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Livre - Page 3

  • Une enfance à La Chaise-Dieu

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    Jean-Luc Bayard, auteur de P.O.L nid d'espions présente son livre dans un entretien paru dans Libération et à cette occasion, évoque son enfance à La Chaise-Dieu. C'est très émouvant. La totalité de l'entretien est  ici, la partie relative à La Chaise-Dieu dans "lire la suite". 

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  • Atlas d'un homme inquiet

    Il n'y a pas de cartes dans cet Atlas commis par Christoph Ransmayr mais 70 petites nouvelles qui commencent toutes par les mots Je vis et qui se situent dans 70 lieux différents sur les cinq continents, avec une prédilection particulière pour l'Asie, les Amériques et l'Europe, les lieux privilégiés par Ransmayr pour ses pérégrinations au cours de sa vie.

    Les nouvelles ne sont pas datées mais elles témoignent de notre époque, c'est un portrait de notre monde contemporain, des défis auxquels est confrontée l'humanité. C'est empreint de sagesse, de romantisme et d'interrogations pour notre avenir.

  • Joseph

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    De Marie Hélène Lafon, j'avais beaucoup aimé Les pays. Joseph est un peu de la même veine.

    Joseph, c'est le portrait d'un homme, un ouvrier agricole, mais un ouvrier logé par ses patrons, il fait partie de la ferme sans en faire vraiment partie. Il a une soixante d'années, bientôt la retraite. il adore compter, il mémorise bien les chiffres, surtout les dates, beaucoup moins les lettres, les mots ce n'est pas son affaire, c'est un taiseux, mais il observe.

    Vers la trentaine il a aimé Sylvie, qui le lui a bien rendu, pendant un temps. Puis Sylvie est partie pour un autre, comme les fois précédentes, plaqueur, plaqué, et il s'est mis à boire, puis s'est soigné. Depuis, il va de place en place, il aime les chiens, les vaches, il les connait par coeur, il n'a pas son pareil dans le pays pour les mener.

    Il observe le monde, le mémorise, mais il n'en est pas un acteur. il est à sa place. il ne dira pas ce qu'il en pense. il garde tout pour lui.

    Le soir, après le diner, il parcourt le journal de la veille pendant que la patronne fait les mots croisés du journal du jour.

    Son frère qui a mieux réussi à pris sa mère chez lui, Joseph s'est retrouvé seul et vit désormais en permanence chez ses patrons, il connait déjà bien l'hospice ou il ira finir ses jours.

    Joseph est donc aussi le portrait d'un monde qui disparait, un monde rude, dans le Cantal, un monde de solidarité, de respect.

    Marie Hélène Lafon sait trouver les mots justes.

  • Jacob, Jacob

    Livre magnifique, justement récompensé par le prix Livre Inter, mais il aurait pu tout aussi bien avoir d'autres prix. Jacob est un jeune homme de Constantine, en Algérie, né dans une famille nombreuse, juive, comme son prénom l'indique, Jacob, Jacob deux fois, parce qu'un de ses frères ainés, déjà prénommé Jacob, est décédé prématurément, il le remplace donc.

    Jacob est un garçon intelligent, poète, sensible, qui vit dans une famille fruste, où les hommes font la loi, oppressent les femmes, battent les enfants. Ils font les fiers alors qu'ils n'ont pas de quoi pour citer Jean de la Ville de Mirmont.

    On est en 1940, Jacob est d'abord interdit de lycée parce qu'il est juif, et son professeur lui donne des cours particuliers pour compenser, puis c'est la mobilisation, et l'incorporation, pour défendre la France, la judéité n'est plus un problème.

    Il part, effectue le débarquement en Provence, remonte en Alsace... tue des boches, sa mère n'a pas de nouvelles, la Lucette, qui rêve de lui toutes les nuits non plus. 

    Quelques années plus tard, son neveu, Gabriel combattra les fellaghas...

    C'est la vie, la vraie vie, l'amour filial, la camaraderie des combats, l'amour tout court...

  • Bleus horizons

    Ce livre est un bel hommage rendu par Jérome Garcin à un poète bordelais trop méconnu Jean de la Ville de Mirmont (1884 - 1914).

    Un poète fauché comme tant d'autres sur le Chemin des Dames, l'auteur d'un seul roman intitulé Les dimanches de Jean Dezert qui conte de façon autobiographique la vie d'un jeune poète  bordelais qui se retrouve à Paris pour gagner sa vie dans des bureaux où il s'ennuie. Et un recueil de poèmes publié à titre posthume intitulé L'Horizon chimérique.

    On comprend mieux le titre de l'ouvrage.

    Jérome Garcin a créé un second personnage, Louis Gémon, un camarade de combat qui blessé aux jambes échappe à l'enfer des tranchées et qui va sa vie durant cultiver la mémoire de son ami, chercher de toutes ses forces à faire émerger son oeuvre.

    C'est ainsi que l'on rencontre la maman de Jean de la Ville de Mirmont, François Mauriac, Gabriel Fauré, Bernard Grasset et bien d'autres.

    C'est un ouvrage bien attachant, à lire et faire lire.

    A Bordeaux, sur les bords de la Garonne, rive droite, entre le jardin botanique et le pont de pierre un bel hommage est rendu  à Jean de la Ville de Mirmont.

    Cette fois mon coeur c'est le grand voyage

    Nous ne savons pas quand nous reviendrons

    Serons nous plus fiers, plus fous ou plus sages?

    Qu'importe, mon coeur, puisque nous partons!

    et

    Nous sommes au fond des enfants malades

    Qui faisons les fiers sans avoir de quoi

  • Charlotte

    Charlotte est un beau, un très beau roman de David Foenkinos publié dans la collection blanche de Gallimard qui retrace la vie de Charlotte Salomon, une jeune juive allemande déporté et assassinée à 26 ans, enceinte, en 1943.

    Un peu avant son arrestation, Charlotte qui avait fui l'Allemagne nazie pour se réfugier en zone libre, sur la côte d'azur a écrit une oeuvre composée de 800 gouaches, de textes, d'indications musicales intitulée Leben, oder Theater, Vie? ou théâtre.

    C'est toute une vie a-t-elle dit à son médecin qui l'avait accompagné lorsqu'elle lui remit son travail.

    Toute une vie marquée de bout en bout par la tragédie dans une atmosphère de folie que retrace magnifiquement et avec beaucoup d'admiration Foenkinos qui a adopté pour l'occasion, par nécessité dit-il, une forme de poème en vers libres qui dépassent rarement une ligne. 

    C'est très réussi. Et il serait judicieux de remonter une exposition à propos de Charlotte Salomon, sa vie et son oeuvre le méritent.

  • Première personne du singulier

    Quatre nouvelles remarquables, déchirantes de Patrice Franceschi, un homme qui cumule beaucoup de  talents : aventurier, combattant, écrivain, marin, voyageur, aviateur, charmeur.

    Un homme habité par l'esprit d'aventure, auquel il a consacré un essai avec Gérard Chaliand.

    Ici quatre histoires où un individu, quatre hommes et une femme, est confronté à un choix impossible, tragique, terrifiant mais qu'il va assumer.

    Je vous laisse découvrir c'est remarquable.

  • Dans la colère du fleuve

    Un roman américain, de nouveau. Un roman écrit à deux ou quatre mains comme on voudra par Tom Franklin et Betj Ann Fennelly, mari et femme. Dans la colère du fleuve dans la traduction française.

    Mississipi, 1927. La crue du fleuve est là. La prohibition aussi. Voilà pour le contexte. Deux agents fédéraux Ham et Ted arrivent dans la ville de Hobnob à la recherche du meurtrier d'un de leurs collègues parti à la recherche d'un contrebandier d'Alcool. Pendant ce temps là la population accumule les sacs sur les digues car l'eau monte et menace d'inonder La Nouvelle Orléans.

    Ham et Ted ont des souvenirs communs forgés dans les tranchées de la Somme. Ted est orphelin. Aussi lorsqu'ils découvrent deux cadavres avec un bébé bien vivant Ted n'a de cesse que de lui trouver une maman de substitution. Il tombe sur Dixie qui justement vient de perdre son bébé et est toute heureuse d'en trouver un autre. Mais Dixie  mariée trop jeune à Jesse un garçon peu recommandable est en fait une contrebandière de haut vol qui distille du Wisky que son mari volage et violent écoule dans toute la région à son insue.

    Les deux auteurs alternent les récits de Dixie et et de Ted, les digues sautent à la dynamite, pour sauver NewOrleans il faut bien inonder Hobnob. Dixie et Ted, deux personnes qui n'auraient jamais du se rencontrer vont vivre une belle histoire d'amour.

    Un beau roman dans le cadre d'un épisode aujourd'hui méconnu de l'histoire américaine.

  • Un arrière goût de rouille

     

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    Ce roman de Philip Meyer est son premier. paru en 2009. J'ai eu l'occasion de présenter son second, intitulé le fils,  dans une chronique précédente.

    Dans Le fils on avait affaire à un sage familiale qui s'étendait sur plus d'un siècle et nous présentait en quelque sorte la construction des Etats-Unis, des indiens aux rois du pétrole. Ici l'action se situe à une époque beaucoup plus contemporaine en Pennsylvanie.

    Dans la presse américaine, l'expression Rust Belt, la ceinture rouillée littéralement, désigne cette partie industrielle des Etats-Unis atteinte par la désindustrialisation, avec ses conséquences, des usines sidérurgiques abandonnées qui rouillent, des villes désertées, la nature qui reprend ses droits, des habitants expulsés de leurs maisons, des chômeurs, des invalides qui errent à la recherche de leur passé.

    L'action se déroule autour de deux adolescents, des jeunes gens qui ont terminé leurs études secondaires mais ne sont pas allés au collège.

    Isaac est un surdoué, taiseux, petit, malin, amoureux de la nature qui est resté pour prendre soin de son père, invalide, ancien ouvrier sidérurgique, alors que sa soeur est allé au Collège, s'est mariée, a réussi, apparemment, sa vie.

    Poe est un grand gaillard, impulsif, sportif, ancienne vedette de son équipe de foot américain mais sans grande volonté, qui se laisse allé et fait toutes les bêtises possibles et imaginables. Sa mère Grace a sacrifié sa vie pour lui, ses aspirations, elle est restée avec son mari un soiffard, et file une petite histoire d'amour avec Harris le shérif, un policier en fin de carrière, qui gère ses administrés avec bienveillance.

    Isaac et Poe se baladent dans la forêt et dans un entrepôt abandonné croisent la route de trois SDF peu recommandables et là c'est le drame de leur vie qui se joue. Pour défendre son copain Poe, Isaac, le sage, est amené à tuer sans le vouloir, un des agresseurs de Poe. Ils fuient. Mais Poe a oublié sa veste et va être accusé du meurtre, alors qu'Isaac assurant enfin son rêve est parti pour la Californie avec les 4000 USD qu'il a volé à son père.

    Que va faire Harris, le shérif qui a déjà sorti Poe de plusieurs affaires, Poe va t'il accuser Isaac? L'amitié va-t-elle l'emporter? Isaac va-t-il se dénoncer? C'est l'occasion de décrire l'enfer que sont les prisons américaines et surtout le désespoir qui mine tous les personnages de ce roman, issus de cette région meurtrie et qui cherchent tous à fuit leur condition.

  • The kept ou Retour à Watersbridge

    On est en 1897, dans le nord de l'Etat de New-York. Elspeth, Une sage femme revient après plusieurs semaines d'absence à la ferme très isolée ou vit sa famille. Elle trace sa route dans la neige avec des cadeaux pour son mari et ses enfants.


    Elle découvre les cadavres de toute sa famille assassinée, seul Caleb , 12 ans manque à l'appel. Le gamin dans une grange au moment des meurtres, s'est caché dans le garde manger et croyant voir revenir les tueurs il tire à travers la porte et atteint sa mère de plusieurs plombs. Revenu de sa méprise, il va la soigner, la tirer d'affaire, et tous deux vont partir à la recherche des trois tueurs aux foulards rouges, du côté de Watersbridge.


    Roman d'initiation à la vie pour Caleb, qui va peu à peu découvrir les secrets de sa famille, lui, qui n'a jamais quitté la ferme, va découvrir qu'habituellement frères et soeurs se ressemblent, ce qui n'est pas son cas. Pour survivre, sa mère déguisée en homme, va travailler dans une usine de fabrication de glace, de l'eau gelée pas des miroirs, dans le froid, la neige. Et les tueurs rodent tout autour. Quel est le secret d'Elspeth?


    Un bon premier roman de James Scott, qui illustre bien la vie américaine à l'aube du XX siècle, sa dureté, ses règlements de compte, la condition ouvrière, la misère, l'honneur, la vengeance, la place centrale des armes à feu mais aussi la tendresse, la fidélité, ...