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Environnement

  • Le fleuve impassible

    Ce fleuve impassible c'est l'estuaire de la Gironde, fruit du confluent de la Dordogne et de la Garonne. La Dordogne étant elle-même le fuit de la fusion de la Dore et de la Dogne.

    L'auteur de ce bel ouvrage, Pierre Siré (1900- 1982), est un enfant de cet estuaire puisqu'il est né chez ses grands parents sur l'île Verte , l'une des iles de l'estuaire, sise après la confluence, le Bec d'Ambès, aux côtés de l'île nouvelle, de Fort Pâté,  de Patiras, de l'île Margaux, au droit de la Citadelle de Blaye.

    Pierre Siré a effectué une carrière de juriste tout au long de sa vie, il a notamment été un spécialiste du droit des marques et à oeuvré pour la défense des droits des vins de Bordeaux.

    Mais il est tout au long de sa vie resté marqué par ses années d'enfance passées lors de ses vacances sur l'île verte où son grand père était régisseur d'une propriété viticole qui employait plusieurs dizaines de salariés et dont les familles vivaient sur l'île.

    C'est aujourd'hui un monde totalement disparu. il n'y a plus d'habitants à demeure sur les îles de la Gironde, victimes ces dernières années de tempêtes à répétitions. Ce qui a fait la fortune de ces iles à la fin du XIX et au début du XX siècle c'est le Phylloxéra! Le puceron a l'origine de cette maladie ne supporte pas l'eau et en conséquence, les vins dits de palus ont pendant plusieurs décennies pallié la catastrophe qui a sévi sur le continent jusqu'à ce que de nouveaux cépages résistant à la maladie soient implantés avec succès.

    Pierre Siré nous dresse donc un portrait exhaustif de ce monde attaché au fleuve : vignerons, pêcheurs, agriculteurs, marins, des vapeurs, des gabares, des yoles, des filadières, du port de bordeaux, des petits ports de la Gironde...Blaye, Pauilac, saint Estephe, Grattequina, Beychevelle, Vitrezay...

    La lecture de ce livre, permet d'approcher la complexité de cet estuaire, le flot, le jusant, deux fois par jour, les courants, les contre courants, les coefficients de marée, la vie et les déplacements calés sur ces impondérables, les difficultés de la navigation en l'absence de moteurs, les bancs de sable, les vasards (iles en formation).

    Cette évocation est élogieuse, presque paradisiaque, Pierre Siré règle au passage ses comptes avec Mauriac auquel il reproche de n'avoir rien compris au port et au fleuve.

    J'ai eu l'occasion récemment de me rendre sur l'île nouvelle, également nommé à un moment de son histoire l'île sans pain, l'île appartient désormais au Conservatoire du Littoral et est gérée par le département de la Gironde. On peut y voir ce qui reste après réhabilitation des murs extérieurs de la maison du régisseur, de celle du maitre de chai, des habitations ds ouvriers et de l'école. Personne n'y habite car le risque de submersion est réel. C'est émouvant de se dire qu'il y a une centaine d'année c'est là que la société décrite par Pierre Siré vivait. C'était loin d'être le paradis, le vie y était dure, les familles étaient payés en litres de vin, l'alcoolisme y a fait des ravages, le travail était dur, la discipline sévère.

    Cette escapade sur l'Ile nouvelle, je l'ai effectué avec l'université du Temps libre (UTL) à la suite du cours que j'ai suivi toute l'année sur l'estuaire de la Gironde. Les différents salariés de Terre et Océan (www.terreetocean.fr) se sont relayés pour nous enseigner les multiples aspects de l'Estuaire, son histoire de la préhistoire à nos jours, sa géographie, le changement climatique, la faune, la flore, la navigation. 

    De quoi mieux appréhender ce fleuve qui s'écoule sous nos fenêtres, impassible, mais qui vit et d'une certaine façon meurt et que nous connaissons si mal puisqu'il ne nous semble plus indispensable dans nos activités quotidiennes. 

  • Les quatre saisons du fleuve Amour

    Ce premier livre de 2022 est superbe. Jean d'Albis, banquier de profession mais dont l'enfance s'est déroulée dans les milieux artistiques, porcelaine de Sèvres, restauration de tableaux anciens, séjours familiaux en Bohème, aux Etats-Unis,  en Extrême Orient, nous emmène à l'embouchure du fleuve Amour à la frontière entre Russie et Chine.

    On y suit la vie d'Orok, Dimitri, Lisaveta, Kalinka, Giliak, Nicolas, un peuple héritier des traditions des vieux croyants, des orthodoxes restés fidèles à l'orthodoxie d'avant 1666 et de l'animisme des Nivkhs

    On se love dans la peau d'un saumon qui remonte le cours de l'Amour, d'un chasseur, d'un ours, d'une biche, d'une conteuse, de l'héritière d'un soldat soviétique mort au combat.

    C'est tout simplement magnifique.

    Et je vous laisse méditer avec cet extrait : Il a appris que l'on reçoit à profusion en se contentant de peu. Il suffit de laisser les choses venir à soi et d'en goûter le sens, le temps qu'elles le veuillent bien. Il a aussi compris que rien ne sert de faire des réserves, rien ne sert d'accumuler. Car c'est dans l'action que se trouve la vie et non dans les greniers.

  • La panthère des neiges

    Deux ans que j'attendais sortie en poche! et aucune déception. Le livre est magnifique : éloge de la patience, de l'affût, de la vie, des bêtes. Sylvain Tesson nous remet à notre place au sein de la biodiversité. L'homme aura été depuis le néolithique, le plus fort au point d'éliminer progressivement tous les êtres vivants, au point qu'un jour il se supprimera lui-même. En attendant on peut encore vivre de belles aventures et sans aller dans le Tibet profond à 5000 m d'altitude par moins 25 degrés prendre le temps de se poser, de regarder autour de soi d'attendre et voir ce qui se passe et un jour, un moment, le merveilleux se produit.

  • Platon a rendez-vous avec Darwin

    Dans cet essai brillant, Vincent le Biez, ingénieur des mines de 35 ans, fonctionnaire à Bercy esquisse des analogies entre les sciences philosophiques et politiques et les sciences naturelles et sociales, physique classique, physique quantique, biologie, génétique, théorie des jeux...Il convoque les plus grands philosophes et scientifiques : Platon, Darwin, Xavier Bichat et Thomas Hobbes, Richard Dawkins et Jean-Jacques Rousseau, Rudolf Clausius et Henri Bergson, Sadi Carnot et Hannah Arendt, Geoffrey West et Ivan Illich, Ludwig von Bertalanffy et Friedrich Hayek, Ernst Ising et Alexis de Tocqueville et enfin Ilya Prigogine et charles Percy Snow.

    C'est tout simplement fascinant, bien entendu cela n'apporte pas de solutions immédiates à nos problèmes contemporains mais tout de même des pistes sérieuses et des repères pour éviter les écueils périlleux qui nous guettent.

  • L'arbre monde

    "Nous survivrons tous ensemble ou alors pas du tout".  C'est ce que dit Richard Powers en commentant son livre sur les arbres, l'Arbre Monde.

    Les arbres sont présents sur la planète depuis 400 millions d'années environ homo sapiens environ 200000 ans! Les arbres nous ont précédés et quoique l'on fasse il est probable qu'ils nous survivront encore quelques millions ou millards d'années. bien après notre disparition.

    Le mieux serait que l'on fasse le nécessaire pour vivre et cohabiter ensemble.

    C'est le sens du livre de Richard Powers. Il aurait pu écrie le même livre en faveur de la prise de conscience de l'importance de notre environnement en s''intéressant aux animaux. Il l'a fait avec les arbres, qui assimile à des personnes. Ce sont après tout des êtres vivants qui semblent communiquer entre eux, s'avertir des dangers qui les menacent, se défendre en émettant des substances toxiques... Tout cela il nous le raconte à travers l'histoire de personnages de fiction très différents.

    Il y a Nicholas, héritier d'une famille qui a su préserver de générations en génération un châtaignier immense photographié chaque année, Patricia,enfant handicapée, sourde, qui deviendra dendrologue, spécialiste de la communication entre les arbres, Douglas vétéran de la guerre du Viet-Nam, Olivia qui a fait ses études à Stanford, électrocutée, qui est revenu d'entre les morts et qui comme Jeanne d'Arc entrent des voix, Neelay, fils d'immigré indien, paraplégique à la suite de la chute d'un arbre, génie des jeux vidéos..et d'autres...Adam notamment..

    Tous vont mettre leur talents au service de la causse des arbres, le plus souvent par naïveté contre le capitalisme, au point de devenir terroristes verts, de procéder à un incendie criminel, de se cacher ensuite, 

    Faut-il s'opposer? faut-il négocier? Faut-il renoncer à tout ce que nous apporte la technologie? Pour sauver les forêts primitives, retrouver l'origine de la vie?

    Beaucoup de questions philosophiques à travers ce roman bouillonnant de vie, à l'écriture somptueuse, après l'avoir lu vous ne regarderez plus les arbres comme avant!

  • My absolute darling

    Ames sensibles s'abstenir! C'est un livre coup de poing à l'estomac qui vous laissera souvent sans voix qu'a écrit Gabriel Tallent!

    Turtle (Tortue, c'est ainsi que son père l'appelle) a quatorze ans. Elle n'a pas connu sa mère, elle vit seule avec son père, Martin, dans la forêt, dans une maison au désordre indescriptible, à Mendocino, en Californie, sur la côte du Pacifique. Son père est obsédé par les armes à feu, les couteaux, il a transmis sa passion à Turtle, il est à la fois intellectuel, il lit des livres de philosophie, écologiste non militant, un peu survivaliste, tant il est certain que le monde va à sa perte, et qu'il faut apprendre à se débrouiller tout seul. Il boit aussi, des bières, beaucoup de bières.

    Il adore sa fille, il l'accompagne tous les jours à l'école, veut qu'elle soit forte pour affronter l'adversité, passe auprès des enseignants et des autres parents d'élève pour un original un peu bourru, mais il déteste que Turtle fasse preuve d'un peu d'indépendance et surtout il abuse régulièrement d'elle, par amour? Et elle semble ambivalente sur ce sujet.

    Jusqu'au jour où Turtle rencontre dans la forêt deux jeunes lycéens, Jacob et Brett, qui vont lui ouvrir les yeux sur l'extérieur. L'éveil de ses sens à l'amitié va l'amener à prendre ses distances avec son père, ce qui va renforcer sa jalousie et lui donner le sentiment qu'elle le trahit. Elle va tout de même se lancer dans l'aventure de l'indépendance au risque de sa vie.

    Je vous laisse découvrir la suite, la description de la nature, de la forêt est magnifique, la tension est toujours à son comble, et le dénouement évidemment dramatique.

  • Exercice pour préparer l'après crise sanitaire pour être sûr que tout ne reprenne pas comme avant

    Bruno Latour a publié dans un article récent http://www.bruno-latour.fr/fr/node/851.html un questionnaire qui peut nous aider à sortir de la crise sanitaire et à préparer la sortie de la crise écologique tout aussi si ce n'est plus meurtrière. Le voici. A vous d'apporter vos réponses et de les partager.

    Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter. En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise — toujours passagère — mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tous cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.
    (...)
    Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :
    Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
    Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)
    Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?
    Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
    Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)
    Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?
    (Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)

     

  • Canicule

    Il a fait 43,6 ° à Saint Maur des Fossés, ou nous avons vécu de 1994 à 2005. Le précédent record datait du 6 août 2003 avec 42,2°. 

    Ce record est surprenant. Tous les médias, les écologistes, les maires, insistent aujourd'hui sur la nécessité de végétaliser les villes pour remédier au réchauffement climatique, du moins en limiter les effets. Anne Hidalgo veut planter 30000 arbres à Paris, Le nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian, veut en planter 20000 d'ici 2025 dans sa ville, réputée trop minérale, il a fait installer une ombrière d'arbustes en pots au pied de la cathédrale devant la mairie.

    Mais s'il y a déjà une ville bien végétalisée, c'est bien Saint Maur des Fossés, lové dans la boucle de la Marne, Saint Maur avec la Varenne Saint Hilaire, son quartier emblématique, est en effet composé pour 36 % de maisons individuelles (avec jardins arborés le plus souvent) et les bords de Marne sont plantés d'arbres... A titre de comparaison cette proportion de maisons individuelles n'est que de 9 % à Paris et de 22 % à Bordeaux.

    On peut faire l'hypothèse que le relevé de température à Saint Maur est relevé dans un endroit défavorable, mais non, les températures sont relevées pour le compte de Météo France dans l'Observatoire de Saint Maur fondé en 1872, qui dépend de l'institut de physique du Globe de Paris et actuellement situé 4 rue Neptune dans le quartier du Parc saint Maur près du stade Cheyron : https://www.google.fr/maps/place/4+Avenue+de+Neptune,+94100+Saint-Maur-des-Fossés/@48.809072,2.4905088,127a,35y,111.99h,45t/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x47e60cfc1d760f0f:0x2fddf0ab1f6333cd!8m2!3d48.8086246!4d2.4922039#

    Dès lors on peut craindre que la végétalisation des villes soit loin de permettre de résoudre les difficultés à venir.

     

  • Sur les chemins noirs

    C'est bien, on n'est plus surpris par le discours de Sylvain Tesson. Cela se lit vite avec plaisir. Ce récit est autobiographique à plus d'un titre. Sylvain Tesson a encaissé en quelque mois le décès de sa mère, et la chute d'un toit et ses conséquences dramatiques sur sa santé, sa vitalité physique, son visage. Comme il le dit "heureusement que Picasso avait déjà inventé le cubisme, ma tête dans les bars faisait moins peur."

    Son champ visuel est réduit, il n'entend bien que d'une oreille et pourtant, il trouve la force de traverser la France à pied du Mercantour au Cotentin en empruntant les chemins noirs, ceux qui figurent en noir sur les cartes IGN, ceux qui ont souvent disparu.

    Ses copains de toujours, Gras, Gasque, sa soeur l'accompagnent de temps à autre un bout de chemin, il marche à bonne allure, dort à la belle étoile et ce n'est pas la France que l'on découvre , c'est l'époque, la nôtre.

    L'occasion pour le lecteur de réfléchir à sa condition d'individu connecté dans ce monde de flux... A la fin on a envie de se réfugier dans une abbaye cistercienne...

  • Desert solitaire

    Si vous avez envie de changer de vie, ce livre peut être une solution! Il est paru pour la première fois en 1968. Ecrit par Edward Abbey (1927-1989), il a eu un retentissement extraordinaire.

    Ce livre est d'abord d'une grande qualité littéraire, très bien écrit, avec bien sûr des pages magnifiques sur le désert américain de l'Utah.

    Edward Abbey y  a travaillé plusieurs saisons, du printemps à l'automne, comme ranger, précisément dans le parc national des arches. A une époque, les années 50 et 60, où les parcs nationaux étaient d'abord des parcs de conservation de la nature et non pas des parcs de loisirs avec des routes goudronnées.

    Edward Abbey a une conscience écologique claire, son livre est un manifeste contre la croissance, l'industrialisation, la civilisation moderne, il est d'abord épris de liberté, de liberté individuelle, il était favorable au port d'arme sans restriction,  et n'a que mépris pour les touristes qui viennent visiter son parc, ne quittent pas leurs boites à sardine pour marcher pieds nus dans le sable bouillant , aller explorer les canyons, se frotter aux genévriers, avoir soif...se perdre escalader les rochers, chasser les scorpions, les fourmis rouges...descendre le Colorado et ses affluents... Tout ce qu'il fait pendant ses jours de repos

    S'il voyait ce que sont devenus les parcs aujourd'hui, Edward Abbey serait on ne peut plus malheureux d'avoir eu raison.

    Edward Abbey est aussi philosophe, il définit la civilisation comme la force vitale de l'histoire humaine et la culture comme la masse inerte d'institutions et de règles qui s'accumulent et deviennent un fardeau pour le progrès de la vie et comme exemple, j'en cite deux, il écrit : la civilisation c'est Giordano Bruno affrontant la mort par le feu et la culture le cardinal Bellarmino l'envoyant au bûcher après dix ans d'inquisition, ou, la civilisation c'est  le soulèvement, l'insurrection, la révolution, la culture c'est la guerre Etat contre Etat, machines contre peuple comme en Hongrie ou au Viet-Nam, voire le juge, le policier...

    Aujourd'hui Edward Abbey aurait peut-être un gilet jaune! quoique? il était trop individualiste pour suivre aveuglément des mots d'ordre et il détestait les comportements moutonniers...