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Cas@d€i - Page 4

  • Les plus beaux textes de l'histoire de l'art

    Ce beau livre regroupe des textes choisis et commentés par Pierre Sterckx. Il a été publié en 2004. On démarre avec les grottes de Lascaux commentées par Georges Bataille et on termine par Georges Didi-Huberman pour les Zucche de Giuseppe Penone (Que je ne connaissais pas ni l'oeuvre ni l'artiste). Entre temps on aura pu apprécier les commentaires de Proust, Diderot, Fernandez, Clemanceau...70 oeuvres si j'ai bien compté!

    Comme dans tout sélection, il y a de l'arbitraire dans les choix de Pierre Sterckx mais le plus souvent c'est agréable à lire.

    Sauf que plus les auteurs sont contemporains moins leur texte est compréhensible d'autant qu'il s'éloigne de l'oeuvre, on pense à Deleuze ou Baudrillard, le pire étant Didi-Huberman.

    On remarquera également 20 ans après sa publication que cet ouvrage ne commente que des artistes masculins par des intellectuels masculins! Ce serait impossible aujourd'hui pour un éditeur d'accepter ses choix sans doute inconscients à l'époque.

    https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/3887828001/pierre-sterckx-les-plus-beaux-textes-de-l-histoire-de-l-art

  • La carte postale

    Beau roman d'Anne Berest qui à partir d'une carte postale reçue il y a trente ans mais laissée de côté car incompréhensible, car sans signature. Cette carte postale ne comprenant que quatre prénoms ceux de ces arrières-grands parents et des ses grand-oncle et grande-tante : Ephraim, Emma, Noémie et Jacques. Juifs, morts en déportation.

    Mais qui avait bien pu la poster, cette carte, et pour quoi à cette date? de la poste de la rue du Louvre, ouverte à l'époque 24/24, mais un jour de tempête de neige. 

    Une menace?

    Anne Berest mène l'enquête avec brio. Et nous recommande de ne pas nous lasser d'interroger nos parents, nos grands- parents nos amis sur le passé, qui passe et risque d'être oublié.

  • Au commencement était...

    Livre très stimulant! Les deux David cherchent au fil de ces quelques 660 pages à nous convaincre que l'évolution classique de l'humanité : chasseurs cueilleurs, tribus, chefferie, découverte de l'agriculture, néolithique, propriété privée, commerce, surplus agricole, formation des États, patriarcat, dictatures, affrontements armés...n'était pas inéluctable. Des bifurcations, comme on dit aujourd'hui, étaient possibles et même ont eu lieu dans le passé mais ces épisodes ont été oubliés car contraires à la vulgate dominante.

    David Graeber (1961-2020) et David Wengrow (1972-)- s'appuient sur des recherches fouillées de populations ou de groupes humains méconnus qui ont laissé quelques traces archéologiques découvertes ces derniers décennies et qui seraient sous-exploités. On côtoie beaucoup les Iroquois, les Hurons, des indiens des Etats-Unis avant la "découverte" hispanique ou eurasiatique, mais aussi les Incas, les Aztèques, les Olmèques, les Mayas, le peuples de Teotihuacan, celui de Tlaxcala...

    Certains de ces peuples ayant compris que l'agriculture allait les asservir auraient repoussé ce progrès, n'auraient pratiqué la culture qu'en dilettante afin de préserver leur liberté, d'autres auraient tout fait pour éviter l'apparition de chefs, de seigneurs, de rois... pour préserver leur liberté individuelle, avoir le droit de ne pas recevoir d'ordre, de s'en aller ailleurs sans être poursuivis par leur communauté...

    On aura compris  que nos deux David sont un tantinet anarchistes, féministes...il ne cessent de dénoncer les thèses de Jared Diamond (l'effondrement) ou de Huval Harari (Sapiens). On soupçonne de tant à autre une certaine mauvaise foi dans ces propos qui reviennent régulièrement.

    Par ailleurs l'ouvrage est un peu touffu, on a l'impression de parfois tourner en rond et on n'échappe pas à de multiples redites.

    Mais la lecture est toutefois hautement recommandable car sans mettre à terre notre appréhension de l'évolution humaine elle a le mérite de souligner la diversité des cheminements de Sapiens dans sa recherche d'organisation de la société, des sociétés, un petit peu comme pour l'apparition d'homo sapiens, on a le sentiment d'un buissonnement de solutions qui ont souvent débouché sur des impasses au profit du modèle des États que l'on connait aujourd'hui. Est ce à dire qu'il n'y plus rien à inventer? Qui sait ce que nous réserve demain.

  • Les frères Karamazov

    Vieux projet enfin réalisé! 1400 pages! Un roman d'aventures, d'amour, policier, philosophique, théologique, avec du suspens, jusqu'au bout de la lecture. Une lecture finalement aisée.

    Trois frères très dissemblables, Dimitri fantasque et sans convictions, Ivan athé, Aliocha très pieux... un père insupportable, des personnages féminins un peu caricaturaux, névrosés, inconstants et beaucoup de figures de second rang très attachantes.

    C'est vraiment un roman complet, très bien écrit et agréable à lire.

     

  • Atlas historique de la terre

    A raison d'une double page tous les matins au réveil, une lecture très enrichissante sur laquelle on peut revenir à volonté. Très belle réussite!

  • Le vingtième siècle

    La première fois que j'ai entendu parler de Walter Benjamin (1892-1940), c'est à la lecture des mémoires de Jorge Semprun, il évoquait la présence du philosophe allemand dans les bars de Montparnasse.Mais je ne lai jamais lu.

    Et pour cause ses oeuvres sont éparses, des articles, des chroniques ...Le personnage est méconnu.

    Le mérite et le grand art d'Aurélien Bellanger est d'approcher dans ce roman la complexité de ce philsophe qui se suicida à la frontière franco-espagnole en septembre 1940.

    Critique d'art, sociologue, traducteur, beaucoup de facettes chez ce personnage, ami d'Adorno, qui toute sa vie prépara un grand oeuvre qui ne vit jamais le jour, le vingtième siècle.

    Bellanger qui maitrise à merveille l'art du pastiche a construit son roman autour de lettres, de correspondances, de Benjamin et de ses proches mais aussi d'un groupe de trois intellectuels d'extrême gauche qui enquêtent au sein de la Bibliothèque Nationale Mitterand pour retrouver le manuscrit d'un philosophe contemporain qui aurait mis la main sur le tapuscrit de Benjamin mais qui s'est suicidé après avoir donné une conférence à la BNF de Tolbiac.

    Une entreprise audacieuse mais réussie même si le style est parfois un peu pédant et de belles considérations philosophiques sur le XIX et le XX siècle

  • REVOLUSI L'INDONÉSIE et la naissance du monde moderne

    J'avais lu en son temps CONGO de David van Reybrouck que j'avais beaucoup apprécié, aussi je n'ai pas hésité à me lancer dans la lecture de cette histoire de l'Indonésie, de l'homme de Java, le premier homo erectus exhumé jusqu'à la conférence de Bandoung en 1955 qui marque l'essor du processus d'émancipation des anciennes colonies dans le monde entier.

    L'Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé du monde : 268 millions d'habitants, les plus grand archipel du monde avec 13 à 16000 iles on ne sait pas exactement. Mais qui est capable de citer le nom d'un seul citoyen indonésien, politique, sportif, acteur de cinéma, chanteur???

    David van Reybrouck est belge, flamand, il n'a donc pas d'histoire personnelle avec l'Indonésie au contraire de se voisin néerlandais qui eux ont colonisé cet immense territoire pendant plusieurs siècles. Van Reybrouck compare alors l'Indonésie à un bateau à trois ponts, sur les pont supérieur, les néerlandais et leur famille, les colons, sur les pont intermédiaires les "indos", les métis, les commerçants, la classe moyenne indonésienne, et sur le pont inférieur, l'essentiel de la population, les sans-droits 

    Van Reybrouck nous raconte l'histoire de cette colonisation puis de cette décolonisation, au XX siècle. et on se rend compte qu'après une occupation japonaise d'une cruauté inimaginable, après la seconde guerre mondiale, les néerlandais contre l'avis des américains, des anglais, des chinois bien entendu ont essaye de reconstituer leur colonie qu'ils avaient perdue, comme si de rien n'était, avec les seul appui des françaises et des belges dans les enceintes des Nation-Unies.

    Le livre s'appuie sur une importante bibliographie et sur de nombreux témoignages recueillies par l'auteur dans des maisons de retraite d'anciens militaires néerlandais et indonésiens, d'anciens hommes politiques, d'anciens résistants...

    Un seul regret au terme de cette lecture passionnante, l'absence de récit au delà de 1955 pour nous expliquer comment aux espoirs nés de la décolonisation d'une démocratie vivante s'est rapidement imposé une dictature sanglante , celle    de Soeharto, qui évince en 1965 le président fondateur Soekarno et qui va sévir jusqu'en 1998.

    Composition en noir de Nicolas de Staël exposé au Kunsthaus de Zurich a inspiré à Van Reybrouck le style de ce livre.

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  • L'odyssée des gènes

    je n'ai pas résisté! Lors d'une visite à la fondation Cartier à Paris Bd Raspail pour l'excellente et originale exposition La vallée de Fabrice Hyver, j'ai craqué pour ce petit livre sur les gènes.

    L'objet du livre est de faire le point sur les acquis de l'anthropologie génétique, l'approche est historique, de la séparation d'avec les chimpanzés, il y a 7 millions d'année, aux perspectives à l'horizon 2100, des hommes ou des femmes susceptibles de vivre 140 ans?

    l'ouvrage est truffé d'exemples et démonte nombre d'idées reçues.

    A retenir les conclusions de cette fabuleuse épopée : 

    il nous faut éviter l'épuisement des resources et de la biodiversité.

    Nous sommes une espèce migratrice, depuis les sorties d'Afrique d'homo sapiens, nous avons tous des ancêtres migrants et nus sautons des descendants migrants.

    Les sociétés égalitaires sont aussi les sociétés avec les humains en meilleure santé.

    il nous font fonder notre futur sur la coopération et l'équité tous en préservant l'extraordinaire diversité des formes de sociétés.

    C'est ainsi que nous pourrons vivre nombreux et ensemble dans une planète que nous avons l'obligation absolue de protéger.

  • Le Pingouin

    Le pingouin est une sorte de conte, un peu comique et pourtant dramatique qui décrit l'Ukraine d'avant le révolution de 1994, avec les séquelles de l'occupation soviétique, la bureaucratie, la surveillance des populations, les désespérance des individus. Le narrateur a opté un pingouin que le zoo n'avait plus les moyens d'entretenir, il était à l'époque célibataire, un animal de compagnie comme un autre mais un peu dépressif car loin de ses bases surtout l'été. La narrateur est journaliste à défaut d'être écrivain et il finit pas trouver un bon job en free lance pour un quotidien qui lui demande d'écrire des nécrologies à l'avance de personnes qui à peine leur nécrologie écrite meurent... Un peu inquiétant non? Une de ses connaissances lui confie la garde de sa petite fille, une autre lui procue une jeune femme pour s'en occuper, on a presque une famille normale. Mais les services veillent...

  • Un an dans la forêt

    Petit livre superbement écrit. Blaise Cendrars (1887-1961) mondialement connu mais en panne d'écriture à 51 ans rencontre à l'aube de la seconde guerre mondiale Elisabeth Prévost (1911-1996), aventurière déjà aguerrié à 27 ans riche héritière d'un vaste domaine dans les Ardennes.

    On ne sait pas grand chose de leur relation qui ne dura qu'un an et demi loin de tout dans la forêt mais qui redonna à Cendrars le goût de l'écriture et à Elisabeth Prévost celui de l'aventure.

    Eloge de la tentation du retrait du monde. Qui ne l'a jamais ressentie?