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Science

  • Idées de génies

    Une plongée dans l'histoire de la physique. Comme c'est toujours compliqué, j'ai abordé ce live par petites touches. Il y a 33 textes originaux, c'est une sorte d'anthologie, accommpagnés d'un commentaire des auteurs qui situent le texte dans son contexte, historique, état des connaissances du moment...

    Cela va de Galilée qui étudie la chute des corps à Weiss, Barish et Thorne qui observent en 2017 les ondes gravitationnelles dont l'existence a été prédite dès 1916 par Einstein en application de la relativité générale.

    De même Urbain Le Verrier, en 1846, prédit l'existence de Neptune, il "vit cette planète au bout de sa plume" et indiqua son emplacement exact avant que le mois suivant Johann Galle de Berlin ne confirme la découverte par l'observation.

    Et bien sûr toutes les grandes étapes de l'établissement de la mécanique quantique sont évoquées. C'est ardu mais passionnant.

     

  • Le fleuve impassible

    Ce fleuve impassible c'est l'estuaire de la Gironde, fruit du confluent de la Dordogne et de la Garonne. La Dordogne étant elle-même le fuit de la fusion de la Dore et de la Dogne.

    L'auteur de ce bel ouvrage, Pierre Siré (1900- 1982), est un enfant de cet estuaire puisqu'il est né chez ses grands parents sur l'île Verte , l'une des iles de l'estuaire, sise après la confluence, le Bec d'Ambès, aux côtés de l'île nouvelle, de Fort Pâté,  de Patiras, de l'île Margaux, au droit de la Citadelle de Blaye.

    Pierre Siré a effectué une carrière de juriste tout au long de sa vie, il a notamment été un spécialiste du droit des marques et à oeuvré pour la défense des droits des vins de Bordeaux.

    Mais il est tout au long de sa vie resté marqué par ses années d'enfance passées lors de ses vacances sur l'île verte où son grand père était régisseur d'une propriété viticole qui employait plusieurs dizaines de salariés et dont les familles vivaient sur l'île.

    C'est aujourd'hui un monde totalement disparu. il n'y a plus d'habitants à demeure sur les îles de la Gironde, victimes ces dernières années de tempêtes à répétitions. Ce qui a fait la fortune de ces iles à la fin du XIX et au début du XX siècle c'est le Phylloxéra! Le puceron a l'origine de cette maladie ne supporte pas l'eau et en conséquence, les vins dits de palus ont pendant plusieurs décennies pallié la catastrophe qui a sévi sur le continent jusqu'à ce que de nouveaux cépages résistant à la maladie soient implantés avec succès.

    Pierre Siré nous dresse donc un portrait exhaustif de ce monde attaché au fleuve : vignerons, pêcheurs, agriculteurs, marins, des vapeurs, des gabares, des yoles, des filadières, du port de bordeaux, des petits ports de la Gironde...Blaye, Pauilac, saint Estephe, Grattequina, Beychevelle, Vitrezay...

    La lecture de ce livre, permet d'approcher la complexité de cet estuaire, le flot, le jusant, deux fois par jour, les courants, les contre courants, les coefficients de marée, la vie et les déplacements calés sur ces impondérables, les difficultés de la navigation en l'absence de moteurs, les bancs de sable, les vasards (iles en formation).

    Cette évocation est élogieuse, presque paradisiaque, Pierre Siré règle au passage ses comptes avec Mauriac auquel il reproche de n'avoir rien compris au port et au fleuve.

    J'ai eu l'occasion récemment de me rendre sur l'île nouvelle, également nommé à un moment de son histoire l'île sans pain, l'île appartient désormais au Conservatoire du Littoral et est gérée par le département de la Gironde. On peut y voir ce qui reste après réhabilitation des murs extérieurs de la maison du régisseur, de celle du maitre de chai, des habitations ds ouvriers et de l'école. Personne n'y habite car le risque de submersion est réel. C'est émouvant de se dire qu'il y a une centaine d'année c'est là que la société décrite par Pierre Siré vivait. C'était loin d'être le paradis, le vie y était dure, les familles étaient payés en litres de vin, l'alcoolisme y a fait des ravages, le travail était dur, la discipline sévère.

    Cette escapade sur l'Ile nouvelle, je l'ai effectué avec l'université du Temps libre (UTL) à la suite du cours que j'ai suivi toute l'année sur l'estuaire de la Gironde. Les différents salariés de Terre et Océan (www.terreetocean.fr) se sont relayés pour nous enseigner les multiples aspects de l'Estuaire, son histoire de la préhistoire à nos jours, sa géographie, le changement climatique, la faune, la flore, la navigation. 

    De quoi mieux appréhender ce fleuve qui s'écoule sous nos fenêtres, impassible, mais qui vit et d'une certaine façon meurt et que nous connaissons si mal puisqu'il ne nous semble plus indispensable dans nos activités quotidiennes. 

  • Kilomètre zéro

    C'est sans doute ce qu'on appelle un ouvrage de développement personnel. Je ne suis pas adepte en général mais comme une amie me l'a offert, j'ai essayé de le lire et... j'ai abandonné à partir de la page 211 où l'auteur nous expose en y adhérant les conclusions étonnantes (pour le moins!) des travaux du Dr Masuru Emoto(1943-2014), titulaire d'un doctorat de l'université de Yokohama en médecine alternative connu pour sa théorie sur les effets de la pensée et des émotions sur l'eau.

    Wikipedia n'est pas  toujours fiable mais la fiche consacrée à Masuru Emoto indique :"Auteur japonais connu pour ses théories pseudoscientifiques, jamais confirmées, sur les prétendues effets de la pensée et des émotions sur l'eau. ... Ses conclusions se basent sur des expériences assises sur des protocoles invalides sur le plan scientifique. L'emploi de dictons en tant que preuve d'une connaissance est fréquente dans sa démarche."

    Inutile dans ces conditions d'aller plus loin...même si au vu des dernières pages, il y a bien une belle histoire d'amour à la clef pour enrober le tout et si manifestement les effets de la pensée et des émotions ne suffisent pas à guérir du cancer.

  • Climat

  • L'anomalie

    Incontestablement un livre brillant, plein d'allusions littéraires à côté desquelles je suis passé allègrement faute de discernement sans doute et de culture livresque certainement mais heureusement le net est là pour nous aider.

    Chacun sait aujourd'hui qu'il s'agit au départ d'une histoire d'avion, d'un vol AF Paris New-York qui atterrit deux fois en mars et en juin à la suite d'un énorme orage avec les même personnages.

    La première partie dépend chapitre par chapitre les huit personnages très dissemblables et reflets de la société contemporaine dont le destin va être affecté par cet évènement inouï.

    Dans la deuxième partie, on plonge dans la science-fiction avec le déroulement de la réaction des autorités américaines, et de la mobilisation de tout ce que nos sociétés modernes peuvent développer pour faire face à un évènement inattendu : FBI, secret, détentions arbitraire, psychiatres, intérêt national, complotisme...et dans la troisième partie chaque personnage doit voisiner, rencontrer son double, la difficulté étant que ce double a vécu trois mois de plus que l'original et a donc un vécu que l'autre n'a pas mais d'ailleurs quel est vraiment l'original, peut on survivre en sachant désormais ce que l'on va vivre dans les trois mois qui viennent etc.

    C'est donc brillant, j'ai beaucoup aimé le début, la présentation des personnages qui permet d'aborder les principaux débats qui agitent notre société et puis, et puis.. .l'interêt finit pas s'épuiser un peu, il y a sans doute trop de personnages, qui manquent peut-être de consistance pour que l'on s'y attache vraiment.

    A moins qu'il ne faille lire ce roman plusieurs fois, plus lentement, pour bien le déguster mais l'écriture vive fait qu'on a tendance à le lire comme un polar ce qui est sans doute dommage.

  • Lettre à D.

    Les anciens comme moi se souviennent avoir lu Michel Bosquet Journaliste au Nouvel Observateur, pseudonyme d'André Gorz, un esprit toujours aiguisé, précurseur sur l'analyse de la société, du travail, sur la technique, sur l'écologie. Je n'ai jamais lu le philosophe André Gorz, disciple à ses débuts de Marx et de Sartre et qui introduira à la fin de sa vie des cohortes de lecteurs à la philosophie d'Ivan Illich.

    Sa lettre à sa femme Dorine ou Doreen est un petit texte publié un avant leur suicide conjoint en 2007, petit texte mais chef d'oeuvre, une grande lettre d'amour dans laquelle il s'interroge sur le fait que sa femme ait été aussi peu présente dans ses écrits malgré 58 ans de vie commune. Et pourtant Doreen l'a porté tout au long de sa vie tant il était peu sûr de lui, inquiet, pessimiste...

    Avec cette lettre il lui redit son amour comme axu premiers jours lorsqu'il décida sans en être certain qu'il valait le coup de vivre avec elle en s'engageant pour toujours puisqu'elle ne concevait pas qu'il puisse en être autrement! Elle avait raison.

  • L'infini dans un roseau

    Irène Vallejo a 42 ans, elle est espagnole, elle a étudié la philologie classique, est diplômée des universités de Saragosse et de Florence et, avec L'infini dans un roseau, elle a écrit un chef d'oeuvre d'érudition sur l'histoire du livre et de la lecture. Ce pourrait être ennuyeux, truffé de notes de bas de page, bref scientifique mais au contraire cela se lit comme un récit, un conte et le lecteur va d'émerveillements en émerveillements. 

    Il est long le chemin qui mène des premières tablettes d'argile aux livre électronique d'aujourd'hui, en passant par le papyrus, le parchemin, les rouleaux, les incunables. Avant les inscriptions sur la pierre, comme encore aujourd'hui sur les tombes, les arbres, pour les amoureux, les histoires étaient transmises oralement, l'écriture, le livre, ont permis de les fixer, mais combien d'histoires perdues, transformées au fil du temps.

    Le livre a t'il encore un avenir? Très certainement, il a survécu à toutes les révolutions technologiques, à toutes les tentatives d'autodafés, 

    Le livre a permis de doper l'espérance de vie des idées, des histoires, il n'est pas prêt de s'éteindre.

  • La panthère des neiges

    Deux ans que j'attendais sortie en poche! et aucune déception. Le livre est magnifique : éloge de la patience, de l'affût, de la vie, des bêtes. Sylvain Tesson nous remet à notre place au sein de la biodiversité. L'homme aura été depuis le néolithique, le plus fort au point d'éliminer progressivement tous les êtres vivants, au point qu'un jour il se supprimera lui-même. En attendant on peut encore vivre de belles aventures et sans aller dans le Tibet profond à 5000 m d'altitude par moins 25 degrés prendre le temps de se poser, de regarder autour de soi d'attendre et voir ce qui se passe et un jour, un moment, le merveilleux se produit.

  • A l'aube de la sixième extinction

    Qui est en mesure de citer les six grandes extinctions connues?

    Il y 445 millions d'années l'extinction de l'Ordovicien 60 à 70 % des espèces à la suite d'un intense et courte période glacière, à l'époque les êtres vivants se trouvaient essentiellement dans les océans et ceux-ci ont gelé.

    Il y a 360 millions d'années, l'extinction du Dévonien, jusqu'à 75 % des espèces,  à cause de l'épuisement de l'oxygène dans les océans due à la prolifération des végétaux terrestres.

    Il y a  250 millions d'années , l'extinction du Permien, 95 % des espèces sur terre et sur mer du fait d'impacts volcaniques et/ou de la chute d'un astéroïde. 

    Il y a 200 millions d'années, l'extinction du Trias, 70 à 80 % des espèces dont les ancêtres des dinosaures  du fait de grandes éruptions volcaniques lors du morcellement de la Pangée l'unique continent d'alors.

     

    Il y a 66 millions d'années, l'extinction du Crétacé, 75 % des espèces, c'est celle que l'on connait tous, celle de la disparition des dinausores avec la chute d'un astéroïde dans la péninsule mexicaine du Yucatan mais des scientifiques estiment aussi que les dinosaures étaient appelés dès avant à disparaitre du fait de l'évolution de leur environnement, de l'activité volcanique.... Leur disparition aurait permis aux autres mammifères de se développer ce qui a favorisé l'apparition d'homo sapiens. 

    La leçon à retenir est que la terre ayant 4,5 Milliard s d'année (13,8 pour l'Univers !), la vie n'y a pas toujours été présente, elle serait apparue il y a seulement un million  d'années pour les organismes multicellulaires et 500 millions d'années pour les ancêtres de tous les vertébrés. Il y a sept millions d'années apparait la branche qui a conduit l'homme à diverger de celle des primates supérieurs et homo sapiens surient  il y a 300000 ans.

    En conclusion, la dominante historique c'est l'absence de vie sur la terre et encore plus l'absence de l'homme. la sixième extinction, celle de l'homme pourrait être celle de son propre fait, mais cela ne serait qu'un petit épisode dans l'histoire de notre planète. D'autres formes de vie reviendraient probablement et pourquoi pas une autres espèce dotée d'intelligence, ce qui est arrivé une fois peut advenir plusieurs fois!

     

     

  • Jusqu'à la fin des temps

    Brian Greene nous propose dans cet ouvrage érudit mais accessible un long voyage des premiers instants qui ont suivi le big bang , la création de l'univers, jusqu'à la fin du monde, la fin de notre univers.

    Brian Greene est professeur de mathématiques et de physique à l'Université Columbia de New-York. Il est un des pères de la théorie des cordes, théorie qui veut unifier la physique classique et la mécanique quantique et qu'il a essayé de présenter pour les non initiés dans son ouvrage "l'Univers élégant".

    Depuis le Big bang, il s'est écoulé 13,8 milliards d'années. Pour donner une idée de l'ampleur du temps qu'il considère Brian Green fait l'analogie suivante:  la chronologie cosmique s'étend sur toute la hauteur de l'Empire State Building, 110 étages. Mais chaque étage représente une durée dix fois plus longue que l'étage présent. Le premier étage dure dix ans, le deuxième 111 ans, le troisième un millénaire etc. actuellement, au temps présent nous sommes au dixième étage, quelques marche après.

    Une approche scientifique, avec de la physique, de la mécanique quantique, de la chimie, de la biologie, de la philosophie, de l'anticipation.

    Et la réponse à la question pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? Pourquoi la vie est-t-elle arrivée sur notre planète. Réponse : les chances, la probabilité, d'apparition de la vie étaient extrêmement faibles mais sur un temps très long un évènement d'une probabilité très faible, infime finit toujours par arriver.

    Nous sommes le fruit du hasard. De la loi de la gravité et de la loi de l'entropie qui veut que tout système organisé tende à se désorganiser. Une chemise repassé finit froissée, les étoiles meurent après avoir épuisé leurs réserves d'hydrogène, nous mêmes, être humain, assemblage de particules bien ordonnées finissont pas mourir du fait du dysfonctionnement de tel ou tel organe coeur, cancer...

    L'univers, en perpétuelle expansion, finira aussi lorsqu'il atteindra le 110 étage, par ressembler à un nuage de particules désordonnées, dans un espace froid et stérile. Plus d'étoiles, de galaxies, de planètes de trous noirs, l'espèce humaine aura elle disparue depuis longtemps. D'autres formes de vie plus adaptées à des environnements différents seront peut-être apparues entre temps. Qu'importe, l'essentiel est d'admettre qu'il n'y a pas de grand dessein à découvrir et qu'il nous appartient simplement  de comprendre ce que nous sommes et en quoi l'univers nous a permis d'exister.