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Cas@d€i - Page 5

  • Alamut

    A l'occasion de notre voyage en Iran, j'ai cherché un roman relatif à la Perse et je suis tombé sur Alamut de Vladimir Bartol. Bien m'en a pris.

    Ce roman écrit par un slovène, Vladimir Bartol et paru en 1939, raconte  l'histoire de la forteresse Alamut et de son fondateur Hassan Ibn Sabah.

    Cette forteresse, un nid d'aigle, situé à une centaine de km au nord de Téhéran a été du X au XIII siècle le siège quasi inexpugnable des ismaélites, une secte chiite, qui résiste à l'occupation de la dynastie turque et sunnite des Seldjoukides qui domine à cette époque le Moyen-orient avant l'invasion mongole.

    Hassan Ibn Sabbah a peu de moyens militaires mais le roman montre bien comment son charisme, son machiavélisme lui permette d'impressionner ses principaux collaborateurs, en particuliers ses fedayin qui sont prêts à mourir pour lui le sourire aux lèvres.

    Hassan a en effet conçu dans les jardins situés derrière sa forteresse une sorte de paradis empli de fruits appétissants, de rivières, d'animaux flamboyants, et surtout de houris, les fameuses vierges du paradis évoquées par le Coran. Il endort quelques jeunes gens, les drogue avec une boulette de haschich et leur fait croire qu'il est capable de leur ouvrir les portes du paradis. C'est merveilleux. Au réveil, l'envie d'y retourner est irrésistible. Si bien que ces fedayins sont prêts à accomplir les missions les plus périlleuses comme aller assassiner le grand vizir sous prétexte de mission diplomatique puisque cette action ouvrira les portes du paradis.

    Les ennemis de Hassan, impressionné par tant de détermination vont se débander se qui permettra à la dynastie de cette secte de durer trois siècles et de fortifier la légende des assassins.

    Roman historique, donc, roman philosophique, écrit en pleine période du nazisme et au retentissement évident aujourd'hui.

    Une très bonne lecture.

     

     

     

     

     

     

     

  • Water music de T.C. Boyle

    J'ai découvert T. C. Boyle en écoutant Les Matins de France Culture alors qu'il présentait son dernier ouvrage "Les vrais durs". Et c'est Brice Couturier dans sa Chronique qui m'a convaincu de lire Water Music le premier roman de T. C. Boyle, publié au début des années 1980.

    La libraire de La Machine à Lire à Bordeaux m'a demandé l'après midi en voyant mon acquisition "vous avez écouté France culture?

    C'est à la fois un roman d'aventure, un roman historique, un roman sur la nature. Il  y  a deux personnages dont les destins s'entrecroisent tout au long du livre pour finir par se rencontrer. Il y a Mungo Park, un jeune explorateur anglais qui part à la fin du XVIII siècle découvrir le cours du Niger, dans quel sens coule-t-il? L'Afrique est alors primitive, pleine de dangers, les noirs, les arabes, le climat, les pluies torrentielles, La chaleur, les animaux sauvages, les maladies...en Angleterre sa promise l'attend telle Pénélope. 

    Et il y a Ted Rise, un petit Malfrat anglais, abandonné à la naissance, mutilé pour mieux faire le mendiant, qui vit de rapines, voire de meurtres mais se sort toujours d'affaires. Les bas fonds de Londres sont effrayants.

    Qu'il s'agisse de l'Afrique primitive ou de l'Angleterre de la révolution industrielle, le monde est impitoyable. 

    Après avoir identifié le cours du Niger, Mungo Park revient au pays, écrit un livre fait des conférences, se marie avec sa promise, fait des enfants...

    Mais le démon de l'aventure le reprend, le tenaille, et un jour enfin, il part missioné pour découvrir l'embouchure du Niger. Il part de Dakar, où il recrute Ted Rise, condamné au bagne, qui trouve là à s'employer. Une nouvelle épopée s'engage...

    Bref, si l'on peut dire, c'est un chef d'oeuvre.

     

  • La fin des chrétiens d'Orient?

    Un tres bon documentaire sur la situation des chretiens en Irak, en Syrie, en Turquie, en Egypte et au Liban diffusé sur Arte mardi 17 mai et à revoir sur Arte+7 : persecutions, exil..., compromissions, survie... Pas facile de trouver sa voie. Et nous que faisons nous. Nous sommes les allies de l'Arabie saoudite, des sunnites en general, ceux la memes qui sont a l'origine de l'EI, ceux qui menacent me plus les chretiens...

    voir ici le dossier d'Arte

     

  • Lettre persane (3)

    Quelques anecdotes :

    Les antennes satellites sont interdites mais on en voit sur tous les balcons, ce qui permet de regarder les TV étrangères et notamment les émissions produites par la diaspora iranienne aux USA. 

    Les mollahs cherchent à effacer le passé de façon outrancière ; Le Musée des tapis persans de Téhéran a été inauguré en 1978, un an avant la révolution par l'impératrice Farah Diba. Aucune mention ne l'indique. Il y a même une mosquée dans l'enceinte du musée non achevée presque quarante après parce que sa construction a été engagée par l'impératrice. Tous les guides font une halte devant cette curiosité évidemment.

    Comme il est interdit de danser, il n'y a pas de discothèque en Iran. Alors la jeunesse loue des bus sans sièges, tire les rideaux et dans le car, c'est le bus-disco.

    Les maisons de la force. j'ai assisté à une séance à Ispahan. C'est là que se pratique la gymnastique iranienne. Au son d'un tambour une trentaine d'athlètes exécutent des exercices de souplesse, et de force : échauffement d'abord, pompes, sur deux bras puis un bras, maniement de masses et d'un arc en métal très lourd. Ce rituel trouverait ses racines dans la société préislamique. Les athlètes doivent au delà des exercices faire preuve de valeurs morales, de foi, de fidélité aux Imams, d'abnégation...Un spectacle un peu ambiguë qui se termine par une prière ou l'on encense le bien et maudit le mal...C'est l'aspect préislamique.

    La gastronomie est assez répétitive : crudités en hors d'oeuvre : concombres, tomates... poulet, agneau, boeuf ou mouton grillé ou en brochette avec du riz parfumé quelques pommes de terres, parfois d'excellentes aubergines...

    jamais d'alcool évidemment mais ceux qui veulent en boire en trouvent toujours dans des fêtes privées, c'est un peu comme le cannabis chez nous. L'hypocrisie règne en maitre...

  • Lettre persane (2)

    Retour à Bordeaux depuis Jeudi.

    Voyage éprouvant. Départ de Téhéran à 3 heures du matin. Escale de deux heures à Istanbul. Arrivée à Paris-Roissy à 9:30. Premier TGV pour Bordeaux à 16h21. Enfin pas pour Bordeaux car la SNCF fait des travaux pendant le WE de l'ascension et les trains s'arrêtent à Libourne. Car pour la Gare Saint Jean . Arrivée à domicile à 22 heures.

    La comparaison des aéroports de Téhéran et d'Istanbul est éloquente. Istanbul est un hub international. S'y croisent des voyageurs en provenance d'Asie, du Moyen-Orient,  d'Europe. Téhéran est de la taille de l'aéroport de Bordeaux pour le moment. Résultat de l'isolement du pays.

    Mais il ne faut pas se tromper. Le potentiel de l'Iran est énorme. Son grand rival l'Arabie saoudite va avoir beaucoup de mal. Il y a en Iran une économie qui fonctionne, une industrie, une population bien éduquée, des filles qui vont à l'université en masse, et même des élections avec des incertitudes sur les résultats. C'est loin d'être parfait mais c'est déjà cela.

    Il y a un passé pluri-millénaire. L'Iran est une grande nation.

    Alors bien sûr, l'Iran est dans la main des russes, soutient Bachar El Assad, le Hezbollah, cherche à se doter de l'arme atomique. Le Pakistan voisin l'a déjà cette bombe sans qu'on le sanctionne économiquement comme on l'a fait pour l'Iran.

    La propagande des mollahs à l'égard d'une population de plus en plus éduquée et qui affiche ouvertement son attrait pour l'Occident ne fonctionnera pas bien longtemps, à moins que nous ne fassions pas de place pour ce peuple de 80 millions d'habitants qui est en mesure de changer la donne au Moyen-Orient.

    Si vous en avez l'occasion allez faire un petit voyage en Iran, pour son patrimoine culturel unique au monde mais aussi pour y rencontrer les iraniens.

     

     

  • Blague iranienne

    En Iran les ayayolahs, malgré l'omnipresence de la propagande, la construction à tout va de nouvelles mosquees... n'arrivent pas à convaincre une population volontiers rebelle. En temoigne cette blague entendue à Teheran :

    Le Paradis? On ne veut pas y aller! Il y a Khomeni, les mollahs, les martyrs. On prefere aller en Enfer avec les artistes, les chanteurs, les journalistes...

  • Lettre persane (1)

    Je vous ecris d'Ispahan. Déjà huit jours de passé d'un voyage qui jusqu'à l'Ascension va nous mener de Shiraz à Ispahan en passant par Persepolis, Kerman, Kashan et Yazd. Nous terminerons à Téhéran.


    Aijourd'hui la coalition des reformateurs et des moderes a remporté les elections legislatives sans toutefois obtenir la majorité absolue au Parlement. C'est une bonne nouvelle, la preuve que la politique d'ouverture du president Rouhani est appreciée.


    Voyage culturel donc beaucoup de visites du patrimoine : mosquees, glacieres, tour des vents, bazars, villages en pisé, villas, temples du feu, decouverte du zoroastrisme, ruines de Persepolis, hammams, caravanserails, tours du silence, tapis...


    De Cyrus le grand à Khomeini et Khatami...


    Bien sûr beaucoup de tchadors surtout dans les centres des villes historiques qui rassemblent les populations les plus traditionnelles. Mais des gens avenants, tres accueillants, heureux de voir des etrangers. Des infrastructures plutot bonnes, des villes propres, pas de mendiants, pas de sdf, pas de chiens... Mais des automobilistes peu courtois pour les pietons, beaucoup de Peugeots... Pas de casques pour les motards. Des déserts, encore de laneige sur les sommets de 4000m, des pistachiers à perte de vue...


    Une propagandes omnipresente avec les portaits de Khomeini et Khatami partout, des portraits des martyrs aux entrees de ville.


    Mais une propagande qui ne fonctionne pas ou mal. De moins en moins de monde parait-il dans les mosquees, des audaces vestimentaires de la jeunesse, des mots d'ordre de resistance passive qui passent par les reseaux sociaux... C'est le changement en marche (A suivre)

  • Kaili blues

    Allez voir Kaili blues. Ce film d'un jeune cinéaste chinois de 27 ans, Bi Gan, ne passe que dans 18 salles mais il est formidable.

    Kaili est la capitale du pays Miao dans le sud ouest de la Chine. Pas vraiment de scénario dans ce film inspiré de Stalker de Tarkowsky. Un film déprimant que Bi Gan a fini par aimer en le regardant par petits bouts.

    Il ne se passe pas grand chose dans ce film et le peu qu'y s'y passe ne se laisse comprendre que peu à peu. Mais on est envouté par la suite de séquences de la vie quotidienne bien déprimante des habitants de ces villages, de cette Chine encore en émergence, de la catastrophe écologique en cours. Des morceaux de vie, d'une vie banale sans horizon, la violence rentrée sous toute ses formes.

    Les femmes et les enfants sont une note d'espoir, les hommes ont l'air perdus sauf les jeunes qui s'essaient à la musique pop.

  • Las Hermanas Caronni en concert à La Chaise-Dieu

    Ce vendredi les soeurs Caronni étaient en concert à l'auditorium Cziffra de La Chaise-Dieu. Deux soeurs jumelles argentines héritières de riches traditions musicales qui jouent et chantent leurs compositions avec un violoncelle, une flute, un saxophone, une boite à rythme.

    Leur répertoire inspiré par l'histoire familiale et à des ascendances fort diverses : grands-parents russes et italo-suisses, parents argentins avec des clins d'oeil à Maurice Ravel, Georges Brassens, Rainer Maria Rilke, Gabriel Garcia Marques, le tango argentin des années 1920, les chinois de Belleville, Jim Morisson...

    Les deux jeunes femmes actuellement résidentes à Bordeaux se sont dites étonnées de découvrir une si belle salle de spectacle dans un village de moins de 700 habitants au milieu des forêts de sapins. Et la salle était pleine, quasi deux cent personnes, elles ont compris ce qu'était l'exception culturelle française et se sont promis de revenir.

    Nées dans la pampa, elles n'ont eu qu'une déception, ne pas rencontrer de loup...

    Merci à Claire et à Matthieu qui ont assuré la programmation et la régie de ce spectacle.

  • La Grande Arche de Johan Otto Von Spreckelsen

    On ne sait pas trop comment qualifier l'ouvrage de Laurence Cossé consacré à La Grande Arche. Prudemment elle l'a sous titré roman mais c'est plutôt une enquête, un récit même s'il y a sans doute deux ou trois détails de la narration qui ont été inventés.

    En tous cas c'est un livre passionnant qui raconte la genèse de ce monument. L'ascension et la chute de son architecte, Johan Otto von Spreckelsen, un artiste intégre qui avait tout juste construit sa maison et quatre petites églises au Danemark et qui emporte le concours organisé pour doter la Tête-Défense d'un monument qui doit être inauguré pour le bicentenaire de la révolution.

    Ce concours il l'emporte avec un dessin, une idée, de laquelle il ne voudra pas démordre au fil du chantier malgré la multiplicité des contraintes techniques.

    Malgré aussi les revirements permanents de la maitrise d'ouvrage dont on ne sait jamais vraiment entre les mains de qui elle est : du président de la République, François Mitterand, de la Caisse des dépôts et de son omnipotent Directeur général Robert Lion, d'Alain Juppé, ministre du budget pendant la cohabitation de 1986 à 1988.

    Spreckelsen ne comprendra jamais les français. Au Danemark, un contrat est un contrat, on ne revient pas sur un accord. En France, c'est l'improvisation permanente, on ne tient pas ses engagements... Il démissionnera avant la fin du chantier laissant à Andreu l'architecte d'Aéroports de Paris, de l'Opéra de Pékin... le soin de terminer un ouvrage qu'il n'aura pas le temps de reconnaitre puisqu'il décédera en 1987.

    La construction de l'Arche révèle une partie du mal français. A quoi sert-elle d'ailleurs? Y avez vous rencontré des occupants heureux? Quid des idées de fraternité, de centre international de la communication qui prévalaient au moment du projet. On parlait alors d'arche de la fraternité. 

    Laurence Cossé nous montre bien l'envers du décor fastueux de l'Arche, de l'arc de triomphe de Spreckelsen comme on dit au Danemark.

    Et si vous allez au Danemark, il faut aller visiter les églises catholiques à Esbjerg et Hvidovre et les temples protestants de Vangede et Stavnholst pour réellement comprendre Spreckelsen et son souci de l'élégance et de la perfection.