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Théatre - Page 3

  • Fin de partie

    fin de partie.jpgSur la scène du théatre de l'Athénée, à Paris, il y a Hamm, aveugle, tetraplégique, assis dans un fauteuil roulant et Clov, son valet mais aussi son fils adoptif, toujours entravé dans ses mouvements par Hamm et ses caprices qui prend plaisir à le dominer et dans, deux poubelles, comme des pions, il y a Nell et Nagg, les parents de Hamm qui ont perdu leurs jambes dans un accident de tandem, mais qui s'aiment comme au premier jour même s'ils sont déjà presque morts.

    Hamm est le prénom d'un des fils de Noé, c'est aussi le début d'Hamlet... mais tout cela ce sont des interprétations jamais confirmées par Beckett qui a cependant consenti à dire que Fin de Partie "c'est comme la dernière partie d'échecs entre Karpov et Korchnoï : dès le troisième coup, ils savent qu'ils ne gagneraient ni l'un ni l'autre. Et ils ont continué à jouer".

    C'est bien la même chose ici, il ne passe rien à proprement parler, seulement un dialogue desespérant dont on ne sait pas si c'est parce que c'est le dernier jour ou si c'est tous les jours le même...

    Au théatre de l'Athénée jusqu'au 16 février, le spectacle dure 100 mn.

  • Liège/Berlin/Céline/Balmer

    Jean-François Balmer Affiche Céline-thumb-400x400-46412.jpgHier soir, en allant écouter Jean-François Balmer au Théatre de l'oeuvre donner des extraits du Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline, je suis descendu au métro Liège.

    Etrange station ou les deux quais ne se font pas face même si les métros s'y croisent dans chacune de deux stations de cette station qui sont en enfilade, séparées par un mur. Un mur! Prémonitoire, car avant la guerre de 1914, cette station s'appelait Berlin. Elle fut rapidement débaptisée au profit de Liège, afin de saluer la vaillance de la résistance de cette province à l'invasion allemande. La station est depuis 1982 ornée de magnifiques panneaux de céramiques représentant des sites de la province de Liège.

    Puisque c'est bientôt le 50ème anniversaire du traité franco-allemand peut-être pourrait on baptiser une des nouvelles stations de métro en construction du nom de Berlin, il y a bien, près de la Porte de Brandebourg, une Pariser Platz!

    Quant au voyage, Jean-François Balmer nous emmène à la Grande guerre, en Afrique, à New-York et en banlieue, le paillasson de la ville. On ressort avec l'envie de relire ce livre lu trop jeune sans doute, où il y a des phrases comme : Avec l'âge, on a plus assez de musique dans la tête pour faire danser la vie...

    Jusqu'au 24 mars... http://www.theatredeloeuvre.fr/

  • Romanes

    romanes.jpg"Si tu veux dire la vérité, assure-toi que tu as un bon cheval".

    "Si tu es au fond du trou, arrête de creuser".

    C'est avec ces deux citations qu'Alexandre Romanès à la fin de son spectacle fait la promotion de son dernier livre.

    Le Cirque Romanès se donne en effet en spectacle jusqu'au 6 janvier à Bordeaux, Quai Deschamps. Il faut y aller, avec peu de moyens, pas d'animaux ou si peu, la famille Romanes enchaine dans un rythme soutenu les numéros de jonglerie, de trapèze, d'équilibriste, et la musique, tzigane, bien sûr; est omniprésente, avec en particulier un superbe papi violoniste.

    Un peuple de promeneurs c'est bien sûr une réponse au discours de Grenoble de l'ancien président de la république stigmatisant les roms, les roms qui selon Romanès n'existent pas, il préfère parler de gitans et de tziganes.

    Alors pour contribuer à réhabiliter ces populations allons au cirque et surtout lisons Un peuple de promeneurs, ce petit livre écrit par un homme encore illétré la quarantaine venue nous donne à voir le regard porté par les tziganes sur nos sociétés, celles qui ont inventé les frontières, la bombe atomique, la colonisation, l'inquisition...

     "Je suis souvent dans la lune. Il m'arrive de quitter la pompe à essence ou le restaurant sans payer, comment expliquer quand on est gitan qu'on n'a pas voulu voler".

    "Quand un homme présente une façade impeccable,  c'est qu'il ne l'est pas".

    "La télévision est une poubelle et comme dans les poubelles, dès fois, on y trouve quelque chose".

    "Le monde est compliqué, tout est difficile, même vendre des frites au coin de la rue!

  • Oncle Vania

    P1000299.JPGAprès une petite collation au Foyer bar du théatre de l'Athénee ou l'on sert d'excellentes spécialités italiennes, on plonge dans le petit monde rausse cher à Tchekhov, un médecin revnu de tout, un vieux professeur, sa fille pas très belle qui rêve d'un amour impossible, sa seconde femme, jeune et belle qui s'ennuie... et Vania qui au terme d'une vie de labeur voit tout ce petit monde s'échapper sans lui reconnaire sa dette... : mesquineries, désirs, déceptions, renoncements, vodka. Elle n'est pas gaie l'humanité. La mise en scènce de Christian Benedetti est analogue à celle de La Mouette (cf. Chronique du 4 octobre), décor minimal, costumes ordinaires, diction rapide entrecoupée de longs silences, les acteurs sont ceux de La Mouette ou presque, on s'amuse à les reconnaitre, en une heure et quart, on se retrouve dans la rue Auber, il faut doux, on peut rentrer...

  • La mouette

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    Incroyable mais vrai. La Mouette était donné mardi dernier au Théatre National de Bordeaux Aquitaine et à l'Athénee Louis Jouvet à Paris. J'étais à l'Athénée et ma complice préférée à Bordeaux. A Bordeaux, la représentation a duré 3 heures 45 avec entracte, à Paris 1 heure 45 sans entracte. C'est exactement le même texte!

    A Paris c'était fulgurant! Pas de décor ou si peu, des acteurs habillés comme vous et moi dans le métro, rien qui évoque la Russie, des chaises, un banc, un drap...

    Que le texte de Tchekhov, le texte précipité à toute allure mais toujours intelligible, on s'accroche, et les images naissent toute seules dans la tête... Le soir Claude Régy confirme le mécanisme à l'oeuvre dans un entretien au Monde. Le pouvoir d'évocation du texte et de lui seul.

    Tchekhov présentant sa pièce comme une comédie, c'est une comédie humaine c'est à dire tragique, dans la présentation, le metteur en scène compare Treplev à Hamlet... C'est dire.

    La semaine prochjaine je vais voir sur le même mode Oncle Vania

  • Le Bourgeois gentilhomme

    Quels spectacles charmants, quels plaisirs goûtons-nous !
    Les Dieux mêmes, les Dieux, n’en ont point de plus doux.

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    C'est sur cet air de Lulli que s'achève le Bourgeois Gentilhomme, mis en scène par Denis Podalydès, avec une scénographie d'Eric Ruf. L'Ensemble Baroque de Limoges dirigé par Christophe Coin acccompagne merveilleursement cette Comédie-Ballet de Molière, sur une musique de Lulli avec de plus des airs de Couperin, de De Lalande et de Teleman. Les costumes sont de Christian Lacroix.

    Cela se joue au théatre des Bouffes du Nord jusqu'au 21 juillet. On est très près des comédiens et des danseurs qui sont formidables et font de cette turquerie improbable un spectacle fort agréable pour ce début d'été.
     

  • Peer Gynt

    J'avais lu la pièce d'Ibsen à l'automne dernier (cf.chronique du 10 octobre 2011) et indiqué que la Comédie française allait en présenter une mise en scène. C'est en ce moment dans le salon d'honneur du Grand Palais et jusqu'au 14 juin à 19 heures :

    http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=301&id=517

    La Comédie française y est à son meilleur et il faut se précipiter pour aller voir si on le peut cette pièce. Les comédiens sont formidables. le voyage, la vie de Peer Gynt se déroule sur un chemin, une voie ferrée de 40 mètres de long avec les spectateurs plaés sur des gradins de chaque côté.

    L'essentiel des épisodes du livre est évoqué les tribulations de Peer en Norvège, la noce au village, sa rencontre avec Solveig l'amour impossible de sa vie, la mort de sa mère, Ase, ses voyages, au royaume des trolls, sa vie d'esclavagiste, son séjour à l'asile des fous au Caire, son dialogue avec le Sphinx, son nauffrage et le meurtre qu'il commet, enfin le retour au pays, les retrouvailles avec Solveig, et son dialogue avec la Mort... Toute une vie d'homme qui se cherche...

    En un peu plus de quatre heures, on se régale de toutes les types de théatre, comédie, tragédie, folklore, grand spectacle, huis clos. Les costumes de Christian Lacroix sont superbes, de temps à autre on pense à Ariane Mouchkine.

    Du théatre total!

    Et pendant lle premier entracte, avant la tombée du jour,  on peut aller voir de haut, dans la nef du grand palais,  les cercles de couleurs de Daniel Buren pour Monumenta.

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  • Bruit et fureur

    La vie n'est qu'une ombre en marche, un pauvre acteur

    Qui dévore son heure en se pavanant sur la scène

    Et qu'on entend plus par la suite; c'est un conte

    Dit par un idiot, plein de bruit et de fureur,

    Ne signifiant rien. (Mac Beth, William Shakespeare)

    mac beth.jpg

    Très belle mise en scène de l'opéra de Verdi par Jean-Louis Martinoty au Grand Théatre de Bordeaux. Très beaux décors, costumes magnifiques, à la direction de l'orchestre Kwame Ryan, le directeur artistique et musical de l'institution bordelaise. Une vraie réussite. Le public a jugé utile de siffler Lisa Karen Houben pour son interprétation de Lady Mac Beth, sans trop de raison, savait-il que Verdi voulait une soprano à la voie laide pour mieux faire ressortir la folie de la reine et que ce rôle est un des plus difficiles de l'opéra? Le baryton Tassis Christoyannis a fait l'unanimité dans la rôle de Mac Beth.

    L'attrait du pouvoir, sa vanité, le destin, la folie, la conscience, le remord... tout est là depuis quatre siècles. A méditer par nos candidats à la présidentielle et par nous qui avons la chance et la mission d'en choisir un...

  • La Dame aux camélias

    frank castorf,alexandre dumas,dame aux camélias,traviata,hiner muler,georges batailleA l'Odéon. A côté de chez moi. J'y suis allé pour voir ayant lu les critiques du Monde et des Echos qui s'y sont pour partie laissé prendre. l'art est assis sur la subversion. Je n'ai pas été déçu, c'était bien le chaos annoncé!

    Frank Castorf ne se contente pas de nous donner une interprétation de l'ouvrage d'Alexandre Dumas fils, il le fait dialoguer, dit-il, avec une pièce contemporaine de Heiner Müller, la mission, la mission de trois hommes partis en Jamaïque à la fin du XVIII° inciter les esclaves à la révolte et qui arrivent trop tard, la république ayant déjà été abolie en France. Mais comme ce serait encore trop simple, Castorf a ausi introduit des passages de Histoire de l'Oeil de Georges Bataille.

    Le résultat est au meiux déconcertant, au pire affligeant. On perd rapidement le fil de ce qu'on n'ose appeler des dialogues pour se concentrer sur le jeu des acteurs qui ont bien du mérite  mais qui nous offrent essentiellement des scènes obscènes, crues, névrotiques sous des portraits de Khadafi et Berlusconi puis de Mussolini et Hitler censés illustrer la pornographie du monde. Il y a aussi un poulailler sur la scène, partie d'une favela, et en alternance un espace anonyme, clean, rose, néonisé : la réalité et l'apparence... On est à des lieues de La traviata

    Le public s'effiloche tout au long du spectacle dès les premières minutes, la majorité est partie à l'entracte, et j'ai suivi, qu'allaient apporter de plus les deux heures à venir ?

    Jusqu'au 4 février, ne pas se faire un devoir d'y aller sauf pour voir jusqu'où la décadence peut aller.

  • Peer Gynt

    peer-gynt.jpgAprès la folie meurtrière qui s'est déroulée à Oslo et dans l'ile d'Utoeya en juillet dernier, je me suis dit qu'il fallait lire quelque chose sur la Norvège et jai choisi la pièce d'Henrik Ibsen, Peer Gynt.

    Bien m'en a pris, la lecture d'une pièce de théatre change agréablement de la lecture d'un roman et puis cette pièce est formidable et coîncidence sans doute, elle va être reprise au Grand Palais, par la Comédie française  en mai 2012, on peut donc s'y préparer.

    Au premier niveau, c'est simplement une suite d'aventures merveilleuses tirées du folklore norvégien, le héros Peer Gynt, vole sur un bouc, conduit sa mère au chateau de la mort, rencontre des trolls, nous emmène au Maroc, au Caire, échappe de peu à un naufrage sur la route du retour, c'est plaisant, proverbial à souhait, des petites leçons de vie dispensées au fil des aventures.

    C'est aussi un conte philosophique, non seulement être ou ne pas être mais être quoi? se suffire à soi-même?, être soi? être hors de soi? être un homme?

    La postface de François Regnault, le traducteur, est passionnante.