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Cas@d€i - Page 4

  • Thanksgiving

    Avec mes amis José, Philippe et René-Jacques, les hommes aux fourneaux, nous nous réunissons chaque mois pour préparer un diner auquel nous invitons nos épouses. C'est devenu un rituel.

    En novembre nous avons fêté Thanksgiving :

    - bières américaines en apéritif

    - Oeufs mimosa aux quatre parfums

    - Poulet farci avec du stuffing typiquement américain : le stuffing, essentiellement des légumes, du pain... Impossible de trouver de la dinde ou même du chapon à cette époque de l'année, les bordelais ne fêtent pas Thanksgiving

    - Sauce aux cranberries

    - Purée de patates douces

    - Tarte au potiron et chantilly maison

    le tout arrosé d'un vin de Californoie qu'on trouve chez Nicolas le Renwood Zinfandel

    Prochain rendez vous en janvier après la pause de Noël

  • L'ordre du jour

    Lundi dernier, j'ai passé la journée à Arcachon, très belle journée à arpenter le bord du bassin en méditant. Peu de monde un lundi, peu de commerces ouverts, pas de marché mais une librairie, les marquises, et l'achat impulsif du prix Goncourt pour faire plaisir au libraire.

    je n'avais pas encore lu de livre d'Eric Vuillard, c'est fait et j'ai été conquis, je crois que je vais en lire d'autres. Son récit de la montée du nazisme est incisif, efficace et fait peur. La lâcheté, les hésitations, les compromis ont fait le lit d'un régime qui finalement y serait allé au bluff. Tous ces personnages sont des marionnettes minables, pas du tout des stratèges. On se demande à la lecture de quelles erreurs faites aujourd'hui nous paieront le prix demain. 

  • Ex Libris

    Plus de trois heures de film! Mais on ne le regrette pas. Frederick Wiseman, 87 ans, qui nous avait déjà donné National Gallery,  a fait un chef d'oeuvre en allant filmer les 93 sites de La NYPL, la New-York Public Library.

    Le film cite une architecte néerlandaise qui explique qu'aujourd'hui dans une bibliothèque publique le plus important ce ne sont pas les livres, on peut même en concevoir sans livre, le plus important c'est le partage, l'accès à la culture pour tous, les minorités, les illettrés, les sans-abris, les sourds, les aveugles, les seniors, les enfants, les collectionneurs, les archivistes, les savants, les chercheurs, les artistes, les publicitaires, à la recherche de connaissances, d'archives, d'estampes, de photos, de musique, de cours de danse, de débats, de rencontres tout simplement.

    Le film s'attarde sur les activités mais aussi sur les publics, les personnels, les administrateurs qui débattent à l'infini sur les priorités que doit s'assigner la NYPL, l'arbitrage entre les différents programmes, la nécessité de combler le digital divide, de trouver le public des relégués, des adolescents, de trouver des financements privés en complément de ceux de la ville.

    On sens une grande fierté chez ces personnes, avec raison sans aucun doute. Fierté de la mission accomplie, fierté de l'engagement. L'une des salariés dit d'ailleurs : on écoute ceux qui s'engagent.

    Dans une interview, Frédrick Wiseman a déclaré à propos du tournage de son documentaire : j'ai trouvé rafraichissant de tomber sur un groupe de personnes qui sont réellement attachées à leur travail et qui essaient de bien le faire.

    C'est ce qu'on aimerait dire de tous les lieux de travail...

    https://youtu.be/Qbj5J4XZkc8

  • Les tirailleurs sénégalais n'étaient pas tous sénégalais

    En ce jour du 11 novembre, il est opportun d'attirer l'attention sur le carré militaire du cimetière de Lectoure. S'y trouvent comme dans beaucoup de cimetières les tombes des quelques lectourois morts pour la France mais aussi un carré spécialement dédié aux 73 tirailleurs du 141 ème bataillon de tirailleurs sénégalais, malades, blessés, et soignés à l'hôpital de Lectoure où ils sont décédés à la fin de 1918 et au début de 1919. Les dépouilles de ces soldats n'ont jamais rejoint leur pays natal. Leur mémoire est cependant soigneusement entretenue ici, et c'est tout à l'honneur de Lectoure. 7 venaient du Bénin, 10 du Burkina Faso, 7 du Congo, 19 de Côte d'Ivoire, 3 de Guinée, 2 du Mali, 4 du Niger, 1 de République centrafricaine, 6 du Sénégal, 7 du Soudan et 7 de pays indéterminés.

  • La grève d'Ayn Rand

    Ayn Rand est une scénariste, romancière américaine, philosophe, née à Saint Petersburg en 1905 et décédée à New-York en 1982. Elle quitte l'URSS à l'âge de 21 ans. Elle est méconnue en France, où l'on préfère avoir tort avec Sartre que raison avec Aron.

    La Grève, publié en 1957, il y a soixante ans cette année,  sous le titre Atlas Shrugged, littéralement Atlas haussa les épaules, est son oeuvre la plus connue, mais il a fallu attendre 2011 pour qu'une première traduction soit publiée en France aux éditions Belles Lettres, les autres éditeurs sollicités ayant refusé de courir le risque.

    De quelle Grève s'agit-il? Ayn Rand défend l'idée que les hommes d'esprit, les entrepreneurs, les scientifiques, les artistes sont empêchés par l'Etat, les réglementations, les protections. Elle situe son action dans l'industrie ferroviaire et imagine ce qui se passe lorsque les hommes d'esprit se mettent en grève, disparaissent, abandonnent leurs entreprises, les catastrophes s'enchainent alors, les accidents, les rationnements, le moteur du monde ne tourne plus.

    On aura compris que Ayn Rand est une adepte de la liberté, une libertarienne, elle met l'individu au dessus de tout. Elle croit au progrès scientifique, elle dénonce le socialisme, l'interventionnisme des Etats, elle est favorable à l'égoïsme rationnel seul à même de faire avancer les choses pour soi et pour l'intérêt général : "Je jure, sur ma vie et sur l'amour que j'ai pour elle, de ne jamais vivre pour les autres ni demander aux autres de vivre pour moi."

    Il y a près de 1400 pages à lire, c'est de la métaphysique, de la philosophie, mais aussi un roman d'aventure et même un roman d'amour.

    A découvrir donc. et sans doute à relire plusieurs fois, sous différents angles. Il est difficile de se rendre compte de l'importance de ce livre aux Etats-Unis : il suffit de dire qu'il s'en vend chaque année 100 000 exemplaires soixante ans après sa parution et plus d'un million récemment depuis qu'Obama en a parlé. Mais il est probable qu'en France ce livre n'aura que peu de succès car la philosophie d'Ayn Rand a tout pour déplaire ici ou l'on préfère célébrer les victimes, s'apitoyer sur les perdants de l'évolution du monde et de la société plutôt qu'admirer ceux qui réussissent que l'on préfère jalouser ou dénigrer au nom de l'égalité.

  • Solferino

    Solferino? pour les parisiens c'est une station de métro de la ligne 12, pratique pour se rendre au Musée d'Orsay, pour les observateurs de la vie politique le siège du Parti Socialiste, pour encore peu de temps. C'est surtout une bataille, une victoire de Napoléon III et de l'alliance franco-sarde contre l'empire d'Autriche de François-Joseph, le 24 juin 1859. Bataille illustrée par ce tableau de Jean-Louis-Ernest Meissonier.

    Cette bataille, elle est encore peu présente dans les esprit. Si j'en parle, c'est parce que à l'occasion d'une petite visite au bourg de Saint-Clar dans le Gers, la capitale de l'ail, j'ai découvert sur le monument aux morts le nom de Jean Lestrade du 49e de ligne, mort pour la patrie à Solférino, petit village lombard de 2500 âmes aujourd'hui.

    saint clar.png

    On voit de temps à autre sur les monuments aux morts, les victimes de la guerre de 1870, c'est la première fois que je vois célébrés les héros de Solférino.

    Doù cette chronique, l'occasion de rendre hommages aux quelques 320000 soldats qui se sont affrontés au cours de ces batailles, batailles meurtrières à l'origine de la fondation par Henry Dunant de la Croix rouge internationale.

  • La vie parisienne

    Une belle réussite que cette opérette d'Offenbach au Grand théâtre de Bordeaux en ouverture de la saison, vue mardi dernier.

    Bien sût, c'est une petit clin d'oeil à l'arrivée de la LGV, Bordeaux n'est plus qu'à 2heures 04 de Paris, et n'a jamais été aussi près de la vie parisienne à moins que ce ne soit désormais le contraire.

    Tout le grand théâtre était mobilisé, : l'orchestre, le ballet, le choeur sur une scène qui s'est révélée un petit peu petite. Faudra -t-il aller jouer à l'Arena de FLoirac? Marc Minkowski, tout en mouvement a été parfait même si on a du mal comprendre comment ses musiciens arrivent à comprendre sa gestuelle peu ordinaire.

    La mise en scène était parfaite surtout du rythme c'est essentiel pour ce spectacle. et du contemporain avec beaucoup de clins d'oeil. Des hipsters et des personnages que l'on pouvait s'amuser à reconnaitre, Mme de Fontenay, Liliane Bettencourt, Sonia Rykiel, Mireille d'Arc dans le grand blond, Karl Lagerfeld... la costumière s'est sans doute bien amusée.

  • Underground Railroad

    Le livre est disponible en français malgré son titre anglais. Il a obtenu le prix Pulitzer. il conte l'histoire de Cora, esclave américaine noire de seize ans abandonnée par sa mère Mabel qui va vivre une épopée incroyable pour retrouver sa liberté. L'action se situe avant la guerre de sécession.

    Au début, dans sa plantation de coton, Cora se contente de se battre pour survivre. Survivre aux privations, à la violence quotidienne, au manque d'amour, aux assauts sexuels d propriétaires et de ses fils. Elle ne sait pas ce qu'il est advenue de sa mère partie pour être libre, partie en abandonnant son enfant.

    Et puis un jour, elle rencontre Caesar, qui lui propose de partir à deux dans les Etats du Nord, là où il n'y pas d'esclavage.

    L'auteur imagine qu'il prennent un train souterrain, d'où le titre, un réseau ferré qui matérialise ici le réseau de passeurs, de solidarités, appelé dès l'époque underground railroad, qui a existé avant l'abolition pour aider les esclaves à passer du nord au sud.

    Il y a des passeurs, des abolitionnistes, blancs, qui risquent leur vie, torture, pendaison, et il y a des chasseurs d'esclaves, des chasseurs de primes, mandatés par les propriétaires qui veulent tout à la fois récupérer ce qu'ils appellent leur bien, c'est la meilleure hypothèse, plus souvent pour les supplicier à titre d'exemple.

    Le livre est très fort, d'espoir, de bravoure, de défaites, de trahisons, de réussites tout au long d'un parcours qui nous mène de la Virginie à l'Indiana . Il est long le chemin de la liberté.

    Depuis le début, l'Amérique est mal partie, génocide des indiens et esclavage. Elle a toujours du mal à s'en remettre.

  • Gasa Gasa girl

    La gasa-gasa girl, c'est Mari, la fille de Mas Arai, un retraité jardinier rescapé d'Hiroshima qui vit sur la cote ouest de Etats-Unis.
     
    En japonais, gasa-gasa, signifie toujours en mouvement, turbulent, excité. Mari n'a pas réussi après l'adolescence à s'entendre avec son père et est partie vivre à New-York ou elle s'est mariée depuis avec un américain, LLyods un vrai pas un fils de réfugié japonais. Et elle vient d'avoir un bébé.
     
    Mais un jour, elle appelle son père à l'aide. S'ensuit une série de rebondissement dans lequel un millionnaire d'origine à moitié japonaise est retrouvé mort dans le bassin d'an ancien jardin japonais de New-York qu'il avait entrepris de faire restaurer par le mari de Mari.
     
    Mas, très observateur, repère aussitôt des indices qui n'intéresse guère la police et soucieux de préserver sa fille et sa famille du risque d'une errreur judiciaire va s'impliquer avec un vieux copain japonais qu'il retrouve à New-York dans une enquête policière. C'est l'occasion de redécouvrir New-York sous le regard d'un japonais de Los Angeles qui va de découverte en stupéfaction mais finit pas s'en sortir...
     
    Alors dans ce roman, il y a bien sûr l'enquête policière mais surtout le plaisir de faire connaissance de ce milieu des japonais des Etats-Unis avec son vocabulaire spécifique, ses traditions conservées, son souci d'intégration, la méfiance qu'il continue de susciter.
     
    Un bon moment de lecture en anglais.
     
     

  • Vendanges en Lomagne gersoise

    Vendanges au Rosier d'Angélique, samedi dernier, chez Nelly, Francis et Séraphin mais sans Angélique, retenue par ailleurs. Une petite propriété d'une dizaine d'hectares, familiale depuis quatre générations.

    Bien sûr, cette semaine, la vendange a été faite par un entrepreneur à la machine. Mais samedi dernier, à l'invitation des susnommés, voisins et amis, une petite trentaine de personnes, sont venus à partir de huit heures trente manier le sécateur et la hotte pour débuter la vendange à l'ancienne.

    En fin de matinée, envoi de la vendange au pressoir, nettoyage des paniers, des sécateurs et enfin on déguste le premier moût, bien sucré cette année avec tout le soleil de l'été.

    Et puis tout cela se termine par un bon repas offert par nos hôtes, on fait connaissance, on se découvre ou se redécouvre, heureux d'avoir partagé ce moment.

    Pour visiter et acheter les crus de Gascogne de la propriété : Le Rosier d'Angélique