Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Cas@d€i - Page 2

  • Trois minutes pour comprendre

    Je m'installais à Paris pour le reste de l'hiver. Je n'avais aucune connaissance des sciences et crus le moment venu d'en acquérir au moins une notion élémentaire. Je lus énormément. Je ne sache pas avoir appris beaucoup, si ce n'est que j'étais d'une ignorance crasse.

    William Somerset Maugham dans le fil du rasoir (cf.chronique du 13 avril Le fil du rasoir).

    Cette situation me convient bien. Après avoir lu Kosmos, l'épopée des particules (cf chronique du 16 février), j'ai cherché un ouvrage sur les éléments du tableau de Mendeleiv et j'ai finalement jeté mon dévolu sur cette collection 3 mn  pour comprendre et j'ai démarré avec les 50 éléments les plus répandus  en chimie et les 50 notions élémentaires de la chimie.

    Cette collection est assez plaisante. Chaque notion expliquée fait l'objet de deux pages juxtaposées, à gauche les textes à droite une illustration en couleur. Les textes sont systématiquement présentés en cinq rubriques un condensé en une phrase, la théorie en deux ou trois paragraphe en trente secondes, le renvoi aux sujets connexes, des biographies brèves.

    Entre chacune des parties un glossaire sur deux pages et des portraits détaillés.

    Le niveau est assez élevé, ce n'est pas toujours facile, et je crois qu'il faut lire et relire pour bien se pénétrer des sujets évoqués, les reliefs entre eux.

    Mais j'ai été séduit après avoir lu les deux premiers, j'ai attaqué les 50 notions fondamentales en biologie et les 50 plus grandes théories de la physique quantique.

    Vive le confinement.

  • L'horizon chimérique?

    L'horizon chimérique c'est le titre d'un poème de Jean de la ville de Mirmont poète bordelais tué au combat en 1914.

    Espérons que l'horizon tracé par notre président en ce 13 avril 2020 ne sera pas chimérique.

  • Le fil du rasoir

    On somnolait chez nous, comme ça
    Dans notre jungle, le calme plat
    Il a déboulé dans l'soir
    En disant, "Mes malles
    Sont encore au port"
    Moi j'étais largué, classé
    Elle était bouche bée
    Et lui, c'était Robert Taylor
    Comme dans ces nouvelles pour dames
    De Somerset Maugham
     
    Alain Souchon
     
    Qui ne s'est pas laissé bercer par cette chanson ? sans avoir jamais des nouvelles ou un roman de William Somerset Maugham, anglais né à Paris à l'Ambassade du Royaume-Uni en 1875 et mort à Saint Jean Cap Ferrat en 1965.
     
    Dans ce roman publié en 1946 par Plon, il dissèque la société américaine des riches et des snobs. Il y a Elliott, un viel aristocratique sans doute bisexuel qui passe sa vie de réceptions en réceptions, marchand d'art, il migre au gré des invitation de New-York à Paris puis Londres et la Côte d'Azur, de saison en saison. Et puis, Isabel, riche américaine, avide d'argent, de boutiques de mode,, de dîners à la recherche d'un mari argenté qui lui apporte ce train de vie, ce sera Gray, un triste sire qui sera ruiné avec la crise de 1929, et surtout Larry, un jeune américain, peu fortuné, qui a été aviateur pendant la grande guerre et qui a vu sa vie sauvée par son meilleur ami qui s'est sacrifié pour lui. Depuis, il cherche...
    Isabel et Larry sont amoureux l'un de l'autre mais Larry ne peut se résoudre à embrasser une carrière dans la finance et donc Isabelle renoncera à l'épouser mais toute sa vie cherchera à le maintenir dans ses filets et à la ramener à lui. Et il y a le narrateur, William Somerset Maugham, Snob comme Elliott, cosmopolite comme Larry, tenté par le mysticisme.
    C'est désuet à souhait, un monde qui n'existe plus, mais le personnage de Larry en recherche de l'absolu dans une mine en Allemagne, dans un ashram en Inde reste d'actualité.
    Et c'est très bien écrit, on suit avec plaisir les rebondissements de cette histoire.

  • Poulet de Bresse et confinement

    Au Journal officiel de ce jour cette disposition réglementaire : 

    En raison de la lutte contre la propagation du virus covid-19, les conditions de production du cahier des charges du rouge de l'AOP « Volaille de Bresse » sont modifiées temporairement comme suit :
    Au chapitre « 5. DESCRIPTION DE LA MÉTHODE D'OBTENTION DU PRODUIT », paragraphe « 5.5. Surgélation des poulets » :
    La disposition :
    « La date limite d'utilisation optimale (DLUO) maximale après surgélation est fixée à douze mois. »
    est complétée par :
    « Du 27 mars 2020 au 31 août 2020, pour tout poulet abattu pendant cette période, la date de durabilité minimale (DDM) maximale après surgélation est fixée à dix-huit mois. »

    il y a du télétravail au ministère de l'agriculture! et des comme cela on en lit tous les jours. La bureaucratie a encore de beaux jours devant elle.

  • Règles anti corona

    Bon, alors, on récapitule :
    Les règles anti-corona... Essayons de voir clair...
    1. Vous ne pouvez pas quitter la maison en principe, mais si vous en avez besoin, vous pouvez quand même.
    2. Les masques ne servent à rien, mais il faudrait peut-être en porter, ça peut sauver, ça sert à rien mais ça sera peut-être obligatoire.
    3. Les magasins sont fermés, sauf ceux qui sont ouverts.
    4. Il ne faut pas aller dans les hôpitaux, sauf s'il faut y aller, même chose pour les médecins, il ne faut y aller qu'en cas d'URGENCE à condition que vous ne soyez PAS MALADE (?!?)
    5. Ce virus est mortel, mais pas trop effrayant néanmoins, sauf que si parfois, en fait ça va être une catastrophe planétaire.
    6. Les gants n'aideront pas, mais ils peuvent aider quand même.
    7. Tout le monde doit rester à la MAISON, mais il est important de SORTIR
    8. La nourriture dans le supermarché ne manquera pas, mais il y a plein de choses qui manquent si vous y allez en fin de journée mais ll ne faut pas y aller le matin.
    9. Le virus n'a pas d'effets sur les enfants sauf sur ceux sur qui il en a...
    10. Les animaux ne sont pas atteints, mais il y a malgré tout un chat qui a été testé positif en Belgique en février, quand on ne testait encore personne, mais ce chat oui (?!?)
    11. Vous aurez de nombreux symptômes si vous êtes malade, mais vous pouvez aussi tomber malade sans symptôme, avoir des symptômes sans être malade ou être contagieux sans symptôme. Ah ? Bref ???
    12. Pour ne pas être malade, vous devez bien manger et faire du sport, mais mangez malgré tout ce que vous avez sous la main et c'est mieux de ne pas sortir, enfin si, mais non...
    13. Il est préférable de prendre l'air, mais vous serez très mal vu si vous allez prendre l'air, et surtout n'allez pas dans les parcs, ou alors sans vous asseoir, sauf que maintenant si, vous pouvez si vous êtes vieux (à quel âge on est vieux ?!?) mais pas trop longtemps ou enceinte (mais pas vieille).
    14. Vous ne pouvez pas aller chez les personnes âgées, mais vous devez vous en occuper et apporter des courses et des médicaments.
    15. Vous ne pouvez pas sortir si vous êtes malade, mais vous pouvez aller à la pharmacie. Pour les soignants, même avec de la température, vous pouvez travailler, allez, pas plus de 38°C... 37,9 c'est pas grave, sauf si vous n'êtes pas soignant.
    16. Vous pouvez commander la livraison de plats préparés qui l'ont peut-être été par des personnes qui ne portaient ni masques ni gants. Mais il faut laisser décontaminer vos courses pendant 3 heures dehors. La pizza aussi ?
    17. Chaque article ou interview inquiétant commence par les mots "Je ne veux pas semer la panique, mais...".
    18. Vous ne pouvez pas voir votre mère ou votre grand-mère âgées, mais vous pouvez prendre le taxi et rencontrer un chauffeur de taxi âgé.
    19. Vous pouvez vous promener avec un ami mais pas avec votre famille si elle ne vit pas sous le même toit
    20. Mais on vous dit que se promener avec la bonne "distanciation sociale" n'est pas dangereux alors pourquoi on ne peut pas se promener avec d'autres amis ou de la famille (un à la fois) si on est dehors à la bonne distance ?
    21. Le virus reste actif sur différentes surfaces pendant deux heures, non, quatre, non, six, non, on a pas dit des heures, c'est peut-être des jours ? Mais il a besoin d'un environnement humide. Oh non, en fait pas nécessairement.
    22. Le virus reste en suspensions dans l'air enfin non, ou oui, peut-être, surtout dans une pièce fermée, en une heure un malade peut en contaminer dix, donc si ça tombe tous nos enfants ont déjà été contaminés à l'école avant qu'elles ferment ?
    23. On compte le nombre de morts mais on ne sait pas dire combien de personnes sont infectées, puisque jusqu'ici on a testé que ceux qui étaient "presque morts" pour savoir si c'était de ça qu'ils allaient mourir...
    24. On n'a pas de traitement sauf qu'il y en a peut-être un, qui n'est apparemment pas dangereux sauf si on en prend trop (ce qui est le cas de tous les médocs, non ?)
    25. On devrait rester confinés jusqu'à la disparition du virus mais il ne va disparaître que si on arrive à une immunité collective et donc à condition qu'il circule... et pour ça il faut qu'on ne soit plus confinés...
    26. Quoi qu'il arrive, garder le sens de l'humour.

    Merci à Maryse X... pour la transmission

  • 21 leçons pour le XXI siècle

    Très facile à lire en anglais mais il existe une version française chez Albin Michel.

    J'avais été enthousiasmé par Sapiens, qui visait à retracer l'histoire d'homo sapiens, un peu moins par Homo Deus, qui visait  à imaginer le futur à long terme de Sapiens, et j'ai été plutôt déçu par cet essai sur les défis pour Sapiens au XXI siècle.

    D'abord parce que le livre manque d'unité. C'est une recomposition de diverses contributions à des revues ou magazines sur des thèmes qui se recoupent et donc en dépit de la tentative d'ordonnancement, il y a d'inévitables redites.

    Comme dans Sapiens, les enjeux sont bien soulignés mais les solutions restent à trouver... Celle évoquées laissent parfois réveur. Par exemple devant le constat que beaucoup de personnes peu qualifiées risquent de se trouver inutiles à l'avenir, irrelevant, Harari juge que le plus beau des jobs est sans doute de s'occuper des enfants, certes, mais avec quelles ressources?

    La principale leçon est sans doute que Sapiens n'est pas raisonnable : pourquoi par exemple Sapiens a-t-il autant peur du terrorisme, qui fait très peu de morts chaque année et n'a pas peur du sucre, du tabac ou de la pollution, beaucoup plus meurtriers?

    Harari dans le dernier chapitre propose comme solution la méditation, il la pratique deux heures par jour et fait une retraite par an.

    Au total le livre est assez pessimiste compte tenu des enjeux qui nous attendent : intelligence tificielle, bio technologies et notre addiction à nous raconter des histoires, qu'il s'agisse des religions ou autres storytelling qui

    n'ont de réalité que ce que nous voulons bien leur reconnaitre.

    Donc s''attacher à regarder la réalité en face est sans doute la seule conduite à tenir et il faut s'y tenir.

    Et puis, et la période s'y prête, se poser régulièrement pour réfléchir : diagnostic de la situation, opportunités, menaces, actions, les vieilles recettes autrement dit.

  • Merci ARS NA

    Bravo aussi aux hommes et aux femmes de la cellule régionale d'appui sanitaire de l'ARS Nouvelle Aquitaine

    https://youtu.be/VYj3RBQ3QP0

    Lire la suite

  • Exercice pour préparer l'après crise sanitaire pour être sûr que tout ne reprenne pas comme avant

    Bruno Latour a publié dans un article récent http://www.bruno-latour.fr/fr/node/851.html un questionnaire qui peut nous aider à sortir de la crise sanitaire et à préparer la sortie de la crise écologique tout aussi si ce n'est plus meurtrière. Le voici. A vous d'apporter vos réponses et de les partager.

    Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter. En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise — toujours passagère — mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tous cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.
    (...)
    Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :
    Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
    Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)
    Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?
    Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
    Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)
    Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?
    (Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)

     

  • Comment ça va?

    Une fois n'est pas coutume:
    Comment ça va ?
    À cette question souvent posée en ces jours particuliers, ainsi répondent certains de nos amis :
    *Œdipe* : La question est complexe.
    *Socrate* : Je ne sais pas.
    *Hippocrate* : Tant qu’on a la santé.
    *Descartes* : Bien, je pense.
    *Pascal* : Et vous ? Bien je parie.
    *Galilée* : Ça tourne rond.
    *Vivaldi* : Ça dépend des saisons.
    *Newton* : La question tombe à pic !
    *Spinoza* : Bien en substance.
    *Shakespeare* : Comme il vous plaira.
    *Franklin* : Du tonnerre !
    *Robespierre* : Vous perdez la tête !
    *Marat* : Ça baigne !
    *Casanova* : Tout le plaisir est pour moi.
    *Pythagore* : Tout est d’équerre.
    *Beethoven* : En sourdine.
    *Sade* : Foutrement bien.
    *D’Alembert et Diderot* : Impossible de répondre en deux mots.
    *Kant* : Question critique.
    *Hegel* : Au total, bien.
    *Schopenhauer* : Ce n’est pas la volonté qui manque.
    *Marx* : Ça ira mieux demain.
    *Paganini* : Allegro ma non troppo.
    *Darwin* : On s’adapte …
    *Nietzsche* : Au-delà de bien, merci.
    *Proust* : Donnons du temps au temps.
    *Marie Curie* : Je suis radieuse !
    *Dracula* : J’ai de la veine.
    *Picasso* : Ça dépend des périodes.
    *Freud* : Et vous ?
    *Camus* : La question est absurde.
    *Cyrano* : A vue de nez, bien.
    *Poe* : Extraordinairement bien.
    *Einstein* : Relativement bien.
    *Léonard de Vinci*, lui, se contente de sourire...

  • Lisière

    voici un bel ouvrage de Kapka Kabassova, une actrice comme on dit maintenant, bref une auteure bulgare aujourd'hui âgée de 47 ans qui émigra à la fin de son adolescence en Nouvelle-Zélande où elle étudia la français à l'université et qui vit lorsqu'elle ne voyage pas en Ecosse.

    Avec ce récit elle revient en Bulgarie, dans le sud aux confins de la Grèce et de la Turquie. Et c'est l'occasion d'une suite de récits qui mêlent histoire, mythologie, légendes, philosophie, géographie.

    Cette région méconnue aux frontières qui ont été déplacées maintes fois a vu passer des milliers de pauvres gens, réfugiés, fugitifs, militaires, garde-frontières, passeurs. Les populations ont été islamisées, christianisés, ont été obligées de changer de nom, de nationalité, ont dénoncé, été dénoncées, assassinées par les pouvoirs en place, les voisins, les mafias, les chercheurs de trésor. Les rappels historiques sont illustrées des témoignages des héros anonymes rencontrées par l'auteure, des personnes attachantes, d'une grande simplicité si ce n'est toujours dune grande moralité.

    La forêt, profonde, garde trace des thraces, ses premiers occupants, les rivières sont vivantes, les sources magiques mais tout cela sera bientôt du passé car les progrès est là qui arrive...

    Et pour ne rien gâcher, l'écriture est belle.