, ce qui est arrivé une fois peut advenir plusieurs fois!

     

     

  • Jusqu'à la fin des temps

    Brian Greene nous propose dans cet ouvrage érudit mais accessible un long voyage des premiers instants qui ont suivi le big bang , la création de l'univers, jusqu'à la fin du monde, la fin de notre univers.

    Brian Greene est professeur de mathématiques et de physique à l'Université Columbia de New-York. Il est un des pères de la théorie des cordes, théorie qui veut unifier la physique classique et la mécanique quantique et qu'il a essayé de présenter pour les non initiés dans son ouvrage "l'Univers élégant".

    Depuis le Big bang, il s'est écoulé 13,8 milliards d'années. Pour donner une idée de l'ampleur du temps qu'il considère Brian Green fait l'analogie suivante:  la chronologie cosmique s'étend sur toute la hauteur de l'Empire State Building, 110 étages. Mais chaque étage représente une durée dix fois plus longue que l'étage présent. Le premier étage dure dix ans, le deuxième 111 ans, le troisième un millénaire etc. actuellement, au temps présent nous sommes au dixième étage, quelques marche après.

    Une approche scientifique, avec de la physique, de la mécanique quantique, de la chimie, de la biologie, de la philosophie, de l'anticipation.

    Et la réponse à la question pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? Pourquoi la vie est-t-elle arrivée sur notre planète. Réponse : les chances, la probabilité, d'apparition de la vie étaient extrêmement faibles mais sur un temps très long un évènement d'une probabilité très faible, infime finit toujours par arriver.

    Nous sommes le fruit du hasard. De la loi de la gravité et de la loi de l'entropie qui veut que tout système organisé tende à se désorganiser. Une chemise repassé finit froissée, les étoiles meurent après avoir épuisé leurs réserves d'hydrogène, nous mêmes, être humain, assemblage de particules bien ordonnées finissont pas mourir du fait du dysfonctionnement de tel ou tel organe coeur, cancer...

    L'univers, en perpétuelle expansion, finira aussi lorsqu'il atteindra le 110 étage, par ressembler à un nuage de particules désordonnées, dans un espace froid et stérile. Plus d'étoiles, de galaxies, de planètes de trous noirs, l'espèce humaine aura elle disparue depuis longtemps. D'autres formes de vie plus adaptées à des environnements différents seront peut-être apparues entre temps. Qu'importe, l'essentiel est d'admettre qu'il n'y a pas de grand dessein à découvrir et qu'il nous appartient simplement  de comprendre ce que nous sommes et en quoi l'univers nous a permis d'exister.

  • Platon a rendez-vous avec Darwin

    Dans cet essai brillant, Vincent le Biez, ingénieur des mines de 35 ans, fonctionnaire à Bercy esquisse des analogies entre les sciences philosophiques et politiques et les sciences naturelles et sociales, physique classique, physique quantique, biologie, génétique, théorie des jeux...Il convoque les plus grands philosophes et scientifiques : Platon, Darwin, Xavier Bichat et Thomas Hobbes, Richard Dawkins et Jean-Jacques Rousseau, Rudolf Clausius et Henri Bergson, Sadi Carnot et Hannah Arendt, Geoffrey West et Ivan Illich, Ludwig von Bertalanffy et Friedrich Hayek, Ernst Ising et Alexis de Tocqueville et enfin Ilya Prigogine et charles Percy Snow.

    C'est tout simplement fascinant, bien entendu cela n'apporte pas de solutions immédiates à nos problèmes contemporains mais tout de même des pistes sérieuses et des repères pour éviter les écueils périlleux qui nous guettent.

  • Arts et Culture Paris et sa banlieue

    Une idée et un travail remarquable de Lucas Destem (instagram : @lucasDestrem) : donner des noms de lieux culturels à toutes les stations du métro parisien et c'est très bien fait! Excellent voyage!

  • Le code de la créativité

    Marc du Sautoy est anglais professeur de mathématique à Oxford. Il est spécialiste des ombres premiers, il en a écrit l'histoire et de la symétrie, pourquoi la symétrie envahit -t-elle nos vies?

    J'ai chronique en 2012 deux livres de du Sautoy les 17 mars et 27 juillet. Il y a quelques années j'ai essayé de lire "Ce que l'on ne saura jamais" que j'ai abandonné en route. La lecture de ces livres n'est pas toujours facile.

    Ici du Sautoy essaie de comprendre dans quelle mesure l'intelligence artificielle IA risque de supprimer son métier de mathématicien, métier qu'il exerce avec un papier et un crayon sans recourir a des ordinateurs.

    Pour illustrer l'enjeu à partir des nombres premiers un ordinateur est toujours capable de trouver le nombre premier qui suit une suite ar exemple après 1 2 3 5 7 11, il y a 13 Mais est ce qu'une intelligence artificielle est capable de démontrer qu'il y a une infinité de nombres premiers?

    L'intelligence artificielle a fait des progrès considérables, on s'intéresse beaucoup moins qu'autrefois aux championnats d'échecs depuis que l'ordinateur  a prouvé qu'il était capable d'infliger des défaites cuisantes aux plus grands maîtres. Plus récemment, l'intelligence artificielle a mis à terre les meilleurs spécialistes du jeu de go. Rien ne lui résiste. Avec la multiplication des données, l'IA est en effet en mesure d'améliorer elle-même les programmes, les algorithmes qu'elle utilise.

    L'auteur passe donc en revue les progrès de l'IA en matière de Musique, l'IA peut produire des partitions à la manière de Bach, jouer du jazz, en peinture, l'IA peut produire des autoportraits à la manière de Rembrandt, elle peu aussi écrire des chansons, faire du journalisme, écrire de la littérature.

    Mais y a t-il de la création ou est ce simplement de la répétition intelligente avec des innovations aléatoires? Y a t-il de l'émotion. Les machines peuvent-elles accéder à la conscience et si elles y parviennent un jour les comprendra- t-on?Wittgenstein disait que si les lions pouvaient parler nous ne les comprendrions probablement pas!

     

     

  • Psychisme ascensionnel

    Je l'envie Etienne Klein! autant de qualités en un même individu! Sans doute excellent physicien, spécialiste de la physique quantique que j'ai beaucoup de mal à appréhender, vulgarisateur de l'histoire de la physique, philosophe à ses heures, écrivain, animateur de radio à France Culture, il est aussi alpiniste et sur le tard avec l'âge compétiteur en ultra-trail!

    Dans ce livre, Etienne  Klein nous explique comment une sorte de force antigravitationnelle (sic) l'a conduit à se découvrir fait pour la montagne alors qu'il est né et a grandi dans l'Essonne.

    Il considère aussi que sans la Montagne, la physique quantique n'aurait peut-être pas vu le jour aussi tôt, la plupart de ses découvreurs étant de fait des passionnés des sommets. Il faut croire que s'arracher à la pesanteur rend les idées plus claires.

    Le livre est aussi l'occasion de réviser les expériences de Blaise Pascal sur la pression atmosphérique, de quelques considérations sur le vide, d'expliquer pourquoi le ciel est noir alors qu'il devrait être baigné de lumière avec toutes les étoiles qu'il contient... mais les étoiles vivent et meurent et certaines sont tellement loin que leur lumière ne nous est pas encore parvenue.

    Tout cela est fascinant et nous ouvre bien des horizons.

    La montagne c'est aussi et surtout une question de cordée, d'amitié, de courage, très bien illustrée par le texte admirable de Louis Lachenal sur les raisons qui l'ont conduit à accepter d'accompagner Maurice Herzog au sommet de l'Anapurna au prix de ses pieds gelés. Une question de cordée!

  • Fantaisies quantiques

    Sur la photo de couverture de cet ouvrage prise en 1911, on voit les meilleurs savants de l’époque réunis par Ernest Solvay pour un congrès de Physique à Bruxelles. On peut reconnaître Albert Einstein, Max Planck, Hendrik Lorentz, Jean Perrin, Ernest Rutherford, Paul Langevin, Arnold Sommerfeld, Henri Poincaré et, seule femme, Marie Curie. dix prix Nobel et deux de plus pour Marie Curie en physique en 1903 et en chimie en 1911.

    Ernest Solvay, inventeur d’un procédé industriel de fabrication de la soude et curieux des sciences physiques et en particulier de comprendre la matière avait eu l’idée de la réunion de ce conseil de physique. Des conseils qui allaient se réunir tout au long du XX siècle à intervalle régulier et scander les progrès de physique quantique, de la connaissance de l’atome à la théorie du big bang.

    Ne sont pas sur la photo mais ont pris le relais de leur maître Erwin Shrödinger, Paul Dirac, Wolfgang Pauli, Niels Bohr, Richard Feynman, Satyendra Nath Bose,  Bragg père et fil, Werner Heisenberg, Louis de Broglie, Joseph, John Thomson, George Gamow, l'abbé Georges Lemaître... et j'en passe.

    C’est Marina Solvay, l’arrière-arrière-petite-fille d’Ernest qui nous raconte, avec Catherin Doultremont, au travers de portraits vivants des acteurs de cette épopée, des controverses scientifiques, des débats, sur fond de Grande guerre, de montée du fascisme, d’exil des savants juifs en Amérique, de repli européen, cette magnifique avancée de la science. Magnifique même si cette aventure est aussi celle qui conduit à la suite du projet Manhattan à Hiroshima et à la perspective de la fusion nucléaire avec le projet ITER.

    j’avoue qu’on ne comprend pas toujours tout mais les portraits sont attachants, les anecdotes savoureuses et cela donne envie d’en savoir plus.