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Voyage - Page 5

  • En Patagonie

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    De Bruce Chatwin, j'ai déjà évoqué dans ces chroniques Le Chant des pistes, ouvrage sur les arborigènes australiens, écrit à la suite d'un long voyage en solitaire, à pied, au coeur de l'Australie.

    En Patagonie, publié en 1977, est l'ouvrage qui a fait connaitre Bruce Chatwin dans le monde de la littérature de voyage et de la littérature tout court.

    La Patagonie c'est cette contrée australe de l'Amérique du Sud, désolée, battue par les vents et les tempêtes, peuplée de moutons, où les navires font naufrage plus qu'à l'ordinaire.

    Bruce Chatwin au gré de son périple nous dresse le portrait de personnages hors du commun échoués dans cette contrée inhospitalière, venus d'Ecosse, de Russie, de Dordogne, des juifs, des mormons, des déclassés, des capitaines de navire dont plus personne ne veut, des bandits comme Butch Cassidy, des spéculateurs, des ivrognes...

    Ces histoires, elles lui ont été racontées au cours de ces rencontres sur place. Est-ce qu'elles sont toutes véridiques? Pas certain. On le lui a reproché. Mais la littérature doit elle coller aux faits? Certainement pas. C'est ce qui fait son intérêt.

    La reception de cet ouvrage sur place devenu culte ailleurs n'a pas été unanime loin s'en faut. Bruce Chatwin, né en 1940 et mort en 1989, initialement expert en art chez Sotheby's, est anglais et, dans cette région d'Amérique du Sud, l'histoire des Malouines - Falklands a laissé des traces durables. Sur ces sujets on lira avec intérêt cet article de Libération 

    http://www.liberation.fr/livres/2000/05/04/chatwin-le-guide-deroutant_324815

    En épigramme de l'ouvrage : Il n'y a plus que la Patagonie, la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse... Blaise Cendrars - Prose du transsibérien.

  • Le Boreal sur la Garonne

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    • De 224 à 264 passagers
    • Jusqu’à 132 cabines extérieures
    • Longueur : 142m * Largeur : 18m
    • Vitesse moyenne : 16 nœuds
    • 139 membres d’équipage
    • Ascenseurs à tous les ponts
    • Système de positionnement dynamique
    • Norme « clean ship »
    • Pavillon français

    Élégant, raffiné, loin des mastodontes qui enlaidissent de plus en plus les ports et notamment Venise, le Boréal était à bordeaux le WE dernier, la croisière comme on l'aime! au premier plan le Viking Forseti qui propose des croisières sur la Garonne, la Gironde et la Dordogne.

  • Etape zéro du chemin de Saint Jacques au Puy en Velay

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    En  s'adressant au Syndicat d'initiative du Puy en Velay, on peut se faire remettre un petit guide qui comporte dans l'encart de couverture le plan de cette étape zéro dont l'objectif est de retenir un jour de plus dans la capitale ponote les candidats au chemin de Saint Jacques de Compostelle.

    C'est tout simplement une chemin de petite randonnée très bien balisé en jaune qui croise les GR en rouge et blanc qui desservent la ville sainte. C'est une petite étape annoncée pour 6,8 m mais qui comporte finalement pas mal de dénivelés.

    En s'attardant quelque peu sur ce que l'on découvre on peut facilement y consacrer une après-midi et encore sans visiter réellement. Le sentier nous mène à la cathédrale, son cloitre, au Conseil général, à l'église Saint Michel, Aiguilhe, la statue de Notre Dame, les rives de la Borne, de nouveau la montée vers la cathédrale, l’Hôtel-Dieu, la place du Breuil, le Musée Crozatier, les jardins, la remontée vers le Couvent Sainte claire...

    On découvre ou on redécouvre une petite ville bien gérée sans doute depuis plusieurs années avec des nombreuses rénovations (Conseil général, Cinéma, Hôtel-Dieu, Musée crozatier, le Camino), des immeubles plutôt bien entretenus, des rues propres, pas de ghettos en centre ville comme souvent.

    On termine en prenant un pot place du plot au soleil.

    Cerise sur le gâteau on a pu bénéficier du dernier jour de l'exposition sur le Codex de Saint jacques, un ouvrage du XII° siècle dont le chapitre V décrit avec précision le chemin de Saint Jacques, un ouvrage connu sous le nom de Calixtinus en référence à Calixte II (env. 1060-1124), le pape qui l'a signé à titre posthume. Il faut cependant aller à Saint Jacques pour espérer voir l'original. seul un fac-similé était exposé.

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  • Une vie à coucher dehors

    Tesson.jpgCe sont des nouvelles. rudes, à la chute souvent abrupte, sauvage. Dépaysement garanti, ouverture à des civilisations contemporaines oubliées, rurales, slaves souvent, d'Asie centrale.

    C'est tout simplement merveilleux à lire et nos petits soucis d'occidentaux paraissent bien maigres à côté des tragédies qui se jouent sous les latitudes fréquentées par Sylvain Tesson, à pied, à cheval, en bateau. Attention aux ours!

    La langue est belle et les aphorismes plaisants. A déguster par petites gorgées, comme la vodka!

  • Le périble de Baldassare

    maalouf-T.jpgAvec ce livre, on passe d'agréables moments dans l'Europe du XVII° siècle. Baldassare Embriaco est un descendant de génois, donc chrétien,  qui a fait souche à l'occasion des croisades à Gibelet, plus connu aujourd'hui sous le nom de Byblos, au Liban, mais aussi de Jbeil en arabe, d'ou Gibelet.

    Il a un beau métier, libraire, vendeur de curiosités, et un jour il voit passer un livre mythique celui qui dévoile le centième nom du prophète et annonce la fin du monde pour l'an 1666. Mais ce livre, il le laisse échapper, par rationalisme, pour le regretter aussitôt , on ne sait jamais.

    Et il part à la poursuite de celui qui l'a emmené d'oû le périple, via Tripoli, Alep, Alexandrette, Consantinople, Smyrne (Izmir), Gênes, Minorque, Tanger, Londres, Calais, Paris, Lyon, Avignon, Nice...

    Le pretexte pour de nombreuses aventures et rencontres, des pirates, des enlèvements, des sectes, des intellectuels, des juifs, des musumans, des chrétiens, des amitiés, l'amour. C'est assez bien mené par Amin Maalouf, désormais académicien et auteur d'un mémorable "les croisades vues par les arabes".

  • La Réunion de Roger Vailland

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    Roger Vailland (1907-1965) était romancier mais aussi grand Reporter. Ce petit livre qui vient juste d'être réédité par les éditions du sonneur a été publié pour la première fois en 1964. Il reprend pour l'essentiel une série de reportages publiés par Le Figaro après un voyage de Roger Vailland en Indonésie avec un séjour de trois mois à La Réunion. Voyage effectué en bateau, en 1958, au moment du putsch des généraux d'Alger puis de l'arrivée du Général de Gaulle au pouvoir. Il est loin de l'évènement et il n'y a pas twitter...

    Lire ce livre aujourd'hui c'est se rendre compte que Vailland ne s'est pas trompé sur le diagnostic. Il nous rappelle d'abord l'histoire du peuplement de l'Ile, il y a trois à quatre siècles, puis celle de la destruction progressive de la biodiversité, faune et flore, de l'esclavage puis de son abolition, des différentes migrations.

    A l'époque, il y a 500 000 habitants et déjà la pression démographique est préoccupante. L'ile compte aujourd'hui pas loin de 900 000 habitants, la monoculture de la canne à sucre. Rien n'a changé, Comment dessiner un avenir? Qu'implique l'insularité pour le développement?

    Un livre bien riche et prémonitoire.

    La Réunion j'y vais la semaine prochaine!

  • Ecrivains randonneurs

    rando.pngVoici un gros livre, près de 900 pages, qui donne une envie irrésistible de marcher, de marcher, mais aussi  d'écrire, de penser, de lire.

    On peut bien sûr être réticent devant cette juxtaposition de textes compilés sur une idée assez simple somme toute.

    Mais la lecture des textes choisis par Antoine de Baecque est à l'usage particulièrement réjouissante.

    L'ouvrage est organisés en chapitre thématiques, chaque chapitre et chaque auteur est l'objet d'une brève introduction.

    On commence très judicieusement par Diderot et d'Alembert qui dans l'Encyclopédie  (1751-1772) nous expliquent la mécanique de la marche.

    Des peuples et métiers marcheurs, aux anglais qui partent à l'assaut des Alpes en passant par les flâneries à Paris, les marches de survie, les pèlerinages, les méditations, chaque démarche  y trouve son compte.

    La démarche d'ailleurs fait l'objet d'un texte très savoureux de Balzac (théorie de la démarche 1833), de même pour la contribution de Jacques Lanzman (Fou de la marche 1985), dont le frère Claude arpentait les montagnes avec Simone de Beauvoir mais il n'est pas partie de cet ouvrage.

    Je termine ici en citant Rousseau : la chose que je regrette le plus dans les détails de ma vie dont j'ai perdu la mémoire est de n'avoir pas fait des journaux de mes voyages. Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans ceux que j'ai fait seul et à pied.

    Alors partez à pied et n'oubliez pas un peu de papier, un crayon ou une tablette...

  • La Réunion

    Je viens de passer une dizaine de jours à La Réunion à l'occasion d'un déplacement professionnel. Impressions non exhaustives.

    C'est en ce moment l'hiver austral, les températures sont très agréables même si les habitants se plaignent de la fraîcheur. Le soleil se lève vers 6h30 et se couche brutalement 12 heures plus tard. On s'y fait rapidement mais à la longue on doit regretter l'absence de longues soirées d'été.

    L"Ile est volcanique et n'est donc pas entourée de longues plages de sable blanc. Il y des plages de sable à Saint Gilles et Saint Pierre mais pour le reste c'est plutôt des résidus volcaniques, la montagne, les volcans, tombe littéralement dans l'océan, dès qu'on cesse de longer la côte il faut monter, on monte dans "les hauts" et l'altitude s'élève rapidement à plus de 1000 m les points culminants tutoient les 3000 m. Initialement, les hauts ont été peuplés pour éviter le paludisme.

    A l'est il pleut très souvent, à l'ouest rarement, le climat serait même plus favorable à Saint Gilles qu'au Port. Toutes les villes ou presque ont des noms de saints catholiques : Saint Denis, Saint Paul, Saint Gilles, Saint Pierre, Saint Benoit, Saint Leu, Saint Louis, Saint Philippe, Saint André, Sainte Rose... Il y a des exceptions comme le Tampon, Trois bassins, le Port...

    En visitant le Conservatoire botanique de Mascarin http://www.cbnm.org/ on apprend que si l'île a émergé dans l'océan indien il y a trois millions d'années, l'homme ne l'habite que depuis un peu plus de trois siècles et qu'au cours de cette période il a déjà fait disparaitre du fait de ses activités la moitié de la biodiversité!

    Des hommes et des femmes il y en a pas loin de 900 000. Ils sont venus de partout, de gré ou les plus nombreux de force : France, Europe de l'ouest, Afrique de l'est, de l'ouest, Madagascar, Rajasthan, Comores, Malaisie, Tamouls, Chine...

    Longtemps l'Ile, sans doute découverte par les arabes puis les portugais, n'a servi que d'escale, pour se ravitailler, cueillette, chasse, puis elle a été peuplée dès lors que des colons ont réussi à la valoriser par la culture du café http://www.cafe-reunion.com/ puis au XIX de la canne à sucre. C'est la culture du café qui explique le recours initial à l'esclavage. On peut se faire une idée de la vie de ces exploitations en visitant le Musée Villèle à  Saint Gilles les hauts. on y découvre la propriété de la famille Desbassyns telle qu'elle était au XVIII° et XIX° siècle, maison de maître, cuisine, infirmerie, chapelle, les habitations des esclaves ont disparu, mobiliers d'époque. L'esclavage a été aboli plus tardivement à La Réunion qu'en métropole, sans esclave pas de café puis pas de canne...

    Aujourd’hui la canne reste dominante, c’est le principal produit d'exportation. On peut utilement visiter les sucreries du Gol à  Saint-Louis ou celle de Bois rouge à Saint André. Toutes deux appartiennent au groupe sucrier Teréos, groupe coopératif qui fait surtout du sucre de betterave, acheteur de Beghin-Say, quatrième sucrier mondial, implanté au Brésil...Chaque ville avait sa sucrerie, il en reste deux, on voit encore se dresser  les cheminées noires de ces vestiges industriels à l'entrée des bourgs

    Qui dit canne à sucre dit rhum, on peut aussi visiter le musée La saga du rhum à Saint Pierre http://www.sagadurhum.fr/-Le-musee-.html, très bien fait, comprendre les distinctions entre rhum agricole et rhum traditionnel, déguster différents rhums arrangés. Ces rhums dans lesquels macèrent au sein de grands bocaux des fruits de toutes les sortes sont omniprésents dans les bars et les restaurants.

    La canne est partout, tout autour de l'ile le long des côtes, à l'est comme à l'ouest, où l'on irrigue, la canne consomme beaucoup plus d'eau que le maïs. A se demander si la ressource en eau est suffisante. On rencontre en cette période de campagne sucrière  de juillet à décembre, à tout instant les cachalots, gros camions, qui drainent les cannes, le plus souvent toujours coupées à la machette, vers les deux sucreries. Pour combien de temps? le sucre est subventionné aux deux tiers par l'Union européenne et la France. Comment s'en sortir? Comment préparer la reconversion qui devra intervenir tôt ou tard du fait de la pression des pays émergents qui eux ne sont pas subventionnés et peuvent s'estimer victime d'une concurrence déloyale...

    Il y a le tourisme mais il a baissé depuis quelques années. En cause, le chikungunya, les requins...  A quoi bon se rendre à La Réunion, si c'est pour ne pas pouvoir se baigner ou attraper une maladie tropicale qui détériore les articulations et qui a atteint un tiers de la population en 2006?

    Les activités maritimes sont faibles, peu de plaisance, peu de pêche, on peut en trouver dans les restaurants DCP (Dispositif de concentration de poissons) au Port, à Saint Gilles et Saint Pierre, mais cela reste marginal. Pourtant, La Réunion est le seul endroit, la seule présence européenne dans l'Océan indien sur les routes maritimes qui relient l'Asie à l'Afrique et au Moyen Orient, un endroit stratégique donc. La Porte de l'Europe dans l'océan indien.

    Il y a la randonnée. La Réunion est un paradis pour les randonneurs. les cirques de Mafate, de Cilaos, le piton des neiges, le volcan de la fournaise offrent des itinéraires de randonnées infinis. Dormir au gite du volcan http://legiteduvolcan.com/ et partir au lever du soleil pour en faire l'ascension, grimper depuis Maido tout en haut du Grand Benare et contempler Mafate et Cilaos à près de 3000 m d'altitude est somptueux.

    On peut éprouver les mêmes sensations que Chateaubriand sur le Vésuve en janvier 1804 : "La lave couvre la plaine où je marche. C'est un désert ou les laves jetées comme des scories de forge, présentent sur un fond noir leur écume blanchâtre tout à fait semblable à des mousses desséchées"

    Sur les pentes du volcan on peut, tôt le matin, avant le ballet des hélicoptères, éprouver le silence absolu, n'entendre que le bruit de ses artères e le battement de son cœur.

    La Réunion vaut le voyage et même plusieurs voyages.

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  • Accueil made in USA

    On reproche souvent à l'Aéroport de Roissy Charles de Gaulle d'être un aéroport peu accueillant pour les voyageurs étrangers. Pas de liaison directe en transport en commun avec le centre de la capitale (on attend depuis plus de dix ans le métro Charles de Gaulle Express), des liaisons Gare SNCF-RER-Aéroport sans continuité pour les chariots à bagages...). 

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    Mais que dire de l'accueil à Chicago! Le mardi 23 avril à l'arrivée du vol Air France nous avons attendu deux heures et quarante minutes pour pouvoir passer la barrière des services de l'immigration : vérification du passeport, prise de photo, vérification des empreintes digitales des dix doigts de la main et ce par des agents peu aimables. Aucune priorité pour les femmes avec enfants ou les personnes âgées, aucune explication du fait que la moitié des guichets annoncés "open door" étaient en réalité fermés.

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    On ne sait s'il faut mettre cette désorganisation sur les compte des attentats de Boston, des coupes budgétaires automatiques ou de la grève des aiguilleurs du ciel mais en l'espèce l'Amérique n'a pas donné la meilleure image d'elle-même. C'est dommage. La balade à pied dans le loop et la montée en haut de la tour Sears a dû être remise au lendemain.

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  • Vacances

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    Je suis en vacances du côté de Chicago, Philadelphie, Washington, je laisse quelques jours la vieille Europe se débattre dans sa morosité pour mieux la regarder à mon retour avec des yeux que j'espère décillés si ce n'est emerveillés!