Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Film

  • Lanzmann et Veil

    Nous sommes le 5 juillet.

    J'écoute à la radio Nuit et brouillard de Jean Ferrat : "ils étaient des milliers ils étaient vingt et cent, nus et maigres, tremblants..."

    Cette chanson, je l'ai entendue dimanche dernier, en direct, devant l'entrée du jardin du Luxembourg, face au Panthéon, par une chorale, lors du transfert de Simone et Antoine Veil au Panthéon (photo). J'avais les larmes au yeux.

    Aujourd'hui, ClaudeLanzmann est décédé, France Inter a bouleversé ses programmes, c'est justifié et réconfortant pour notre société.

    bm_484_1738057.jpgClaude Lanzmann est bien sûr l'auteur de Shoah, un film de neuf heures, mais l'oeuvre de Lanzmann c'est toute sa vie, 92 ans de vie, active, de la résistance avec son père dans les maquis de Brioude à la sortie de son dernier film Quatre soeurs ces jours-ci.


    Si vous ne l'avez pas encore fait, lisez Le lièvre de Patagonie, un livre qu'il n'a pas écrit mais entièrement dicté, un livre formidable qui retrace sa vie, la Résistance, la Corée du nord, l'Algérie, Les temps modernes, Sartre et Beauvoir, Shoah, Judith Magre, une de ses épouses, née en 1926 que vous pouvez encore aujourd'hui voir au Théâtre de Poche à Montparnasse.

  • Box office

    Ce matin dans Sud-Ouest le box-office était le suivant : 

    1 - Star wars

    2 -Jumanji

    3 -Coco

    4 -Ferdinand

    5 -Santa

     

    Tous ces films étaient à l'affiche du cinéma de Lectoure où j'ai passé les deux dernières semaines mais je n'en ai vu aucun. J'ai pourtant rarement été aussi souvent au cinéma ces derniers temps, quatre films dont trois la dernière semaine :

    Voici mon box office :

    Un homme intègre : Ce film iranien est très très sombre. Aucun relâchement dans la tension croissante tout au long des deux heures. une famille, le père éleveur de poissons rouges, la mère, directrice d'un lycée de filles, un petit garçon... se heurte à la corruption de la police, de la justice, à la malveillance de ses voisins, de la compagnie des eaux, de la banque, les discriminations religieuses.... Comme le dit le beau-frère du personnage principal, dans ce pays soit tu opresse, soit tu es opressé.. Reza lui ne veut ni corrompre, ni être corrompu, il est broyé petit à petit, incompris de son épouse qui plaide pour faire comme tout le monde, la spirale est infernale...

    Les gardiennes : c'est pas mal, un beau portrait de femmes pendant la première guerre mondiale, des années d'attente du retour de leurs hommes, de permission en permission, qui reviennent ou ne reviennent pas, beau portrait d'un fille de l'assistance publique, d'un amour impossible, on a reproché au film sa lenteur, l'absence d'action mais c'était sans doute comme cela à la campagne, des jours qui s'enfilent sans fin, de l'attente, de l'espoir, du désespoir...les paysannes sont un peu trop propres sur elles, n'ont aucun accent, paraissent très bien éduquées mais bon. c'est tout de même plutôt bien...

    La promesse de l'aube : j'avais lu le livre de Romain Gary il y a de nombreuses années et je n'en avais que de vagues souvenirs, je me souviens beaucoup mieux de La vie devant soi. Il était sans doute difficile d'adapter La promesse. L'inconvénient de faire appel à des acteurs connus est aussi qu'on à tendance à s'attacher à la performance des acteurs pour interpréter des personnages improbables,ce qui rend la crédibilité des personnages incarnées moins évidente. Et la vie de Romain Garu jusqu'à la fin de la seconde quelle mondiale est une telle épopée qu'il est délicat de la retracer en deux heures tout en faisant ressortir les ressorts profonds de la personnalité du personnage et de celle de sa mère. Mais c'est bien, un beau récit d'émancipation.

    La villa : le film de Guediguian est incontestablement bien fait, il aborde de nombreux thèmes qui sont les nôtres, le vieillissement, la fidélité à des idéaux, le capitalisme, la spéculation immobilière, la gentrification, les rapports entre frères et soeurs, la situation des réfugiés... La difficulté est qu'on est jamais surpris, on s'attend à tout ce qui arrive.  Il y a des situations qui sont peu crédibles comme le coup de foudre, ou passade,  entre l'actrice et le jeune pêcheur ou bien entre cette étudiante et ce vieux professeur revenu de tout... Bon mais la calanque est belle surtout quand il pleut tous les jours comme en ce moment...

     

     

  • Dunkerque - Dunkirk - Dunkirchen - Duinkerke

    Bien sûr, je suis allé voir le film de Christopher Nolan. Un an que j'en entends parler lors de mes séjours à Dunkerque où je suis administrateur au conseil de surveillance du Grand port maritime. J'y vais depuis 2010, tous les trimestres.

    Et puis Dunkerque, j'y allais lorsque j'étais gamin, voir le cousin Bernard qui travaillait à Usinor et qui habitait Malo les Bains.

    Et puis, mon père, Henri, il y était dans la poche de Dunkerque en juin 1940. Son père Auguste disait je préfère la savoir mort qu'aux mains des allemands, il parlait d'or puisqu'il avait été prisonnier des allemands en 1917. Henri fut évacué en Angleterre, je n'en sais guère plus.

    Le film de Nolan ne raconte rien de tout cela, peu de chose sur le contexte stratégique, rien ou presque sur les français. Nolan célèbre, l'esprit de Dunkerque, vu par les anglais, résister, préserver leur armée, l'évacuer, pour reprendre le combat demain. On attend des français un grand film sur Dunkerque. Les anglais ont fait le leur.

    Le film de Nolan est un film formidable sur la survie, sur ce que c'est que d'être soldat, sur une plage, sous le feu des chars et de l'aviation allemande. Ni plus ni moins, mais c'est déjà beaucoup.

    Pour le reste, la stratégie, le rôle héroïque des soldats français,  on peut utilement regarder un petit bijou pédagogique sur arte plus :

    http://www.arte.tv/fr/videos/077437-001-A/dunkerque-tenir-a-tout-prix

    et puis sans doute lire, j'y reviendrai l'ouvrge de Jacques Duquesne  :Dunkerque - une tragédie française.

    Et puis il faut aller visiter Dunkerque : les lieux de mémoire, les dunes, le musée portuaire, l'urbanisme, le waterzoi... http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/07/13/30003-20170713ARTFIG00003-cinq-bonnes-raisons-de-visiter-dunkerque.php

     

  • Patchwork

    J'ai du retard, beaucoup de retard, j'écris moins. Alors en vrac récemment :

    Simon Boccanegra, un opéra de Verdi trop méconnu à l'opéra de Bordeaux. Un orchestre magnifique sous la baguette de Paul Daniel et de chanteurs pour beaucoup d'entre eux qui ont remplacé les titulaires prévus mais s'en sont très bien sortis. De belles voix d'homme, basses et baryton. Une mise en scène sobre de Catherine Marnas, une fois n'est pas coutume, des rideaux de tulle, un mélange de costumes d'époque et contemporains, une belle réussite et une réflexion opportune sur l'exercice du pouvoir.

    La Vida es Sueno, (la vie est un songe) une pièce de Calderon de la Barca créée en 1635, la plus célèbre du théâtre espagnol dans une belle mise en scène d'Helena Pimenta, qui dirige une sorte de comédie française dédiée au siècle d'or espagnol, en espagnol surtitré en français. Des acteurs magnifiques, des costumes somptueux... La réalité est-elle une fiction ou les songes sont-ils la réalité? Sigismond, le fils du roi de Pologne a été enfermé par son père à sa naissance concomitante de la mort de sa mère dans un cachot, confiné à l'isolement, parce que les astres étaient de mauvaise augure. Arrivé à l'âge adulte, Le roi fait l'expérience de l'endormir et de le faire réveiller sur le trône pour voir quel est son comportement. S'il est un bon prince il lui succédera, autrement, il retournera dans son cachot. Sigismond se réveille et se demande s'il rêve ou s'il a rêvé jusque là...

    L'amant sans domicile fixe : un roman d'amour dans le milieux des marchands d'art qui se passe à Venise de Carlo Fruttero et Franco Lucentini. Au là du roman d'amour, il y a une intrigue car petit à petit cet amant sans domicile fixe apparait de plus en plus mystérieux, il est polyglotte, d'une immense culture, semble avoir vécu à toutes les époques...

    Au cinéma, j'ai beaucoup aimé Les délices de Tokyo, un film très délicat sur l'exclusion et les cerisiers japonais, une petite merveille qui donne une envie irrésistible de déguster des drayais, des pancakes fourrés aux haricots rouges confits. Fatima est agréable mais sans plus j'ai été un peu déçu. En revanche, au delà des montagnes, un film chinois de Jia Zhang-ke est absolument superbe. le cinéaste y retrace pas moins que le changement de civilisation qui s'opère en chine entre la fin XX siècle et 2025 en trois volets, volets qui retracent le destin de trois personnes, un fille et deux garçons. Les deux garçons sont bien sûr amoureux de la fille, l'un est mineur de charbon et le second propriétaire de la mine. La fille aime le premier mais choisit le second c'est plus sûr. Le premier aura un cancer, le second va s'enrichir, divorcer, s'exiler à Singapour avec le fils qu'il a eu au début de son mariage, un fils qui parle anglais et que son père ne comprend pas et une mère qui aura le sentiment d'avoir gâché sa vie... Le tout sur fond de misère et de corruption.

    En Syrie est un petit livre de Joseph Kessel dont la nouvelle publication sort à propos. C'est un reportage écrit en 1926, Joseph Kessel n'a que 28 ans. Il est fasciné par la guerre, les aviateurs, il a l'occasion d'accompagner ces hommes-oiseaux et de participer au bombardement de Soueida. il admire les jeunes chefs des meneurs d'homme sans lesquels le mandat français sur la Syrie serait voué à l'échec. Il y a 27 communautés religieuses en Syrie, des "musulmans soumis, des chrétiens riches et des druzes guerriers". Il y a laussi a sarabande des commissaires qui n'en finissenet pas de se succéder. Déjà Kessel se demandait si la France sait vraiment ce qu'elle veut dans cette région d'une "effrayante complexité". De Gaulle avait peut-être lu Kessel avant de parler d'Orient compliqué...

    Prochainement, je chroniquerai sur un livre formidable que je dévore en ce moment Homo Sapiens de Yuval Noah Hariri

     

     

     

  • Sacrés caractères

    Tous ceux qui aiment lire ou écrire apprécieront cette série de petits films qui nous conte l'histoire méconnue des polices de caractère.

    http://nvx.franceculture.fr/sacres-caracteres/

    697269-webserie-sacres-caracteres.jpg

     

  • Heimat I et II

    HEIMAT+1+CHRONIQUE+D'UN+REVE.JPGChronique d'un rêve et l'exode. Deux films en noir et blanc d'Edgar Reitz (82 ans!) sortis en octobre dernier. Ils ne sont pas dans les dix premiers du box office, on en parle déjà plus et pourtant ce sont des films admirables.

    Ils constituent en quelque sorte un prologue de 4 heures à la chronique mythique de plus de cinquante deux heures diffusée sous forme de feuilletons dans les années 80 et 90 . La chronique d'un village rural allemand de la Rhénanie depuis 1919 jusqu'en 2000. Un village imaginaire du Hunsrück, c'est là que se situe le Heimat, le pays, la patrie, l'endroit d'où l'on vient...

    Le prologue actuellement dans les salles se situe en 1842. C'est la famine. Le féodalisme, les débuts de la  machine à vapeur.

    Le message de ce film est universel : l'aspiration à la liberté, au départ, l'amour, l'amour filial, l'amour maternel, l'amour tout court, la jalousie, la séparation; l'exil, la désespérance, la mort, omniprésente, l'honneur, l'injustice. C'est bouleversant. L'espoir toujours!

    Le film rappelle que l'Allemagne n'a pas toujours été riche, qu'elle a été un pays d'émigration.

    Et puis c'est un vrai plaisir, trop rare, que de voir un film en version originale, en allemand.

    On peut compléter les films en écoutant Edgar Reitz dans un entretien avec Laure Adler : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4704042

  • Michaël Kohlhaas

     

    michael-kohlhaas.jpg

    Il y a le livre et il y a le film. J'ai d'abord vu le film et ensuite lu le livre. Affaire de circonstances car j'avais l'intention de faire le contraire, le livre a été publié en 1808 par Heinrich von KLeist (1777-1811), le film d'Arnaud de Pallières est de 2013, deux siècles après!

    kohlhaas.jpg

    L'action du livre se situe au milieu du XVI° siècle du côté de la Saxe et du Brandebourg, l'action du film à la même époque mais dans les Cévennes au temps de la toute jeune reine Margot. Dans les deux cas Michael Kohlhaas est un marchand de chevaux qui subit un préjudice de la part d'un jeune seigneur féodal effronté qui se croit encore au siècle précédent. Kohlhaas va réclamer justice mais elle lui est refusée par les autorités du fait de juges corrompus à la solde du jeune seigneur. Kohlhaas décide de tout abandonner, lève une petite armée de brigands et se fait justice lui-même. Il n'a qu'une idée en tête qu'on lui rende les deux chevaux qu'il avait confié à la garde du jeune seigneur et qu'il lui a rendu à l'agonie. C'est obsessionnel.

    La justice, il l'obtiendra mais au prix de sa vie.

    Kohlhaas est il un homme de la Renaissance, des lumières, un révolutionnaire ou un terroriste exalté, c'est le dilemme du livre, dilemme toujours actuel.

    Le film est centré sur cette problématique, dans le livre l'action est plus compliquée, les hésitations des différentes autorités plus détaillées, l'intervention de Luther qui à l'époque remettait en cause l'ordre établi est précise et il y a en plus une histoire de bohémienne peu fantastique sans trop d'intérêt si ce n'est de montrer la détermination à tout prix de Kohlhaas.

    Von Kleist a écrit sa nouvelle sur la base d'une histoire réelle, celle de Hans Kohlhase, bien documentée en particulier pour ce qui concerne l'intervention de Luther. Il l'a écrite au moment où Napoléon mettait les États allemands à feu et à sang, où un nouvel ordre, celui des Nations allait se mettre en place en Europe, un nouvel ordre que von Kleist ne verra pas puisqu'en 1811 il se suicide avec Henriette sa bien aimée, près de Postdam.

  • 3D

    3198_pina_pop.jpgJe n'avais pas vu Avatar! Sans regret. Pina de Wim Wenders restera mon premier film en  trois dimensions. Et j'en garderai sans doute longtemps le souvenir tant ce film est formidable et tant la 3D lui apporte.

    Il n'y a pas besoin de mots, il suffit de regarder, se taire et se laisser emporter par la beauté des corps, des costumes, les couleurs, les décors, les paysages urbains de Wüppertal, le berceau du Tanztheater.

    Les musiques sont formidables, la danse réinventée, les acteurs-danseurs, de toutes nationalités, témoignent de leur travail et interprétent les grandes chorégraphies créées par Pina Bausch.

    Du grand art. Quel regret de ne pas être allé au Théatre de la ville ou à Wüppertal en temps opportun voir par exemple Café Müller... Un fim à revoir et revoir...

  • Absolument dé-bor-dée

     

    Zoé.gif

    Zoé Shepard (Aurélie Boullet dans le civil) a connu avec ce livre une renommée inattendue en 2010. Attachée territoriale au Conseil régional d'Aquitaine, elle y décrit sous couvert d'anonymat et avec cruauté l'enfer administratif que constituent les collectivités locales. Elle surnomme son chef Simplet, sa collègue Coconne, elle est seule à faire preuve d'intelligence, de célérité dans l'xéécution, d'anticipation... Chefs incompétents, missions inutiles, sureffectifs, obsession de la communication, importance des réseaux, connivences, abus de bien social, népotisme, tout y passe.

    Au pojnt qu'elle a finalement été identifiée et confondue puis condamnée par le Président Alain Rousset (PS) à tout de même 10 mois de suspension sans traitement dont 4 mois fermes.

    Le produit des droits du livre et du film à venir aura très largement compensé le manque à ganger

    J'ai bien ri et de bon coeur car l'auteur a de l'imagination, de l'humour, le sens de la formule. Mais, j'ai tout de même eu du mal a reconnaitre le Conseil régional d'Aquitaine tel que je l'imagine. Le trait est trop fort pour être totalement crédible. Une bonne critique de la fonction publique territoriale est à faire mais mériterait d'être plus nuancée. C'est sans doute ce que pense Zoé puisqu'elle a finalement repris le travail dans cet univers infernal au lieu d'aller voir ailleurs si l'herbe y est plus verte.

  • Le quattro volte

    4 volte.jpgNous avons en nous quatre vies qui s'emboitent les unes dans les autres. L'Homme est un minéral car son squelette est constitué de sels; l'Homme est aussi un végétal car son sang est comme la sève des plantes; il est un animal parce qu'il est mobile et posède une connaissance du monde extérieur. Enfin, l'Homme est humain ca il a volonté et raison. Nous dvons donc nous connaître quatre fois. Pythagore (VI° siècle avant JC).

    Michelangelo Frammartino, avec Le Quattro Volte, les quatre fois, a réussi la prouesse d'illustrer magnifiquement cette reflexion de Pythagore. Du cinéma sans musique, sans dialogue ou presque, avec beaucoup de plans fixes, qui nous fait prendre fait et cause pour les derniers  jours d'un vieux berger qui tout les soirs se fait de la tisane à la poussière d'église, les premiers pas d'un agneau, la vie et la mort d'un arbre séculaire, sa transformation en mât de cocagne et enfin la fabrication à l'ancienne decharbon de bois.

    Tout cela se passe dans une Calabre magnifique avec des paysages séculaires, la vie tout simplement, une excellente façon de commencer l'année dans la sérénité.