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Voyage

  • Egypte

    Seshat, la déesse égyptienne de l'astrologie, de l'architecture, de la mesure des mathématiques. Moi qui aime quantifier, mesurer, j'ai eu plaisir à la découvrir dans les temples égyptiens de la vallée de Louxor, fin octobre, début novembre.

    Un voyage avec Arts et Vie, un groupe de 24 personnes, un excellent guide égyptien, un tout aussi excellent accompagnateur du Pas de Calais, professeur d'histoire, et de bons compagnons de voyage, des universitaires, des ingénieurs... Voilà les ingrédients d'un bon voyage, entre Alexandrie et Abou Simbel en passant par Le Caire.

    Un peu fatigant à cause des trajets,  des horaires d'avion, de la chaleur, debout tous les jours entre 4 et 7 heures, Mais de magnifiques visites et une plongée ravissante dans l'antiquité.

    Et entre deux visites, même si ce n'est pas l'objet du voyage, un regard sur l'Egypte contemporaine, sa démographie galopante, Le Caire qui avale littéralement son environnement, sa pollution de l'air et de l'eau, les campagnes ou les ânes sont encore omniprésents, et tous ces policiers et militaires, sans compter ceux en civil, assis sur des chaises à longueur de journée...

    L'Egypte est sans doute un des plus anciens Etats au Monde construit, déjà sur la force, pour faire respecter l'ordre. A priori les choses ont peu changé. La-bas c'est une autre planète. J'avais pour mon travail passé cinq mois au Caire en 2005, rien de neuf sauf la taille de la capitale, les femmes sont toujours voilées, souvent invisibles, la société a régressé par rapport à l'époque d'Oum Khalsoum. C'est bien regrettable.

  • Les grandes plaines

    great plains.jpgIan Frazier est grand reporter au New Yorker. Depuis plus de trente ans il arpente les grandes plaines mythiques de l'ouest américain. Il n'a pas écrit un roman, comme il avait l'intention de le faire initialement, mais une sorte de somme sur ces grandes plaines, leur histoire, leur géographie, leur peuplement, les chercheurs d'or, la conquête de l'ouest, les indiens, leur mode de vie, Sitting bull, Crazy horse, mais on y croise aussi Bonny and Clide et Truman Capote, le général Custer... et les silos des missiles nucléaires. C'est très bien fait, on passe un peu du coq à l'âne comme au cours d'un voyage de longue haleine au hasard des rencontres, des motels...

    La traduction française vient de paraitre.

  • La Vaupeline

    Nous avons passé une semaine au domaine de La Vaupeline sur la commune de Saint Pardoux-Morterolles dans la Creuse.

    Nous étions 21 âgés de un à 90 ans, quatre générations réunies pour célébrer les anniversaires de la nouvelle nonagénaire et du dernier né de la famille.

    Le domaine de La Vaupeline est en fait un hameau composé de plusieurs maisons, il y a la maison de maitre, toujours habitée par la famille du propriétaire de l'ensemble et les maisons toutes aménagées en gîtes bien équipés, une grande salle de réception pour des séminaires ou des repas de groupe, une belle piscine. Un couple de gérants forts sympathiques assure l'accueil et l'entretien du domaine, et pour les amateurs, il y a trois étangs privés pour pratiquer la pêche.

    A 21, les courses, la préparation des repas, la vaisselle et la surveillance des tous petits occupent une bonne partie du temps. De plus il a fait très chaud tout le début de semaine.

    J'ai donc pratiqué de la marche rapide et un peu de course à pied de bon matin et la sieste l'après-midi. Au cours de ces escapades j'ai découvert une des particularités de Saint Pardoux-Morterolles, à Saint Pardoux il y a une bibliothèque pour les francophones et à Morterolles, une pour la anglophones, qui n'est fréquentée par personne aux dires d'une des habitantes rencontrées alors qu'elle se rendait dans sa terre, c'est à dire au jardin. L'Eglise de Saint Pardoux dans une commune au demeurant bien entretenue quant à son foncier mériterait davantage d'attention, elle est proche de la ruine, peut-être désacralisée?

    De La Vaupeline deux excursions à recommander : l'ile du Lac de Vassivière et son parcours d'art contemporains, des cultures à découvrir le long du sentier qui fait le tour de l'île, très agréable le matin, et la cité internationale de la tapisserie à Aubusson.

    A Aubusson on est surpris par la vigueur des commerces pour une si petite ville, des commerces qui semblent n'avoir pas évolué depuis les années soixante, devantures, enseignes...un vrai voyage dans le passé. On recommande la terrasse et l'accueil de l'Hotel de France pour boire un verre au calme. La Cité internationale de la Tapisserie, toute récente, ne brille pas par la qualité de l'architecture de son bâtiment, elle présente l'avantage d'être en centre-ville, et la visite guidée à laquelle nous avons participé était de qualité et fort intéressante. Attention le parking ferme à 18h30 pour une raison incompréhensible...le caractère international de la Cité reste également à justifier mais globalement c'est une étape interessante.

    Une dernière sortie à la cascade des Jarrauds pour une introduction à l'énergie d'origine hydroélectrique au XIX siècle et qui renvoie au musée de l'Eau et de la Lumière, une très beau nom pour un musée que nous n'avons pas eu le loisir de visiter.

    La Creuse, en Nouvelle Aquitaine désormais, est donc particulièrement attachante, avec de beaux arbres, de belles eaux, de beaux bovins, de beaux vallons et des villages qui se portent bien sans doute grâce à sas anciens habitants et leurs descendants qui reviennent au pays et l'entretiennent.

  • Un été avec Homère

    Le livre de Sylvain Tesson, Un été avec Homère, qui reprend ses chronique diffusées sur France Inter l'an dernier est un ravissement, un vrai plaisir de lecture. 

    J'ai lu l'Iliade et l'Odyssée en Pléiade il y a quelques années. Je me souviens d'une lecture un peu difficile de l'Iliade, beaucoup plus aisée de l'Odyssée. La lecture de l'ouvrage de Tesson, elle, est limpide. Après le résumé des deux ouvrages, Sylvain Tesson en fait le commentaire avec des allers et retour sur le pourquoi dans le contexte de l'époque et sur l'actualité d'Homère, aujourd'hui, après le christianisme, l'Islam, bref les monothéismes.

    La thèse de Tesson qui ne croit pas à l'au delà quel qu'il soit mais se contente du ravissement que lui procure le monde tel qu'il est est qu'Homère est actuel parce que rien n'a changé sous les cieux depuis que l'homme est sur terre. Il y a la guerre, irresistible, et l'homme qui balance éternellement entre chercher le repos, revenir chez lui, retrouver son foyer et puis courir l'aventure, découvrir l'inconnu.

    Et ce n'est pas Internet qui va changer cela!

  • Compagnon de route

    Sur le Camino francés, entre Leòn et Santiago, effectué en solitaire j'avais emmené ma liseuse avec quelques ouvrages de Jean Rolin qui s'est révélé être un excellent compagnon de route.J'avais déjà lu Savannah avant de partir et Le traquet kurde, son dernier ouvrage, un peu auparavant (cf. Chronique du 24 février).

    Jean Rolin comme il l'explique lui-même n'écrit pas de romain, ni d'essai, il écrit tout simplement, il fait des trucs à partir de ce qu'il décide de vivre.

    Dans Savannah, il décrit le voyage mémoriel qu'il fait sur les traces  d'un séjour en Louisiane qu'il avait effectué avec Kate, la fille de Jane Birkin, suicidée depuis, avec laquelle il vivait à l'époque. Kate avait enregistré avec son téléphone des petites vidéos de ce séjour et Jean Rolin essaie tout simplement de refaire au plus près les visites, les circuits, les rencontres... C'est très attachant.

    Dans Terminal frigo, Jean Rolin part à la découverte des ports français. Ayant eu à connaitre plusieurs de ces ports dans ma vie professionnelle, j'ai évidemment trouvé ce livre très attachant, en particulier ce qui se passe à Nantes et à Dunkerque au moment de la Réforme du statut des dockers, les dissidences de la CGT, les intimidations...cette histoire a encore aujourd'hui des retentissements et certains acteurs cités dans l'ouvrage sont toujours actifs. les descriptions des installations portuaires du port de Bordeaux sont très biens vues, et malheureusement toujours actuelles...

    Dans Ormuz, Rolin nous promène dans le fameux détroit, lieu stratégique s'il en est, en compagnie d'un individu qui se prétend athlète de haut niveau et qui veut traverser le détroit à la nage. Il charge l'auteur de faire des repérages qui ne manquent pas d'inquiéter l'Iran, les émirats... on voyage, c'est bien. Quant au succès de la traversée, je vous laisse le suspens...

    Enfin dans La Clôture, Rolin entrecroise la biographie du Maréchal Ney, dont la statue est à côté de la Closerie des Lilas, pas très loin du lieu de son exécution, et le monde interlope situé entre les portes de Saint Ouen et de La Chapelle. Ouvrage écrit avant la crise actuelle des réfugiés mais des réfugiés, des SDF, et des prostituées, il y en déjà qui habitent dans des piliers du Boulevard périphérique, et eux aussi, Rollin nous en livre la biographie. C'est parfois à couper le souffle toute cette misère à nos portes qu'on refuse de voir et que l'on a renoncé à combattre.

  • Lavacolla - Santiago

    10 mai 2018 J13  : 12 km pour se rendre en ville et 11 de plus pour l'arpenter. Ils arrivent, j'arrive, chacun célèbre à sa manière, intérieure ou exubérante, son arrivée sur cette place après 100 km ou 1000 km, sans sac ou avec sac, à pied ou à vélo. On fait abrazero avec ses compagnons et certains font la queue dans la cathédrale pour le faire avec la statue de Jacques sur l'autel... on fait terrasse, on fait les boutiques.

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    C'était aussi en ce jour de l'ascension une fête dans toute la ville avec bandas, manèges, grande roue et longue table dans le parc. On se croirait à Munich mais ici c'est du poulpe à la galicienne que les locaux dévorent en famille ou entre amis. Le soir pour le paseo c'est la grande affluence dans la grande tradition espagnole.IMG_1293.jpeg

    Voilà mission accomplie. J'ai commencé ce chemin en 2013 au départ du Puy à raison d'une semaine par an environ. Arrivé à Saint Palais j'ai ensuite fait le Chemin d'Arles, puis le Camino Francés jusqu'à Burgos en 2015,  à Leon en 2016. Tout cela avec ma chère et tendre qui avec le temps n'a pas souhaité effectuer ce final mais qui a eu assez de classe pour me laisser l'effectuer seul et atteindre ainsi un vieil objectif.

    Il est d'usage die dire que ce n'est pas nous qui faisons le chemin mais le chemin qui nous fait. Peut-être, en l'absence de scénario de référence, il est difficile de répondre, autant de marcheurs que de chemins en tous cas et des personnes rencontrées de tous horizons en général bienveillantes.

    Je recommande vivement.

    Pour effectuer cette dernière partie, j'ai eu recours au guide rédigé en anglais ou écossais? (non traduit) Camino de Santiago de John Brierley (2017), c'est le meilleur guide à mon sens, tout y est.

    A bientôt sur d'autres chemins.

  • Ribadiso - Lavacolla

    9 mai 2018 - J12  32 km 8 heures. Initialement je devais faire une étape de 22 km pour arriver à O Pedrouzo. Mais je n'avais pas vu sur ma carte que ce village n'était pas sur le chemin mais entre 500 m et 1 km à côté si bien que tout en restant sur le chemin je l'ai dépassé. J'en ai eu le sentiment progressivement puis la certitude à Amenal 4km plus loin et je n'étais pas le seul! Faute d'Alberghe à proximité j'ai réservé par téléphone une chambre d'hôtel à 5 km, à l'hôtel Ruta Jacobeo,  d'où les 32! Bien agréable ceci dit cette erreur / retrouver le confort pour une nuit, prendre un bain...pour 59 € prix négocié. Dîner à 20 euros.
    Sinon même type de chemin qu'hier avec toujours ces raidillons à l'occasion des traversées de petites rivières, des chemins creux, des chênes, des pins, beaucoup d'eucalyptus souvent cultivés, des chants d'oiseaux, des bars et des stèles en particulier celle de Guillermo Watt mort sur le chemin à 69 ans à un jour de l'arrivée à Santiago. Le temps était couvert toute la journée mais j'aurai droit à des éclaircies demain pour l'arrivée finale. Me reste 10 à 11 km. À demain

  • Ponte Campana - Ribadiso (Arzua)

    8 mai 2018 - J11  22 km en un peu plus de cinq heures. Brumeux au départ et carrément froid à l'arrivée, depuis grand Soleil. Chemin tranquille. On navigue entre 515 et 230 m. Mais on croise tout au long du sentier six petites rivières qui à chaque fois donnent l'occasion de pentes raides parfois assez longues. La plupart du temps très ombragé par des chênes, des eucalyptus, des pins. Toujours beaucoup de vaches. Un mémorial de plus pour des pèlerins dans une zone industrielle où Saint Gobain affiche fièrement sa présence. Et de plus en plus de bars, tous les 4 ou 5 km, souvent par grappe dans un petit hameau, inutile de transporter de quoi manger. La gourde reste cependant indispensable. J'ai une nouvelle credencial aimablement offerte par mon auberge du jour, Los Caminantes,  pour trois étapes. Qui sait peut être quelqu'un me postera celle que j'ai perdue. Si j'y ai bien mis mon adresse mais je ne m'en souviens pas. J'ai pour une fois réservé un lit dans une Alberghe pour l'étape de Santiago où je vais arriver le jour de l'ascension. À demain. Il reste 43 km.

  • Portomarin - Pontecampana

    7 mai 2018 - J10  : 30 km. Mauvaise journée car j'ai perdu je ne sais où ma credential avec tous les tampons accumulés depuis Auch sur le chemin d'Arles. J'avais déjà perdu la credential du chemin du Puy... si non journée chaude avec lever de soleil vu d'un bois calciné. Montée continue de Portomarin à 330 mètres au sommet de la Sierra Ligonde à 720 m. Des irlandaises font le chemin au pas de course. Le sentier est plus ou moins ombragé de chênes. On alterne dans la descente vers Palas de Rei avec des parties découvertes. Beaucoup de vaches, c'est une region laitière. Sur la fin les premiers eucalyptus. Palas de Rei n'a guère d'intérêt la cité tient son nom de l époque d'un roi wisigoth. En revanche dans l'église une femme seule au milieu de l'allée centrale chante à capella. Encore 5km et voilà la Casa domino petite alberghe privée plus bar restaurant à la campagne au bord de l'eau installée dans un ancien moulin. Charmant mais l'endroit sent le bétail! J'y rencontre notamment un couple de jeunes italiens des Dolomites, Tyrol, qui échangent entre eux en dialecte. Mais la conversation tourne court, il ne connaissent ni Walter Bonatti, l'alpiniste, ni Erri de Luca, écrivain et alpiniste. je le reverrai ultérieurement comme beaucoup de personnes rencontrées, la plupart suivent le même rythme. À demain.

  • Sarria - Portomarin

    6 mai 2018 - J9  23 km Démarrage après un bon petit déjeuner dans le brouillard pour ensuite trouver pour la première fois la grosse chaleur. Entre 400 m le point haut de Momientos à 350 m à Portomarin au bord d'un lac artificiel. Le chemin est le plus souvent en terre, caillouteux, servant de lit à de petits rus et bordés de chênes. Découverte des greniers à céréales spécialité de Galice quant à l'architecture et de sorcières. À l'arrivée une ville neuve construite sur le coteau, l'ancien bourg a été noyé mais les principaux monuments déplacés pierre par pierre. Au delà des sorcières j'ai aussi rencontré un groupe de cinq marcheuses, sac au dos, en bermuda, chapelet en main qui psalmodiaient des je vous salue Marie. À noter également un groupe d'une trentaine de brésiliennes et brésiliens et beaucoup de credencials à vendre. Les espagnols qui ne font que 100 km font la course au tampon! Et certains n'apprécient pas j'ai lu sur un pont : jesus didn't start in Sarria.

    Hébergement à l'hôtel Pons Minea, excellent, moderne, très propre, tout le confort bar, restaurant, promenade dans la vielle ville, belle étape. Légumes grillés, Tarte de Santiago, tarte aux amandes avec du sucre glace...un incontournable!

    À demain!