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Cas@d€i - Page 3

  • 21 leçons pour le XXI siècle

    Très facile à lire en anglais mais il existe une version française chez Albin Michel.

    J'avais été enthousiasmé par Sapiens, qui visait à retracer l'histoire d'homo sapiens, un peu moins par Homo Deus, qui visait  à imaginer le futur à long terme de Sapiens, et j'ai été plutôt déçu par cet essai sur les défis pour Sapiens au XXI siècle.

    D'abord parce que le livre manque d'unité. C'est une recomposition de diverses contributions à des revues ou magazines sur des thèmes qui se recoupent et donc en dépit de la tentative d'ordonnancement, il y a d'inévitables redites.

    Comme dans Sapiens, les enjeux sont bien soulignés mais les solutions restent à trouver... Celle évoquées laissent parfois réveur. Par exemple devant le constat que beaucoup de personnes peu qualifiées risquent de se trouver inutiles à l'avenir, irrelevant, Harari juge que le plus beau des jobs est sans doute de s'occuper des enfants, certes, mais avec quelles ressources?

    La principale leçon est sans doute que Sapiens n'est pas raisonnable : pourquoi par exemple Sapiens a-t-il autant peur du terrorisme, qui fait très peu de morts chaque année et n'a pas peur du sucre, du tabac ou de la pollution, beaucoup plus meurtriers?

    Harari dans le dernier chapitre propose comme solution la méditation, il la pratique deux heures par jour et fait une retraite par an.

    Au total le livre est assez pessimiste compte tenu des enjeux qui nous attendent : intelligence tificielle, bio technologies et notre addiction à nous raconter des histoires, qu'il s'agisse des religions ou autres storytelling qui

    n'ont de réalité que ce que nous voulons bien leur reconnaitre.

    Donc s''attacher à regarder la réalité en face est sans doute la seule conduite à tenir et il faut s'y tenir.

    Et puis, et la période s'y prête, se poser régulièrement pour réfléchir : diagnostic de la situation, opportunités, menaces, actions, les vieilles recettes autrement dit.

  • Merci ARS NA

    Bravo aussi aux hommes et aux femmes de la cellule régionale d'appui sanitaire de l'ARS Nouvelle Aquitaine

    https://youtu.be/VYj3RBQ3QP0

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  • Exercice pour préparer l'après crise sanitaire pour être sûr que tout ne reprenne pas comme avant

    Bruno Latour a publié dans un article récent http://www.bruno-latour.fr/fr/node/851.html un questionnaire qui peut nous aider à sortir de la crise sanitaire et à préparer la sortie de la crise écologique tout aussi si ce n'est plus meurtrière. Le voici. A vous d'apporter vos réponses et de les partager.

    Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter. En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise — toujours passagère — mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tous cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.
    (...)
    Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :
    Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
    Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)
    Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?
    Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
    Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)
    Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?
    (Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)

     

  • Comment ça va?

    Une fois n'est pas coutume:
    Comment ça va ?
    À cette question souvent posée en ces jours particuliers, ainsi répondent certains de nos amis :
    *Œdipe* : La question est complexe.
    *Socrate* : Je ne sais pas.
    *Hippocrate* : Tant qu’on a la santé.
    *Descartes* : Bien, je pense.
    *Pascal* : Et vous ? Bien je parie.
    *Galilée* : Ça tourne rond.
    *Vivaldi* : Ça dépend des saisons.
    *Newton* : La question tombe à pic !
    *Spinoza* : Bien en substance.
    *Shakespeare* : Comme il vous plaira.
    *Franklin* : Du tonnerre !
    *Robespierre* : Vous perdez la tête !
    *Marat* : Ça baigne !
    *Casanova* : Tout le plaisir est pour moi.
    *Pythagore* : Tout est d’équerre.
    *Beethoven* : En sourdine.
    *Sade* : Foutrement bien.
    *D’Alembert et Diderot* : Impossible de répondre en deux mots.
    *Kant* : Question critique.
    *Hegel* : Au total, bien.
    *Schopenhauer* : Ce n’est pas la volonté qui manque.
    *Marx* : Ça ira mieux demain.
    *Paganini* : Allegro ma non troppo.
    *Darwin* : On s’adapte …
    *Nietzsche* : Au-delà de bien, merci.
    *Proust* : Donnons du temps au temps.
    *Marie Curie* : Je suis radieuse !
    *Dracula* : J’ai de la veine.
    *Picasso* : Ça dépend des périodes.
    *Freud* : Et vous ?
    *Camus* : La question est absurde.
    *Cyrano* : A vue de nez, bien.
    *Poe* : Extraordinairement bien.
    *Einstein* : Relativement bien.
    *Léonard de Vinci*, lui, se contente de sourire...

  • Lisière

    voici un bel ouvrage de Kapka Kabassova, une actrice comme on dit maintenant, bref une auteure bulgare aujourd'hui âgée de 47 ans qui émigra à la fin de son adolescence en Nouvelle-Zélande où elle étudia la français à l'université et qui vit lorsqu'elle ne voyage pas en Ecosse.

    Avec ce récit elle revient en Bulgarie, dans le sud aux confins de la Grèce et de la Turquie. Et c'est l'occasion d'une suite de récits qui mêlent histoire, mythologie, légendes, philosophie, géographie.

    Cette région méconnue aux frontières qui ont été déplacées maintes fois a vu passer des milliers de pauvres gens, réfugiés, fugitifs, militaires, garde-frontières, passeurs. Les populations ont été islamisées, christianisés, ont été obligées de changer de nom, de nationalité, ont dénoncé, été dénoncées, assassinées par les pouvoirs en place, les voisins, les mafias, les chercheurs de trésor. Les rappels historiques sont illustrées des témoignages des héros anonymes rencontrées par l'auteure, des personnes attachantes, d'une grande simplicité si ce n'est toujours dune grande moralité.

    La forêt, profonde, garde trace des thraces, ses premiers occupants, les rivières sont vivantes, les sources magiques mais tout cela sera bientôt du passé car les progrès est là qui arrive...

    Et pour ne rien gâcher, l'écriture est belle.

  • Dans les quartiers

    Le confinement dans les quartiers prioritaires de la ville, en langue technocratique, dans les quartiers populaires en fait, ceux qui sont caractérisés par l'illettrisme, l'absence d'Internet, des petits logements, beaucoup de jeunes, peu d'emploi, c'est difficile et l'explosion n'est souvent pas loin. Le couvre-feu serait probablement une provocation. Alors la communication, adaptée à ce public, fait preuve d'une belle créativité, qu'il faut saluer et diffuser...

  • Manu Dibango

    Merci, Merci, Merci! Nous avions eu le bonheur de le voir à Jazz in Marciac l'été dernier.

  • Confinement - Jour 5

    Cinquième jour. Le Pont Chaban-Delmas est désert ce matin. Je suis allé courir les 2 km autorisés, pas sur les quais de la Garonne, c'est désormais interdit, et même barriéré, mais le long des immeubles. Une voiture passe de temps à autre, les trams sont vides, leur cadence sera réduite la semaine prochaine, toutes les vingt minutes, et le trafic ne commence qu'à 6:30 pour s'arrêter à 20:30, une difficulté de plus pour les soignants qui habitent souvent loin du centre et travaillent en horaires décalés.

    La rue Notre-Dame pas loin de chez nous est vraiment villageoise, peu de monde, la plupart des commerces fermés, sauf le marchand de légumes, la petite boulangerie, bio coop... on entend les oiseaux, les conversations dans les appartements, d'une certaine façon c'est charmant...Ailleurs c'est le silence.

    A la maison, on fait plus de cuisine, de lecture, de rangement, on a une liste de tâches à effectuer chaque jour, trier l'épicerie, nettoyer le micro-ondes, le frigo...on en a pour trente jours de tâches, de confinement on ne sait pas!

    Bon courage à tous et toutes.

  • Guerre et paix

    Ce n'est pas une relecture mais un découverte. J'ai mis longtemps à m'y mettre et si vous êtes comme moi allez y, surtout en cette période de confinement. Les éditions Points ont retenu une version courte, Tolstoi a publié ce roman d'abord en feuilleton puis en plusieurs éditions toutes différentes. Cette version, ramassée, met l'accent sur les aspects romanesques au détriment de passages philosophiques prétendument trop longs.

    Peu importe, c'est une oeuvre brillante et attachante que l'on abandonne une fois lue avec regrets tant les personnages au fil des pages nous sont devenus familiers.

    Il y a bien sûr l'aspect historique, les conquêtes de Napoléon en Europe, Austerlitz, Borodino, la prise de Moscou, son incendie et la débâcle des français. L'opposition entre deux empereurs. L'un issu de la révolution française, Alexandre porté par une aristocratie rétrograde, autant que brillante.

    Il y a les batailles, sabre au clair, les stratégies militaires, dont Tolstoi nous explique qu'elle ne sont qu'apparentes, bricolées par les circonstances, l'essentiel étant de faire peur à l'adversaire pour qu'il fuit... les mesquineries entre les généraux, des deux côtés, la recherche de la gloire, des places, des honneurs, la misère des blessés...

    Il y a les salons de l'aristocratie russe à Petersbourg, on y parle français, on y est bienveillant chez les Rostov, fiers chez les Bolkonski,il y a les mariages à arranger, les dots à saisir pour les nobles désargentés, les planques dans les Etats-majors pour les fils de bonne famille, les vrais héros romantiques comme le prince Andrei, les bandits comme Dolokhov, les illuminés comme Pierre Bezooukhov, héritier richissime qui ne parvient à rien faire de sa vie, même si c'est une pure intelligence, les francs maçons, les grenouilles de bénitiers, les serfs oppressés par leur maîtres tout puissant.

    Il y a du fatalisme chez Tolstoi, l'homme est le jouet du destin et n'a guerre de prise sur lui. on vit, on meurt, on flirte, on se bat, on trahit, on pardonne...mais on ne fait pas l'histoire.

    Et il y a de la poésie : 

    "Comme les nuages glissent paisiblement, pendant que nous sommes là, à courir, lutter et crier. Pourquoi n'avais-je encore jamais remarqué la profondeur du ciel ? Comme je suis heureux d'avoir découvert cela. La guerre, la gloire, toutes ces choses auxquelles j'aspirais tant n'ont plus aucun sens. Tout est vanité, tout est tromperie, hormis l'immensité du ciel." Le Prince Andrei blessé sur le champ de bataille à Austerlitz. 

  • Antigone

    Pendant l'allocution de Macron, sur le covid19 nous étions tranquillement ou inconsciemment au Théâtre National  de Bordeaux Aquitaine pour assister à la représentation d'Antigone par un troupe d'acteurs ukrainiens et russes. C'est cela les abonnements. La salle était pleine de jeunes scolaires et de retraités, personnes vulnérables. Mais qu'importe, le spectacle en valait la peine.

    Antigone est toujours un texte très moderne même si dans cette mise en scène un peu rude, Créon nous est apparu très cruel, pas du tout tourmenté par le dilemme qui fait l'objet de l'intrigue. La musique qui accompagnait la représentation avec parfois des accents punk rock rap est magnifiquement interprétée par le choeur et adapté à la sévérité de l'action.

    Pour les ukrainiens, qui se sont révoltés il y a plusieurs années, il est évident qu'Antigone renvoie à la nécessaire désobéissance civile face à l'oppression. Antigone est et restera actuelle longtemps!

    Une excellente soirée.