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Science

  • Desert solitaire

    Si vous avez envie de changer de vie, ce livre peut être une solution! Il est paru pour la première fois en 1968. Ecrit par Edward Abbey (1927-1989), il a eu un retentissement extraordinaire.

    Ce livre est d'abord d'une grande qualité littéraire, très bien écrit, avec bien sûr des pages magnifiques sur le désert américain de l'Utah.

    Edward Abbey y  a travaillé plusieurs saisons, du printemps à l'automne, comme ranger, précisément dans le parc national des arches. A une époque, les années 50 et 60, où les parcs nationaux étaient d'abord des parcs de conservation de la nature et non pas des parcs de loisirs avec des routes goudronnées.

    Edward Abbey a une conscience écologique claire, son livre est un manifeste contre la croissance, l'industrialisation, la civilisation moderne, il est d'abord épris de liberté, de liberté individuelle, il était favorable au port d'arme sans restriction,  et n'a que mépris pour les touristes qui viennent visiter son parc, ne quittent pas leurs boites à sardine pour marcher pieds nus dans le sable bouillant , aller explorer les canyons, se frotter aux genévriers, avoir soif...se perdre escalader les rochers, chasser les scorpions, les fourmis rouges...descendre le Colorado et ses affluents... Tout ce qu'il fait pendant ses jours de repos

    S'il voyait ce que sont devenus les parcs aujourd'hui, Edward Abbey serait on ne peut plus malheureux d'avoir eu raison.

    Edward Abbey est aussi philosophe, il définit la civilisation comme la force vitale de l'histoire humaine et la culture comme la masse inerte d'institutions et de règles qui s'accumulent et deviennent un fardeau pour le progrès de la vie et comme exemple, j'en cite deux, il écrit : la civilisation c'est Giordano Bruno affrontant la mort par le feu et la culture le cardinal Bellarmino l'envoyant au bûcher après dix ans d'inquisition, ou, la civilisation c'est  le soulèvement, l'insurrection, la révolution, la culture c'est la guerre Etat contre Etat, machines contre peuple comme en Hongrie ou au Viet-Nam, voire le juge, le policier...

    Aujourd'hui Edward Abbey aurait peut-être un gilet jaune! quoique? il était trop individualiste pour suivre aveuglément des mots d'ordre et il détestait les comportements moutonniers...

  • Productivité

    No comment!

  • L'estuaire de la Gironde

    Il est à la fois si proche de nous, bordelais, et si lointain, méconnu...

    Anne-Marie Cocula, professeur émérite de l'université de Bordeaux, ancienne vice-présidente du conseil Régional d'Aquitaine, et Eric Audinet, écrivain et directeur des éditions confluences, nous font découvrir cet estuaire de la gironde, un des plus grands d'Europe, sous son aspect historique, c'est la première partie, et au cours d'une croisière sur le Silnet, un des bateaux de la compagnie Rivercruise, basée à Bordeaux, les bateaux rouge, héritiers de l'association Gens d'Estuaire.

    L'estuaire reste un milieu sauvage, dangereux, mystérieux, une frontière, peuplé de personnages attachants, les pêcheurs, les bateliers, les riverains, les pilotes, les paysans et les vignerons des iles.

    Promis, aux beaux jours de 2019 je m'embarquerai sur le Silnet pour aller découvrir l'île de Patiras, l'ile verte, l'lle du nord, l'ile Margaux, l'ile nouvelle, le nouveau monde est à côté de chez nous, il reste à découvrir...

  • Enlightenment Now de Steven Pinker

    Pas encore traduit en français mais très facile à lire. 600 pages dont 75 de notes et beaucoup de graphiques pour montrer que malgré le pessimisme ambiant il y'a toujours et encore des raisons d'espérer, à condition de persévérer dans esprit des lumières.

    Steven Pinker montre qu'il faut s'appuyer sur la raison, la science et l'humanisme, les trois moteurs qui n'ont cessé de faire progresser l'humanité.

    Steven Pinker aime quantifier, une antenne ne fait pas une tendance, il faut toujours essayer de mesurer pour comprendre, c'est d'ailleurs la devise de l'insu.

    Et Pinker s'attache à montrer que tout va mieux  en termes d'espérants" de vie, de santé, d'alimentation, de richesse, d'inégalités, d'environnement, de paix, de sûreté, de terrorisme, de démocratie, de droits, de savoir, de qualité de la vie, de bonheur, de menaces existentielles...

    Regardons en arrière, objectivement et allons de l'avant muni de notre capacité à comprendre, à progresser, à fraterniser, c'est la leçon optimiste de ce livre.

    Ceux qui ne lisent pas l'anglais ou ne le souhaitent pas peuvent lire l'avant dernier ouvrage de Steven Pinker, traduit en français sous le titre : "la part d'ange en nous" où il démontre la diminution de la violence sous toutes ses formes sur longue période

  • Le deuxième âge de la machine

    Cet ouvrage de deux chercheurs du MIT publié en 2014 est depuis sorti en Français en 2015 chez Odile Jacob. Il est toujours d'actualité, d'autant plus au moment où Cédric Vilaini vient de sortir son rapport sur l'intelligence artificielle et que les bouleversements liés à l'économie numérique se font de plus en plus frappants.

    J'écris ces lignes au début d'une grève SNCF où le débat semble se centrer sur la suppression du statut du cheminot mais y aura t'il dans dix ou vingt ans encore des conducteurs de train alors que tous les constructeurs automobiles font le pari de l'avènement de la voiture autonome et qu'il est sans doute plus facile de faire rouler des trains sans conducteur, il y a déjà des métros automatiques. Le débat devrait être ailleurs.

    Alors deuxième âge de la machine, pourquoi, parce que après la révolution industrielle, l'irruption du digital, du numérique,  constitue une révolution qui va concerner tous les domaines de l'activité humaine comme la vapeur l'a fait précédemment, il y a deux siècles.

    L'ouvrage est sous titré travail et prospérité à l'heure de la révolution technologique.

    Les auteurs présentent en premier lieu les caractéristiques spécifiques de cette révolution : 

    La puissance de calcul de l'informatique double tous les 18 mois. Cette caractéristique des puces numériques appelée loi de Moore du nom de celui qui l'a mise en évidence ne se dément pas. Elle implique que l'informatique se déploie très rapidement de plus en plus puissante, de moins en moins chère, de plus en plus miniature. Notre iPhone a une puissance de calcul 1000 fois supérieure à celle de la capsule Apollo qui se posa sur la lune et le progrès continue.

    L'information se digitalise de plus en plus sous forme de 1 et 0 , toute l'information, les textes, les images, les sons, et la puissance des ordinateurs permet de stocker et traiter ces milliards de milliards de données en de moins en moins de temps.

    C'est l'effet combinatoire de ces données. Leur mise en relation qui permet de résoudre des problèmes de toutes sortes comme par exemple la reconnaissance faciale.

    La seconde partie de l'ouvrage aborde les conséquences pour la société et l'emploi. Elle met bien en évidence les problèmes et les risques en termes de créations d'emplois, de croissance des inégalités de revenus, d'apparition de monopoles, de risques pour les libertés individuelles.

    Les solutions sont esquissées : développer des complémentarités Homme/Machine, adapter les systèmes de taxation pour compenser les effets externes négatifs, développer le revenu universel pour assurer un revenu aux futurs laissés pour compte...

    Cette partie est évidemment la moins convaincante. Les solutions devront être trouvées. On peut se rassurer en se disant que les porteurs d'eau de la fin du XIX siècle, travailleurs peu qualifiés, ont retrouvé du travail, des emplois qui n'existaient pas comme par exemple préparateur de commande. De mon point de vue, prôner le revenu de base est un aveu d'impuissance et il faudra au contraire tout faire en termes de formation, d'éducation pour que le droit au travail puisse se concrétiser à l'avenir en complément de nos nouvelles machines.

  • VOEUX

    Oumuamua est un mot hawaïen qui signifie quelque chose comme l'éclaireur qui venait de loin. Cet éclaireur, vieux de plusieurs millions d'années, voire quelques milliards d'années, traverse actuellement notre système solaire en provenance de la constellation de La Lyre et se dirige vers la constellation de Pégase. Il s'agit du premier astéroïde interstellaire repéré par les astronomes. Il est long de 400 m, large de 40 m, a une forme de cigare, et est rouge foncé.

    Homo sapiens, lui, n'aurait que 300000 ans, un gamin, à côté de cet astéroïde qui vient nous rappeler qu'au fond nous sommes peu de choses et peut être bien pour peu de temps au sein de l'univers.

    Mais comme le colibri de Pierre Rabhi nous nous devons de faire notre part pour prendre soin de notre planète et de nos frères humains. Très bonne année 2018. Take Care.

  • Ngorongoro et Tarangire

    IMG_0519.JPGAu départ de Olduvai nous avons renoncé à aller visiter le musée du berceau de l'humanité. c'est en effet dans les gorges d'Olduvai qu'a été mis à jour il y a une trentaine d'année un homme de pithécantrope et surtout des traces de pas dans de la cendre volcanique solidifiée qui datent de 3,5 millions d'années.

    Nous sommes partis, tout de même tout émus à cette idée dans le cratère ou plutôt la Caldera de Ngorongoro. c'est une immense cuvette entourée de parois de 500 mètres de haut à environ 1500 m d'altitude qui fait 28 km de diamètre, bien dotée en eau et donc propice à la vie tout simplement. On y rencontre donc une variété infinie de félins, d'ongulés, de ruminants, d'oiseaux, c'est tout simplement extraordinaire.

    Le soir diner à Bashai, dans une maison de style colonial très fleurie avec un magnifique potager de légumes et aromates et une vue magnifique et toujours sommeil sous la tente.

    Le lendemain découverte du parc de Tarangire. Là c'est le paradis des baobabs qui sont immenses, partout, et des éléphants que l'on aura vus par centaines, petits, moyens et grands. Diner et coucher dans un lodge au sein du parc, Maweninga, la nuit on entend des petits animaux qui courent sur la toile de tente. 

    Partout dans tous ls lodges, un accueil professionnel, de qualité, des sourires et surtout des guides très qualifiés, bilingues anglais Français, au volant de leur toyota Landcruiser. Je recommande donc vivement : https://www.tanganyika.com

  • Ex Libris

    Plus de trois heures de film! Mais on ne le regrette pas. Frederick Wiseman, 87 ans, qui nous avait déjà donné National Gallery,  a fait un chef d'oeuvre en allant filmer les 93 sites de La NYPL, la New-York Public Library.

    Le film cite une architecte néerlandaise qui explique qu'aujourd'hui dans une bibliothèque publique le plus important ce ne sont pas les livres, on peut même en concevoir sans livre, le plus important c'est le partage, l'accès à la culture pour tous, les minorités, les illettrés, les sans-abris, les sourds, les aveugles, les seniors, les enfants, les collectionneurs, les archivistes, les savants, les chercheurs, les artistes, les publicitaires, à la recherche de connaissances, d'archives, d'estampes, de photos, de musique, de cours de danse, de débats, de rencontres tout simplement.

    Le film s'attarde sur les activités mais aussi sur les publics, les personnels, les administrateurs qui débattent à l'infini sur les priorités que doit s'assigner la NYPL, l'arbitrage entre les différents programmes, la nécessité de combler le digital divide, de trouver le public des relégués, des adolescents, de trouver des financements privés en complément de ceux de la ville.

    On sens une grande fierté chez ces personnes, avec raison sans aucun doute. Fierté de la mission accomplie, fierté de l'engagement. L'une des salariés dit d'ailleurs : on écoute ceux qui s'engagent.

    Dans une interview, Frédrick Wiseman a déclaré à propos du tournage de son documentaire : j'ai trouvé rafraichissant de tomber sur un groupe de personnes qui sont réellement attachées à leur travail et qui essaient de bien le faire.

    C'est ce qu'on aimerait dire de tous les lieux de travail...

    https://youtu.be/Qbj5J4XZkc8

  • La grève d'Ayn Rand

    Ayn Rand est une scénariste, romancière américaine, philosophe, née à Saint Petersburg en 1905 et décédée à New-York en 1982. Elle quitte l'URSS à l'âge de 21 ans. Elle est méconnue en France, où l'on préfère avoir tort avec Sartre que raison avec Aron.

    La Grève, publié en 1957, il y a soixante ans cette année,  sous le titre Atlas Shrugged, littéralement Atlas haussa les épaules, est son oeuvre la plus connue, mais il a fallu attendre 2011 pour qu'une première traduction soit publiée en France aux éditions Belles Lettres, les autres éditeurs sollicités ayant refusé de courir le risque.

    De quelle Grève s'agit-il? Ayn Rand défend l'idée que les hommes d'esprit, les entrepreneurs, les scientifiques, les artistes sont empêchés par l'Etat, les réglementations, les protections. Elle situe son action dans l'industrie ferroviaire et imagine ce qui se passe lorsque les hommes d'esprit se mettent en grève, disparaissent, abandonnent leurs entreprises, les catastrophes s'enchainent alors, les accidents, les rationnements, le moteur du monde ne tourne plus.

    On aura compris que Ayn Rand est une adepte de la liberté, une libertarienne, elle met l'individu au dessus de tout. Elle croit au progrès scientifique, elle dénonce le socialisme, l'interventionnisme des Etats, elle est favorable à l'égoïsme rationnel seul à même de faire avancer les choses pour soi et pour l'intérêt général : "Je jure, sur ma vie et sur l'amour que j'ai pour elle, de ne jamais vivre pour les autres ni demander aux autres de vivre pour moi."

    Il y a près de 1400 pages à lire, c'est de la métaphysique, de la philosophie, mais aussi un roman d'aventure et même un roman d'amour.

    A découvrir donc. et sans doute à relire plusieurs fois, sous différents angles. Il est difficile de se rendre compte de l'importance de ce livre aux Etats-Unis : il suffit de dire qu'il s'en vend chaque année 100 000 exemplaires soixante ans après sa parution et plus d'un million récemment depuis qu'Obama en a parlé. Mais il est probable qu'en France ce livre n'aura que peu de succès car la philosophie d'Ayn Rand a tout pour déplaire ici ou l'on préfère célébrer les victimes, s'apitoyer sur les perdants de l'évolution du monde et de la société plutôt qu'admirer ceux qui réussissent que l'on préfère jalouser ou dénigrer au nom de l'égalité.

  • Estuaire

    Masse1508.jpgCette très belle carte est l'oeuvre de Claude Masse (1652-1737) , ingénieur du Roi. Elle est visible à l'exposition Estuaire aux Archives départementales de la Gironde jusqu'au 17 mars.

    Un exposition remarquable, dans la très belle salle des voûtes, découverte à l'occasion de la conférence de Yannis Suire sur l'Aquitaine au début du XVIIIéme siècle, cartes, plans et mémoires de Claude Masse.

    Claude Masse a passé 35 ans à arpenter les territoires situés entre Loire et Pyrénées pour cartographier les côtes et l'arrière pays afin de proposer des ouvrages de défense contre l'ennemi de toujours : les anglais, toujours menaçants : il y aura la guerre de sept ans (1756-1763), la perte du Canada puis en 1814, Lynch, maire de Bordeaux nommé par Napoléon qui livrera la ville aux anglais en soutien au futur Louis XVIII.

    Claude Masse sera non seulement cartographe mais aussi historien, économiste, ethnologue, allant bien au delà de sa seule mission militaire.

    Il habitait à La Rochelle mais mériterait davantage de reconnaissance à Bordeaux.