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Voyage

  • Kilomètre zéro

    C'est sans doute ce qu'on appelle un ouvrage de développement personnel. Je ne suis pas adepte en général mais comme une amie me l'a offert, j'ai essayé de le lire et... j'ai abandonné à partir de la page 211 où l'auteur nous expose en y adhérant les conclusions étonnantes (pour le moins!) des travaux du Dr Masuru Emoto(1943-2014), titulaire d'un doctorat de l'université de Yokohama en médecine alternative connu pour sa théorie sur les effets de la pensée et des émotions sur l'eau.

    Wikipedia n'est pas  toujours fiable mais la fiche consacrée à Masuru Emoto indique :"Auteur japonais connu pour ses théories pseudoscientifiques, jamais confirmées, sur les prétendues effets de la pensée et des émotions sur l'eau. ... Ses conclusions se basent sur des expériences assises sur des protocoles invalides sur le plan scientifique. L'emploi de dictons en tant que preuve d'une connaissance est fréquente dans sa démarche."

    Inutile dans ces conditions d'aller plus loin...même si au vu des dernières pages, il y a bien une belle histoire d'amour à la clef pour enrober le tout et si manifestement les effets de la pensée et des émotions ne suffisent pas à guérir du cancer.

  • Le chant des voiles

    Dans la collection 'Petites philosophie du voyage" cet ouvrage de Christophe Houdaille sur la navigation hauturière est un petit bijou, un éloge de la voile, de la solitude, de la bagarre avec les éléments et son bateau, et en même temps c'est plein de poésie, très bien écrit. L'auteur  a fait deux fois le tour du monde par les trois caps, l'un en solitaire, est allé se frotter aux Kerguelen... depuis il s'est installé en Ariège est a traversé les Pyrénées à pied en pleine autonomie: Pyrénées, la grande traversée. 80 pages remarquables

  • Au Japon

    C'était il y a exactement un siècle. Mandaté par le journal l'Excelsior, Albert Londres effectuait un séjour de six mois en Asie, Japon, Chine,  Indochine et Inde. Il n'est peut-être resté que six semaines au Japon mais il a su en ces quelques jours magnifiquement saisir le Pays. Ses spécificités, sa culture. Bien sûr, il y a quelques pages datées, en particulier sur la femme japonaise, qui lui vaudraient des bordées de me too scandalisées mais c'était il y a un siècle et le Japon venait juste de sortir de trois sièges d'enfermement.

    Pour le reste c'est très bien vu, souvent, très actuel, magnifiquement écrit avec beaucoup d'humour.

  • Dictionnaire amoureux du Japon

    Près de 1300 pages! un mois de lecture. Mais quelle lecture accompagnée en l'espèce de la reproduction des dessins qui illustrent l'ouvrage.

    Richard Collasse, après un voyage initiatique au Japon, décide de se consacrer à ce pays, il étudie la langue ainsi que le coréen à l'école des langues orientales puis exerce au service de presse de l'Ambassade de France à Tokyo avant d'entrer dans le secteur privé pour rapidement devenir le président de Chanel Japon de 1995 à 2018. A la croisée de l'industrie du luxe, du commerce extérieur et des arts. il présidera un moment la chambre de commerce franco-japonaise ce qui lui ouvrira pas mal de portes. Marié à une japonaise, il a cinq enfants.

    Le dictionnaire amoureux n'est pas son premier ouvrage, il a en effet publié plusieurs romans dont La trace un roman initiatique sans doute autobiographique qui conte la découverte du Japon par un tout jeune homme.

    Ce dictionnaire amoureux est à vrai dire le premier que je lis mais il est convaincant, on s'attache progressivement au Japon, ce pays méconnu qui se renouvelle sans cesse sans jamais oublier son passé, "au Japon, on ne remplace pas les us et coutumes, on empile!"

     On découvre un pays riche d'une culture étonnante loin des stéréotypes habituels, toujours en mouvement.

    Et on a envie d'en savoir plus et de se plonger dans la littérature, le cinéma ou la cuisine japonaise.

  • Les souvenirs viennent à ma rencontre

    Edgar Morin a plus de cent ans! Né en 1921, il a traversé toutes les épreuves de l'après première guerre mondiale. Guerre d'Espagne, résistance, guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, Viet-Na. il, décolonisation, chute de l'URSS,  a été confronté à toutes les modes idéologiques, communisme, surréalisme, situationnisme, les écoles de sociologie. Il a été chercheur au CNRS en sociologie, spécialisé à l'origine dans le cinéma, dès l'âge de trente ans. Une sorte de sinécure à une époque où les chercheurs pouvaient déjà largement télétravailler.

    Il a beaucoup voyagé, énormément publié, rencontré un nombre innombrable de femmes, s'est parfois trompé de combat mais a su assez tôt s'extirper du parti communiste et dégager sa propre voie, celle de la "complexité", une sorte de "en même temps" qui l'a rendu prudent, tolérant et surtout généreux.

    Un bon millier de pages de souvenirs agréables à lire avec des portraits de beaucoup de ceux  qui ont compté comme intellectuel au XX siècle.

  • Les quatre saisons du fleuve Amour

    Ce premier livre de 2022 est superbe. Jean d'Albis, banquier de profession mais dont l'enfance s'est déroulée dans les milieux artistiques, porcelaine de Sèvres, restauration de tableaux anciens, séjours familiaux en Bohème, aux Etats-Unis,  en Extrême Orient, nous emmène à l'embouchure du fleuve Amour à la frontière entre Russie et Chine.

    On y suit la vie d'Orok, Dimitri, Lisaveta, Kalinka, Giliak, Nicolas, un peuple héritier des traditions des vieux croyants, des orthodoxes restés fidèles à l'orthodoxie d'avant 1666 et de l'animisme des Nivkhs

    On se love dans la peau d'un saumon qui remonte le cours de l'Amour, d'un chasseur, d'un ours, d'une biche, d'une conteuse, de l'héritière d'un soldat soviétique mort au combat.

    C'est tout simplement magnifique.

    Et je vous laisse méditer avec cet extrait : Il a appris que l'on reçoit à profusion en se contentant de peu. Il suffit de laisser les choses venir à soi et d'en goûter le sens, le temps qu'elles le veuillent bien. Il a aussi compris que rien ne sert de faire des réserves, rien ne sert d'accumuler. Car c'est dans l'action que se trouve la vie et non dans les greniers.

  • L'anomalie

    Incontestablement un livre brillant, plein d'allusions littéraires à côté desquelles je suis passé allègrement faute de discernement sans doute et de culture livresque certainement mais heureusement le net est là pour nous aider.

    Chacun sait aujourd'hui qu'il s'agit au départ d'une histoire d'avion, d'un vol AF Paris New-York qui atterrit deux fois en mars et en juin à la suite d'un énorme orage avec les même personnages.

    La première partie dépend chapitre par chapitre les huit personnages très dissemblables et reflets de la société contemporaine dont le destin va être affecté par cet évènement inouï.

    Dans la deuxième partie, on plonge dans la science-fiction avec le déroulement de la réaction des autorités américaines, et de la mobilisation de tout ce que nos sociétés modernes peuvent développer pour faire face à un évènement inattendu : FBI, secret, détentions arbitraire, psychiatres, intérêt national, complotisme...et dans la troisième partie chaque personnage doit voisiner, rencontrer son double, la difficulté étant que ce double a vécu trois mois de plus que l'original et a donc un vécu que l'autre n'a pas mais d'ailleurs quel est vraiment l'original, peut on survivre en sachant désormais ce que l'on va vivre dans les trois mois qui viennent etc.

    C'est donc brillant, j'ai beaucoup aimé le début, la présentation des personnages qui permet d'aborder les principaux débats qui agitent notre société et puis, et puis.. .l'interêt finit pas s'épuiser un peu, il y a sans doute trop de personnages, qui manquent peut-être de consistance pour que l'on s'y attache vraiment.

    A moins qu'il ne faille lire ce roman plusieurs fois, plus lentement, pour bien le déguster mais l'écriture vive fait qu'on a tendance à le lire comme un polar ce qui est sans doute dommage.

  • L'infini dans un roseau

    Irène Vallejo a 42 ans, elle est espagnole, elle a étudié la philologie classique, est diplômée des universités de Saragosse et de Florence et, avec L'infini dans un roseau, elle a écrit un chef d'oeuvre d'érudition sur l'histoire du livre et de la lecture. Ce pourrait être ennuyeux, truffé de notes de bas de page, bref scientifique mais au contraire cela se lit comme un récit, un conte et le lecteur va d'émerveillements en émerveillements. 

    Il est long le chemin qui mène des premières tablettes d'argile aux livre électronique d'aujourd'hui, en passant par le papyrus, le parchemin, les rouleaux, les incunables. Avant les inscriptions sur la pierre, comme encore aujourd'hui sur les tombes, les arbres, pour les amoureux, les histoires étaient transmises oralement, l'écriture, le livre, ont permis de les fixer, mais combien d'histoires perdues, transformées au fil du temps.

    Le livre a t'il encore un avenir? Très certainement, il a survécu à toutes les révolutions technologiques, à toutes les tentatives d'autodafés, 

    Le livre a permis de doper l'espérance de vie des idées, des histoires, il n'est pas prêt de s'éteindre.

  • La panthère des neiges

    Deux ans que j'attendais sortie en poche! et aucune déception. Le livre est magnifique : éloge de la patience, de l'affût, de la vie, des bêtes. Sylvain Tesson nous remet à notre place au sein de la biodiversité. L'homme aura été depuis le néolithique, le plus fort au point d'éliminer progressivement tous les êtres vivants, au point qu'un jour il se supprimera lui-même. En attendant on peut encore vivre de belles aventures et sans aller dans le Tibet profond à 5000 m d'altitude par moins 25 degrés prendre le temps de se poser, de regarder autour de soi d'attendre et voir ce qui se passe et un jour, un moment, le merveilleux se produit.

  • Chronique casadéenne

    Chaque année nous revenons à La Chaise-Dieu à l'occasion du Festival de musique, écouter de la bonne musique et revoir les amis, les connaissances accumulées depuis maintenant environ soixante ans.

    Il y a deux ans après avoir vanté le nouveau parcours de visite et le retour des tapisseries du choeur de l'Abbatiale, j'avais terminé ma chronique par ces mots : "Puissent les travaux se poursuivre, place de l'écho, place Lafayette, extension de l'auditorium, façade de l'abbatiale, rue de l'aumône..."

    Force est de constater que rien de ces travaux à la charge du Syndicat mixte n'a été effectué. La place Lafayette offre ainsi un bien triste spectacle aux festivaliers qui se rendent à l'auditorium.

    En revanche, la commune a réalisé une belle rénovation de l'avenue de la gare de la place de la Fontaine jusqu'à l'hôtel Terminus, des trottoirs, des bancs, des arbres, un sens unique de circulation, une entrée de l'école revue, des terrasses aménagées pour les restaurateurs, tous ceux qui descendent cette avenue à pied à la sortie du train qui vient d'Ambert apprécient cette transformation.

    Le premier bonheur de ces retours à La Chaise-Dieu c'est de rencontrer les amis, déjeuner en terrasse, prendre un café, échanger des nouvelles des uns et des autres, les succès, les échecs, les décès malheureusement, les créations d'entreprises, les projets, la vie en quelque sorte.

    Les Guillemin, Pierre et ses aquarelles, Isabelle et ses sculptures, sont toujours fidèles Place du monument et savent renouveler leur art mais il y a de nouveaux venus prometteurs.

    En bas de la rue de la côte, la nouvelle Galerie d'Art contemporain "En plein coeur" expose les peintures d'Armel Julien, des oeuvres à la fois réalistes et décalées du meilleur effet dans une bâtisse très bien rénovée.

    Toujours sur la Place du Monument il faut imaginer pour l'an prochain la prochaine galerie de photographie que compte réaliser Alexandre Vigot, agronome et photographe qui a parcouru depuis plusieurs années l'Afrique et qui en ramène dès cette saison un livre "Sous le masque sacré".

    Un livre que l'on peut se procurer juste à côté à la librairie-café-Bar à vins "Dans la Forêt" auprès de Stéphanie dont c'est la deuxième saison.

    On ne saurait oublier la belle rénovation de la Maison de la Clairette, en bas face au monument aux morts

    Pour se restaurer nous avons élu La Guinguette du plan d'eau gérée par Manon Malinko, sous le nom de la petite baigneuse, le Blizart, repris récemment par Sabine et Sébastien qui perpétuent en particulier le boeuf stroganoff et offrent une délicieuse crème au citron, La part des Anges, c'est aussi leur deuxième saison, propose de belles assiettes classiques, charcuterie et fromage mais aussi une assiette de la rivière, des terrines de légumes, des frites de lentilles ou de maïs. L'établissement fait aussi dans la location de vélo à la journée ou à la demi-journée, des vélos sans assistance électrique mais au développement adapté au relief du plateau casadéen. Il ne faut pas oublier les valeurs sûres que sont les assiettes d'Isabelle à la Grignotte sur la place de la fontaine ou le Fourabois pour ses pizzas et ses salades généreuses. Il y a d'autres lieux de restauration mais ce sont nos coups de coeur pour la qualité de l'accueil et le rapport qualité prix, forcément arbitraires.

    Cette année nous avons renoué avec l'hôtel du Lion d'or dont les chambres ont été rénovées récemment, elles sont simples, propres, le lit est confortable, l'eau chaude et à la bonne pression, calmes, Merci Laurent!

    Nous avons pris nos petits déjeuners à la flûte casadéenne, la boulangerie qui fait face à l'école maternelle, aimablement servis par Maryse dont le père chez qui nous allions chercher le lait à la ferme lorsque nous étions petits fête ses 99 ans. Double espresso et excellents croissants.

    Pour la pâtisserie, une seule adresse, le Moine Gourmand qui depuis plusieurs décennies régale les palais casadéens et plus généralement altigériens et au delà. La troisième génération reprend les rênes cette année, on la félicite chaleureusement.

    Côté musique nous avons beaucoup apprécié la prestation du choeur Les Métaboles, sous la direction de Leo Warinsky, qui nous a offert des chants anglais magnifiques allant du XV au XXI siècle, la messe en Si de Bach, sous la direction très fine de Nicole Corti, l'oratorio San Filipppo,de Scarlatti, qui retrace la vie de Philippe Neri, le fondateur de l'Oratoire, l'ensemble Clément Janequin de Dominique Visse pour des chansons de Josquin Desprez XV et XVI siècle regroupées sous le nom de "Mille regretz de vous habandonner" et enfin de la musique néoclassique avec Stravinsly (Pulcinella),  Prokoviev (Symphonie n°1) et Ravel pour son concerto pour piano et Orchestre en sol majeur.

    Une très belle semaine qui s'est clôturée par des achats de victuailles au nouveau magasin de producteurs de Justine (ancienne boucherie Brivadis), chez is-abeille (rue de l'aumône, confitures), Christian (ABC Champignons et Myrtilles) et les Vigot (Miel).

    J'oublie les balades avec les pas casaniers sur le Serpent d'or, le long de la Senouire, et nos initiatives, Baffour, plan d'eau, Saint Claude, Arfeuilles. 

    Et au-delà de la contemplation des tapisseries de l'abbatiale, une très belle exposition de tapisseries de Dom Robert (1907-1997) qui fut moine à l'Abbaye d'En Calcat (Tarn) et est l'auteur d'un éloge tout particulier de la nature, en particulier des Ombelles (photo).

    A l'année prochaine!