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Cas@d€i - Page 6

  • Foncebadon- Ponferrada

    1er mai 2018 - J4 : 29,5 km huit heures. Un vrai PDJ au départ à sept heures et une bonne salade mixte à 12 heures à Molinaseca près d'un vieux pont au soleil retrouvé. Il faisait -2 ce matin au départ. J'ai vraiment regretté mes gants que j'ai finalement décidé au départ de laisser à la maison pour une question de poids! Passage de La Croix de fer et du sommet du chemin à 1550 m pour redescendre via un chemin ravineux à Molinaseca puis Ponferrada à 550m.

    Petite chute sans gravité physique mais j'ai tout de même cassé un verre de lunette et eu quelques égratignures avec saignement sur le visage et les mains.Mon bandana et un fontaine d'eau m'ont permis de nettoyer les plaies. Le soir ma petite trousse de pharmacie m'a permis de désinfecter en l'absence de pharmacie en ce premier mai...

    Les descentes sont plus dangereuses que les montées comme en témoigne une "statue" de vélo en mémoire d'un cycliste DCD sur le chemin. C'est le troisième mémorial vu en quatre jours. Plus de villages en ruines mais des maisons à balcons fleuris, des armoiries, des oliviers, de la vigne... Logé dans une Auberge moderne avec casier mais qui manque un peu d'âme par rapport à hier soir ou l'ambiance était refuge et le repas pris en commun : homos, charcuterie, paella, pomme. J'y ai rencontré quatre français qui refont la partie du chemin interrompu l'an dernier pour cause de fracture de fatigue pour l'une et de fracture au poignet pour une autre. les trois femmes sont accompagnés en voiture par leur mari, un ancien surveillant pénitentiaire de Fleury qui a pris sa retraite à 52 ans... il les attend tout au long du parcours chaque jour en faisant des mots croisés! Ce soir il faut dîner à l'extérieur.

    A l'arrivée à Ponferrada, rencontre avec un suisse qui vient de repartir de Santiago. il a fait le chemin depuis son pays il y'a trois ans et là il le fait dans l'autre sens. il compte trois mois de voyage. Sa femme le suit en camping car le premier mois en Espagne. il a un cache nez pour éviter les coups de soleil, qu'il va voir de face pendant trois mois! Il est bien svelte!

    À demain

  • Astorga - Foncebadon

    30 avril 2018 - J3 : 26km et 550m de dénivelé. Un vrai petit déjeuner au départ un grand Yoplait et deux mandarines et en route. 6 km de plat puis montée progressive vers Santa Catalina et El Ganso à 1000m. À partir de El Ganso les villages montrent de nombreuses ruines et ce serait pire sans le chemin qui a suscité la création d'auberges et de bars. Nouvelles côtes pour atteindre Rabanal del Camino via un vrai sentier de montagne. J'achète une banane et décide d'aller jusqu'à Foncebadon ce qui permet de nouveau via un sentier escarpé et sous des averses de neige d'atteindre les 1450m. Des genêts, des petits chênes, des pins... Les seuls habitants sont les aubergistes mais il y a des chantiers d'autres auberges probablement...une salle commune un grand dortoir, une cheminée. De la petite épicerie... Beaucoup de coréens...dîner communautaire très sympa à 19h et petit déjeuner à 7.00. Cette auberge est ouverte toute l'année. Les gérants, originaires de la côte méditerranéenne ont une petite fille qui va à l'école à Astorga. Il y a deux ramassages scolaires par jour, un à 7:30 pour le collège et un à neuf heure pour le primaire. Dortoir de 16 lits. Douches et toilettes en nombre suffisant. Cheminée bien agréable dans la salle de restaurant/bar. 

  • Villar de Mazarife - Astorga

    29 avril 2018 J2 : 32 km 6:30-14:30 D'abord les chemins rectilignes de feu le désert du Paramo et aujourd'hui très bien irrigué. Le long pont romain qui précède Hospital de Orbigo ou je trouve en ce dimanche un bar ouvert pour compléter mon sommaire petit déjeuner. Puis jusqu'à Astorga une suite de petites montées et descentes, des villages sans habitants apparents, des arbres et de la pluie. Avant de descendre vers Astorga, on aperçoit les sommets enneigés des monts du Leòn dont le sommet du Toleno culmine à 2200 m. Et on aperçoit de loin la cathédrale d'Astorga, il reste bien 3km... Dernière côte et voilà l'Alberghe de la place San Francisco. Et c'est la routine : douche lessive préparation de l'étape de demain pas de sieste car Tour en ville pour voir la vieille ville le palais Gaudi et prendre des repères pour dîner... On est à 800 m d'altitude et il fait 8 degrés.

  • Leòn - Villar de Mazarife

    28 avril 2018 - J1 : 22km départ à 6:30 pour éviter la pluie annoncée pour midi et qui n'arrivera qu'à 17 heures. Traversée de la vieille ville. Il suffit de suivre les flèches jaunes au sol ou sur le bas des murs. Ne pas prendre la direction d'Oviedo que 3 français vus hier vont emprunter. Le jour se lève sur la périphérie industrielle que l'on traverse. On est samedi très peu de monde et avec un coréen je suis le seul "peregrino". Apres le petit bourg de Virgen del Camino je prends la variante dite de la calzada qui passe par le paramo, le désert autrefois infesté de brigands et de vautours que l'irrigation à transformé en un paysage agricole souriant. L'autre option aurait été de longer la N120. Quelques petits villages animent un peu un chemin qui reste austère. Il y a des cigognes sur les clochers. À Villar, j'hésite un peu à aller plus loin mais c'est 9km et il vaut mieux équilibrer les étapes. L'alberghe Tio Pepe a des lits libres dans des chambres de 4, sur la place de l'église, pour 9 euros. Et ils sont ouverts toute la journée bar restaurant TV... lessive, douche,
    Déjeuner sur un banc au soleil de mes sandwiches achetés inutilement à Leòn et rencontre avec une équipe de marcheurs et marcheuses du Gers. Sympa! Puis Sieste lecture Instagram...

  • Journée ferroviaire

    27 avril 2018 - Journée ferroviaire! Bordeaux à 5 heures se réveille, le personnel de la Métropole s'active sur les quais, et depuis le tram, on voit des kyrielles de jeunes qui reviennent du Quai de Paludate et vont se coucher. J'ai la tête à Santiago mon objectif pour la quinzaine mais il faut d'abord rallier Hendaye en TER, puis Irun en Euskotren et enfin Leòn avec la Renfe. Beaucoup de randonneurs dans ce train qui ne comporte que deux ou trois voitures. C'est le WE du 1er mai. La nouvelle gare de Leòn est face à l'ancienne, mon point de départ pour le chemin à pied sac au dos. Tout se passe bien, les correspondances sont au RV et à Leòn il fait beau en attendant la pluie annoncée pour les deux premières étapes. Je loge au Globe-trotter Hostal juste à côté de la cathédrale dont la façade est en travaux. Des chambres de huit lits avec casiers individuels sécurisés, couette, serviettes... 20 euros...Nous sommes trois. Dîner sur place avec de petites courses faite au Carrefour du coin. Promenade en ville, je retrouve avec plaisir le quartier où je suis arrivé il y a deux ans avec Marie. Marie n'est pas au départ cette fois, retenue à Bordeaux et peu désireuse de souffrir à nouveau...Marcher longtemps avec un sac sur le dos n'est plus un plaisir. Mon sac fait un peu moins de huit kilos hors ravitaillement. En route!

  • Camino frances

    Je repars avec l'espoir de rallier Santiago depuis León ce samedi 28 avril. A suivre sur instagram sur le compte : ferdinand_liebaux.

  • Jan Karski

    Jan Karski (1914-2000) est connu comme l'auteur de rapports psur l'extermination des juifs en Pologne à l'attention des gouvernements britannique et américain dès 1942, rapports qui lui ont été demandés par le gouvernement polonais en exil dans le cadre des ses activités de résistance.

    Claude Lanzmann a fait connaitre Karski avec son film Shoah puis avec le rapport Karski, dans lequel il livre la totalité du témoignage qu'il a recueilli.

    Yannick Haenel a publié Jan Karski et obtenu pour ce roman le prix Interallié.

    Arthur Nauzyciel a adapté ce livre au théâtre en insistant comme Haenel sur le silence de Karski pendant 35 ans. On voit donc successivement une relation du témoignage de Karski dans Shoah, puis un résumé des rapports de Karski lu par Marthe Keller en off, illustré en vidéo par des plans de camps et enfin, Jan Karski lui-même qui témoigne, c'est l'aspect le plus romancé. Une danseuse à la fin du spectacle exprime la souffrance des corps et la mort.

    Jan Karski a été un témoin puis s'est tu pendant 35 ans, professeur aux Etats-Unis, jusqu'à ce qu'il réapparaisse dans Shoah, la gorge nouée, à peine capable de s'exprimer lui qui a vécu toute ses années obsédé par l'incpréhension dont il estime avoi été l'objet, convaincu que ce n'est pas l'Allemagne nazie qui a éliminé les juifs mais le monde entier, y compris les alliés qui se seraient montrés à tout le moins des complices passifs de la shoah. Sur ces points la querelle entre historiens reste vive et on pourra se reporter à Internet pour en prendre la dimension.

    Deux heures quarante de théâtre donc, hier à Bordeaux deux heures quarante de monologue, certains spectateurs se lassent rapidement et quittent la salle, mais la très grande majorité reste, écoute ce témoignage bouleversant, et s'interroge sur sa transposition aujourd'hui : qu'est ce que nous refusons de voir aujourd'hui? Telle est la question.

    A voir au TNBA jusqu'au samedi 28 avril et en tournée.

  • Enlightenment Now de Steven Pinker

    Pas encore traduit en français mais très facile à lire. 600 pages dont 75 de notes et beaucoup de graphiques pour montrer que malgré le pessimisme ambiant il y'a toujours et encore des raisons d'espérer, à condition de persévérer dans esprit des lumières.

    Steven Pinker montre qu'il faut s'appuyer sur la raison, la science et l'humanisme, les trois moteurs qui n'ont cessé de faire progresser l'humanité.

    Steven Pinker aime quantifier, une antenne ne fait pas une tendance, il faut toujours essayer de mesurer pour comprendre, c'est d'ailleurs la devise de l'insu.

    Et Pinker s'attache à montrer que tout va mieux  en termes d'espérants" de vie, de santé, d'alimentation, de richesse, d'inégalités, d'environnement, de paix, de sûreté, de terrorisme, de démocratie, de droits, de savoir, de qualité de la vie, de bonheur, de menaces existentielles...

    Regardons en arrière, objectivement et allons de l'avant muni de notre capacité à comprendre, à progresser, à fraterniser, c'est la leçon optimiste de ce livre.

    Ceux qui ne lisent pas l'anglais ou ne le souhaitent pas peuvent lire l'avant dernier ouvrage de Steven Pinker, traduit en français sous le titre : "la part d'ange en nous" où il démontre la diminution de la violence sous toutes ses formes sur longue période

  • Opéras bibliques à la cathédrale de Lectoure

    Soirée lyrique samedi soir à la Cathédrale de Lectoure dans le Gers avec le Choeur des Feux de Saint Jean. Un choeur initié il y a cinquante ans au sein du Lycée Saint Joseph par Pierre Gardeil et Roland Fornerod.

    Une centaine de choristes, des élèves du lycée mais aussi quelques anciens élèves ou connaissances plus âgés et sept solistes, deux violons, un violoncelle un clavecin/orgue sous la direction de Christopher Gibert dans une mise en espace de Jean-François Gardeil.

    Au programme des oeuvres de Giacomo Carissimi (1605-1674) : Vanitas vanitatum et Jephte, et  de Marc -Antoine Charpentier (1673-1704) : Le reniement de Saint Pierre.

    Des oeuvres mises en espace dans le sens ou les solistes jouent ou plutôt esquissent les situations évoquées comme cela se pratiquait au XVII siècle : On voit Pierre se renier trois fois puis pleurer lorsque Jésus le regarde après avoir entendu le coq chanter. On frémit lorsque la fille de Jephte, le vainqueur des ammonites, accepte dignement d'être immolée par son père afin qu'il puisse respecter le serment qu'il a fait avant la bataille de sacrifier la première personne qu'il rencontrera s'll revient vainqueur.

    Une belle soirée, il est bien réconfortant de voir toute cette jeunesse prendre plaisir à savourer le succès d'heures de travail et acclamer leurs enseignants et partenaires musiciens d'un Week-End.

    Et le souvenir, évoqué par Jean-François Gardeil, de Jean-Claude Malgroire, décédé ce samedi, qui était venu jouer avec son ensemble à la Cathédrale de Lectoure.

     

  • Le deuxième âge de la machine

    Cet ouvrage de deux chercheurs du MIT publié en 2014 est depuis sorti en Français en 2015 chez Odile Jacob. Il est toujours d'actualité, d'autant plus au moment où Cédric Vilaini vient de sortir son rapport sur l'intelligence artificielle et que les bouleversements liés à l'économie numérique se font de plus en plus frappants.

    J'écris ces lignes au début d'une grève SNCF où le débat semble se centrer sur la suppression du statut du cheminot mais y aura t'il dans dix ou vingt ans encore des conducteurs de train alors que tous les constructeurs automobiles font le pari de l'avènement de la voiture autonome et qu'il est sans doute plus facile de faire rouler des trains sans conducteur, il y a déjà des métros automatiques. Le débat devrait être ailleurs.

    Alors deuxième âge de la machine, pourquoi, parce que après la révolution industrielle, l'irruption du digital, du numérique,  constitue une révolution qui va concerner tous les domaines de l'activité humaine comme la vapeur l'a fait précédemment, il y a deux siècles.

    L'ouvrage est sous titré travail et prospérité à l'heure de la révolution technologique.

    Les auteurs présentent en premier lieu les caractéristiques spécifiques de cette révolution : 

    La puissance de calcul de l'informatique double tous les 18 mois. Cette caractéristique des puces numériques appelée loi de Moore du nom de celui qui l'a mise en évidence ne se dément pas. Elle implique que l'informatique se déploie très rapidement de plus en plus puissante, de moins en moins chère, de plus en plus miniature. Notre iPhone a une puissance de calcul 1000 fois supérieure à celle de la capsule Apollo qui se posa sur la lune et le progrès continue.

    L'information se digitalise de plus en plus sous forme de 1 et 0 , toute l'information, les textes, les images, les sons, et la puissance des ordinateurs permet de stocker et traiter ces milliards de milliards de données en de moins en moins de temps.

    C'est l'effet combinatoire de ces données. Leur mise en relation qui permet de résoudre des problèmes de toutes sortes comme par exemple la reconnaissance faciale.

    La seconde partie de l'ouvrage aborde les conséquences pour la société et l'emploi. Elle met bien en évidence les problèmes et les risques en termes de créations d'emplois, de croissance des inégalités de revenus, d'apparition de monopoles, de risques pour les libertés individuelles.

    Les solutions sont esquissées : développer des complémentarités Homme/Machine, adapter les systèmes de taxation pour compenser les effets externes négatifs, développer le revenu universel pour assurer un revenu aux futurs laissés pour compte...

    Cette partie est évidemment la moins convaincante. Les solutions devront être trouvées. On peut se rassurer en se disant que les porteurs d'eau de la fin du XIX siècle, travailleurs peu qualifiés, ont retrouvé du travail, des emplois qui n'existaient pas comme par exemple préparateur de commande. De mon point de vue, prôner le revenu de base est un aveu d'impuissance et il faudra au contraire tout faire en termes de formation, d'éducation pour que le droit au travail puisse se concrétiser à l'avenir en complément de nos nouvelles machines.