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Cas@d€i - Page 7

  • Un été avec Homère

    Le livre de Sylvain Tesson, Un été avec Homère, qui reprend ses chronique diffusées sur France Inter l'an dernier est un ravissement, un vrai plaisir de lecture. 

    J'ai lu l'Iliade et l'Odyssée en Pléiade il y a quelques années. Je me souviens d'une lecture un peu difficile de l'Iliade, beaucoup plus aisée de l'Odyssée. La lecture de l'ouvrage de Tesson, elle, est limpide. Après le résumé des deux ouvrages, Sylvain Tesson en fait le commentaire avec des allers et retour sur le pourquoi dans le contexte de l'époque et sur l'actualité d'Homère, aujourd'hui, après le christianisme, l'Islam, bref les monothéismes.

    La thèse de Tesson qui ne croit pas à l'au delà quel qu'il soit mais se contente du ravissement que lui procure le monde tel qu'il est est qu'Homère est actuel parce que rien n'a changé sous les cieux depuis que l'homme est sur terre. Il y a la guerre, irresistible, et l'homme qui balance éternellement entre chercher le repos, revenir chez lui, retrouver son foyer et puis courir l'aventure, découvrir l'inconnu.

    Et ce n'est pas Internet qui va changer cela!

  • Pastorale américaine

    Après la mort de Philip Roth, j'ai décidé de combler une lacune. J'avais lu en son temps La Tâche, et je crois bien que c'est tout et j'ai donc entrepris d'aborder La pastorale américaine, le début de la fameuse trilogie avec j'ai épousé un communiste et donc La tâche.

    J'avais lu La Tâche en français. J'ai lu American pastoral dans sa version originale sur une liseuse même si la Grande Librairie m'a convaincu que Josée Kamoun est une grande traductrice. De ce fait j'ai sans doute éprouvé quelques difficultés pour cette lecture toujours moins aisée lorsqu'on s'éloigne de la langue maternelle mais il faut bien essayer de progresser.

    Dans ce roman couronné de très nombreux prix Roth se complait à nous peindre l'envers du rêve américain. Le roman retrace la vie de Seymour Levov, ancien athlète, juif, entrepreneur, à la suite de son père, dans la ganterie, entrepreneur à succès, il a tout pour réussir une très belle villa sur un grand domaine, une épouse, d'origine irlandaise et non juive, ancienne lauréate d'une concours de beauté local et une fille Merry.

    Mais derrière cette façade de l'Amérique heureuse des année soixante, il y une faille, c'est Merry. Merry, qui bégaie, Merry qui se révolte, Merry qui devient avant même d'être majeure une terroriste, Merry qui pose une bombe pour protester contre la guerre du Viet-Nam, Merry à l'origine de la mort d'un honnête homme... Sa mère qui plonge dans la dépression, Merry qui disparait dans la clandestinité, et son père qui refuse de voir la vie en face pendant plusieurs années, qui la cherche et finira par la retrouver, sa femme entre temps aura refait son corps et sa vie, vendu la maison familiale... Je ne relève pas tout, le roman à bien des côtés Thriller, le scénario est quelque peu diabolique...

    Est ce que cela peint vraiment la société américaine des années soixante? J'ai un peu de mal à le croire, tous les malheurs de l'Amérique sont trop concentrés sur une seule famille. Trop c'est peut-être trop, mais je m'incline bien volontiers devant la critique...

  • Canoé sur la Garonne

    Un petit rêve récent de réalisé! Naviguer sur la Garonne en plein centre de Bordeaux en canoé. Avec mon club de marche nordique, sortie exceptionnelle en canoé, des Chantiers de la Garonne, face à Darwin, jusqu'au pont d'Aquitaine ou plus précisément au Port de plaisance de Lormont. Et retour. On passe sous le pont Chaban-Delmas, devant la Cité du Vin... des points de vue inédits par un temps splendide, lundi dernier.

    Pas si facile, les canoés insubmersibles sont assez lourds, leur mise à l'eau pas très aisée les pieds dans le limon du fleuve, et par souci de sécurité on a choisi une journée avec un faible coefficient de marée, 48, alors qu'il varie dans l'année d'environ 32 à 120, ce qui oblige, même si on a navigué dans le sens du courant, à réellement pagayer.

    Au retour, pique-nique façon auberge espagnole sur le balcon du club nautique, un peu fatigué tout de même, mais avec d'excellents souvenirs dans la tête. 

  • Lanzmann et Veil

    Nous sommes le 5 juillet.

    J'écoute à la radio Nuit et brouillard de Jean Ferrat : "ils étaient des milliers ils étaient vingt et cent, nus et maigres, tremblants..."

    Cette chanson, je l'ai entendue dimanche dernier, en direct, devant l'entrée du jardin du Luxembourg, face au Panthéon, par une chorale, lors du transfert de Simone et Antoine Veil au Panthéon (photo). J'avais les larmes au yeux.

    Aujourd'hui, ClaudeLanzmann est décédé, France Inter a bouleversé ses programmes, c'est justifié et réconfortant pour notre société.

    bm_484_1738057.jpgClaude Lanzmann est bien sûr l'auteur de Shoah, un film de neuf heures, mais l'oeuvre de Lanzmann c'est toute sa vie, 92 ans de vie, active, de la résistance avec son père dans les maquis de Brioude à la sortie de son dernier film Quatre soeurs ces jours-ci.


    Si vous ne l'avez pas encore fait, lisez Le lièvre de Patagonie, un livre qu'il n'a pas écrit mais entièrement dicté, un livre formidable qui retrace sa vie, la Résistance, la Corée du nord, l'Algérie, Les temps modernes, Sartre et Beauvoir, Shoah, Judith Magre, une de ses épouses, née en 1926 que vous pouvez encore aujourd'hui voir au Théâtre de Poche à Montparnasse.

  • Balade berracaise

    La Balade organisée ce dimanche 17 juin par le Comité des fêtes de Berrac et l'association Berrac Village Gersois dans la petite commune de Berrac dans le Gers, un centaine d'habitants, est vraiment une bonne formule, à cinq euros.

    Accueil café biscuits à 8h30 

    Randonnée de 11 à 12 km. l'itinéraire change tout les ans ou presque, en fait il revient tous les cinq ans. Cette année autour du domaine de Saint caprais avec la découverte d'une petite grotte, le territoire est karstique, et d'un ancien lavoir qui vient d'être nettoyé par les bénévoles du Comité des fêtes. 85 participants de tous âges, sur un parcours balisé ad hoc, herbe coupée dans la semaine, panneaux de signalisation pour traverser les voies automobiles, ravitaillement au km 7.

    Pendant la randonnée les peintres s'adonnent dans les rues du village, en plein air,  à leur passion, en vue d'exposer leurs oeuvres en fin d'après-midi. les randonneurs à leur arrivée peuvent admirer les tableaux en devenir. Et il y a une exposition-vente de peintures et d'aquarelles dans la salle de fêtes.

    A l'arrivée, dégustation d'une assiette apéritive : saucisson, toasts au foie gras et à l'ail avec un verre de vin des côtes de Gascogne en provenance du Rosier d'Angélique, viticulteur de Berrac.

    Et pour ceux qui le voulaient, pour 8 euros, 95 personnes, déjeuner en plein air sur la belle esplanade de la mairie sous les muriers : salade de crudités, saucisses, ventrèche, courgettes, oignons grillés et frites, fromage, boule de glace et tarte aux pommes, café. 

    Un bon moment de convivialité prparé grâce au dynamisme des deux associations précitées et des bénévoles qu'ils savent mobiliser

  • Le gang de la clef à molette

    Edward Abbey est surtout connu pour son roman Désert solitaire et c'est en allant acheter ce ivre que la libraire de chez Mollat m'a aussi convaincu de lire Le gang de la clef à molette et c'est par ce dernier que j'ai commencé, je lirai plus tard le Désert solitaire.

    Dans les deux cas c'est un roman sur l'écologie et la menace qui pèse sur les déserts de l'ouest américain. Ici quatre individus, quatre insoumis ,se coalisent pour saboter les infrastructures qui défigurent la nature. Il y a un jeune vétéran de la guerre du Viet-Nam, une petite brute inculte mais déterminé et toujours prêt à la bagarre, un mormon polygame spécialiste de la descente des rivières, un chirurgien blasé d'une quarantaine d'année et sa maitresse, une belle rousse, indépendante.

    Ils s'en prennent aux ponts, aux chemins de fer, démontent, sabotent, incendient et bien entendu sont poursuivis par les autorités au sein de canyons, désespérément secs, avec des falaises de dizaines de mètre de haut...Il y a de la bagarre, des hélicoptères, la faim, les longues marches assoiffés...

    S'en sortiront -ils? il y a du suspense, de très belles pages sur la faune et la flore, un très beau vocabulaire, une ode à la nature, une passion pour l'écologie...

    Un livre prémonitoire paru pour la première fois aux USA en 1975.

  • Journée citoyenne

    C'était aujourd'hui la journée citoyenne annuelle dans notre petite commune du Gers (une centaine d'habitants) et nous étions 33 citoyens bénévoles (un tiers de la population) pour effectuer les travaux suivants sous la conduite du maire et des présidents des trois associations de la commune:

    - nettoyage et aménagement du coin déchets du cimetière

    - nettoyage, rangement et nouvelle destination à usage de la commune de  la sacristie gauche de l'église

    - mise en place de la signalisation du défibrillateur et panneaux au niveau stationnement pour handicapés (église)

    - fauchage des talus enherbés du tour du village

    - nettoyage des massifs du village

    - débroussaillage et ouverture des chemins ruraux communaux -

    - remise en état d'un lavoir et d'une fontaine

    Les travaux semblaient importants ; mais en étant tous unis -l'union faisant la force-  nous avons réalisé de grands chantiers durant cette journée !!!

    Et pour en venir à bout, comme un vrai village  gascon qui ne démérite pas par rapport à un célèbre village breton, ..., à 12h30 il y a eu une distribution de potion magique !!!

    Il y eut, entre autres, du sanglier grillé  bien accompagné -repas offert à tous qui nous a permis de repartir de bon pied l’après midi- !!!

    Toute proportion gardées, c'était un peu comme si à Bordeaux quelques 80000 citoyens avaient donné une journée de leur temps pour embellir leur ville, on peut rêver... 

     

  • Compagnon de route

    Sur le Camino francés, entre Leòn et Santiago, effectué en solitaire j'avais emmené ma liseuse avec quelques ouvrages de Jean Rolin qui s'est révélé être un excellent compagnon de route.J'avais déjà lu Savannah avant de partir et Le traquet kurde, son dernier ouvrage, un peu auparavant (cf. Chronique du 24 février).

    Jean Rolin comme il l'explique lui-même n'écrit pas de romain, ni d'essai, il écrit tout simplement, il fait des trucs à partir de ce qu'il décide de vivre.

    Dans Savannah, il décrit le voyage mémoriel qu'il fait sur les traces  d'un séjour en Louisiane qu'il avait effectué avec Kate, la fille de Jane Birkin, suicidée depuis, avec laquelle il vivait à l'époque. Kate avait enregistré avec son téléphone des petites vidéos de ce séjour et Jean Rolin essaie tout simplement de refaire au plus près les visites, les circuits, les rencontres... C'est très attachant.

    Dans Terminal frigo, Jean Rolin part à la découverte des ports français. Ayant eu à connaitre plusieurs de ces ports dans ma vie professionnelle, j'ai évidemment trouvé ce livre très attachant, en particulier ce qui se passe à Nantes et à Dunkerque au moment de la Réforme du statut des dockers, les dissidences de la CGT, les intimidations...cette histoire a encore aujourd'hui des retentissements et certains acteurs cités dans l'ouvrage sont toujours actifs. les descriptions des installations portuaires du port de Bordeaux sont très biens vues, et malheureusement toujours actuelles...

    Dans Ormuz, Rolin nous promène dans le fameux détroit, lieu stratégique s'il en est, en compagnie d'un individu qui se prétend athlète de haut niveau et qui veut traverser le détroit à la nage. Il charge l'auteur de faire des repérages qui ne manquent pas d'inquiéter l'Iran, les émirats... on voyage, c'est bien. Quant au succès de la traversée, je vous laisse le suspens...

    Enfin dans La Clôture, Rolin entrecroise la biographie du Maréchal Ney, dont la statue est à côté de la Closerie des Lilas, pas très loin du lieu de son exécution, et le monde interlope situé entre les portes de Saint Ouen et de La Chapelle. Ouvrage écrit avant la crise actuelle des réfugiés mais des réfugiés, des SDF, et des prostituées, il y en déjà qui habitent dans des piliers du Boulevard périphérique, et eux aussi, Rollin nous en livre la biographie. C'est parfois à couper le souffle toute cette misère à nos portes qu'on refuse de voir et que l'on a renoncé à combattre.

  • Lavacolla - Santiago

    10 mai 2018 J13  : 12 km pour se rendre en ville et 11 de plus pour l'arpenter. Ils arrivent, j'arrive, chacun célèbre à sa manière, intérieure ou exubérante, son arrivée sur cette place après 100 km ou 1000 km, sans sac ou avec sac, à pied ou à vélo. On fait abrazero avec ses compagnons et certains font la queue dans la cathédrale pour le faire avec la statue de Jacques sur l'autel... on fait terrasse, on fait les boutiques.

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    C'était aussi en ce jour de l'ascension une fête dans toute la ville avec bandas, manèges, grande roue et longue table dans le parc. On se croirait à Munich mais ici c'est du poulpe à la galicienne que les locaux dévorent en famille ou entre amis. Le soir pour le paseo c'est la grande affluence dans la grande tradition espagnole.IMG_1293.jpeg

    Voilà mission accomplie. J'ai commencé ce chemin en 2013 au départ du Puy à raison d'une semaine par an environ. Arrivé à Saint Palais j'ai ensuite fait le Chemin d'Arles, puis le Camino Francés jusqu'à Burgos en 2015,  à Leon en 2016. Tout cela avec ma chère et tendre qui avec le temps n'a pas souhaité effectuer ce final mais qui a eu assez de classe pour me laisser l'effectuer seul et atteindre ainsi un vieil objectif.

    Il est d'usage die dire que ce n'est pas nous qui faisons le chemin mais le chemin qui nous fait. Peut-être, en l'absence de scénario de référence, il est difficile de répondre, autant de marcheurs que de chemins en tous cas et des personnes rencontrées de tous horizons en général bienveillantes.

    Je recommande vivement.

    Pour effectuer cette dernière partie, j'ai eu recours au guide rédigé en anglais ou écossais? (non traduit) Camino de Santiago de John Brierley (2017), c'est le meilleur guide à mon sens, tout y est.

    A bientôt sur d'autres chemins.

  • Ribadiso - Lavacolla

    9 mai 2018 - J12  32 km 8 heures. Initialement je devais faire une étape de 22 km pour arriver à O Pedrouzo. Mais je n'avais pas vu sur ma carte que ce village n'était pas sur le chemin mais entre 500 m et 1 km à côté si bien que tout en restant sur le chemin je l'ai dépassé. J'en ai eu le sentiment progressivement puis la certitude à Amenal 4km plus loin et je n'étais pas le seul! Faute d'Alberghe à proximité j'ai réservé par téléphone une chambre d'hôtel à 5 km, à l'hôtel Ruta Jacobeo,  d'où les 32! Bien agréable ceci dit cette erreur / retrouver le confort pour une nuit, prendre un bain...pour 59 € prix négocié. Dîner à 20 euros.
    Sinon même type de chemin qu'hier avec toujours ces raidillons à l'occasion des traversées de petites rivières, des chemins creux, des chênes, des pins, beaucoup d'eucalyptus souvent cultivés, des chants d'oiseaux, des bars et des stèles en particulier celle de Guillermo Watt mort sur le chemin à 69 ans à un jour de l'arrivée à Santiago. Le temps était couvert toute la journée mais j'aurai droit à des éclaircies demain pour l'arrivée finale. Me reste 10 à 11 km. À demain