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Cas@d€i - Page 3

  • Vic-Fezensac

    J'y étais cette année! Gersois secondaire depuis l'automne dernier, du côté de La Romieu, je ne pouvais manquer l'occasion de ce rendez-vous.

    Vic, c'est un peu la chanson de Bruel Rendez vous dans dix ans sur la place des grands hommes. J'ai trois anciens collègues de travail de l'époque où nous travaillions à Angoulême qui se retrouvent chaque année à Vic. Je n'y vais pas chaque année, mais je sais que là je suis sûr de les trouver, ils y sont fidèles. Depuis bientôt 40 ans...

    La corrida, je ne suis pas un fan, je regarde avec un peu de scepticisme et d'ailleurs, j'en regarde une et pas les quatre au programme. Je suis assez d'accord avec ceux qui estiment que les animaux sont capables de sensibilité, et  effectivement certains veulent interdire la corrida.

    Mais je suis réaliste. D'abord la corrida est effectivement un combat, peut-être inégal, mais c'est un combat entre un homme ou une femme qui prennent de gros risques et un toro qui lui effectivement n'a pas choisi le combat. Mais qui est brave.

    Et ce toro, il a vécu trois ou quatre belles années en liberté bien loin des conditions d'élevage indignes qu'homo sapiens réserve à ces congénères : des étables surchargées, peu d'herbe, abattu rapidement comme veau, ou châtré pour devenir un boeuf, des abattoirs où le respect de la condition animale est le dernier souci des gestionnaires, régulièrement dénoncés par L214.

    Voilà, la corrida est un rite antique, elle a des aspects qui peuvent déplaire mais elle mérite le respect.Et à Vic, on ne cherche pas le spectacle, l'esbroufe, ils choisissent de vrais toros de combat.

    PS ; la mort de Ivan Fandino dans les arènes d'Aire sur Adour le 17 juin 2017 ne me fait pas changer de point de vue au contraire.

  • Les furies

    Drôle de roman! Je m'y suis plongé après lu l'entretien avec Barack Obama publié dans le premier numéro de America, la revue trimestrielle qui chronique l'Amérique de Trump fondée par Fottorrino et Busnel. Dans cet entretien Obama cite quelques uns des livres qu'il a particulièrement appréciés et il y a Les furies.

    J'ai d'abord entrepris de le lire en anglais dans la version originale qui s'intitule très justement Fortunes and Furies. Mais j'ai décroché rapidement, vocabulaire bien trop riche et imagé pour moi.

    Le livre comprend deux parties comme le titre américain le suggère la première est celle de la fortune, tout est parfait, un couple improbable qui erre de fêtes en fêtes, alcool, drogue, créativité, dans la Nouvelle Angleterre. Mais ils sont fidèles l'un à l'autre, font l'admiration de tous leurs amis et enfin la réussite, Lancelot, dit Lotto, acteur et auteur de théâtre, grand, beau et fort connait le succès et Mathilde, belle comme l'aurore, le protège.

    La seconde partie est une descente aux enfers, les personnages de rêve sont démontés, cruellement, on tombe de très haut devant autant de cynisme, de cruauté, de malheur. Je vous laisse deviner ou plutôt découvrir car on ne peut pas deviner...

    Pourquoi Barack Obama a t'il aimé ce livre? Peut-être parce que, lui, a su, au fil de la lecture, deviner???

  • Rencontre botanique gourmande

    Samedi 29 avril, nous nous sommes souvenus que nous étions à l'origine, et que finalement nous le restons, des cueilleurs. Il y a à Berrac, commune de 107 habitants du Lectourois dans le Gers, trois associations, le Comité des fêtes, l'Association des chasseurs  et Berrac Village Gersois qui s'attache à promouvoir le patrimoine local.

    C'est cette dernière association qui organisait la deuxième rencontre botanique gourmande de Berrac. Trois mots d'ordre pour cette journée animée par Aline et Gisèle : cueillir, cuisine et déguster. Voyez plutôt :

    Apéritif aux fleurs de sureau

    Mises en bouche sauvages : Beurre d'allier, lamier au chèvre, fleurs de pâquerettes sur canapé de radis

    Croustade au lierre terrestre et champignons

    Trou du Turon (petit ru de Berrac) : sorbet à la menthe suave blanche d'armagnac

    Frittata aux respounchous

    Salade : feuilles de chênes, feuiiles de laiteron, feuilles de tilleul hachées, fenouils sauvages, boutons de coquelicots

    Tarte sucrée aux orties et au plantain

    Infusion de melisse

    Le tout accompagné d'un vin rouge de Gascogne léger

    Une trentaine de participants de Berrac et d'alentour, quelques spécialistes, restaurateurs, tables d'hôte, cultivateurs de safran, aquaponistes et des amateurs , heureux de partager leurs connaissances et leurs étonnements, par une belle journée ensoleillée.

    De belles rencontres, de la bonne humeur.

  • Bistrot!

    Une petite mais très belle exposition à la Cité du Vin sur le thème du bistrot. L'exposition convoque la peinture du XVIII à nos jours bien sûr mais aussi la littérature (Baudelaire, Verlaine...), le Cinéma (Nouvelle vague), la chanson...

    C'est tout de même un peu trop franco-français et il manque une évocation des café célèbres du monde entier maus c'est tout de même très bien fait et fort sympathique.

     

    Venez à Bordeaux ou achetez le très beau catalogue!

  • Outre-Terre

    Vous avez reconnu? Napoléon! Bien sûr. Sur le champ de bataille d'Eylau. Moins évident. Même si le tableau de Jean-Baptiste Gros est dans toutes les mémoires de ceux qui ont parcouru des manuels d'histoire d'avant les Annales ou visité attentivement le Louvre..

    Mais où est donc Eylau

    Vous saurez tout en lisant, en vous délectant de l'ouvrage de Jean-Paul Kauffmann paru récemment en folio : Outre-Terre.

    On passe un bon moment à Kaliningrad avec Jean-Paul Kauffmann, sa femme et ses deux garçons en 2007 deux cents ans après la bataille. L'occasion d'évoquer l'âme russe, le Geist allemand car Kaliningrad, c'est, c'était Koenigsberg, Ost-Preussen, la Prusse orientale, la patrie de Kant. l'homme immobile, à l'emploi du temps cadencé par sa montre, le philosophe, qui ne quitta jamais sa ville natale, une imagination débordante, une vie intérieure d'une richesse insolente. Napoléon, toujours à cheval à parcourir l'Europe entière, sachant que tout cela se terminerait en désastre...est son exact opposé.

    On y évoque aussi les maréchaux d'empire, la Comtesse Marion Donhoff, l'excellente directrice de Die Zeit qui était de Koenigsberg et remarqua lorsqu'elle y retourna en 1992, qu'au moins il subsistait les forêts et les lacs que les soviétiques n'avaient pas réussi à transformer.

    Et puis, il y a la figure du Colonel Chabert, ce soldat d'Eylau, imaginé par Balzac, donné mort sur le champ de bataille et qui plusieurs années plus tard, revient chez lui, et dont personne ne veut plus. Une figure qui hante Jean-Paul Kauffmann, qui sait ce qu'est revenir après plusieurs années d'absence.

    Enfin la bataille, et les charges des dragons et des cuirassiers de Grouchy, d'Hautpoul, de Murat et enfin Ney,  arrivé sur le tardqui emporte la décision et épargne à l'Empereur sa première défaite.

  • A la découverte des grands ports du monde

    Je le cherchais depuis plusieurs mois. Il est reparu. Une invitation au voyage avec Tintin : Saint-Nazaire, Antwerpen, Oostende, Akureyri, Le Havre, La Rochelle, Marseille, Matadi, Port-Saïd, Djibouti, Chicago, New-York, Callao, Haïfa, Shanghaï... des années 3O aux années 60, l'âge d'or de la marine.

    Une très belle réussite : vignette des albums de , photos, encadrés et textes par les spécialistes de Ouest France, du journal Le Marin (une filiale du premier) et de quelques tintinophiles avertis des questions maritimes.

    A ne pas manquer!

  • La cache

    Ce récit est celui d'une famille, la famille Boltanski, ou Boltanski ou Boltansky, originaire d'Odessa. Le mémorial de Yad Vashem en Israël compte 177 victimes de la Shoah de ces noms là.

    Un nom juif donc pour l'auteur Christophe, journaliste et écrivain, fils de Luc Boltanski, sociologue, petit-fils d'Etienne Boltanski, médecin des hôpitaux, arrière petit-fils de David, sellier immigré d'Odessa à Saint-Ouen où il est rejoint par sa femme Enta Fanstein.

    Etienne se marie avec Myriam, une femme corse, véritable héroïne de cette sage, mère-grand, atteinte de la polio à l'âge de 22 ans. Etienne et Myriam ont donc trois fils, Jean-Elie, aujourd'hui discret linguiste, Luc, poète et sociologue, père de  et Christian-Liberté, l'artiste mondialement connu aujourd'hui.

    Ces gens là vivent reclus dans leur appartement de la rue de Grenelle, la polio limite les déplacements de la mère qui refuse les fauteuils roulants, s'accroche à la vie, couve sa maisonnée, Etienne est du genre mélancolique et puis la guerre arrive, la nazisme, l'antisémitisme, les confrères s'éloignent, les dénonciations se profilent... La famille met en place un stratagème : officiellement, Etienne et Myriam divorcent, Etienne est parti, en fait il vit le jour dans une cache, sous le plancher et ne sort que la nuit, jusqu'à la libération et le retour à l'hôpital avec les mêmes collègues qu'avant... cela crée des habitudes, se cacher, rester ensemble, toujours solidaires, regarder par où fuir, ne pas s'éloigner de la voiture, ne pas sortir seul, ne pas aller à l'école, Christian n'y a jamais été, les enfants ont eu des précepteurs, même un ancien collabo...

    Le récit, est-ce un roman, est construit autour des pièces de l'appartement, on commence par la voiture, une Fiat 500, à cinq, puis c'est la cuisine, le bureau... avec à chaque fois un plan détaillé.

    Une famille de non dits dominée pour toujours par la peur, la peur de tout, la peur de l'extérieur, de l'imprévu, des autres... mais une famille unie comme jamais malgré les différences entre les garçons, qui restent attachés les uns aux autres encore aujourd'hui malgré des parcours professionnels fort différents.

    Un livre très attachant mais aussi par certains côtés effrayant.

     

  • Emma Stone vs Natalie Portman

    C'était hier la deuxième fois que nous allions au cinéma de Lectoure dans le GersLe Sénéchal offre deux salles de 116 et 54 places, confortables, des films en VO. Le cinéma est géré par une association aux objectifs ambitieux.

    Nous y avons vu successivement La la Land et Jackie. Beaucoup de monde pour le premier, beaucoup moins pour le second. L'oscar de la meilleure actrice attribué à Emma Stone....rien pour Natalie Portman.

    Et bien, et de loin, Jackie est un bien meilleur film que La la land et Natalie Portman bien meilleure.

    Natalie Portman campe magnifiquement le portrait d'une Jackie Kennedy digne, même si accablée de chagrin, déterminée, une résistante, une femme forte, face à l'adversité des services secrets, des services de sécurité , des Johnson et des Kennedy. La mise en scène de Pablo Larrain, cinéaste chilien, est subtile, tout en allers et retours bien menés.

  • Sociologie de Bordeaux

    Signée par Emilie Victoire, pseudonyme d'un collectif de sociologues bordelais, ce petit livre offre une approche très interessante, sociologique mais aussi historique, non pas de Bordeaux mais de la métropole bordelaise ou plutôt de l'agglomération bordelaise.

    Bordeaux revient de loin. A la fin du mandat de Chaban-Delmas, la ville centre perd des habitants, les opérations du Lac et de Mériadeck sont des demis échecs, le port n'est plus que l'ombre de lui-même.

    Aujourd'hui Bordeaux apparait comme une promesse à beaucoup. Au risque de l'échec? Le développement économique européen s'effectue principalement autour de la fameuse banane bleue (sud de l'Angleterre, Ile de France. Pays-Bas, Ouest de l'Allemagne, Nord de l'Italie. Pas facile pour Bordeaux de passer du statut de ville à potentiel européen à une cité réellement européenne.

    L'atout de Bordeaux est peut-être son développement diversifié. Il y a toujours le vin qui apporte une notoriété internationale incomparable, le tourisme, une architecture remarquable du centre historique, le fleuve, mais aussi même si c'est méconnu l'industrie, aéronautique, numérique, Bordeaux tech.

    L'agglomération est exempte de graves tensions sociales, il n'y pas comme dans d'autres villes de populations reléguées. Les classes populaires de Lormont ou Cenon ont accès au centre ville via le tramway, à la foire aux plaisirs des Quinconces au centre commercial de Mériadeck. Saint Michel conserve encore sa vocation d'accueil de ménages à faibles ressources et d'immigrés. Les classes moyennes ont conquis les communes résidentielles du Bouscat de Cestas, de Saint Jean d'Iliac dans un urbanisme à l'américaine qui n'est pas sans poser de graves problèmes de transports mais qui permet l'entre soi. Chacun chez soi.

    Bordeaux et la Communauté urbaine ont joint leurs efforts pour revitaliser la ville centre avec les opérations d'urbanisme des 3 B: Bacalan, Belcier et La Bastide. Il faut impérativement éviter que l'agglomération ne s'étende de Libourne à Arcachon.

    Est ce que le système Chaban prévaut encore? celui d'un duc d'Aquitaine avec ses barons d'opposition de Pessac, Mérignac ou Bègles. La Cohabitation se poursuit aujourd'hui avec la métropolisation. Est ce durable? Les échecs de Rousset puis Feltesse les patrons de la région et de la Cub doivent être médités.

    Bordeaux fait peur à son environnement rural. Le Conseil Départemental apparait confiné dans un rôle de défense des territoires ruraux. Pourtant l'avenir se joue entre Bordeaux, Toulouse, BAB (Bayonne, Biarritz et Anglet), Bilbao et Nantes.

    L'arc Atlantique a encore un avenir à inventer.

     

  • Le mariage de Figaro

    Quatre heures de théâtre hier soir au TNBA (Théâtre National de Bordeaux Aquitaine) pour redécouvrir la pièce de Beaumarchais La folle journée ou Le Mariage de Figaro (1778) dans la mise en scène de Rémy Barché avec la Comédie de Reims.

    Un grand classique du théâtre mais de classique, ne restent que les costumes et, mais c'est l'essentiel, le texte. 

    La mise en scène est assez déjantée surtout la première heure, orgasmes simulés, clins d'oeil salaces, cigarettes au bec, guitare basse, jazz, rock, pop la musique est assez éloignée de celle du XVIII, s'y ajoute une bande son d'actualité (hier soir sur Pénélope gate...!). 

    Le public apprécie, rit beaucoup, on pourrait dire ricane, un peu comme dans les émissions de radio ou de télé destinées à faire rire.

    Peu à peu on s'habitue et on se concentre sur l'intrigue, en oubliant tous ces artifices de mises en scène.

    Peut-être est-il nécessaire aujourd'hui pour faire découvrir le texte de Beaumarchais à un jeune public d'en passer  par cette démesure?

    Les acteurs sont excellents dans le registre qui leur est demandé.

    Et, in fine, on ne regrette pas d'être venus.

    Pour avoir un aperçu : https://vimeo.com/130740109