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Livre - Page 5

  • Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

    C'est le dernier roman de Patrick Modiano, paru avant qu'il ne se voit attribuer le prix Nobel de littérature.

    Un beau roman qu'on dévore comme un polar. On est désormais habitué à la méthode Modiano. Ici le narrateur et personnage principal du roman reconstitue sa biographie à partir d'une rencontre fortuite à partir de laquelle il tire des fils,  mais plus on avance dans cette reconstitution moins les choses s'éclaircissent.

    Est ce que l'on est capable finalement d'être l'historien de nos propres vies, de comprendre notre enfance , de faire le portrait de nos parents, d'éclairer les zones d'ombres, surtout lorsqu'on a été un petit garçon à qui une jeune femme, qui n'était pas sa mère, met dans les mains un papier avec l'adresse d'un appartement ...pour que tu ne te perdes pas dans le quartier...

  • Le fils de Philipp Meyer

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    Cet ouvrage de Philpp Meyer a été publié en français sous le simple titre de Le fils. Un peu plus de cinq cent pages fabuleuses qui racontent l'histoire sur plus de 150 ans de l'ouest américain, plus précisément du Texas.

    Une histoire portée par trois voix. 

    La première est celle d'Eli Mc Culloughs, dit le colonel qui raconte à la radio lors de son centenaire dans les années 1930 sa longue vie. Fils de fermier, il est enlevé encore jeune adolescent par une tribu de comanches qui extermine sa famille après  l'avoir torturée et qui adoptent Eli et en font un indien, ivre de liberté : je dormais quand je voulais, je mangeais quand je voulais, je chassais quand je voulais...il obtient rapidement son premier scalp.

    Puis les indiens sont peu à peu repoussés, éliminés, Eli rejoint les rangers, fait la guerre de sécession investit dans le bétail...

    La seconde voix est celle de son arrière petit fille, Jeanne Anne Mac Culloughs, la lointaine héritière du ranch, elle va se révéler un génie de l'exploration ptrolière, de la finance, choisira toujours les bons investissements mais souffrira de sa condition de femme parmi tous ces hommes, ces machos qui lne la considèrent pas. Elle raconte sa vie au terme de son existence en 2012, à 88 ans, elle va mourir et elle voit défiler le XXéme siècle.

    La dernière vois est celle de Peter Mc Culloughs, qui écrit dans son journal en 1917 avant l'entrée en guerre des Etats-Unis. C'est un incompris, un misanthrope, pas du tout de la trempe de son père le colonel. Pas du tout prêt comme son père a massacrer une famille de mexicains sous le prétexte d'un vol de chevaux pour en fait agrandir le domaine, il est lui amoureux de la fille de cette famille mexicaine, la seule qui sera épargnée parce qu'oubliée.

    Les trois voix alternent les récits à tour de rôle, pas toujours facile à suivre.

    Une très belle saga, qui nous rappelle que derrière les grands discours, la conquête de l'Amérique ce sont d'abord des haines tenaces, des massacres, de la corruption, du racisme... sans beaucoup de place pour les faibles, les idéalistes, où il est difficile de faire valoir des droits.

  • Mogens de Jens Peter Jacobsen

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    Dans ses lettres à un jeune poète, Rainer Maria Rilke écrivait que parmi les livres qui lui étaient indispensables deux étaient toujours parmi les choses à sa portée : la bible et les livres de Jens Peter Jacobsen.

    Les oeuvres les plus connues de Jacobsen sont Madame Marie Grubbe et Niels Lyhne, mais Rilke conseille de commencer par Mogens : "un monde vous saisira : le bonheur, la richesse l'insondable grandeur d'un monde".

    A la base, Jens Peter Jacobsen (1847-1885) est un savant botaniste originaire du Jutland au Danemark. Il sera le traducteur de l'origine des espèces de Darwin.

    Mais rapidement, et la maladie aidant il se consacre exclusivement à la littérature.

    Madame Marie Grubbe est le portrait d'une femme qui se libère de l'emprise de toutes les conventions au XVII) siècle et Niels Lyhne celui d'un homme qui va sa libérer de Dieu et devenir un militant de l'athéisme.

    Mogens est son premier roman paru en 1872. il s'ouvre ar une incroyable description de la nature, on sent le botaniste tout à la fois poète. C'est une longue nouvelle qui décrit la parcours d'un jeune homme épris de la nature qui trouve en Camilla un amour un peu inattendu qui le sort de ses tourments, l'amène dans le monde, mais un amour qui tourne mal et s'achève par la mort de Camilla dans l'incendie de sa maison, meurtre, accident, on ne sait. Mogens se replie dans une sorte de démence pendant de long mois vivant une vie de débauché. Jacobsen nous décrit ensuite très brièvement sa rupture glaciale avec Laura avant de nous laisser supposer qu'il va trouver la grand amour avec Thora

    C'est surprenant, complexe, déroutant, avec d'incroyable descriptions de la nature, et des éléments, cela laisse perplexe comme la vie finalement.

  • Manuscrits de guerre

     

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    Parmi les manuscrits que Julien Gracq (1910-1997) a légué à la Bibliothèque Nationale, il y avait deux cahiers d'écolier de la marque Le Conquérant couverts d'une petite écriture manuscrite. 

    Un journal et un récit qui racontent la guerre livrée par le lieutenant G entre le 10 mai 1940 et le 2 juin 1940 date à laquelle il est fait prisonnier à Zyckele près de Dunkerque.

    Le lieutenant G. c'est bien sur Louis Poirier l'auteur des deux cahiers, alors chef d'une section d'infanterie qui va durant trois semaines errer des Flandres françaises aux Pays-Bas pour revenir près de Dunkerque, quasiment sans voir d'allemands, sans tirer de coup de fusils, d'avancées en replis, souvent sans instructions, sans ravitaillement, sous l'autorité d'un Etat-major désemparé, dépassé. La troupe est souvent ivre. Son chef n'a aucun ascendant sur ses hommes avec lesquels, il le reconnait, il ne fait pas corps, chacun se demande ce qu'il fait là. Beaucoup aspirent à la reddition. Le lieutenant G à peu près seul se fait une haute idée de sa mission, il est convaincu qu'il ne faut pas reculer sans instruction écrite mais il ne parvient pas à en convaincre ses troupes, il n'essaie même pas convaincu que c'est sans espoir..

    Mais il y a du plaisir tout de même, allongé sur le sol, terré dans un trou, à contempler la nuit , en ce printemps ensoleillé, la mer d'un côté la plaine de l'autre, près de l'Aa.

    Le premier manuscrit est un journal écrit sans doute très rapidement après les évènements relatés, sur la base de notes prises sur le vif, le second manuscrit st un récit qui se concentre sur deux journées avec un peu plus de recul, une approche plus littéraire aussi. Dans le premier manuscrit, Louis Poirier emploie le Je dans le second, le Il.

    Le contraste avec Le feu d'Henri Barbusse est saisissant. Sans doute les auteurs sont différents, Louis Poirier donne de lui-même l'image d'un être, un peu misanthrope qui se complait dans la solitude qui n'a que mépris pour les comportements inapropriés. Mais à le lire, on comprend pourquoi la France a perdu la guerre, cette guerre, personne n'y croit, c'est le temps de la soumission. Marc Bloch dans L'étrange défaite en a analysé les causes. C'est à relire aujourd'hui.

     

  • Histoires naturelles de Jules Renard

    Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur.renard.jpg

    C'est à la lecture de cette définition du papillon que j'ai eu envie de lire ou relire les Histoires naturelles de Jules Renard (1864-1910), publiées en 1894.

    Cet ensemble de petites chroniques consacrées aux animaux et aux plantes qui nous sont familiers, les animaux de la ferme, ceux que l'on chasse, ceux que l'on côtoie dans les travaux des champs, les promenades... sont tout simplement savoureuses, c'est toujours bien vu, avec bienveillance, très agréable à lire et cela nous plonge aujourd'hui dans un monde en voie de disparition.

    Car à part les chiens et les chats et pour certains les chevaux, quels sont les animaux aujourd'hui dont nous nous sentons proches? Il y a de moins en moins d'oiseaux, de papillons, d'insectes et les animaux de la ferme sont désormais élevés en batterie, invisibles aux yeux de ceux qui vont les consommer.

    Encore une citation:

    Le loriot :

    - je lui dit : rends moi cette cerise, tout de suite

    - bien répond le loriot

    Il rend la cerise et, avec la cerise, les trois cent lmilld larves d'insectes nuisibles, qu'il avale dans une année année.

  • Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke

    897105140.jpgPour bien débuter l'année, ces lettres magnifiques de Rainer Maria Rilke (1875-1926). A conserver près de soi toute l'année.

    Ces lettres ont été écrites entre 1903 et 1908 en réponse à la sollicitation de Franz Xaver Kappus, élève dans une école de Cadets à Sankt Poelten que Rilke n'a jamais rencontré. Kappus publiera ces dix lettres en 1929.

    Comme l'écrit dans sa préface, Franz Xaver Kappus : quand un prince va parler on doit faire silence, d'où ces extraits qui illustre le caractère de manuel de la vie créatrice proposé par Rilke.

    Un extrait :

    Vous demandez si vos vers sont bons. Vous me demandez à moi. Vous l'avez déjà demandé à d'autres. Vous les envoyez aux revues. Vous les comparez à d'autres poèmes et vous vous alarmez quand certaines rédactions écartent vos essais poétiques. Désormais, je vous prie de renoncer à tout cela. Votre regard est tourné vers le dehors; c'est cela que maintenant vous ne devez plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit :"Suis-je vraiment contraint d'écrire?" Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : "je dois" alors construisez votre vie selon cette nécessité...

    ...

    Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elles font. S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.

  • Le feu (Journal d'une escouade)

    14-18,le feu,barbusseD'après ma liseuse, j'ai passé quatorze heures dans les tranchées aux côtés d'Henri Barbusse (1873-1935) à lire son roman autobiographique qui lui valu le prix Goncourt en 1916. C'est peu finalement à côté des épreuves vécues par l'auteur du Feu.

    Henri Barbusse c'est un nom que je connais depuis ma tendre enfance :  il y a des rues Henri Barbusse dans toutes les villes qui ont été gérées par une mairie communiste et dans bien d'autres. L'homme, un littéraire, s'est engagé à 41 dans l'infanterie en 1914 et a fait la guerre au front pendant 22 mois. De cette période, à partir du journal qu'il a tenu, il a publié Le feu en feuilleton puis chez Flammarion.

    L'homme deviendra communiste dès 1923 puis sera un des fondateurs du mouvement pacifiste,  il ira jusqu'à écrire une biographie de Staline. il voulait créer une littérature prolétarienne.

    Mais peu importe, son roman est d'abord un roman autobiographique, celui de son escouade, avec les différents épisodes qui font la vie d'une escouade, les combats en première ligne, les travaux de terrassement, l'attente, le barda, la permission, le poste de secours, l'idylle, la virée en ville, l'arrière... le tout avec le vocabulaire des poilus incroyablement riche, scrupuleusement noté par l'auteur.

    Un extrait : 

    Plus que des charges qui ressemblent à des revues, plus que les batailles visibles déployées comme des oriflammes, plus même que les corps à corps où l'on se démène en criant, cette guerre c'est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue et l'ordure et l'infâme saleté. C'est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C'est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigus, c'est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l'argent, ni le chant du coq, du clairon au soleil.

    Et sur les embusqués, les planqués, ce dialogue, à la fin d'une virée à l'arrière :

    - Y a pas un seul pays, c'est pas vrai, y en a deux. J'dis qu'on est séparés en deux pays étrangers: l'avant, tout la-bas, où il y a trop de malheureux, et l'arrière, ici, où il y'a trop d'heureux.

    - Que veux-tu! ça sert...l'en faut...c'est l'fond...Après...

    - Oui, j'sais bien, mais tout d'même, tout d'même, y en a trop, et pis i's sont trop heureux, et pis c'est toujours les mêmes, et pis y a pas de raison...

    -Dans huit jours on s'ra p'r'êt crevés... 

    instagram  : jpdpkr 

    @jpdpk

  • Les enfants de Hùrin

     

    Hurin.jpgJe ne pouvais pas rester ignorant plus longtemps, il fallait que je m'y mette pour deux raisons : une émission spéciale de la Grande Librairie sur Tolkien , sa vie, son oeuvre, et Le seigneur des anneaux à la seizième place des vingt livres qui ont changé votre vie, autre émission spéciale de François Busnuel.

     

    Le seigneur des anneaux étant un peu volumineux, j'ai choisi Les enfants de Hùrin, sur le conseil de Vincent Ferré auteur de Lire J.R.R Tolkien chez Pocket.

    Et bien, il faudra sans doute que je persévère car je suis loin d'avoir été conquis. Certes, il y a de l'aventure, tous les grands sentiments sont là : l'honneur, la bravoure, la trahison, l'amour, l'amitié, la jalousie. 

    Il y a du suspense, beaucoup de morts, des êtres dotés de pouvoirs magiques, les elfes, les nains, un dragon au regard statufiant.

    Et beaucoup de noms propres, des noms de lieux, des personnages, une litanie de généalogies.

    Mais cela laisse un peu froid, bien sûr le héros souffre, se bat, il est banni, amoureux, vainqueur mais à quel prix...

    Bref, cela m'a laissé de marbre car finalement, cela manque tout simplement de mon point de vue d'humanité, on ne croit pas à ces histoires.

    Mais dans quelques mois peut-être une autre tentative sera-t-ele plus fructueuse

  • Géographie de l'instant

    geographie-de-l-instant.jpgC'est simplement un bloc-notes. Des articles rédigés par Sylvain Tesson entre janvier 2006 et septembre 2012 et parus dans divers journaux, revues et magazines. ils viennent de tous les coins du monde que Sylvain Tesson aime à arpenter, à pied, en moto, à cheval.

    Sylvain Tesson a des obsessions qui ressortent bien de ces textes : la croissance démographique qu'il estime insoutenable, le déni du droit des femmes, il aime la nature vierge, les êtres vivants, les animaux, les insectes, Il déteste les religions et les intégrismes. Il n'aime pas se complaire dans le passé et planifier l'avenir, jouir du temps présent est sa philosophie première. L'histoire n'a pas de sens.

    Sylvain Tesson adore les citations, certaines d'entres elles reviennent souvent comme celle de Chateaubriand qui lui plait particulièrement : les forêts précédent les hommes et les hommes les déserts. il a une prédilection pour des auteurs souvent peu appréciés pour leurs opinions réactionnaires comme Ernst Jünger ou  Jean Raspail.

    Il adore la Russie, les steppes, les déserts mais cela on le savait déjà.

    Mais il aime la marche, il aime les livres, ses éloges de la marche et de des livres à la fin de l'ouvrage sont remarquables. il a l'oeil acéré et est un observateur attentif de notre époque, un homme courageux.

    Un livre que l'on peut lire d'une traite ou par petit gorgées avec un verre de vodka, et que l'on peut garder près de son lit pour en lire au hasard quelques pages et retrouver des citations ou des reflexions pertinentes sur notre temps.

  • Pierre et Jean

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    Un classique de Maupassant, dont c'est le quatrième roman, qui se déroule au Havre, publié en 1889.

    C'est presque une nouvelle, neuf petits chapitres, qui nous dévoilent la révélation d'un secret de famille. Les deux frères, Pierre le brun, et Jean Le blond reviennent vivre auprès de leurs parents qui ont pris par amour de la mer leur retraite au Havre. Pierre a fait des études de médecine et Jean des études de droit. 

    Un jour, Le notaire informe la famille Roland qu'un de leurs vieux amis parisien récemment décédé a légué tout sa fortune à Jean

    Stupéfaction et jalousie naissante puis dévorante chez Pierre qui s'interroge  mais pourquoi donc jusque"à ce que plusieurs indices troublant l'amènent à se convaincre que Jean n'est pas le fils de leur père mais celui du généreux donateur.

    La mère finira par avouer sa double vie passée et Pierre curieusement se bannira lui-même de cette famille minée par le non dit et le mensonge en embarquant comme médecin sur "La Lorraine".

    Une très belle préface de Maupassant sur l'art du roman complète avantageusement un ouvrage plaisant qui nous faite découvrir outre les tourments de la famille Roland nous fait découvrir la ville du Havre, ses bistrots, ses jetées et participer à des parties de pêche.