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Aquitaine

  • Sociologie de Bordeaux

    Signée par Emilie Victoire, pseudonyme d'un collectif de sociologues bordelais, ce petit livre offre une approche très interessante, sociologique mais aussi historique, non pas de Bordeaux mais de la métropole bordelaise ou plutôt de l'agglomération bordelaise.

    Bordeaux revient de loin. A la fin du mandat de Chaban-Delmas, la ville centre perd des habitants, les opérations du Lac et de Mériadeck sont des demis échecs, le port n'est plus que l'ombre de lui-même.

    Aujourd'hui Bordeaux apparait comme une promesse à beaucoup. Au risque de l'échec? Le développement économique européen s'effectue principalement autour de la fameuse banane bleue (sud de l'Angleterre, Ile de France. Pays-Bas, Ouest de l'Allemagne, Nord de l'Italie. Pas facile pour Bordeaux de passer du statut de ville à potentiel européen à une cité réellement européenne.

    L'atout de Bordeaux est peut-être son développement diversifié. Il y a toujours le vin qui apporte une notoriété internationale incomparable, le tourisme, une architecture remarquable du centre historique, le fleuve, mais aussi même si c'est méconnu l'industrie, aéronautique, numérique, Bordeaux tech.

    L'agglomération est exempte de graves tensions sociales, il n'y pas comme dans d'autres villes de populations reléguées. Les classes populaires de Lormont ou Cenon ont accès au centre ville via le tramway, à la foire aux plaisirs des Quinconces au centre commercial de Mériadeck. Saint Michel conserve encore sa vocation d'accueil de ménages à faibles ressources et d'immigrés. Les classes moyennes ont conquis les communes résidentielles du Bouscat de Cestas, de Saint Jean d'Iliac dans un urbanisme à l'américaine qui n'est pas sans poser de graves problèmes de transports mais qui permet l'entre soi. Chacun chez soi.

    Bordeaux et la Communauté urbaine ont joint leurs efforts pour revitaliser la ville centre avec les opérations d'urbanisme des 3 B: Bacalan, Belcier et La Bastide. Il faut impérativement éviter que l'agglomération ne s'étende de Libourne à Arcachon.

    Est ce que le système Chaban prévaut encore? celui d'un duc d'Aquitaine avec ses barons d'opposition de Pessac, Mérignac ou Bègles. La Cohabitation se poursuit aujourd'hui avec la métropolisation. Est ce durable? Les échecs de Rousset puis Feltesse les patrons de la région et de la Cub doivent être médités.

    Bordeaux fait peur à son environnement rural. Le Conseil Départemental apparait confiné dans un rôle de défense des territoires ruraux. Pourtant l'avenir se joue entre Bordeaux, Toulouse, BAB (Bayonne, Biarritz et Anglet), Bilbao et Nantes.

    L'arc Atlantique a encore un avenir à inventer.

     

  • Estuaire

    Masse1508.jpgCette très belle carte est l'oeuvre de Claude Masse (1652-1737) , ingénieur du Roi. Elle est visible à l'exposition Estuaire aux Archives départementales de la Gironde jusqu'au 17 mars.

    Un exposition remarquable, dans la très belle salle des voûtes, découverte à l'occasion de la conférence de Yannis Suire sur l'Aquitaine au début du XVIIIéme siècle, cartes, plans et mémoires de Claude Masse.

    Claude Masse a passé 35 ans à arpenter les territoires situés entre Loire et Pyrénées pour cartographier les côtes et l'arrière pays afin de proposer des ouvrages de défense contre l'ennemi de toujours : les anglais, toujours menaçants : il y aura la guerre de sept ans (1756-1763), la perte du Canada puis en 1814, Lynch, maire de Bordeaux nommé par Napoléon qui livrera la ville aux anglais en soutien au futur Louis XVIII.

    Claude Masse sera non seulement cartographe mais aussi historien, économiste, ethnologue, allant bien au delà de sa seule mission militaire.

    Il habitait à La Rochelle mais mériterait davantage de reconnaissance à Bordeaux.

     

  • Les impliqués

    Un polar polonais! La mode est au polar nordique alors cap sur la Pologne. J'ai rencontré l'auteur et son traducteur au Salon Lire en Poche à Gradignan (Bordeaux Métropole), une excellente manifestation avec conférence d'auteurs, dédicaces, la présence de toutes les librairies de Bordeaux...

    Zygmunt Miloszewski, l'auteur, a écrit un polar un peu particulier qui relie la Pologne d'aujourd'hui et on le découvrira au cour de l'enquête du procureur, son passé. Le procureur est un peu blasé, au milieu de sa vie, il s'ennuie, supporte mal sa hiérarchie et n'est pas très heureux en couple. l'affaire qui va l'occuper va lui apporter du changement et un trop plein d'émotions.

    Un matin il est appelé dans un monastère qui a été loué par un thérapeute pour un WE de thérapie basé sur la reconstitution de la constellation familiale. Les participants jouent chacun leur tour le rôle de la famille d'un des patients et cette constellation permet de mettre en évidence la cause des troubles, des angoisses... pourquoi pas... et peu importe, l'essentiel est que ce matin là l'un des patients est retrouvé mort avec la broche d'une rôtissoire enfoncé dans l'oeil. Le meurtrier est sans doute parmi les participants à la thérapie, mais lequel?

    Le petit plus : les impliqués a été publié par une maison d'édition basée à Bordeaux :http://mirobole-editions.com

  • Abbaye aux dames de Saintes

    Escapade touristique le WE dernier pour aller découvrir le parcours musical dont s'est dotée récemment l'Abbaye aux dames de Saintes en Charente-maritime.

    Saintes est une petite ville de 25000 habitants baignée par la Charente, au passé Gallo-romain prestigieux, capitale de la Saintonge, préfecture de la Charente inférieure jusqu'en 1810, sous préfecture aujourd'hui. Une ville moyenne au patrimoine culturel très riche et qui s'appuie sur cette richesse pour rester attractive.

    L'Abbaye aux dames fondée en 1047 a été une des abbayes les plus puissantes du grand Sud-Ouest de la France, bénédictine, et a compté jusqu'à 100 nonnes chargées d'instruire les filles de la noblesse. L'église Sainte Marie date du XII et les bâtiments conventuels du XVII. Prison à la Révolution puis caserne militaire, l'abbaye est depuis les années 1970 affectée à des activités culturelles et notamment à la Cité musicale, lieu de formation, de spectacle, de création, d'hospitalité, l'église reste à vocation paroissiale pour les habitants du quartier, il n'y a plus de nonnes. C'est le festival de musique de Saintes dont la première édition date de 1972 qui est à l'origine de la sauvegarde du site.

    L'ensemble est géré par une association qui emploie environ 25 salariés.

    Les artistes vivent sur place, comme les nonnes autrefois, le temps d'une résidence artistique, d'un festival, dans les cellules restaurées, ils répètent dans l'ancien réfectoire...

    En dehors des périodes de festival, le visiteur se voit proposer trois types de visites : une visite classique avec un audio-guide, et deux visites avec un casque sur les oreilles, la première axée sur la vie des nonnes autrefois, la seconde sur la musique, c'est celle que l'on a choisie.

    L'impression est fort agréable, la musique de qualité aborde tous les genres, c'est très pédagogique sur le plan musical sans oublier les grandes lignes de l'histoire de l'abbaye.

    Le parcours dure environ une heure et permet de découvrir l'ensemble abbatial, de la cour au clocher typiquement roman saintongeais, en passant par l'église, le cloitre... le tout en musique. Une douzaine d'étapes c'est fort agréable.

    Evidemment, une comparaison avec La Chaise-Dieu s'impose. L'ensemble est libre d'accès on peut le parcourir en toute liberté sauf la montée au clocher. Très peu de voitures sur le site. L'aménagement est très sobre, minimal. La richesse du lieu tient à l'architecture typiquement saintongeaise mais incontestablement La Chaise-Dieu dispose d'atoûts introuvables à Saintes : la majesté du lieu, l'architecture gothique languedocien, le jubé, les stalles, les tapisseries, la danse macabre, Clément VI...

    A retenir donc l'idée qui parait séduisante de trois parcours différents au choix du public, en toute autonomie pour huit euros.

    Autre idée que nous n'avons pas testée mais qui aurait son sens à La Chaise-Dieu, l'offre de 33 chambres simples ou double dans les anciennes cellules des nonnes à des prix modérés 50 à 60 euros pour deux personnes.

    http://www.abbayeauxdames.org

  • Le Messie de Haendel - Ballet

    Jusqu'au 6 juillet au Grand Théâtre de Bordeaux. Un spectacle de nature à vous rendre de bonne humeur. Sur une des plus belles musiques occidentales, celle du Messie de Haendel, un ballet classique mais inspiré de la danse contemporaine, épuré, en costumes blancs, sur un plateau nu, une lumière bleutée...  

    L'orchestre suit le ballet, le choeur suit le ballet, les musiciens doivent aussi suivre la chef qui bouge beaucoup les mains, ce ne doit pas être simple. D'autant que les danseurs échangent leurs rôles à chaque représentation.

    Mais c'est magique. Une très belle fin de saison. Heureusement, Haendel qui était allemand, né en Saxe, qui voyagea en Italie et en France pour s'établir en Angleterre était loin d'imaginer les débats du Brexit. A l'époque, on circulait librement en Europe!

    Chorégraphie, Mauricio Wainrot - Direction musicale, Dominic Wheeler - Décors et costumes, Carlos Gallardo - Lumières, François Saint-Cyr
    Ballet de l’Opéra National de Bordeaux - Orchestre National Bordeaux Aquitaine - Choeur de l’Opéra National de Bordeaux
    Solistes de la Royal Academy of Music - Rebecca Goulden, soprano - Kate Symonds-Joy, mezzo-soprano - Thomas Hobbs, ténor - Frédérick Long, basse

  • Contes de Noël

    Thierry Fouquet en maitre de cérémonie, Paul Daniel, le chef très british de l'Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, le Baryton Florian Sempey, l'enfant du pays originaire de Libourne, Matthieu Amara, violoniste virtuose qui joue sur le Duc de Cremone, un violon de 1676 d'André Guarnerius, le Choeur de l'Opéra National de Bordeaux...une salle comble...

    C'est le concert de Noël, une tradition qu'essaie de créer Bordeaux. Une réussite, on commence par Mozart puis des anglais Haendel, Williams, Elgar et des russes Chostakovitch, Tchaikowski, Glazounov, des Noël traditionnels Minuit Chrétien, Douce nuit, White Christmas, l'Allelujah de la messe en si de Haendel et un cancan avec la participation du public.

    Paul Daniel déguste un petit canelé piqué au bout de sa baguette, c'est fini, et nous nous sommes prêts pour aller fêter Noël...

     

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  • Avec les ripeurs de Bordeaux Métropole

    Ce samedi matin, à cinq heures, à l'invitation de Bordeaux Métropole, petit déjeuner avec les 150 rieurs en charge de la collecte des ordures ménagères sur le secteur nord de la métropole. L'ambiance est conviviale, que des hommes, plutôt jeunes mais pas tous, une cinquantaine de chauffeurs de bennes et une centaine de ripeurs ou d'éboueurs. Café, croissants, vérification de la benne, feuille de route et à 5h25 les cinquante bennes quittent le dépôt en file indienne c'est impressionnant.

    Ces hommes vont faire deux tournées.  pour desservir le secteur d'environ 4000 habitants qui leur est alloué. sept heures de travail environ, mais c'est, comme à Marseille le régime du fini parti, le travail doit être fini qui qu'il arrive, panne de véhicule bouchon, accident... La gardien c'est le client qui ne manque pas de protester si le service ne lui plait pas. Cinq jours de travail par semaine, mais six jours de collecte, les équipes ne sont jamais les mêmes et puis il y a les remplaçants en cas de retard, maladie, congés et les renfors en cas de défaut des remplaçants, les service public ne souffre pas de défaillance de la collecte.

    Sur Bordeaux Rive droite il y un concessionnaire privé. Avantage, cela permet à la métropole de bien avouer sa délégation de service public de par sa connaissance des mériters et d'avoir un aiguillon en termes de gestion et d'immolation pour ses troupes.

    92 % des déchets sont recyclés sous forme d'électricité ,de chauffage urbain bientôt de réseau de chaleur.

    Bientôt chaque benne disposera d'un système embarqué pour indiquer les itinéraires ce qui permettra de les modifier en fonction des travaux, et de comptabiliser ce qui est collecté puisque les bacs seront prochainement équipés d'une puce électronique. Sur l'ensemble de la métropole il y'a 300 secteurs géographique set 440000 bacs verts et noirs pour les 350000 foyers recensés. La métropole a décrit 33000  sections de voies à desservir.

    Le budget d'environ 100 M€ est financé à 80 % par la taxe sur les ordures ménagères et à 20 % par la valorisation de la collecte.

    Les ripeurs comme il se désignent aujourd'hui cherchent à valoriser leur métier en organisant des journées portes ouvertes, des visites pour leurs familles, des actions caritatives, il ne ramassent pas de la merde mais contribuent à valoriser nos déchets, à rendre la ville belle et propre, ils ont besoin de nous et nous d'eux.

    Allez voir leur page Facebook ici

  • Bleus horizons

    Ce livre est un bel hommage rendu par Jérome Garcin à un poète bordelais trop méconnu Jean de la Ville de Mirmont (1884 - 1914).

    Un poète fauché comme tant d'autres sur le Chemin des Dames, l'auteur d'un seul roman intitulé Les dimanches de Jean Dezert qui conte de façon autobiographique la vie d'un jeune poète  bordelais qui se retrouve à Paris pour gagner sa vie dans des bureaux où il s'ennuie. Et un recueil de poèmes publié à titre posthume intitulé L'Horizon chimérique.

    On comprend mieux le titre de l'ouvrage.

    Jérome Garcin a créé un second personnage, Louis Gémon, un camarade de combat qui blessé aux jambes échappe à l'enfer des tranchées et qui va sa vie durant cultiver la mémoire de son ami, chercher de toutes ses forces à faire émerger son oeuvre.

    C'est ainsi que l'on rencontre la maman de Jean de la Ville de Mirmont, François Mauriac, Gabriel Fauré, Bernard Grasset et bien d'autres.

    C'est un ouvrage bien attachant, à lire et faire lire.

    A Bordeaux, sur les bords de la Garonne, rive droite, entre le jardin botanique et le pont de pierre un bel hommage est rendu  à Jean de la Ville de Mirmont.

    Cette fois mon coeur c'est le grand voyage

    Nous ne savons pas quand nous reviendrons

    Serons nous plus fiers, plus fous ou plus sages?

    Qu'importe, mon coeur, puisque nous partons!

    et

    Nous sommes au fond des enfants malades

    Qui faisons les fiers sans avoir de quoi

  • Félix Arnaudin - le guetteur mélancolique

    félix arnaudin,musée d'aquitaineTrès belle exposition au Musée d'Aquitaine des images, on devrait dire des tableaux, amassés par Félix Arnaudin, un landais de Labouheyre qui consacra sa vie (1844 -1921) à recenser un monde en voie de disparition, celui des Landes de Gacosgne, des bergers, des airails, des chansons, des traditions.

    Felix était méticuleux, il ne travaillait pas à demi, chaque image était réfléchie, faisait l'objet d'une mise en scène, les objets photographiés étaient précisés à l'avance, leur position dans le tableau ne laissait rien au hasard. Aucune place pour des photos sur le vif. IL faut dire que les temps de pose avaient leurs exigences.

    Cela donne une exposition magnifique, et émouvante, Félix Arnaudin, n'a semble-t-il jamais été reconnu de son temps, il passait pour à moitié fou, il a du attendre la mort de sa mère pour vivre avec sa bien aimée, est monté à Paris une fois pour l'exposition universelle de 1889. A la fois moderne et passéiste, il n'a pas par exemple documenté les bourgs, l'arrivée de la modernité...

    Ne pas manquer l'entretien sonore réalisé tardivement avec un de ses modèles de bergère qui décrit bien les conditions de réalisation d'une photographie.

    Une seule chose manque dans cette exposition : le vélo qu'utilisait Félix pour ses déplacements.

  • Le négoce bordelais des denrées tropicales

    Une série d'articles publiés en 1996 par la revue Les Cahiers de la Mémoire de Bordeaux. La Mémoire de bordeaux a été créée en 1987 à l'initiative de Jacques Chaban Delmas pour sauvegarder la mémoire récente de Bordeaux, depuis la guerre.

    Tous les articles sont rédigés par des professionnels du commerce des denrées tropicales : Jean Touton, Gérard Delalande, Philippe Doutreloux, Alain Huetz de Lemps et Jean Roger Domecq.

    On revit un des âges d'or de Bordeaux quand le port était le premier ou un des tous premiers pour le commerce du Café, du poivre, de la vanille, du sucre, du rhum, des fruits et primeurs. On revoit les Entrepôts Lainé, le centre d'art contemporain d'aujourd'hui, alors relié à la voie ferrée emplis de produits tropicaux, le cours du Médoc et ses barriques de rhum, le Hangar 15 ou débarquaient les fruits tropicaux, le tout nouveau hangar climatisé de Bassens, le débuts du port du Verdon et des conteneurs...

    Autrefois tout ce commerce avait ses maisons rue de la Rousselle et rue Saint Colombe, la mémoire disparait rapidement. C'est le mérite de cette revue.

    D'Afrique, il est question, des Antilles aussi mais pas des africains, du commerce triangulaire pas un mot, il est simplement fait état de relations économiques étroites qui ont connu de profondes mutations.

    Les historiens, les universitaires doivent s'y mettre aussi, le regard des seuls professionnels ne suffit pas.