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Théatre - Page 4

  • Peer Gynt

    peer-gynt.jpgAprès la folie meurtrière qui s'est déroulée à Oslo et dans l'ile d'Utoeya en juillet dernier, je me suis dit qu'il fallait lire quelque chose sur la Norvège et jai choisi la pièce d'Henrik Ibsen, Peer Gynt.

    Bien m'en a pris, la lecture d'une pièce de théatre change agréablement de la lecture d'un roman et puis cette pièce est formidable et coîncidence sans doute, elle va être reprise au Grand Palais, par la Comédie française  en mai 2012, on peut donc s'y préparer.

    Au premier niveau, c'est simplement une suite d'aventures merveilleuses tirées du folklore norvégien, le héros Peer Gynt, vole sur un bouc, conduit sa mère au chateau de la mort, rencontre des trolls, nous emmène au Maroc, au Caire, échappe de peu à un naufrage sur la route du retour, c'est plaisant, proverbial à souhait, des petites leçons de vie dispensées au fil des aventures.

    C'est aussi un conte philosophique, non seulement être ou ne pas être mais être quoi? se suffire à soi-même?, être soi? être hors de soi? être un homme?

    La postface de François Regnault, le traducteur, est passionnante.

  • A qui se fier ou le grand écart

    avignon.jpgS'il y a un domaine ou les avis sont partagés, où il n'y a pas de consensus, c'est bien la vie culturelle.

    Dans Les Echos du 8 juillet, au Festival d'Aix en Provence, La Traviata avec Natalie Dessay convainc, dans Le Monde du 9 juillet : Aix ne réussit pas à Natalie Dessay!

    Dans Aix.pngLe Monde du 8 juillet : Avignon rate son ouverture avec Jan Karski et dans les Echos du 8 juillet Belle entrée en matière dans la cité des papes avec le bouleversant Jan Karski!

    Que faire? Aller à l'opéra et au théatre!

  • Ariane à Naxos

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    Bacchus découvrant Ariane (Le nain)

    Bon, ben, c'est l'histoire d'une nana, Ariane, qui vient de se faire plaquer par son mec, Thésée, alors qu'elle lui a permis d'échapper aux crocs du minotaure, dans le labyrinthe... Alors elle est là, prostrée dans une grotte et elle appelle la mort, lorsque, miracle, surgit Bacchus, qui va lui promettre que les astres éternels mourront avant qu'elle ne meure dans ses bras.

    Intermède heureux au milieu de cet opéra à acte unique la danse de Zerbinette, nenette dévergondée qui enfile les fiancés, les uns à la suite des autres et parfois tous en même temps, danse qui est censée redonner le goût à la vie à Ariane.

    Et modernité de Richard Strauss et d'Hugo von Hofmannstahl, tout cela nous est expliqué dans un prologue bien enlevé qui nous montre les acteurs, ceux de l'opéra et les danseurs de Zerbinette se préparer à interpréter leurs numéros consécutivement lorsqu'au dernier moment le mécène pour lequel ils doivent  jouer ordonne de mélanger les deux spectacles, l'ennuyeux et l'enlevé. - Ah, le rôle des mécènes dans l'art!

    Le problème de cette mise en scène de Roy Rallo, donnée au Grand Théatre de Bordeaux jusqu'au 3 mars 2011, c'est que Heidi Melton correspond peu à l'image que l'on peut se fait d'Ariane, jeune romantique, fragile et qu'il en est de même d'Arnold Bezuyen qui interpréte un Bacchus bien terne. On a donc du mal à croire à leur coup de foudre...

    Les bons chanteurs ne font pas toujours de bons acteurs...

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    Heidi Melton et Arnold Bezuyen à l'opéra de Bordeaux

  • L'italienne à Alger

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    L'opéra de Rossini a deux siècles ou presque, il a été représenté pour la première fois à Venise en 1813. C'est une farce mais une farce morale. Une belle italienne, figure de l'émancipation des femmes, s'en va délivrer son amant retenu prisonnier avec d'autres italiens de l'autre côté de la Méditerranée, omniprésente dans le décor, prisonnier du bey, un turc brutal pas très malin, lassé de son épouse légitime et des femmes de son harem et désireux de s'amuser avec une italienne épicée.

    Indépendance des femmes, émergence de la nation italienne, bien avant Verdi, il y a beaucoup de modernité dans cet opéra. La mise en scène est épatante pleine d'inventivité, la musique de Rossini très enlevée est magnifique et les airs pleins de volubilité, d'onomatopées.  Bref pas une ride dans cette oeuvre, si ce n'est l'image d'Epinal de l'Orient, bien éloignée de celle d'aujourd'hui, aucune allusion à l'actualité, si ce n'est les amazones à la Khadaffi, c'est un Orient rêvé, des mille et une nuit, celui des harems, des sérails, du luxe et de la cruauté (le pal...).

    Mais on le voit bien ces jours ci l'Orient est à nouveau appelé à changer, à Alger comme ailleurs.

    Une coproduction Teatro Real de Madrid, Houston Grand Opera, Maggio Musicale Fiorentino et Opéra National de Bordeaux, à voir au Grand Théatre de Bordeaux lundi 31 janvier, puis à Houston en 2012!

  • Le 104

    Je n'étais pas allé au 104 depuis son ouverture en 2008. Rappelons que le 104 de la rue d'Aubervilliers à Paris est aujourd'hui un établissement artistique de la Ville de Paris, là ou de 1873 à 1997 on trouvait le service diocésain puis à partir de 1905 municipal des pompes funèbres. On a un peu de mal aujourd'hui à imaginer la ruche qu'était le SMPF, bureaux, ateliers, employés, artisans, familles...

     

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    Le lieu est aujourd'hui complétement transformé, la bonne surprise est d'y trouver beaucoup de jeunes enfants avec leur parents, il y a en effet un espace dédié aux petits de moins de cinq ans accompagnés d'un référent. Il y a des commerces, bientôt un incubateur d'entreprises. L'Espace est ouvert, sorte d'agora, de lieu où l'on passe. On y trouve aussi des résidences d'artistes, des expositions, des spectacles, on peut se restaurer aux Grandes tables dans une atmosphère décontractée, et la librairie Le merle moqueur est excellente et très bien achalandée. En ce moment, on peut aussi profiter, petits et grands, du Manège carré Sénart, conçu par La Machine, l'équipe qui construit à Nantes les animaux géants de la compagnie Royal de Luxe. Et pour les amateurs, il ya une boutique Emmaus, fermée le dimanche.

    Le pretexte pour aller au 104 hier était d'assister au spectacle du Cabaret New Burlesque que le film de Matthieu Amalric a rendu célèbre. Déception à l'arrivée. La presse dythirambiaue en a trop fait, il faut dire que renouveler le genre du Steap Tease en ayant seulement recours aux mythes éculés des années cinquante était une gageure impossible.

  • Le Vrai sang

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    Spectacle étonnant au théatre de l'Odéon, à Paris, la mise en scène de Le Vrai sang, un texte de Valère Novarina. Deux heure et demi d'un spectacle total qui marie le théatre, le cirque, le chant, la musique, la danse et surtout une cascade sans fin de mots, d'expressions, de reflexions, de maximes...

    Le spectacle haut en couleurs, avec beaucoup de rouge évidemment, tient à la fois des Deschiens, de l'absurde, du surréalisme, de la poésie, du théatre de rue. La vision qui s'en dégage est assez pessimiste et pourait s'articuler autour de l'idée qu'il est temps pour l'homme de déposer son bilan.

    Jusqu'au 31 janvier.

    Le texte de Valère Novarina a été publié chez POL. La performance des acteurs est remarquable. Mais comment font ils donc pour mémoriser un texte pareil?

  • La cerisaie

    cerisaie.jpgPerdue la recette qui permettait de concerver les cerises juteuses et sucrées! La Cerisaie, symbole d'une époque révolue, est déjà morte même si elle est encore là, habitée le temps de la pièce par ceux qui y sont nés, qui y ont leurs souvenirs d'enfance, une noblesse rurale prodigue, ruinée mais joyeuse, un fils de moujik devenu bourgeois, parvenu, figure du capitalisme naissant, qui va l'acheter aux enchères, y abattre les arbres, pour la lotir, un étudiant exalté mûr pour le léninisme, tous les personnages de la cerisaie sont justes, ils sont tous perdus, aucun n'atteint ses vrais objectifs, même les amouirs ne se concrétisent pas

    La Cerisaie, dans cette mise en scène de Paul Desvaux, à l'Athénée-Louis Jouvet jusqu'au 13 décembre c'est aussi un peu le Titanic, on y chante, on y danse, on y fête un monde qui va disparaitre, qui est déjà disparu.

    Tcheckov a évrit La Cerisaie au tout début du siècle dernier et en regardant cette pièce aujourd'hui, à l'âge que j'ai, on pense irrésistiblement à la vieille Europe, la nôtre, dans la mondialisation, en train de disparaitre d'une certaine façon, on a tous la nostalgie du temps passé, c'est un ressort qui fonctionne toujours...

    Une dernière chose apprise dans le programme remis en séance, juste avant de mourir de la tuberculose, Tcheckov, lui-même médecin, s'est vu offrir par son médecin une coupe de champagne qu'il a bu avec plaisir. Combien de coupes de champagne aujourd'hui dans les services de soins palliatifs?

    J'espère que le moment venu, on pensera à m'en offrir une avec de la bonne musique!

  • Centenaire

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    Cette belle maison de style antillais construite dans l'entre-deux guerres, fût à partir de 1957 la maison de vacances de Jean Anouilh, au Cap Ferret.
    Né à Bordeaux, l'auteur d'Antigone, connu de tous les lycéens ou presque, aurait eu 100 ans cette année. L'occasion pour le Maire de Lége-Cap Ferret de célébrer l'évènement, ce dimanche, 24 octobre, avec l'inauguration d'une Promenade Jean Anouilh, en présence de sa fille Marie-Colombe et de la présidente du conseil municipal des jeunes.
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    La pluie était battante mais cela n'avait pas découragé les organisateurs, les édiles, d'anciens proches comme l'ancienne gouvernante des enfants Anouilh, de se rassembler et d'évoquer sous le porche de l'église Notre-Dame-des-flots toute proche, puis sur la plage, devant la maison de l'écrivain, quelques anecdotes de la vie quotidienne de l'époque et les rééditions à venir des oeuvres de Jean Anouilh.
    C'eût pu être une bonne matinée, une promenade guidée par Marie-Colombe était prévue sur les lieux qu'aimait l'écrivain. La pluie a précipité tout le monde au chaud pour boire un chocolat chaud! Le soleil est revenu à Bordeaux l'après-midi!

  • Casteljaloux

    Il est seul en scène, à la Base sous marine de Bordeaux, et il joue une dizaine de personnages, ceux de son adolescence à Casteljaloux, gros bourg de 5 000 habitants dans le Lot et Garonne. Le sien d'abord, Romain, 17 ans, capitaine de son équipe de Hand-Ball qui rêve de faire du théatre, son père, René, 47 ans, divorcé, le "queutard" du village, sa mère, Marie-Jo, 34 ans, témoin de Jehovah, Jean-François, 28 ans, efféminé, amoureux secret de Romain, Jeannot, qui vient de faire trois ans de prison pour avoir raccourci à la hache les doigts de la main d'un rival qu'il jugeait baladeuse, Jacky, le fils du boucher, un colosse qui a ses entrainements de rugby le mardi, Chantal, caissière au Leclerc, jolie fille, la maitresse de Jacky qui était avant avec Jeannot, Pascaline, 14 ans, qui occupe toutes les pensées de Romain, Ophélie, la chienne de René qui lui obeit au doigt et à l'oeil... tout cela se termine, on le sait dès le début par l'assassinat de Jacky par Jeannot...

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    C'est la vie de village, l'ennui, la boisson, la jalousie, la bagarre, le besoin de nouveaux horizons, au delà de la forêt landaise...

    Laurent Laffargue, alias Romain, s'en est sorti, il a fait le Conservatoire de Bordeaux, a fondé à la sortie la Compagnie du soleil bleu et a depuis mis en scène les grands classiques du théatre et de l'opéra, dernièrement Carmen, au Grand théatre de Bordeaux. A 40 ans, il se découvre des talents d'acteur.

    Casteljaloux va être repris avec une dizaine de comédiens en première au théatre de La Coursive à La Rochelle les 11 et 12 janvier 2011, puis en tournée dans toute la France : http://www.compagniesoleilbleu.fr/casteljaloux-deuxieme-version et un jour peut-être au cinéma car Laurent Laffarque s'essaie à tout avec talent.

  • Oh les beaux jours!

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    La salle du théatre de l'Athénée était pleine hier soir,au début du moins, plusieurs spectateurs l'ont en effet quitté au fur et à mesure de la représentation d'Oh les beaux jours de Samuel Beckett dans une mise en scène de Bob Wilson.
    Sans douite ne savaient ils pas à quoi s'attendre... Le programme le dit : il ne fauit pas chercher à comprendre la pièce mais seulement s'attacher à l'entendre, silences compris. Beckett avait longuement demandé à Stravinski comment  noter les silences... On a donc droit à une actrice, Adriana Asti qui joue Willie, une femme disons au crépuscule de la vie, juchée au sommet d'une sorte de montagne,qu'elle ne quittera que pour saluer à la fin, qui se lance dans un monologue de près de près de deux heures, sans trop de cohérence. Mais il y a de beaux textes, des extraits de poésie britannique (Yeats, Keats, Milton), de Shakespeare, la nuit des rois, Hamlet, entrecoupés de considérations plus terre à terre sur la vie quotidienne ou de dialogues avec un mari, Winnie, qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été, un homme le plus souvent sans opinion...
    Bref c'est une tragédie, on espère un retournement, un peu d'espérance chez ces naufragés de la vie, mais non, rien, on reste au fond du trou! Et on regrette simplement, en son temps, de ne pas etre allé voir Madeleine Renaud jouer ce rôle.
    Oh les beaux jours... Encore une belle soirée de passée!
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