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Théatre

  • Opéras bibliques à la cathédrale de Lectoure

    Soirée lyrique samedi soir à la Cathédrale de Lectoure dans le Gers avec le Choeur des Feux de Saint Jean. Un choeur initié il y a cinquante ans au sein du Lycée Saint Joseph par Pierre Gardeil et Roland Fornerod.

    Une centaine de choristes, des élèves du lycée mais aussi quelques anciens élèves ou connaissances plus âgés et sept solistes, deux violons, un violoncelle un clavecin/orgue sous la direction de Christopher Gibert dans une mise en espace de Jean-François Gardeil.

    Au programme des oeuvres de Giacomo Carissimi (1605-1674) : Vanitas vanitatum et Jephte, et  de Marc -Antoine Charpentier (1673-1704) : Le reniement de Saint Pierre.

    Des oeuvres mises en espace dans le sens ou les solistes jouent ou plutôt esquissent les situations évoquées comme cela se pratiquait au XVII siècle : On voit Pierre se renier trois fois puis pleurer lorsque Jésus le regarde après avoir entendu le coq chanter. On frémit lorsque la fille de Jephte, le vainqueur des ammonites, accepte dignement d'être immolée par son père afin qu'il puisse respecter le serment qu'il a fait avant la bataille de sacrifier la première personne qu'il rencontrera s'll revient vainqueur.

    Une belle soirée, il est bien réconfortant de voir toute cette jeunesse prendre plaisir à savourer le succès d'heures de travail et acclamer leurs enseignants et partenaires musiciens d'un Week-End.

    Et le souvenir, évoqué par Jean-François Gardeil, de Jean-Claude Malgroire, décédé ce samedi, qui était venu jouer avec son ensemble à la Cathédrale de Lectoure.

     

  • Peer Gynt

    "Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c'est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur". C'est la dernière phrase de Solveig, à Peer, lorsqu'il meurt dans ses bras après avoir passé sa vie à chercher le bonheur, à "être soi" plutôt qu'à "se suffire à soi-même".

    La mise en scène de David Bobbée est enlevée, on ne s'ennuie pas malgré les quatre heures de représentation, l'acteur principal, Radouan Leflahi, est époustouflant, et ses compères et consoeurs également. On peut regretter quelques longueurs, un peu trop de tapage, des facilités, mais globalement, le personnage de Peer Gynt, un être qui se veut flamboyant mais qui est au fond faible, pas franchement sympathique, ambitieux mais médiocre, qui échoue dans ses entreprises, qui peut être tendre, un être humain, comme nous, est bien campé.

    J'avais préféré la mise en scène d'Eric Ruf, de la comédie française, avec Hervé Pierre dans le rôle de Peer Gynt, en 2012 au Grand Palais mais bon celle-ci n'est c'est pas mal...

    Encore en Tournée.

  • La ménagerie de verre

    Pièce de Tennessee Williams, l'auteur de un tramway nommé désir,  créée en 1945 au TNBA de Bordeaux jusqu'au 3 mars, mise en scène par Daniel Jeanneteau.

    Il y a quatre personnage, la mère, Amanda, mère qui regrette en permanence son passé lorsqu'elle avait de nombreux galants, mais celui qu'elle épousa l'a laissée tomber et est parti depuis longtemps, abandonnant ses enfants.

    Laura, une jeune fille qui boitille et que ce handicape paralyse dans son épanouissement de femme, qui échoue dans ses rares entreprises, et qui se réfugie dans sa ménagerie de verre, des petits animaux de verre dont une licorne.

    Tom, un jeune homme qui bosse dans une entrepôt de chaussures, il rêve d'aventures, de parcourir le monde, comme son père sans doute, mais il doit faire vivre cette famille, répond finalement à tous les caprices de sa mère, jusqu'à introduire vers la fin de la pièce, le temps d'un dîner, Jim, un collègue de travail afin de séduire Laura.

    C'est la partie la plus intéressante de la pièce, la mise en place des personnages qui occupe une longue première partie est un peu longue et répétitive. Le décor est réduit au minimum, les personnages jouent derrière un rideau de tulle et se parlent sans vraiment se parler, afin de rendre l'idée qu'il s'agit d'une pièce sur la mémoire, une mémoire fragmentée.

    A voir jusqu'au 3 mars à Bordeaux, puis en tournée à Genevillers, Lille, Lorient, Saint Quentin, après la création au théâtre de la Colline en 2016.

    A voir.

  • Tableau d'une exécution

    Hier soir au TNBA de Bordeaux. Une belle pièce de Howard Barker qui date de 1985, d'inspiration shakespearienne, dans une mise en scène de Claudia Stavisky.

    Le spectacle montre les affres de la création, les rapports ambigus entre art et pouvoir, à travers l’histoire d’une femme peintre, Galactia, à laquelle la République de Venise a commandé un grand tableau sur la célèbre bataille navale de Lépante qui vit la victoire de la coalition catholique sur celle des ottomans le 7 octobre 1571, une des batailles navales les plus meurtrières, près de 30000 morts, 400 galères en action...

    Mais Galactia n’entend pas du tout faire l’œuvre à la gloire du pouvoir qu’espèrent le Doge de Venise, elle peint peu à peu, sous nos yeux, au fur et à mesure que défilent ses modèles, son amant, sa fille, le doge, ses conseillers, les matelots survivants de la bataille,  elle peint les corps mutilés,  les morts, le sang.…En revanche, Galactia n'évoque jamais l'héroïsme des soldats, l'intelligence de l'Amiral...bref la gloire de Venise. Sorcière Galactia?

    Belle réflexion, en dix sept tableaux, toujours actuelle, sur les rapports toujours difficiles entre le pouvoir et les artistes.

  • La vie parisienne

    Une belle réussite que cette opérette d'Offenbach au Grand théâtre de Bordeaux en ouverture de la saison, vue mardi dernier.

    Bien sût, c'est une petit clin d'oeil à l'arrivée de la LGV, Bordeaux n'est plus qu'à 2heures 04 de Paris, et n'a jamais été aussi près de la vie parisienne à moins que ce ne soit désormais le contraire.

    Tout le grand théâtre était mobilisé, : l'orchestre, le ballet, le choeur sur une scène qui s'est révélée un petit peu petite. Faudra -t-il aller jouer à l'Arena de FLoirac? Marc Minkowski, tout en mouvement a été parfait même si on a du mal comprendre comment ses musiciens arrivent à comprendre sa gestuelle peu ordinaire.

    La mise en scène était parfaite surtout du rythme c'est essentiel pour ce spectacle. et du contemporain avec beaucoup de clins d'oeil. Des hipsters et des personnages que l'on pouvait s'amuser à reconnaitre, Mme de Fontenay, Liliane Bettencourt, Sonia Rykiel, Mireille d'Arc dans le grand blond, Karl Lagerfeld... la costumière s'est sans doute bien amusée.

  • Les furies

    Drôle de roman! Je m'y suis plongé après lu l'entretien avec Barack Obama publié dans le premier numéro de America, la revue trimestrielle qui chronique l'Amérique de Trump fondée par Fottorrino et Busnel. Dans cet entretien Obama cite quelques uns des livres qu'il a particulièrement appréciés et il y a Les furies.

    J'ai d'abord entrepris de le lire en anglais dans la version originale qui s'intitule très justement Fortunes and Furies. Mais j'ai décroché rapidement, vocabulaire bien trop riche et imagé pour moi.

    Le livre comprend deux parties comme le titre américain le suggère la première est celle de la fortune, tout est parfait, un couple improbable qui erre de fêtes en fêtes, alcool, drogue, créativité, dans la Nouvelle Angleterre. Mais ils sont fidèles l'un à l'autre, font l'admiration de tous leurs amis et enfin la réussite, Lancelot, dit Lotto, acteur et auteur de théâtre, grand, beau et fort connait le succès et Mathilde, belle comme l'aurore, le protège.

    La seconde partie est une descente aux enfers, les personnages de rêve sont démontés, cruellement, on tombe de très haut devant autant de cynisme, de cruauté, de malheur. Je vous laisse deviner ou plutôt découvrir car on ne peut pas deviner...

    Pourquoi Barack Obama a t'il aimé ce livre? Peut-être parce que, lui, a su, au fil de la lecture, deviner???

  • Le mariage de Figaro

    Quatre heures de théâtre hier soir au TNBA (Théâtre National de Bordeaux Aquitaine) pour redécouvrir la pièce de Beaumarchais La folle journée ou Le Mariage de Figaro (1778) dans la mise en scène de Rémy Barché avec la Comédie de Reims.

    Un grand classique du théâtre mais de classique, ne restent que les costumes et, mais c'est l'essentiel, le texte. 

    La mise en scène est assez déjantée surtout la première heure, orgasmes simulés, clins d'oeil salaces, cigarettes au bec, guitare basse, jazz, rock, pop la musique est assez éloignée de celle du XVIII, s'y ajoute une bande son d'actualité (hier soir sur Pénélope gate...!). 

    Le public apprécie, rit beaucoup, on pourrait dire ricane, un peu comme dans les émissions de radio ou de télé destinées à faire rire.

    Peu à peu on s'habitue et on se concentre sur l'intrigue, en oubliant tous ces artifices de mises en scène.

    Peut-être est-il nécessaire aujourd'hui pour faire découvrir le texte de Beaumarchais à un jeune public d'en passer  par cette démesure?

    Les acteurs sont excellents dans le registre qui leur est demandé.

    Et, in fine, on ne regrette pas d'être venus.

    Pour avoir un aperçu : https://vimeo.com/130740109

  • Don Juan revient de guerre

    Une belle pièce de théâtre au TNBA, Théâtre National de Bordeaux Aquitaine, proposée par la Comédie de l'Est basée à Colmar en Alsace.

    Une pièce écrite par Odon von Horvarth (1901-1937) un auteur hongrois de langue allemande, mort accidentellement à Paris écrasé par la chute d'une branche de marronnier.

    Une mise en scène épurée, très alerte avec seulement trois comédiens, Nils Ohlund qui joue don Juan et deux comédiennes très inspirées, Carolina Pecheny et Jessica Vedel qui interprètent 35 rôles de femmes en 24 tableaux.

    Ce Don Juan est allé à la guerre de 14-18, il en revient transformé, malade de la grippe espagnole et obsédé par son passé au point qu'il recherche sa fiancée, abandonnée à la veille de la guerre pour une aventure sans lendemain.

    Il erre donc de rencontres en rencontres et toutes les femmes rencontrées lui renvoient le miroir de son passé l'absence de sens de sa vie. le contexte est marqué par la fin de la guerre, l'inflation, les pénuries, le regret de la belle époque, l'arrivée des années folles, de la musique américaine, l'émancipation des femmes...

    A la fin, notre Don Juan découvrira ce que l'on sait depuis le début : sa fiancée est décédée en 1915, folle...

    Une très belle réalisation.

    Jusqu'à la fin de la semaine à Bordeaux puis à Versailles, Epinay sur Seine, Oullins ...

  • Les damnés

    A la Comédie française jusqu'au 17 janvier. Les damnés c'est à partir du scénario de Visconti qui date de 1969 une pièce de théâtre qui conte la descente aux enfers de la famille Essenbeck (les Krupp) à partir de 1933.

    La montée du nazisme, l'appétit du pouvoir, la lâcheté vont déboucher sur l'élimination de tous les membres de cette famille jusqu'au transfert du pouvoir à un jeune malade mental nazi qui à la fin du spectacle tire sur le public à la kalachnikov.

    Les comédiens sont stupéfiants dans ce théâtre augmenté par la vidéo, les recours aux images d'archives, la musique...

    Les spectateurs sont les témoins impuissants de la montée de la barbarie... un peu comme aujourd'hui peut-être.

    Ne manquez pas ce spectacle dérangeant, violent, actuel, si vous en avez l'occasion.

  • Le Messie de Haendel - Ballet

    Jusqu'au 6 juillet au Grand Théâtre de Bordeaux. Un spectacle de nature à vous rendre de bonne humeur. Sur une des plus belles musiques occidentales, celle du Messie de Haendel, un ballet classique mais inspiré de la danse contemporaine, épuré, en costumes blancs, sur un plateau nu, une lumière bleutée...  

    L'orchestre suit le ballet, le choeur suit le ballet, les musiciens doivent aussi suivre la chef qui bouge beaucoup les mains, ce ne doit pas être simple. D'autant que les danseurs échangent leurs rôles à chaque représentation.

    Mais c'est magique. Une très belle fin de saison. Heureusement, Haendel qui était allemand, né en Saxe, qui voyagea en Italie et en France pour s'établir en Angleterre était loin d'imaginer les débats du Brexit. A l'époque, on circulait librement en Europe!

    Chorégraphie, Mauricio Wainrot - Direction musicale, Dominic Wheeler - Décors et costumes, Carlos Gallardo - Lumières, François Saint-Cyr
    Ballet de l’Opéra National de Bordeaux - Orchestre National Bordeaux Aquitaine - Choeur de l’Opéra National de Bordeaux
    Solistes de la Royal Academy of Music - Rebecca Goulden, soprano - Kate Symonds-Joy, mezzo-soprano - Thomas Hobbs, ténor - Frédérick Long, basse