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Voyage - Page 3

  • Boussole

    Ce n'est pas un livre facile autant le dire tout de suite. Mais c'est un livre passionnant, il suffit de se laisser emporter par la verve de l'auteur.

    Franz Ritter le narrateur est un musicologue autrichien , malade, dépressif. Insomniaque surtout et le roman décrit le fil de ses pensées au cours d'une nuit. Sarah revient souvent dans ces pensées, de façon obsessionnelle, un amour impossible, inaccompli, elle est elle-même universitaire, française, spécialiste de l'orient et de de ses grands voyageurs. 

    Mathias Enard qui a passé plusieurs années de sa vie au Proche et au moyen Orient, au Liban, en Syrie, en Iran en Turquie fait assaut d'érudition musicale et littéraire sur tout ce qui a façonné au cours des siècles la relation entre Orient et Occident.

    Sa boussole comme celle de Beethoven n'indique pas le Nord mais l'Est, vers Jérusalem et La Mecque, les religions du livre.

    Ce livre est aussi un hommage à la Syrie, un pays d'une grande richesse culturelle qui n'est pas qu'un pays de jihadistes.

    L'objet de ce livre est aussi de nous rappeler tout ce que l'Occident doit à l'Orient et ce que l'Orient doit à l'Occident. Les ponts entre ces deux régions voisines ont été permanents et sont appelés à survivre au désastre qui affecte aujourd'hui cette région.

    C'est ce que nous rappelle Enard, l'Islam a été une culture foisonnante, une vision du monde, une philosophie, très éloignée de la caricature qu'en ont aujourd'hui nos contemporains, cet islam là sans voile et sans violence doit redevenir visible. Mathias Enard y contribue avec talent.

    C'est pas mal de lire ce livre avec un smartphone à portée de main pour prendre le temps d'écouter sur youtube les interprétations citées.

  • Mani

    Mani ou le Magne en français. Cette region du sud du Peloponnese baignee à l'ouest par la mer ionienne et à l'est par la mer Egée.

    Des montagnes couvertes de maquis et d'oliviers qui plongent dans la mer, parsemees de villages domines par de hautes tours carrées ou residaient les familles chefs de clans de la region.

    Le Magne est in peu comme la Corse : honneur, vengeance, vendetta, irredentisme, les ottomans n'ont jamais vraiment dominé le Magne.

    Laetitia la mère de Nappleon descendrait d'ine de ces grandes familles du Magne qui avait migré à Cargèse au 17siecle.

    En 1821 Petro Bey unifie les differents clans du Magne sous le mot d'ordre " la victoire ou la mort, c est le debut de huit ans de guerre d'independance, liberation du joug ottoman qui sera officialisee en 1830.

    Le drapeau grec comporte la croix byzantine et neuf bandes bleues et blanches, pour la mer et la pureté, neuf soit autant de syllabes que dans la victoire ou la mort en grec.

    Tsimova la bourgade d'où fût lancéle mot d'ordre a ete rebaptisée Areopolis, la ville d'Ares,le dieu de la guerre.

    L'occasion enfin de conseiller la lecture de Mani de Patrick Leigh Fermor paru en 1999, plus connu comme l'auteur du temps des offrandes un recit de voyage initiatique en Europe avant guerre. mobile_picture

  • Voyage en Grèce

    Athènes, les Meteores, Delphes, Olympie... Cette premiere semaine en Grèce continentale aura été passionnante.

    Avec un Groupe de 20 personnes attentives, une Guide exceptionnelle tout au long du parcours, érudite, conteuse. On se deplace sur leq traces de Pausanias qui au second siecle apres JC a parcouru les sites antiques et a decrit precisement ce qu'il voyait, ce que les anciens racontaient. Jacques Lacarriere a refait le voyage.

    Grace à eux on peut imaginer l'acropole, le sanctuaire d'Apollon, les jeux à Olympie... On comprend bien que la trinité, la resurrection ne sont pas nes avec le christianisme mais du côté de Mycenes.

    Et puis decouvrir le casque que portait Miltiade lors de sa victoire contre les perses à Marathon et qu'il offrit en remerciement au temple de Zeus à Olympie en 490 est franchement émouvant.

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  • Via Turonensis : Saint Palais - Saint Jean Pied de Port

    Petit évènement que cette chronique qui est la mille et unième de ce blog!

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  • Françoise Huguier à l'Espace Saint Remi de Bordeaux

     

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    Bordeaux, Lundi de Pâques, pire qu'un dimanche, heureusement il fait beau et l'espace Saint Remi estouvert, seul, avec les grilles du Jardin public, des 14 lieux de la 25eme edition de l'operation Itineraires des photographes voyageurs.

    Et c'est la revelation d'une grande photographe, Francoise Huguier, née en 1942, au Cambodge, prisonniere du viet minh à 8 ans. Des photos de Siberie, de l'Afrique, sur les traces de Michel Leiris, d'Asie du Sud-Est...

    L'Espace Saint-Remi s'est à l'occasion doté d'une scénographie renouvelee qui met les oeuvres à l'honneur. Jusqu'au 30 avril .

    Françoise Huguier a publié une autobiographie sous le titre Au doigt et à l'oeil.

  • Berezina

    retraite de russie,oural,sylvain tesson

     

    Ce n'est pas le plus grand livre de Sylvain Tesson. Ecrit avant son accident d'escalade chez Ruffin l'académicien, il raconte une nouvelle fois mais avec l'admiration propre à Sylvain Tesson la retraite de la Grande armée de l'Empereur après la prise de Moscou. Mais l'ensemble est agréable à lire, reprend un épisode aujourd'hui largement ignoré et contient quelques considérations sur la Russie d'aujourd'hui et sa place dans le monde qui méritent d'être méditées

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  • Corinthia

    L'attentat revendiqué par l'EI avant hier à l'hôtel Corinthia m'a rappelé les trois séjours professionnels que j'ai effectués en Libye entre 2005 et 2008. On allait en séminaire dans cet hôtel, le seul grand hôtel de Tripoli,  avec les expatriés français pour assurer la promotion du marché libyen auprès des exportateurs français venus regarder ce pays fermé mais en expansion économique.

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    Le soir on allait diner à l'ombre de l'Arc de triomphe de Marc Aurèle et le week end ou pouvait aller découvrir les merveilleuses ruines des cités romaines de Sabratha et de Leptis Magna au bord de la méditerannée.

    L'époque était elle heureuse? Sans doute pas  mais aujourd'hui on sait qu'elle ne l'est pas et on ne voit pas de perspective de sortie de cette révolution.

  • Les classes moyennes en Afrique

    affiche_classes_moyennes_choix2.jpgLe Musée d'Aquitaine présente jusqu'au 22 février une très belle exposition qui conjugue intelligemment sociologie et photographie consacrée aux classes moyennes en Afrique.

    L'exposition s'ouvre avec la présentation de très beaux pagnes (du latin pannus : étoffe, pièce...) conçus par la galeriste sénégalaise Aminata Thione qui tient boutique à Bordeaux.

    Parler de classe moyenne en Afrique, à l'exception des quelques pays les plus développés, est un abus de langage, ceux du milieu désigne plutôt ceux qui sont sortis, parfois temporairement, de la pauvreté. Gràce à une obsession de la promotion sociale et une capacité à optimiser leurs revenus en multipliant les activités.

    Pour s'en sortir la multi-activité semble en effet la règle  : au delà du revenu du base, tout les opportunités sont saisies pour accroitre ses ressources, les primes, la location d'une pièce de la maison, les revenus des petits boulots, élevage, commerce, artisanat... plus la débrouille pour réduire les dépenses, recours au commerce informel, au technicien informel, co-voiturage, fringues d'occasion seules les dépenses d'éducation et de santé sont privilégiées

    Un très beau film en fin d'exposition montre les dilemmes auxquels sont soumises ces nouvelles classes moyennes par exemple cette jeune maman écartelée entre les conseils de sa belle -mère pour les soins du bébé et ceux du pédiatre qui disent des choses totalement contradictoires, comme couper les cheveux du bébé très tôt ou ne pas y toucher parce que la tête u bébé est molle. Comment concilier ces deux cultures? Elles finira par divorcer... ou cette jeune femme amenée à commander à des hommes totalement incapables de respecter un délai ou une consigne!

    Dur, dur! L'émergence est un combat.

  • Géographie de l'instant

    geographie-de-l-instant.jpgC'est simplement un bloc-notes. Des articles rédigés par Sylvain Tesson entre janvier 2006 et septembre 2012 et parus dans divers journaux, revues et magazines. ils viennent de tous les coins du monde que Sylvain Tesson aime à arpenter, à pied, en moto, à cheval.

    Sylvain Tesson a des obsessions qui ressortent bien de ces textes : la croissance démographique qu'il estime insoutenable, le déni du droit des femmes, il aime la nature vierge, les êtres vivants, les animaux, les insectes, Il déteste les religions et les intégrismes. Il n'aime pas se complaire dans le passé et planifier l'avenir, jouir du temps présent est sa philosophie première. L'histoire n'a pas de sens.

    Sylvain Tesson adore les citations, certaines d'entres elles reviennent souvent comme celle de Chateaubriand qui lui plait particulièrement : les forêts précédent les hommes et les hommes les déserts. il a une prédilection pour des auteurs souvent peu appréciés pour leurs opinions réactionnaires comme Ernst Jünger ou  Jean Raspail.

    Il adore la Russie, les steppes, les déserts mais cela on le savait déjà.

    Mais il aime la marche, il aime les livres, ses éloges de la marche et de des livres à la fin de l'ouvrage sont remarquables. il a l'oeil acéré et est un observateur attentif de notre époque, un homme courageux.

    Un livre que l'on peut lire d'une traite ou par petit gorgées avec un verre de vodka, et que l'on peut garder près de son lit pour en lire au hasard quelques pages et retrouver des citations ou des reflexions pertinentes sur notre temps.

  • Magellan

     

    CVT_Magellan_1726.jpgLors d'un voyage au Brésil, Stefan Zweig eut honte. Il naviguait depuis quelques jours sur un paquebot luxueux avec piscine et restaurants, télégraphe et air conditionné, et il s'ennuyait. C'est alors qu'il eut une pensée pour ceux qui les premiers s'aventurèrent sur l'Atlantique et qu'il s'intéressa aux navigateurs de la renaissance.

    D'où ce Magellan qui nous raconte l'épopée de cette flotte de cinq navires le San Antonio, le Trinidad, le Concepcion, le Victoria et le Santiago qui quittent le port de Séville le 10 août 1519 pour se rendre aux Moluques, les iles des épices, en naviguant plein ouest. trois ans plus tard un seul navire reviendra avec seulement dix-huit hommes à bord.

    Et sans son amiral Fernao de Magalhaes, portugais d'extraction modeste au service de la couronne espagnole, de celui qui allait devenir Charles Quint. Sans son amiral qui trouve la mort un peu bêtement dans une bataille qu'il a lui même provoqué avec un petit roi d'une ile des Philippines.

    La biographie est complète, des premières armes de Magellan aux Indes comme navigateur jusqu'au retour de la Victoria à Séville

    Zweig montre très bien au début de l'ouvrage combien la navigation a connu une révolution en un siècle : en 1418 les portugais atteignent péniblement Madère et un siècle plus tard Magellan fait le tout du monde.

    Le Portugal et l'Espagne étaient des pays à la périphérie de l'Europe, à l'écart de la route des épices contrôlée par les musulmans et Venise et ils mettent en place de nouvelles routes en quelques années et se créent des empires.

    L'ouvrage de Zweig montre surtout que la détermination est essentielle à la réalisation d'une idée. Son tour du monde, Magellan l'a conduit à son terme envers et contre tous et d'abord contre ses quatre adjoints espagnols et ses équipages qui n'ont pas manqué de plaider sans relâche pour faire demi tour devant la difficulté de trouver un passage au delà de l'Atlantique. Méticulosité, fermeté, ruse, détermination, droiture...

    Accessoirement on notera que le prix des épices rapportées a permis de rembourser l'investissement de départ, du moins si l'on fait abstraction des deux cents et quelques marins morts pour l'essentiel de faim, de soif ou de froid, mais à cette époque que valait la vie d'un marin?