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Science

  • Estuaire

    Masse1508.jpgCette très belle carte est l'oeuvre de Claude Masse (1652-1737) , ingénieur du Roi. Elle est visible à l'exposition Estuaire aux Archives départementales de la Gironde jusqu'au 17 mars.

    Un exposition remarquable, dans la très belle salle des voûtes, découverte à l'occasion de la conférence de Yannis Suire sur l'Aquitaine au début du XVIIIéme siècle, cartes, plans et mémoires de Claude Masse.

    Claude Masse a passé 35 ans à arpenter les territoires situés entre Loire et Pyrénées pour cartographier les côtes et l'arrière pays afin de proposer des ouvrages de défense contre l'ennemi de toujours : les anglais, toujours menaçants : il y aura la guerre de sept ans (1756-1763), la perte du Canada puis en 1814, Lynch, maire de Bordeaux nommé par Napoléon qui livrera la ville aux anglais en soutien au futur Louis XVIII.

    Claude Masse sera non seulement cartographe mais aussi historien, économiste, ethnologue, allant bien au delà de sa seule mission militaire.

    Il habitait à La Rochelle mais mériterait davantage de reconnaissance à Bordeaux.

     

  • Avant la dernière ligne droite

    J'ai découvert Patrice Franceschi en lisant De l'Esprit d'Aventure qu'il a publié avec Gérard Chaliand en 2008. J'ai aussi lu ses nouvelles publiées sous le titre Première personne du singulier qui relatent des situations impossibles dans lesquelles les personnages doivent prendre des décisions rapidement au risque de leur vie. Ces nouvelles, quatre si je me souviens bien ont été distinguées par le prix Goncourt de la nouvelle.

    Avec Avant la dernière ligne droite, Franceschi écrit des mémoires à l'aube de ses soixante ans. Baroudeur, écrivain, cinéaste, combattant, humanitaire, il a déjà vécu des dizaines de vies et il les relate ici.

    D'origine corse, Son père était militaire en Afrique, à l'adolescence il construit des maquettes d'avions et de bateaux, il est scout... avant sa majorité il fuit du domicile familial pour échapper aux études qui l'ennuient et se retrouve en Guyane puis au Brésil, Giscard arrive au pouvoir abaisse la majorité à 18 ans : il est libre. Il va partir dans les forêts équatoriales du Congo avec des amis ou trop inexpérimenté il va échapper par miracle à la mort. Le récit de cette épopée est hallucinant.

    S'en suivent des expéditions le long du Nil, puis en Afghanistan où il va combattre plusieurs années aux côtés des afghans contre les soviétiques, au secours des boat people. Eclectique il va réaliser le premier tour du monde en ULM dans des conditions spartiates incroyables, sans assistance.

    Plus récemment, il s'engage avec son bateau La Boudeuse, plutôt ses bateaux, puisque le premier fera naufrage.

    La Boudeuse fait l'objet d'un petit album photo sur ce blog à l'époque où elle était amarrée face à la Bibliothèque François Mitterand. https://la-boudeuse.org

    Un livre d'aventure sans notes, écrit de mémoire en huit mois. Un livre d'admiration pour toute les personnes rencontrées au cours de ses périples, ses amis, ses soutiens, pas un mot sur ses ennemis, rien sur sa vie privée qui ne regarde que lui, le contraire d'un people.

    Et un titre qui en dit long car non content d'avoir eu mille vies, Patrice Franceschi se dit que dans la dernière ligne droite, comme les athlètes, il faut accélérer, pas question de ralentir avec l'âge, nous n'avons en effet qu'une vie.

  • Homo Deus

    Si vous avez aimé Sapiens (cf. Chronique de février 2016) vous aimerez Homo Deus. j'ai tellement apprécié Homo Sapiens que je n'ai pas attendu la traduction en français attendue pour septembre 2017 pour lire le nouvel ouvrage de Yuval Noah Harari, Homo Deus, une brève histoire de demain.

    Homo Sapiens était un ouvrage historique qui proposait une vision de l'histoire pour expliquer comment Homo Sapiens de simple chasseur cueilleur était parvenu à dominer la planète au point d'être en passe de la détruire.

    Dans ce nouvel ouvrage essentiellement spéculatif, Harari imagine le dépassement d'Homo Sapiens par un nouvel homme Homo Deus.

    Homo Sapiens aurait atteint ses objectifs qui ont été de tous les temps de lutter contre les famines, les épidémies et la guerre. Bien sût il y a toujours des famines, des épidémies et des guerres, mais l'homme du XX siècle dispose de tous les moyens scientifiques et techniques de combattre ces fléaux.

    L'homme va se donner d'autres objectifs : lutter contre la mort, garantir le bonheur, ce qui va conduire à augmenter Homo Sapiens et le transformer en Homo Deus.

    Les progrès du génie génétique et de la biochimie feront que peu à peu Homo Deus sera aussi différent d'Homo Sapiens qu'Homo Sapiens l'est d'Homo Erectus.

    Tout cela se fera au départ au nom de la lutte contre les maladies, rares puis courantes, il s'agira de corriger un défaut génétique, puis de prévenir, d'améliorer...ce processus est déjà l'oeuvre.

    Bien sûr ces technologies ne seront pas accessibles à tout le monde. Toutes les femmes par exemple ne peuvent pas s'offrir le test génétique qu'Angelina Jolie a utilisé pour décider de faire pratiquer une double mastectomie afin d'éviter un cancer...

    Parallèlement Harari fait l'hypothèse que l'émergence des robots dans les usines ou pour faire la guerre va rendre de façon croissante des bataillons entiers d'être humains inutiles. Jusqu'à présent, les Etats avaient besoin d'hommes en bonne santé pour asseoir leur puissance économique ou militaire, ce ne sera plus nécessaire demain. Les devenus inutiles passeront leur temps avec un revenu minimal à se droguer ou à jouer à des jeux vidéos, on le voit déjà...

    Enfin, peu à peu les algorithmes qui sont en train de nous envahir prendront le pouvoir sur les êtres humains. D'ores et déjà lorsque j'utilise Waze ou mon GPS pour aller d'un point à un autre, je renonce à recourir à mon libre arbitre et m'en remets à une machine, je fais confiance au GPS. Mais je fais confiance aussi à ma montre connectée pour décider da faire quelques pas supplémentaires, de dormir, de boire, de manger moins, d'accéler le rythme de ma course à pied et demain de décider que ma tension est trop élevée et qu'il est prudent de ne pas prendre de décisions trop importantes cet après-midi...

    il parait qu'avec 300 like Facebook est en mesure de mieux décrire mon profil psychologique que mon conjoint (heureusement je n'ai pas de compte Facebook), demain il me dira si mon conjoint est bien assorti à ma personnalité et me proposera d'autres opportunités, me suggèrera de changer mon plan de carrière...

    Alors l'avenir n'est pas écrit mais ce livre nous invite à nous poser de bonnes questions, à spéculer sur notre avenir pour peut-être continuer de le prendre en mains plutôt que de l'abandonner au Big Data.

  • Economie du bien commun

    Lorsque j'ai commencé ma carrière à la Direction de la Prévision du Ministère des finances, à la fin des années 1980, Jean Tirole et Jean-Jacques Laffont, son maître, étaient déjà cités avec le plus grand respect. On disait déjà que Jean-Jacques Laffont était nobélisable, son décès prématuré a empêché cette prévision de se réaliser. Les deux compères ont eu le mérite de créer et développer la plus belle école d'économie de France à Toulouse : TSE

    Avec ce livre, Jean Tirole révèle une nouvelle face de son talent, écrire un ivre d'économie tout a fait accessible, sans appareil mathématique, sans une seule équation,  lui qui est connu pour construire des modèles mathématiques d'économie industrielle complexes.

    La première partie du livre est consacrée à la description du métier d'économiste : la place de l'économiste dans la société, le métier de chercheur au quotidien, tester des hypothèses, se confronter aux données, les relations avec les autres sciences, l'économie ne sait pas tout et ne peut pas tout expliquer.

    Jean Tirole explique ensuite que le marché lui aussi ne peut pas tout, qu'il a des défaillances et que c'est le rôle de la puissance publique de les corriger, avec le concours des entreprises, l'occasion d'aborder leur responsabilité sociale et environnementale.

    Le Prix Nobel aborde ensuite les principaux défis macrocosmiques, à commencer par le climat, le chômage, qui n'est pas une fatalité, l'Europe, la finance, qu'il faut réguler pour qu'elle accomplisse son rôle d'allocation des ressources, il revient sur la crise de 2008 et la crise grecque, propose des solutions.

    L'ouvrage s'achève par le défi industriel, l'économie numérique, la révolution digitale, son impact sur les emplois de demain, les industries de réseau et l'économie de la concurrence.

    Chaque chapitre peut se lire indépendamment des autres, c'est toujours clair et attrayant.

    On échappe aux débats sans fin entre néoclassiques et keynésiens et cela fait du bien.

  • Passer par le Nord

    Ce petit livre est tout simplement alarmant. Isabelle Autissier et Erik Orsenna, tous deux marins et écrivains, nous délivrent ici une sorte de traité de l'Arctique.

    Ils passent en revue les héros, les capitaines, les guerriers qui ont permis la découvertes de ces espaces hostiles. Beaucoup y ont laissé la vie. Les iles perdues, inconnues, dont on ignore encore aujourd'hui le nom. Si le Spitzberg est connu, qui connait la Nouvelle Zemble ou Wrangel? La Route du Nord Est, le long de la Sibérie, cette nouvelle route donne leur chance à de nouveaux ports autrefois connus seulement des chasseurs de rennes ou de baleines, Tromso, Mourmansk, on se familiarise avec les mers de Barents et de Béring. Il ne faut pas oublier les bêtes; l'ours blanc bien sûr, les baleines, les morses, sans oublier le plancton sans lequel il n'y pas de chaine alimentaire.

    La grande affaire de cette région c'est le réchauffement climatique qui si il offre des nouvelles opportunités pour sa richesse du sous-sol comporte des risques effrayants en termes de libération du méthane, actuellement retenu par le permafrost, de catastrophes écologiques, comment éteindre un incendie sur un puit de pétrole dans un milieu aussi hostile que l'Arctique, de raréfaction du plancton et de disparition des belles bêtes susmentionnées.

    La coopération internationale pour maitriser les développements à venir est minimale. Ce dernier combat de Michel Rocard qui était jusqu'à sa mort Ambassadeur de France pour les pôles parait déjà perdu. Si on parle aujourd'hui de route du Nord- Est, le long de la Sibérie, et de route du Nord-Ouest , le long du Canada, il est probable que demain on parlera tout simplement de route du nord, lorsque l'Arctique aura tout simplement disparu

  • Sapiens - Une brève histoire de l'humanité

    Cinq cent pages, à peine, pour comprendre l'évolution de l'humanité depuis nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. C'est peu mais c'est la prouesse de ce jeune historien qu'est Yuval Noah Hariri.

    Ce livre est passionnant de la première à la dernière page, lumineux, jamais technique, illustré par des exemples.

    Il décrit les différentes révolutions, cognitive, agricole, scientifique, numérique qui ont permis à un animal tout à fait insignifiant, réduit à se nourrir de la moelle des os des grands fauves après le passage des lions, des chacals...de dominer la planète, de littéralement proliférer au point de menacer son climat, ses ressources et les autres espèces.

    La principale révolution est cognitive, la capacité de Sapiens à coordonner l'action de ses membres en grand nombre grâce à la croyance en des mythes qui les réunit. Les autres animaux vont en bande mais en nombre limité. Les mythes n'ont aucune réalité, il suffit d'y croire pour qu'il fonctionnent. Et les mythes se renouvellent sans cesse, les religions, la monnaie, les sociétés anonymes sont tous des mythes.

    Sapiens est aussi un prédateur redoutable, il élimine, les néanderthal, les aztèques, les incas, les aborigènes, ...

    Sapiens est il plus heureux aujourd'hui que quand il était chasseur-cueilleur. Pas sûr. La révolution agricole a -t-elle été un progrès.? Pas certain, elle a exposé nos ancêtres aux risque de la sécheresse, aux famines, au razzias. Est ce que l'ouvrier sur une chaine d'usine est plus heureux qu'un chasseur-cueillir qui fait la sieste tous les jours et consacre trois ou quatre heures à obtenir la nourriture dont il a besoin. Est il plus savant. Sans doute pas tant la connaissance de la faune et de la flore de nos ancêtres était élevée.

    Que va devenir Sapiens. Trois hypothèses La génétique va lui permettre de s'améliorer. Malgré les interdictions éthiques, toutes les manipulations génétiques seront utilisées sous prétexte de soigner des maladies ou de sauver des vies. La multiplication des prothèses et des orthèses va permettre d'augmenter l'homme, de l'améliorer. Enfin, l'intelligence artificielle permettre sans doute de créer des êtres "intelligents", capables d'initiatives.

    Difficile de prévoir ce qu'il adviendra de tous cela, les monde est en effet un chaos d'ordre 2, un peu comme les marchés financiers, toute prédiction, dès lors qu'elle génère des comportements, débouche sur des scénarios en réaction qui étaient imprévisibles.

    Une seule certitude : depuis l'aube de l'humanité, le monde se globalise, les retours en arrière comme la chute de l'empire romain, celle de l'empire ottoman ... ne sont que des accidents qui retardent ce mouvement irrésistible.

     

     

     

  • Patchwork

    J'ai du retard, beaucoup de retard, j'écris moins. Alors en vrac récemment :

    Simon Boccanegra, un opéra de Verdi trop méconnu à l'opéra de Bordeaux. Un orchestre magnifique sous la baguette de Paul Daniel et de chanteurs pour beaucoup d'entre eux qui ont remplacé les titulaires prévus mais s'en sont très bien sortis. De belles voix d'homme, basses et baryton. Une mise en scène sobre de Catherine Marnas, une fois n'est pas coutume, des rideaux de tulle, un mélange de costumes d'époque et contemporains, une belle réussite et une réflexion opportune sur l'exercice du pouvoir.

    La Vida es Sueno, (la vie est un songe) une pièce de Calderon de la Barca créée en 1635, la plus célèbre du théâtre espagnol dans une belle mise en scène d'Helena Pimenta, qui dirige une sorte de comédie française dédiée au siècle d'or espagnol, en espagnol surtitré en français. Des acteurs magnifiques, des costumes somptueux... La réalité est-elle une fiction ou les songes sont-ils la réalité? Sigismond, le fils du roi de Pologne a été enfermé par son père à sa naissance concomitante de la mort de sa mère dans un cachot, confiné à l'isolement, parce que les astres étaient de mauvaise augure. Arrivé à l'âge adulte, Le roi fait l'expérience de l'endormir et de le faire réveiller sur le trône pour voir quel est son comportement. S'il est un bon prince il lui succédera, autrement, il retournera dans son cachot. Sigismond se réveille et se demande s'il rêve ou s'il a rêvé jusque là...

    L'amant sans domicile fixe : un roman d'amour dans le milieux des marchands d'art qui se passe à Venise de Carlo Fruttero et Franco Lucentini. Au là du roman d'amour, il y a une intrigue car petit à petit cet amant sans domicile fixe apparait de plus en plus mystérieux, il est polyglotte, d'une immense culture, semble avoir vécu à toutes les époques...

    Au cinéma, j'ai beaucoup aimé Les délices de Tokyo, un film très délicat sur l'exclusion et les cerisiers japonais, une petite merveille qui donne une envie irrésistible de déguster des drayais, des pancakes fourrés aux haricots rouges confits. Fatima est agréable mais sans plus j'ai été un peu déçu. En revanche, au delà des montagnes, un film chinois de Jia Zhang-ke est absolument superbe. le cinéaste y retrace pas moins que le changement de civilisation qui s'opère en chine entre la fin XX siècle et 2025 en trois volets, volets qui retracent le destin de trois personnes, un fille et deux garçons. Les deux garçons sont bien sûr amoureux de la fille, l'un est mineur de charbon et le second propriétaire de la mine. La fille aime le premier mais choisit le second c'est plus sûr. Le premier aura un cancer, le second va s'enrichir, divorcer, s'exiler à Singapour avec le fils qu'il a eu au début de son mariage, un fils qui parle anglais et que son père ne comprend pas et une mère qui aura le sentiment d'avoir gâché sa vie... Le tout sur fond de misère et de corruption.

    En Syrie est un petit livre de Joseph Kessel dont la nouvelle publication sort à propos. C'est un reportage écrit en 1926, Joseph Kessel n'a que 28 ans. Il est fasciné par la guerre, les aviateurs, il a l'occasion d'accompagner ces hommes-oiseaux et de participer au bombardement de Soueida. il admire les jeunes chefs des meneurs d'homme sans lesquels le mandat français sur la Syrie serait voué à l'échec. Il y a 27 communautés religieuses en Syrie, des "musulmans soumis, des chrétiens riches et des druzes guerriers". Il y a laussi a sarabande des commissaires qui n'en finissenet pas de se succéder. Déjà Kessel se demandait si la France sait vraiment ce qu'elle veut dans cette région d'une "effrayante complexité". De Gaulle avait peut-être lu Kessel avant de parler d'Orient compliqué...

    Prochainement, je chroniquerai sur un livre formidable que je dévore en ce moment Homo Sapiens de Yuval Noah Hariri

     

     

     

  • La Chaise-Dieu : une approche pluridisciplinaire

    chaise dieu plan.pngCe dernier dimanche de juin, les universitaires prenaient la parole dans l'Auditorium Cziffra de La Chaise-Dieu pour présenter au public venu très nombreux le fruit de leurs recherche sur l'abbaye et le village. 

    A l'initiative du Conseil général et du Syndicat mixte qui conduit les travaux de restauration de l'ensemble abbatial actuellement en cours, de nombreux chercheurs se sont associés dans un programme collectif de recherche pluriannuel et ils en présentaient les premiers résultats.

    Frédérique Anne Costantini (Université de Bordeaux) a montré la richesse des archives écrites conservées tant aux Archives nationales qu'à Avignon, au Puy ou à Burgos, des archives exceptionnellement riches.

    Richard Goulois, l'architecte du patrimoine en charge du projet de restauration, a précisé le parti pris retenu pour l'affectation des différents espaces : accueil général, festival, espace muséal, exposition des tapisseries... en le justifiant par la clôture qui prévalait à l'origine et la nette séparation entre village et abbaye...

    Daniel Parent, archéologue, a montré ce que l'archéologie pouvait apporter pour améliorer notre connaissance du site à partir de la mise en évidence du mur de clôture qui préexistait à l'édification de la porte du for.

    Damien Martinez (HADES)a fait état du fruit des prospections géo-radar effectuées fin 2013 dans la nef et le collatéral sud. Sans recourir à l'archéologie, simplement par l'analyse de l'écho d'un signal Radar on arrive à mettre en évidence l'emplacement probable d'un des murs de l'ancienne abbaye qui a été détruite au XIV° siècle pour construire l'édifice actuel.

    Paul Bynski, (Université de Cambridge) a étonné l'auditoire en montrant les ressemblances frappantes entre le tombeau  aux anges musiciens et les fenêtres du cloitre avec des tombeaux et des édifices du gothique flamboyant sis en Angleterre et un peu antérieurs à l'abbatiale actuelle, ce qui montre combien les idées circulaient déjà rapidement.

    Bernard Sanail  (Université de Saint Etienne) a rappelé toute l'importance du manuscrit de Dom Victor Tiolier qui décrit l'abbaye de façon très précise au XVII° et XVIII° siècles.

    Daniel-Odon Hurel, Université de Saint Etienne, et coordonnateur du groupe de recherche, a présenté les premiers résultats de ses recherches sur l'inhumation des moines.

    Enfin, Martin de Framond, directeur des archives de la Haute-Loire a enchanté l'assistance en résumant à grands traits les heures et malheurs de la famille Roger de Beaufort, la famille de Clément VI, corruption et népotisme faisaient alors leur ouvrage...

    Un ensemble de communications prometteur de nature à bien préparer la mise en valeur de l'Abbaye une fois les travaux de restauration terminés, a priori en 2015.

    On a revu avec plaisir et émotion le film sur la dépose des tapisseries en mai 2013 puis on est allé faire un petit tour à la Dorette en fête à Bonneval et écouter dans l'église de Malvières le concert donné par Sylva Doulce de La Chaise-Dieu et Comme un accord d'Ambert

    On a donc manqué le concert amical donné à l'abbatiale par Anne Page, Paul Bynski et Julien Caron avec le choeur de La Valette de Saint Chamond.

    Le programme était trop riche à La Chaise Dieu ce dernier dimanche de juin! 

  • L'ascension de l'homme

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    Ce livre est le fruit de toute une vie, celle de Jacob Bronowski (1908-1973), né en Pologne, arrivé avec ses parents en Angleterre à l'âge de 13 ans. 

    Mathématicien, statisticien, physicien, biologiste, philosophe, encyclopédiste, vulgarisateur scientifique, il est l'auteur à la fin de sa vie d'une célèbre série télévisée diffusée par la BBC en 1973 en treize épisodes sous le titre "The ascent of man".

    Le livre est tirée de cette série. Il raconte sous une forme proche de la conversation, de la confidence, l'histoire de l'humanité, l'histoire des sciences, des techniques, des grands savants.

    Ce qui est compliqué apparait simple, mais surtout, le livre propose une philosophie, car à quoi bon comprendre le fonctionnement de la nature si ce n'est pas pour améliorer notre compréhension de la nature humaine, de la condition humaine au sein de la nature.

    La lecture est très attrayante, on côtoie toujours avec grand plaisir les grands découvreurs et les illustrations en couleur font de ce livre d'histoire et de sciences aussi un beau livre.

    Deux citations :

    • Personne ne nous a accordé une garantie qui aurait été refusée à l'Assyrie, à l'Egypte et à Rome. Nous sommes nous aussi sur le point d'être le passé d'un autre.
    • Nous avons tous peur - pour nous, pour l'avenir, pour le monde. Telle est la nature de l'imagination humaine. Pourtant l'homme, comme la civilisation avance quand il tient ses engagements. C'est l'engagement personnel d'un homme dans son art ou dans son métier, l'engagement intellectuel et l'engagement émotionnel agissant de concert qui ont fait l'ascension de l'homme.
  • 17 équations...

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    Encore un livre de maths! Je ne désespère pas de devenir un honnête homme comme au siècle des lumières. Et le temps presse!

    Ian Stewart  a une vrai volonté de rendre ces 17 équations accessibles au plus grand nombre, si j'ose dire. Chaque chapitre est précédé d'une notice qui présente l'équation et explique en quelque mots ce qu'elle signifie, pourquoi c'est important et à quoi cela nous a conduit.

    La première équation, tout le monde l'a apprise à l'école, est le théorème de Pythagore : a2 +b2 = c2.  la description de la relation entre les côtés d'un triangle rectangle. C'est important parce que cela a permis d'établir une relation entre la géométrie et l'algèbre et a débouché sur la trigonométrie (sinus, cosinus...); cela nous a conduit à la topographie, la navigation mais aussi à la relativité... facile!

    Plus on avance plus cela devient difficile, logarithmes, nombres imaginaires, chaleur, gravitation, mécanique quantique, la célèbre e=mc2.

    Même si on ne comprend pas tout c'est passionnant parce que Ian Stewart resitue ces équations dans leur contexte historique. On croise Gauss, Kepler, Euler, Newton, Fourier, Maxwell, Einstein, Schrödinger et si on a du mal à s’endormir c'est parfait!

    On y apprend que le signe = a été inventé en 1557 par Robert Recorde, un anglais : " Afin d'éviter la répétition fastitieuse de ces mots "est égal à", j'emploierai comme je le fais souvent dans mon travail une paire de droite parallèles, ou de lignes jumelles de même longueyur : =, parce que deux choses ne sauraient être plus égales".