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Histoire - Page 2

  • Le bateau de Palmyre

    J'ai découvert ce livre en écoutant Maurice Sartre dans Le cours de l'histoire sur France Culture, l'émission de Xavier Mauduit du lundi au vendredi de 9 heures à dix heures.

    Professeur émérite, il est spécialiste du Proche-Orient antique, de l'hellénisme... il  a vécu à Beyrouth.

    Chacun des 15 chapitres part d'une citation retrouvée sur une stèle, une tombe. L'épicentre du parcours est la Mésopotamie ou le Proche-Orient et nous emmène en Ethiopie (l'Afrique d'aujourd'hui), en Baltique, en Inde,... et pour finir en Chine.

    Sartre défend l'idée sans doute juste qu'il n'est pas question à cette époque de parler de mondialisation comme on l'entend aujourd'hui. Pour les anciens, il y avait cinq mondes, bien différends, deux périphériques mal connus, celui des steppes qui va de la Scandinavie à la Sibérie, d'où viendront les barbares, le monde subsaharien, mystérieux, même s'il est probable que quelques audacieux en ont fait le tour dès l'antiquité, et puis les trois empires, le monde méditerranéen, le mondé de l'océan indien et le monde chinois.

    Tous ces mondes se connaissent , échangent un peu, il y a des zones de contacts, des frictions, mais dans l'ensemble les échanges restent l'exception, le monde de l'océan indien servant de trait d'union entre les deux autres car finalement peu de grecs connaissent la Chine.

    Dans certains écrits, on pressent l'existence d'un autre continent, ainsi Hipparque de Rhodes avait remarqué que les marées n'étaient pas les mêmes sur les côtes espagnoles et les Indes orientales...

    Alors pourquoi Le bateau de Palmyre puisque Palmyre n'a rien d'un port maritime. Parceque les caravaniers de Palmyre avaient déjà inventé le transport multimodal, chameau sur le territoire aujourd'hui syrien puis, fluvial sur le Tigre ou l'Euphrate avant de rejoindre le Golfe arabo-persique où ils possédaient des bateaux...

  • Arts et Culture Paris et sa banlieue

    Une idée et un travail remarquable de Lucas Destem (instagram : @lucasDestrem) : donner des noms de lieux culturels à toutes les stations du métro parisien et c'est très bien fait! Excellent voyage!

  • La Chartreuse de Parme

    Ce livre a une saveur particulière puisqu'il a été relié dans l'atelier de mes parents, atelier de reliure d'art fondé par mon grand-père et développé en atelier de reliure industrielle par mon père après la guerre de 1940. C'est un livre à la couverture en pleine toile illustrée d'un chandelier réalisé à la dorure et qui contient des reproduction d'aquarelles en couleur, des illustrations un peu naïves de Paul Durand. un ouvrage de la collection SUPER des éditions Garnier daté de 1963.

    353A7404-D626-41D2-9FF1-9F4C6084E041_1_201_a.jpegil est dit que Stendhal a dicté ce roman en un peu moins de soixante jours. C'est un roman total, un roman d'aventures, un roman d'amour, un roman qui décrit bien la vie dans une petite cour princière, avec ses intrigues, ses manoeuvres, ses coups de main, ses espions, ses prisons, ses ambitions, ses jalousies, ses victimes. Fabrice est un héros valeureux, courageux, un peu illuminé, bravache, malin, objet de désirs amoureux de sa duchesse de tante, de la jeune Clelia, de bien d'autres, haï par les soupirants de la duchesse et de Clelia...C'est bien enlevé, la fin est abrupte et le destin des personnages tragique car finalement aucun ne réalise ses ambitions...

    je ne sais plus si je l'avais lu en son temps, mais de mon souvenir j'ai préféré Le Rouge et le Noir.

  • Apeirogon

    Abir Aramin, 1997-2007. Smadar Elhanan, 1983-1997. Une palestinienne et une israélienne. La première abattue par la police israélienne par une balle en caoutchouc qui lui pénètre par la nuque, la seconde par un commando suicide palestinien, sur le chemin de l'école dans les deux cas. Deux innocentes.

    Le conflit israélo-palestinien a des centaines de facettes comme un apeirogon, cette figure géométrique au nombre d'arêtes infini.

    Colum Mc Cann nous les met en évidence dans un roman à l'articulation très originale, des faits, des souvenirs, des réflexions, des combats, des références historiques et littéraires. 

    Les pères de Smadar et Abir ont fondé Le cercle des parents, des parents israéliens et palestiniens qui donnent des conférences en faveur de la paix, partagent leurs expériences.

     Instagram : theparentscircle

  • Nickel Boys

    Il est écrit roman sur la couverture, et il est vrai que les personnages sont fictifs. Mais la valeur principale de ce récit est documentaire. Colson Whitehead met en scène la vie de deux jeunes noirs Elwood et Turner, dans ce qu'on appelait une maison de redressement et que l'on dénomme aujourd'hui centre éducatif fermé. Elwood y a été interné à la suite d'une erreur judiciaire alors qu'il s'apprêtait à entrer à l'université.

    Peu importe c'est de mauvais traitement, de torture et même de meurtres qu'il s'agit. Il y a des noirs et des blancs mais ils sont séparés et bien entendu les noirs font l'objet de discriminations. Les personnels sont cruels, les dirigeants corrompus.

    Chaque fois qu'il y a un peu d'espoir, que l'on croit voir le bout du tunnel, nos héros retombent plus bas. C'est désespérant. Et ce n'est pas du roman les faits restitués se sont bien déroulés à la Dozier School for boys, à Marianna, en Floride. Et on peut consulter le site Internet des survivants de Dozier à l'adresse : officialwhitehouseboys.org, on y trouvera les histoires édifiantes des anciens élèves.

  • L'homme en rouge

    Radiographie ou anatomie de la Belle époque!. Le docteur Samuel Pozzi (1847 - 1918), l'homme en rouge selon un portrait célèbre de John Sargent, en robe de chambre, chirurgie et gynécologue talentueux, brillant, innovant. Son père Benjamin était originaire d'une famille lombarde et sa mère Inès d'une famille du Périgord. La ville de Bergerac, où il est né,  continue d'honorer la mémoire du docteur Pozzi, l'hôpital local porte son nom ainsi qu'une rue de la ville.

    Mais Pozzi fut aussi un mondain de la Belle époque, fort apprécié de ses patientes dont certaines furent ses maitresses, Sarah Bernhardt au premier rang. Intellectuel raffiné, lettré, il fréquentait les salons les plus huppés de Paris, voyageait beaucoup, aux Etats-Unis, à Londres. Il traduisit Darwin et faisait confectionner ses costumes et ses tentures avec des tissus achetés à Londres.

    Il fut sans doute malheureux en famille, Thérèse, un mariage d'amour au début, une femme rapidement trompée, catholique, fidèle, qui finira par le quitter, une fille qui trouvera difficilement son équilibre, un fils qui fera une carrière diplomatique modeste et un fils atteint de troubles mentaux.

    Julian Barnes dans ce récit fait autant le portrait de ce médecin exceptionnel que celui de la Belle époque, dont on retiendra qu'elle n'était pas si belle que cela. Les portraits du comte Robert de Montesquiou-Fezensac et du prince Edmond de Polignac sont un peu accablants. Cette noblesse décadente dépourvue de vrai talent n'aspire qu'à se mettre en avant, elle continue à pratiquer le duel pour un oui ou pour un non...

    La société française est marquée par l'affaire Dreyfus, la réaction est omniprésente parmi les élites de l'époque. Le contraste entre cette société sur le recul et un homme qu'on peut qualifier de la Renaissance comme Pozzi est assez frappant. On croise Léon Daudet, Marcel Proust, Oscar Wilde, les Goncourt, Jean Lorrain, Colette, Henri de Régnier, Léon Delafosse...

    Un livre très vivant, d'une grande érudition par le plus francophile écrivain anglais.

  • La guerre du Péloponnèse

    A la veille du confinement, j'ai regardé dans ma bibliothèque et suis retombé sur ce vieux bouquin de La Pléiade qui offre en un volume l'Enquête d'Hérodote et La guerre du Péloponnèse de Thucydide. Je me souvenais très bien du plaisir que j'avais eu à lire Hérodote et j'était persuadé n'avoir pas lu Thucydide. Je me suis rendu compte en cours de lecture que ce texte magnifique m'était familier et j'ai finalement découvert sur une page que je l'avais lu au second semestre 2003!

    Je dois avouer que malgré toutes les louanges faites à cet auteur, en particulier par Jacqueline de Romilly que j'ai vue maintes fois dans les émissions littéraires de Bernard Pivot, la lecture de La guerre est souvent un peu fastidieuse. Le récit des batailles est il faut le dire un peu répétitif, hive,r été, en toutes saisons pendant dix huit ans...

    Mais il est vrai que ce livre ne vieillit pas du point de vue de l'énonçé des stratégies des acteurs, de leur questionnement, du dilemme démocratie/oligarchie, de la nécessité des empires, de l'asservissement des peuples, des renversement des alliances. Notre monde s'est globalisé mais entre les Etats qui le composent, les enjeux sont un peu les mêmes qu'entres les cités grecques il y a 2500 ans, celle qui maitrisent la mer, celles qui maitrisent les continents...

    Ce qui manque tout de même ce sont quelques considérations sur le quotidien de ces conflits, pillages, viols, misère des vaincus, famines, tout cela n'est guère évoqué. Les femmes sont totalement absentes

    Périclès émerge comme le grand homme du moment, ses successeurs sont moins convaincants... Les sociétés ne génèrent pas de grands hommes à chaque génération!

     

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  • Par instants, la vie n'est pas sûre.

    Ce n'est pas un roman, ce n'est pas un récit, c'est une lettre que Robert Bober a écrit au soir de sa vie, il est né en 1931 à Berlin, à Pierre Dumayet (1923-2011), son ainé, avec lequel il a collaboré pendant plusieurs années pour réaliser des documentaires pour la télévision (lecture pour tous émission littéraire mythique entre autres).

    Des souvenirs donc tout simplement qui permettent de croiser Erri de Luca, Georges Perec, Reverdy., le cardinal Lustiger, ... ,de se promener dans le quartier de Belleville, rue Vilin, la butte aux cailles, d'évoquer la culture yiddish, les tailleurs de l'après-guerre devenus hommes de lettres comme Jean-Claude Grumberg... Mais aussi Marguerite Duras, Jankelevitch, Hans Hartung, Martin Buber, Aharon Appelfeld, Marcel Rajman, (l'Affiche rouge), Paul Otchakovsky-Laurens (POL°), Henri Cartier Bresson, Robert Doisneau, tous, la plupart disparus,  deviennent vivants sous la plume de Robert Bober.

    C'est vraiment très attachant, et ce qui ressort c'est le souci constant de lire, relire scruter, regarder, photographier, mettre en scène, montrer.

    Le plus attachant de tous est peut être Erri de Luca qui depuis plusieurs dizaines d'années sans être croyant, lit quotidiennement le bible, en Hébreu, et à appris le yiddish, pour montrer à Hitler qu'il n'a pas gagné.

  • Crime et châtiment

    Voilà qui est fait. Depuis le temps que je me disais qu'il fallait lire Crime et châtiment de Fedor MikhaÏlovitch Dostoïevski (1821-1881). Mort à soixante ans donc, encore jeune.

    Le deuxième confinement, je n'ose pas écrire le second, m'aura convaincu de passer à l'acte. j'ai donc passé presque tout le mois de novembre à Saint-Petersbourg, près de la place Sennaia, la place aux foins, avec un jeune étudiant, noble, miséreux, ayant abandonné ses études, mais brillant, un assassin, Rodion Romanovitch Raskolnikov (qui signifie schisme, coupure, l'intéressé s'est coupé du monde).

    Le crime de Raskolnikov consiste à tuer une vieille usurière à coups de hache, et sa soeur, malheureusement témoin du meurtre, à la voler puis à cacher le butin.

    Ce n'est qu'à la toute fin du roman à la page 651 que Raskolnikov avouera son crime à la police, sans que celle-ci ait réuni quelques preuve que ce soient et lors qu'elle s'apprête à renoncer à le soupçonner parce que un autre individu, Nicolas, s'est accusé pour d'obscures raisons du crime.

    C'est donc un roman éminemment psychologique qui nous ait offert. Raskolonikov n'est pas tout à fait convaincu lui-même d'avoir commis un crime. Il souligne souvent que d'autre personnage éminents, Napoléon ont des morts sur la conscience bien plus importants mais qu'ils sont néanmoins portés au pinacle parce que ces crimes était la condition de la réalisation d'interêt supérieur. Qu'est qu'une vieille usurière finalement. En quoi est -elle utile à la société?

    Mais à la différence des êtres supérieurs qu'il admire, Raskolnikov se rend compte qu'il n'en est pas un. Son crime le dévore, il ne l'assume pas finalement et a peur d'être démasqué, par sa famille, ses amis, la police. C'est une grande déception, il est comme tout le monde. Et il manque de courage. Il est tenté par le suicide. C'est Sonia, une petite prostitué, qui va le sauver.

    Crime et châtiment est aussi un portait passionnant de la Russie au temps d'Alexandre II, une Russie qui vient d'abolir le servage qui s'ouvre aux idées nouvelles : psychologie, sociologie alors que son prédécesseur Nicolas 1er pendant trente ans avait régné pour faire prévaloir l'autocratie, l'orthodoxie et l'a russie éternelle.

    C'est aussi un roman qui montre les ravages de la prostitution, de l'alcoolisme, de la pauvreté, de la faim.

    On peut le lire comme une fable sociale ou comme un roman policier.

    Et il faut se souvenir en le lisant qu'en 1849 Dostoïevsky fut condamné à mort pour délit d'opinion, attaché au poteau d'exécution avec ses camarades, puis gracié et condamné au bagne pour dix ans. Il écrira à la suite de ce séjour, Le souvenir de la maison des morts qui aura un retentissement un peu analogue à celui du Goulag de Soljenitsyne.

  • Ceux de 14

    Aujourd’hui, avec Maurice Genevoix, nos grands-pères et grand-oncle entrent aussi au Panthéon.

    Ils y sont.

    Auguste était dans l’infanterie, il a été bléssé une première fois à Verdun puis fait prisonnier en 1917

    Ixile était dans la troisième coloniale d’Orient, il a combattu en Serbie contre les bulgares, démobilisé en juin 1919

    Paul, prêtre, a servi comme brancardier dans les tranchées pendant toute la guerre avec ses frères Auguste et Raphaël,

    Marcel a embarqué à Brest en 1917 comme marin sur le cuirassé Montcalm

    leur souvenir reste, ils sont vivants en nous.