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Histoire - Page 4

  • Zanzibar city

    IMG_0537.JPGLe safari terminé nous nous sommes envolés depuis l'airstrip d'Arusha à bord d'un Cessna de 12 places pour Zanzibar. L'idée était de découvrir cet archipel un peu mythique et de profiter de l'été, des plages de sable fin et des eaux turquoises de l'océan indien. Première surprise à l'arrivée bien que ayant pas quitté la Tanzanie, union du Tanganika et de Zanzibar, il faut montrer son passeport et remplir une fiche d'immigration au nom du gouvernement révolutionnaire de Zanzibar. Passons...

    Une précision de géopolitique maintenant: Zanzibar qui signifierait en vieux persan terre des noirs est un archipel de 35 iles dont la principale sur laquelle se trouve Zanzibar city porte le nom, méconnu, d'Unguja.

    Ce qui est encore plus compliqué est que le gouvernement n'a pas compétence sur l'ensemble des iles de l'archipel car certaines sont administrés directement par le continent. Passons...

    En deux demi-journées passées à Stone town le centre historique de Zanzibar on a le temps de se rendre compte de l'atmosphère générale de la ville. La présence musulmane est très importante, la plupart des femmes portent le voile, certaines intégrale mais d'autres peu nombreuses s'en affranchissent.Sur le front de mer, le soir de nombreux adolescent en pantalon ou bermuda, torse nu, se défient en plongeant du bord de la corniche dans la mer. Mais il n'y a même pas de filles à épater. elle sont sans doute à la maison. Les jardins du bord de mer le soir sont transformés en cantine en plein air et on peut se hasarder à déguster des brochettes de viande, des frites, des légumes grillés, des jus de canne à sucre, ambiance festive très appréciée des habitants.

    Le lendemain matin, de bonne heure, découverte du marché local. C'est quasi le moyen-âge des dizaines de bouchers découpent les carcasses devant les clients et de même des dizaines de poissonniers préparent les poissons qui viennent d'être péchés. Un peu plus loin les volailles enfermées dans des cages sont abattus sur place à la demande des clients. Tous les commerçants sont des hommes mais il y'a quelques femmes qui font la cuisine...pour les dits commerçants. Elles sont visiblement employées par des entreprises car elles portent des tabliers et des coiffures propres et siglés.

    On ne peut pas manquer à Zanzibar la visite de la cathédrale anglicane construite à la fin XIX sur le site de l'ancien marché aux esclaves. Elle est flanque d'une petit musée très bien fait qui raconte l'histoire de l'esclavage à Zanzibar. Celui-ci a existé de tous temps et a connu son apogée au XVIII et XIX. Organisé par les sultans de la péninsule arabique et notamment du sultanat d'Oman qui un temps implanta la cour à Zanzibar, avec la complicité de chefs locaux à Zanzibar et dans toute l'Afrique de l'Est, la traite a drainé des dizaines de milliers d'esclaves au cours de voyages à pied qui duraient des mois voire des années. La France a eu sa part de responsabilité puisque certains esclaves avaient pour destination l'ile de la Réunion pour travailler dans les plantations. Au XIX la culture nouvelle du clou de girofle a fait exploser la demande d'esclaves...

    David Livingstone, l'explorateur écossai qui était antiesclavagiste est ici célébré, il a un vitrail dédié dans la cathédrale et un crucifix taillé dans le bois de l'arbre sous lequel son coeur a été enterré en Afrique de l'est fait l'objet de l'attention de tous les visiteurs.

    La plupart des touristes arpentent essentiellement la rue qui abrite les boutiques de souvenirs. Il y en a une ou deux qui valent la peine d'y entrer. il faut surtout admirer les architectures des maisons, les balcons, les portes en bois sculpté. A part quelques restauration de qualité, assez rares, l'ensemble donne une impression de décrépitude, d'absence d'investissement. C'est dommage, on sent une jeunesse pleine de vitalité mais pour quoi faire? Tout ce mélange de culture africaine, arabe, indienne, portugaise mérite mieux. Il encore temps.

    De temps en temps un café sympa, on conseille un peu à l'écart le café Tamu qui vend des glaces à l'italienne avec des parfums rares tropical, gingembre ...

  • Taba-Taba

    Voilà , c'est peut-être le meilleur roman de Patrick Deville! Un des plus attachants en tous cas. Grâce à sa tête Simone, qui conservait tout dans les pièces du fond de sa petite maison de Mindin sur la rive droite de l'Estuaire de la Loire, face à Saint Nazaire, Deville nous restitue au travers de l'histoire de ses parents et de ses grands parents, de leur périple au fil des guerres à travers la France , notre histoire, ce qui nous lie.

    Je conseille de lire d'abord La Peste et le Cholera qui nous conte la vie d'Alexandre Yersin, il y a un lien entre les deux livres que je vous laisse découvrir.

    il y a aussi une anecdote que les habitants du quartier des chartrons à Bordeaux apprécieront, celle ou Deville raconte une des ses conversations avec le poète André Velter au festival de la poésie qu'organise chaque année La Librairie Olympique.

    Il y a de très belles pages sur Saint-Nazaire que tous les amoureux des ports apprécieront.

    Et puis le grand-père, comme le mien, était gymnaste et avait fait le bataillon de Joìnville. L'Atmosphère de la drôle de guerre puis de l'exode est très bien rendue.

    Ce qui n'empêche pas Deville de temps à autre de nous emmener dans toutes les parties du monde qu'il parcourt depuis tant d'années et de nus faire partager ses conversations sous toutes les latitudes. On l'envie mais que ne fait-on pareil? Une vitalité étonnante!

  • L'ordre du jour

    Lundi dernier, j'ai passé la journée à Arcachon, très belle journée à arpenter le bord du bassin en méditant. Peu de monde un lundi, peu de commerces ouverts, pas de marché mais une librairie, les marquises, et l'achat impulsif du prix Goncourt pour faire plaisir au libraire.

    je n'avais pas encore lu de livre d'Eric Vuillard, c'est fait et j'ai été conquis, je crois que je vais en lire d'autres. Son récit de la montée du nazisme est incisif, efficace et fait peur. La lâcheté, les hésitations, les compromis ont fait le lit d'un régime qui finalement y serait allé au bluff. Tous ces personnages sont des marionnettes minables, pas du tout des stratèges. On se demande à la lecture de quelles erreurs faites aujourd'hui nous paieront le prix demain. 

  • Les tirailleurs sénégalais n'étaient pas tous sénégalais

    En ce jour du 11 novembre, il est opportun d'attirer l'attention sur le carré militaire du cimetière de Lectoure. S'y trouvent comme dans beaucoup de cimetières les tombes des quelques lectourois morts pour la France mais aussi un carré spécialement dédié aux 73 tirailleurs du 141 ème bataillon de tirailleurs sénégalais, malades, blessés, et soignés à l'hôpital de Lectoure où ils sont décédés à la fin de 1918 et au début de 1919. Les dépouilles de ces soldats n'ont jamais rejoint leur pays natal. Leur mémoire est cependant soigneusement entretenue ici, et c'est tout à l'honneur de Lectoure. 7 venaient du Bénin, 10 du Burkina Faso, 7 du Congo, 19 de Côte d'Ivoire, 3 de Guinée, 2 du Mali, 4 du Niger, 1 de République centrafricaine, 6 du Sénégal, 7 du Soudan et 7 de pays indéterminés.

  • Solferino

    Solferino? pour les parisiens c'est une station de métro de la ligne 12, pratique pour se rendre au Musée d'Orsay, pour les observateurs de la vie politique le siège du Parti Socialiste, pour encore peu de temps. C'est surtout une bataille, une victoire de Napoléon III et de l'alliance franco-sarde contre l'empire d'Autriche de François-Joseph, le 24 juin 1859. Bataille illustrée par ce tableau de Jean-Louis-Ernest Meissonier.

    Cette bataille, elle est encore peu présente dans les esprit. Si j'en parle, c'est parce que à l'occasion d'une petite visite au bourg de Saint-Clar dans le Gers, la capitale de l'ail, j'ai découvert sur le monument aux morts le nom de Jean Lestrade du 49e de ligne, mort pour la patrie à Solférino, petit village lombard de 2500 âmes aujourd'hui.

    saint clar.png

    On voit de temps à autre sur les monuments aux morts, les victimes de la guerre de 1870, c'est la première fois que je vois célébrés les héros de Solférino.

    Doù cette chronique, l'occasion de rendre hommages aux quelques 320000 soldats qui se sont affrontés au cours de ces batailles, batailles meurtrières à l'origine de la fondation par Henry Dunant de la Croix rouge internationale.

  • Le Dunkerque de Duquesne

    Un bon complément au Dunkerque de Christopher Nolan, le film. 

    En 1940, Jacques Duquesne a dix ans. Il habite à Dunkerque dans la ville basse. la guerre il va la vivre en famille, la drôle de guerre d'abord puis les bombardements et enfin l'entrée des allemands dans Dunkerque.

    Jacques Duquesne livre ici son analyse de cet épisode en historien qui a beaucoup lu, travaillé, recherché pour mieux comprendre ce qu'il a vécu. Et il y mêle ses souvenirs personnels.

    Rien de commun en fait avec le film de Nolan.Il est très peu question de l'évacuation des troupes anglaises puis françaises. Il est question de la drôle de guerre, des atermoiements des politiques et de l'Etat-major français, de l'impréparation de nos armées, peu de chars, peu d'aviation, de mauvaises transmissions, peu de ravitaillement,  et de celle du Royaume-Uni, de l'absence totale d'information des habitants de Dunkerque sur ce qui se passe. La population se rend à peine compte qu'elle est encerclée.

    Beaucoup de désabusement, de désillusion, sur le moment, le petit garçon voulait que son pays gagne la guerre et visiblement, presque 80 ans plus tard, Jacques Duquesne ne s'en est pas remis.

    J'ai repensé en lisant cet ouvrage aux excellents manuscrits de guerre écrits par Julien Gracq qui décrit très bien cette période lorsqu'il était à la tête de quelques soldats, ivres le plus souvent, qui aspiraient pour l'essentiel à se rendre ou à déserter. Seuls quelques uns firent leur devoir jusqu'au bout pour défendre la tête de pont de Dunkerque. Julien Gracq fût de ceux-la. Il y en eu d'autres qui sauve§rent l'honneur de la France.

  • Dunkerque - Dunkirk - Dunkirchen - Duinkerke

    Bien sûr, je suis allé voir le film de Christopher Nolan. Un an que j'en entends parler lors de mes séjours à Dunkerque où je suis administrateur au conseil de surveillance du Grand port maritime. J'y vais depuis 2010, tous les trimestres.

    Et puis Dunkerque, j'y allais lorsque j'étais gamin, voir le cousin Bernard qui travaillait à Usinor et qui habitait Malo les Bains.

    Et puis, mon père, Henri, il y était dans la poche de Dunkerque en juin 1940. Son père Auguste disait je préfère la savoir mort qu'aux mains des allemands, il parlait d'or puisqu'il avait été prisonnier des allemands en 1917. Henri fut évacué en Angleterre, je n'en sais guère plus.

    Le film de Nolan ne raconte rien de tout cela, peu de chose sur le contexte stratégique, rien ou presque sur les français. Nolan célèbre, l'esprit de Dunkerque, vu par les anglais, résister, préserver leur armée, l'évacuer, pour reprendre le combat demain. On attend des français un grand film sur Dunkerque. Les anglais ont fait le leur.

    Le film de Nolan est un film formidable sur la survie, sur ce que c'est que d'être soldat, sur une plage, sous le feu des chars et de l'aviation allemande. Ni plus ni moins, mais c'est déjà beaucoup.

    Pour le reste, la stratégie, le rôle héroïque des soldats français,  on peut utilement regarder un petit bijou pédagogique sur arte plus :

    http://www.arte.tv/fr/videos/077437-001-A/dunkerque-tenir-a-tout-prix

    et puis sans doute lire, j'y reviendrai l'ouvrge de Jacques Duquesne  :Dunkerque - une tragédie française.

    Et puis il faut aller visiter Dunkerque : les lieux de mémoire, les dunes, le musée portuaire, l'urbanisme, le waterzoi... http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/07/13/30003-20170713ARTFIG00003-cinq-bonnes-raisons-de-visiter-dunkerque.php

     

  • Géopolitique des empires

    C'est un assez vieux livre, il est paru en 2010. Trump, Macron, le Brexit, les attentats de Paris, Nice, Londres, Bruxelles, Manchester... ne sont pas cités. Mais qu'importe! C'est le temps long qui compte ici pas les péripéties que nous narrent les médias au quotidien.

    Dans ce petit ouvrage, Jean-Pierre Rageau et Gérard Chaliand nous résument l'histoire des empires depuis celui de Sargon en Mésopotamie il y'a 6000 ans à l'effondrement de l'URSS.

    C'est à la fois passionnant et frustrant car l'on n'a pas le temps d'approfondir et il y a une multitude de détails, de batailles que l'on oubliera vite une fois la lecture terminée.

    Il y a quelques idées sur lesquelles il vaut la peine de s'attarder.

    La puissance est le plus souvent maritime, on le sait bien depuis la méditerranée. Une des premières mondialisations d'envergure s'est déroulée dans l'océan indien et a été le fait des musulmans bien avant la domination européenne. 

    La domination européenne est finalement assez récente, trois siècles à peu près, La Chine, l'Inde, la Russie moghole sont restées longtemps des puissances déterminantes. 

    Mais l'Europe est à son crépuscule, elle regarde les autres sans objectif, sans pilote, sans stratégie. La démographie lui est défavorable. Toute la puissance, le dynamique économique se sont déplacés vers l'Asie et le Pacifique. Aux portes de l'Europe, l'Afrique et sa démographie galopante est une menace car elle est incapable faute de dynamisme économique suffisant d'absorber toutes les jeunes générations qui viennent échouer, c'est malheureusement le cas de le dire, sur le continent européen, lequel n'a aucune stratégie pour transformer ce handicap en atout.

    La seule solution pour l'Europe est de s'unifier, de se fédérer, se doter d'une réelle politique économique commune avec des transferts budgétaires entre Etats comme cela existe aux Etats-Unis. En sera-t-elle capable avant de se retrouver au bord du précipice?

  • L'archipel d'une autre vie

    On reste en Russie mais dans les années 1970 ou plutôt les années 1950. Car Andreï Makine, dans ce roman d'aventure haletant puis métaphysique, emboite un récit dans l'autre. Le narrateur écoute le récit de l'histoire de Pavel Gartsev un soldat condamné, on ne sait pourquoi, dans l'Union soviétique de Staline, un condamné qui reçoit la mission avec trois autres militaires de partir à la recherche d'un prisonnier évadé et de le ramener vivant afin d'en faire un exemple devant tout le camp de prisonnier.

    Pavel va errer dans la taïga sibérienne dans une traque rude peuplée de pièges qui vont peu à peu éliminer ses compagnons d'infortune mais ces derniers auront le temps de révéler tout ce que l'homme a de bon... et de mauvais en lui. 

    Après un retour mouvementé à son camp de base où il frôle la mort, Pavel retournera sur les traces de l'évadé dans l'Archipel des Chantars, tout la-haut sur la carte, où il terminera ses jours on ne sait trop comment exactement après y avoir trouvé l'amour. je ne vous en dit pas plus, ce roman est aussi un hymne à l'amour, un hymne à l'environnement, un hymne à la sérénité, un avertissement à tous les vaniteux...

    Un très bon Makine, de l'Académie française.

  • Saint Petersbourg - Epilogue

    Derniers moments avant de reprendre la route de l'aéroport. Un petit tour, toujours à pied, dans le quartier de Kuznechnyy, le quartier ou vécut Dostoiewski. Il y a un marché traditionnel, bien achalandé mais peu fréquenté. Beaucoup de vendeurs et peu d'acheteurs, la productivité n'est pas élevée.

    Pour se rendre à l'aéroport, taxi commandé à l'Hôtel. Une fois de plus un taxi sans enseigne extérieure de taxi. Et un chauffeur qui n'accepte pas la carte bleue et n'a pas la monnaie sur 5000 roubles pour en payer 800 et qui nous fait faire deux fois le tour de l'aéroport pour aller acheter une petite bouteille d'eau dans une station service pour faire la monnaie. Et bien sûr, il ne connait aucun mot d'anglais. Heureusement nous avons de l'avance.

    Petit conseil de lecture pour terminer : le dictionnaire amoureux de Saint Petersburg de Vladimir Fedorowski, très agréable à lire après les visites pour se pénétrer pendant le voyage de l'histoire du lieu et de celle des principaux tsars et pour se guider le guide Voir de la collection Hachette. Même si aujourd'hui, Le Monde déconseille les guides pour aller vraiment à l'aventure. Il y a un peu de vrai mais quand même.