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Théatre - Page 4

  • Le Bourgeois gentilhomme

    Quels spectacles charmants, quels plaisirs goûtons-nous !
    Les Dieux mêmes, les Dieux, n’en ont point de plus doux.

    Bouffes.JPG

    C'est sur cet air de Lulli que s'achève le Bourgeois Gentilhomme, mis en scène par Denis Podalydès, avec une scénographie d'Eric Ruf. L'Ensemble Baroque de Limoges dirigé par Christophe Coin acccompagne merveilleursement cette Comédie-Ballet de Molière, sur une musique de Lulli avec de plus des airs de Couperin, de De Lalande et de Teleman. Les costumes sont de Christian Lacroix.

    Cela se joue au théatre des Bouffes du Nord jusqu'au 21 juillet. On est très près des comédiens et des danseurs qui sont formidables et font de cette turquerie improbable un spectacle fort agréable pour ce début d'été.
     

  • Peer Gynt

    J'avais lu la pièce d'Ibsen à l'automne dernier (cf.chronique du 10 octobre 2011) et indiqué que la Comédie française allait en présenter une mise en scène. C'est en ce moment dans le salon d'honneur du Grand Palais et jusqu'au 14 juin à 19 heures :

    http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=301&id=517

    La Comédie française y est à son meilleur et il faut se précipiter pour aller voir si on le peut cette pièce. Les comédiens sont formidables. le voyage, la vie de Peer Gynt se déroule sur un chemin, une voie ferrée de 40 mètres de long avec les spectateurs plaés sur des gradins de chaque côté.

    L'essentiel des épisodes du livre est évoqué les tribulations de Peer en Norvège, la noce au village, sa rencontre avec Solveig l'amour impossible de sa vie, la mort de sa mère, Ase, ses voyages, au royaume des trolls, sa vie d'esclavagiste, son séjour à l'asile des fous au Caire, son dialogue avec le Sphinx, son nauffrage et le meurtre qu'il commet, enfin le retour au pays, les retrouvailles avec Solveig, et son dialogue avec la Mort... Toute une vie d'homme qui se cherche...

    En un peu plus de quatre heures, on se régale de toutes les types de théatre, comédie, tragédie, folklore, grand spectacle, huis clos. Les costumes de Christian Lacroix sont superbes, de temps à autre on pense à Ariane Mouchkine.

    Du théatre total!

    Et pendant lle premier entracte, avant la tombée du jour,  on peut aller voir de haut, dans la nef du grand palais,  les cercles de couleurs de Daniel Buren pour Monumenta.

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  • Bruit et fureur

    La vie n'est qu'une ombre en marche, un pauvre acteur

    Qui dévore son heure en se pavanant sur la scène

    Et qu'on entend plus par la suite; c'est un conte

    Dit par un idiot, plein de bruit et de fureur,

    Ne signifiant rien. (Mac Beth, William Shakespeare)

    mac beth.jpg

    Très belle mise en scène de l'opéra de Verdi par Jean-Louis Martinoty au Grand Théatre de Bordeaux. Très beaux décors, costumes magnifiques, à la direction de l'orchestre Kwame Ryan, le directeur artistique et musical de l'institution bordelaise. Une vraie réussite. Le public a jugé utile de siffler Lisa Karen Houben pour son interprétation de Lady Mac Beth, sans trop de raison, savait-il que Verdi voulait une soprano à la voie laide pour mieux faire ressortir la folie de la reine et que ce rôle est un des plus difficiles de l'opéra? Le baryton Tassis Christoyannis a fait l'unanimité dans la rôle de Mac Beth.

    L'attrait du pouvoir, sa vanité, le destin, la folie, la conscience, le remord... tout est là depuis quatre siècles. A méditer par nos candidats à la présidentielle et par nous qui avons la chance et la mission d'en choisir un...

  • La Dame aux camélias

    frank castorf,alexandre dumas,dame aux camélias,traviata,hiner muler,georges batailleA l'Odéon. A côté de chez moi. J'y suis allé pour voir ayant lu les critiques du Monde et des Echos qui s'y sont pour partie laissé prendre. l'art est assis sur la subversion. Je n'ai pas été déçu, c'était bien le chaos annoncé!

    Frank Castorf ne se contente pas de nous donner une interprétation de l'ouvrage d'Alexandre Dumas fils, il le fait dialoguer, dit-il, avec une pièce contemporaine de Heiner Müller, la mission, la mission de trois hommes partis en Jamaïque à la fin du XVIII° inciter les esclaves à la révolte et qui arrivent trop tard, la république ayant déjà été abolie en France. Mais comme ce serait encore trop simple, Castorf a ausi introduit des passages de Histoire de l'Oeil de Georges Bataille.

    Le résultat est au meiux déconcertant, au pire affligeant. On perd rapidement le fil de ce qu'on n'ose appeler des dialogues pour se concentrer sur le jeu des acteurs qui ont bien du mérite  mais qui nous offrent essentiellement des scènes obscènes, crues, névrotiques sous des portraits de Khadafi et Berlusconi puis de Mussolini et Hitler censés illustrer la pornographie du monde. Il y a aussi un poulailler sur la scène, partie d'une favela, et en alternance un espace anonyme, clean, rose, néonisé : la réalité et l'apparence... On est à des lieues de La traviata

    Le public s'effiloche tout au long du spectacle dès les premières minutes, la majorité est partie à l'entracte, et j'ai suivi, qu'allaient apporter de plus les deux heures à venir ?

    Jusqu'au 4 février, ne pas se faire un devoir d'y aller sauf pour voir jusqu'où la décadence peut aller.

  • Peer Gynt

    peer-gynt.jpgAprès la folie meurtrière qui s'est déroulée à Oslo et dans l'ile d'Utoeya en juillet dernier, je me suis dit qu'il fallait lire quelque chose sur la Norvège et jai choisi la pièce d'Henrik Ibsen, Peer Gynt.

    Bien m'en a pris, la lecture d'une pièce de théatre change agréablement de la lecture d'un roman et puis cette pièce est formidable et coîncidence sans doute, elle va être reprise au Grand Palais, par la Comédie française  en mai 2012, on peut donc s'y préparer.

    Au premier niveau, c'est simplement une suite d'aventures merveilleuses tirées du folklore norvégien, le héros Peer Gynt, vole sur un bouc, conduit sa mère au chateau de la mort, rencontre des trolls, nous emmène au Maroc, au Caire, échappe de peu à un naufrage sur la route du retour, c'est plaisant, proverbial à souhait, des petites leçons de vie dispensées au fil des aventures.

    C'est aussi un conte philosophique, non seulement être ou ne pas être mais être quoi? se suffire à soi-même?, être soi? être hors de soi? être un homme?

    La postface de François Regnault, le traducteur, est passionnante.

  • A qui se fier ou le grand écart

    avignon.jpgS'il y a un domaine ou les avis sont partagés, où il n'y a pas de consensus, c'est bien la vie culturelle.

    Dans Les Echos du 8 juillet, au Festival d'Aix en Provence, La Traviata avec Natalie Dessay convainc, dans Le Monde du 9 juillet : Aix ne réussit pas à Natalie Dessay!

    Dans Aix.pngLe Monde du 8 juillet : Avignon rate son ouverture avec Jan Karski et dans les Echos du 8 juillet Belle entrée en matière dans la cité des papes avec le bouleversant Jan Karski!

    Que faire? Aller à l'opéra et au théatre!

  • Ariane à Naxos

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    Bacchus découvrant Ariane (Le nain)

    Bon, ben, c'est l'histoire d'une nana, Ariane, qui vient de se faire plaquer par son mec, Thésée, alors qu'elle lui a permis d'échapper aux crocs du minotaure, dans le labyrinthe... Alors elle est là, prostrée dans une grotte et elle appelle la mort, lorsque, miracle, surgit Bacchus, qui va lui promettre que les astres éternels mourront avant qu'elle ne meure dans ses bras.

    Intermède heureux au milieu de cet opéra à acte unique la danse de Zerbinette, nenette dévergondée qui enfile les fiancés, les uns à la suite des autres et parfois tous en même temps, danse qui est censée redonner le goût à la vie à Ariane.

    Et modernité de Richard Strauss et d'Hugo von Hofmannstahl, tout cela nous est expliqué dans un prologue bien enlevé qui nous montre les acteurs, ceux de l'opéra et les danseurs de Zerbinette se préparer à interpréter leurs numéros consécutivement lorsqu'au dernier moment le mécène pour lequel ils doivent  jouer ordonne de mélanger les deux spectacles, l'ennuyeux et l'enlevé. - Ah, le rôle des mécènes dans l'art!

    Le problème de cette mise en scène de Roy Rallo, donnée au Grand Théatre de Bordeaux jusqu'au 3 mars 2011, c'est que Heidi Melton correspond peu à l'image que l'on peut se fait d'Ariane, jeune romantique, fragile et qu'il en est de même d'Arnold Bezuyen qui interpréte un Bacchus bien terne. On a donc du mal à croire à leur coup de foudre...

    Les bons chanteurs ne font pas toujours de bons acteurs...

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    Heidi Melton et Arnold Bezuyen à l'opéra de Bordeaux

  • L'italienne à Alger

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    L'opéra de Rossini a deux siècles ou presque, il a été représenté pour la première fois à Venise en 1813. C'est une farce mais une farce morale. Une belle italienne, figure de l'émancipation des femmes, s'en va délivrer son amant retenu prisonnier avec d'autres italiens de l'autre côté de la Méditerranée, omniprésente dans le décor, prisonnier du bey, un turc brutal pas très malin, lassé de son épouse légitime et des femmes de son harem et désireux de s'amuser avec une italienne épicée.

    Indépendance des femmes, émergence de la nation italienne, bien avant Verdi, il y a beaucoup de modernité dans cet opéra. La mise en scène est épatante pleine d'inventivité, la musique de Rossini très enlevée est magnifique et les airs pleins de volubilité, d'onomatopées.  Bref pas une ride dans cette oeuvre, si ce n'est l'image d'Epinal de l'Orient, bien éloignée de celle d'aujourd'hui, aucune allusion à l'actualité, si ce n'est les amazones à la Khadaffi, c'est un Orient rêvé, des mille et une nuit, celui des harems, des sérails, du luxe et de la cruauté (le pal...).

    Mais on le voit bien ces jours ci l'Orient est à nouveau appelé à changer, à Alger comme ailleurs.

    Une coproduction Teatro Real de Madrid, Houston Grand Opera, Maggio Musicale Fiorentino et Opéra National de Bordeaux, à voir au Grand Théatre de Bordeaux lundi 31 janvier, puis à Houston en 2012!

  • Le 104

    Je n'étais pas allé au 104 depuis son ouverture en 2008. Rappelons que le 104 de la rue d'Aubervilliers à Paris est aujourd'hui un établissement artistique de la Ville de Paris, là ou de 1873 à 1997 on trouvait le service diocésain puis à partir de 1905 municipal des pompes funèbres. On a un peu de mal aujourd'hui à imaginer la ruche qu'était le SMPF, bureaux, ateliers, employés, artisans, familles...

     

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    Le lieu est aujourd'hui complétement transformé, la bonne surprise est d'y trouver beaucoup de jeunes enfants avec leur parents, il y a en effet un espace dédié aux petits de moins de cinq ans accompagnés d'un référent. Il y a des commerces, bientôt un incubateur d'entreprises. L'Espace est ouvert, sorte d'agora, de lieu où l'on passe. On y trouve aussi des résidences d'artistes, des expositions, des spectacles, on peut se restaurer aux Grandes tables dans une atmosphère décontractée, et la librairie Le merle moqueur est excellente et très bien achalandée. En ce moment, on peut aussi profiter, petits et grands, du Manège carré Sénart, conçu par La Machine, l'équipe qui construit à Nantes les animaux géants de la compagnie Royal de Luxe. Et pour les amateurs, il ya une boutique Emmaus, fermée le dimanche.

    Le pretexte pour aller au 104 hier était d'assister au spectacle du Cabaret New Burlesque que le film de Matthieu Amalric a rendu célèbre. Déception à l'arrivée. La presse dythirambiaue en a trop fait, il faut dire que renouveler le genre du Steap Tease en ayant seulement recours aux mythes éculés des années cinquante était une gageure impossible.

  • Le Vrai sang

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    Spectacle étonnant au théatre de l'Odéon, à Paris, la mise en scène de Le Vrai sang, un texte de Valère Novarina. Deux heure et demi d'un spectacle total qui marie le théatre, le cirque, le chant, la musique, la danse et surtout une cascade sans fin de mots, d'expressions, de reflexions, de maximes...

    Le spectacle haut en couleurs, avec beaucoup de rouge évidemment, tient à la fois des Deschiens, de l'absurde, du surréalisme, de la poésie, du théatre de rue. La vision qui s'en dégage est assez pessimiste et pourait s'articuler autour de l'idée qu'il est temps pour l'homme de déposer son bilan.

    Jusqu'au 31 janvier.

    Le texte de Valère Novarina a été publié chez POL. La performance des acteurs est remarquable. Mais comment font ils donc pour mémoriser un texte pareil?