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Cas@d€i - Page 107

  • Alcools

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    Si j'ai bien compris, dans sa grande sagesse, le Parlement français a décidé d'interdire la vente d'acool aux mineurs de 18 ans et, dans le même mouvement, décidé d'autoriser la publicité pour l'alcool sur l'Internet, l'Internet dont les jeunes sont des utilisateurs assidus.

    On croît réver! Comment vendre  à l'opinion publique l'idée que les réformes sont nécessaires et justes dans ces conditions?

    (le buveau d'absinthe de Picasso)

  • Message

    Il y a le téléphone fixe, le téléphone mobile, le SMS, twitter, facebook, les blogs et puis l'écriture à la main. L'écrit résiste pour déclarer sa flamme, à la craie, en couleurs, sur la porte de la bien-aimée, en cette journée internationale de la femme :

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    "Je t'aime, Albane, épouse-moi!"

    (vu sur les quais de la Garonne à Bordeaux)

  • Albert Herring

    carnaval 029.jpgLa dernière fois que j'étais allé à l'opéra comique, c'était sans doute à l'époque ou Jérome Savary en était le médiatique directeur, c'est aujourd'hui un autre Jérôme, Deschamps, celui des Deschiens qui le dirige, beaucoup plus discrètement pour l'heure.

    J'ai retrouvé avec plaisir la petite place Boieldieu, la rue Favart et la rue Marivaux, juste à côté de la rue des Italiens qui pour moi reste celle du Crédit Lyonnais et du Monde.

    J'y suis allé pour revoir Laurence Equilbey que j'avais découvert au Festival de La Chaise-Dieu avec son ensemble Accentus. Elle dirigeait cette fois l'orchestre de l'opéra de Rouen-haute Normandie, une petite formation, dans une oeuvre de Benjamin Britten d'après une nouvelle de Maupassant : "Albert Herring".

    Eric Crozier qui a écrit le livret d'Albert Herring a transposé "Le rosier de Mme Husson" dans le SuffolkAlbert Herring, jeune épicier un peu simplet, étouffé par une mère protectrice à l'excès, est élu roi de vertu de son village par les élites du cru, à défaut de jeunes filles disponibles, toutes trop dévergondées. Un couple d'amoureux moins coincés va lui offrir une nuit d'ivresse à la suite de laquelle il enverra tout promener...

    carnaval 032.jpg

    La mise en scène par Richard Brunel de cette dénonciation d'une société où la surveillance règne en maitre nous éloigne sans doute de la nouvelle originale mais elle est très bien servie par des chanteurs tout aussi formidables les uns que les autres très en verve, au jeu toujours juste et un orchestre parfait.

  • Elections européennes

    carte_de_france_europeennes_mv420.gifPlus fort que la commission Balladur! Pour les élections européennes, la France est découpée en huit circonscriptions (cf. carte). Compte tenu du nombre d'élus français au Parlement européen, cela permet aux grands partis d'espérer au mieux 3 élus par circonscription, d'où les batailles d'appareils dont nous sommes témoins, le Parti socialiste ce week-end et bientôt, l'UMP et le Modem...

    Il y aurait un moyen simple de limiter les zizanies au sein des partis ce serait de leur dénier le pouvoir de désigner eux-mêmes les futurs élus et de rendre ce pouvoir aux citoyens : autoriser le panachage sur les listes comme aux municipales dans les petites communes. Les apparatchiks n'auraient qu'à bien se tenir et les partis hésiteraient avant de recaler des élus méritants comme Alain Lamassoure ou Gilles Savary, pour prendre deux élus du Sud-ouest maltraités par leurs appareils.

    Et puis les instituts de sondage seraient incapables d'annoncer les résultats dès 20 heures, il faudrait attendre le petit matin pour avoir les résultats et tous ceux qui se présentent auraient l'espoir d'être élus quelque soit leur place sur la liste.

    Une grande bouffée d'air démocratique dont on a bien besoin.

  • Petite rente

    Ristelhueber_Beyrouth2.jpgUne des grandes caractéristiques des rentes, c'est qu'elles se nichent partout...

    Au Musée du Jeu de paume, à la Concorde, par exemple, la tarification est étonnante. Il y a un tarif normal, 6 €, un tarif réduit, on ne parle plus de demi-tarif depuis longtemps, à 4 €, et un tarif "entrée libre". Bénéficient de l'entrée libre, les chômeurs, les titulaires du RMI,... les personnels du ministère de la culture.

    La petite rente réside dans le fait que les personnels du ministère de la culture, qui fixent ces tarifs, sont allés jusqu'à prévoir que l'entrée libre s'applique aux agents dudit ministère et à un accompagnant, ce qui n'est pas le cas pour les chômeurs et les RMistes! On est jamais si bien servi que par soi-même.

    Ceci dit les expositions de photographies de Robert Frank, "un regard étranger : Paris/les américains" et de Sylvie Ristelhueber qui traque les empreintes laissées par l'homme dans les lieux dévastés par les guerres comme en Irak ou à Beyrouth (photo) valent le détour et les 6 € d'entrée au tarif normal.

  • Les plages d'Agnès

    Excellent film, ces Plages d'Agnès qui nous emmènent de la Flandre à Sète puis en Californie et ...rue Daguerre! Agnès Varda a débuté comme photographe et ce n'est sans doute pas par pur hasard que cette impasse dans la rue Daguerre (le daguerréotype de Jacques Daguerre...) lui a plu pour y vivre, y créer, élever ses enfants, installer ciné-tamaris www.cine-tamaris.com.

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    Son portrait, objet du film, est un enchantement, il y a presque une bonne idée de cinéma par plan!

    Cet autoportrait, très loin du nombrilisme et de l'autocongratulation montre par ailleurs que le fim du genre documentaire a le vent en poupe, on avait déjà eu cette année, Valse avec Bechir, La vie moderne de Depardon, Je veux voir (Catherine Deneuve), Entre les murs, et plus en amont, Etre et Avoir, le cauchemar de Darwin.

    Avec les Plages d'Agnès un vent de sérénité souffle en ce temps de crise. A vos caméras, vos appareils photos et vos plumes pour faire part de vos enthousiasmes!

  • Protectionnisme ultra marin

    Avec la crise, toute les autorités nationales et internationales appellent à lutter contre la montée du protectionnisme. Il y a pourtant en France des terrritoires qui sont ultra protégés, ce sont les DOM, avec l'octroi de mer, un droit de douane, dont le taux est fixé par les conseils généraux et régionaux et dont le produit revient intégralement alimenter les caisses de ces collectivités.

    Ainsi, la France a réussi à constituer un marché unique avec l'Estonie ou Malte mais pas avec ses propres départements. Expédier un litre de lait de métropole à Fort de France est une exportation, assujettie à l'octroi de mer, et donc à un droit de douane, alors que c'est une livraison si la destination est Riga ou Lampedusa!

    S'il fallait un exemple que s'abriter derrière des barrières douanières est une voie sans issue pour protéger les productions locales, c'et celui-là! Le seul résultat est de protéger des rentes et les recettes des collectivités locales, y a t'il d'ailleurs besoin d'un conseil régional et d'un conseil général sur un même territoire?

    Si les DOM souffrent de handicaps structurels spécifiques, l'Union européenne a inventé pour les compenser les fonds structurels et les politiques nationales d'aménagement du territoire ne manquent pas d'instruments non plus!

  • De l'audace!

    La crise économique ravive la revendication d'égalité ou à tout le moins d'équité, qu'on songe à ce qui est sur la table du sommet social de ce jour ou de ce qui se joue en Guadeloupe.

    La réponse n'est surement pas dans la fameuse relance de la consommation qu'appellent de leurs voeux l'opposition, les syndicats...Jusqu'à preuve du contraire, c'est d'un excès de consommation que la France souffre : déficit budgétaire, déficit commercial, excès que l'on a financé par un accroissement démesuré de l'endettement des différents agents, entreprises, collectivités publiques, ménages, pour des dépenses de fonctionnement qui ne crééront aucune richesse demain de nature à rembourser ces emprunts. De plus, jusqu'à présent, l'évolution de la consommation est restée positive.

    La solution réside effectivement dans un meilleur partage des richesses, sans doute pas tant entre le capital et le travail qu'au sein du travail. Songeons aux impératifs de compétition internationale lorsque la reprise sera là.

    Revenons à la Guadeloupe, pourquoi les fonctionnaires métropolitains perçoivent-ils dans les DOM des primes de 40 % pour vie chère alors que le SMIC est au même niveau qu'en métropole?

    La solution dans les DOM passe par davantage d'égalité, pas davantage d'identité. Les fonctionnaires sont payés de la même façon en Lozère et à Paris pourquoi pas à la Guadeloupe. Ceux qui sont allés travailler dans les DOM uniquement pour les primes reviendront en métropole, leurs emplois seront occupés par les vrais amoureux des DOM, il ne manque pas a priori de personnels qualifié. Les prix baisseront parce que la demande à des prix plus élevés diminuera.

    Que fait l'autorité de la concurrence pour démanteler les cartels, les ententes sur les prix des produits pétroliers, la grande distribution, les importateurs...

    Enfin, la concentration du capital entre les mêmes mains depuis deux siècles dans les DOM montre bien l'intérêt d'un impôt sur les successions pour redistribuer la répartition du capital. Les inégalités de fortunes restent désespérément plus importantes que les inégaités de revenus sans qu'elles puissent s'appuyer sur un mérité quelconque.

    Dans les circonstances actuelles, il faut savoir faire preuve d'audace!

  • amour/haine de sa ville

    Deux livres et un film cette semaine, tous les trois sur l'amour et la haine qu'inspire la ville de son enfance!

    delvaille.jpgBernard Delvaille : "Bordeaux". Bernard Delvaille a été l'un des grands poètes du xx siècle, né en  1921, mort à Venise il y a peu, il a été pendant plusieurs années responsable de la poésie chez Seghers, a publié une anthologie de la poésie symboliste. Spécialiste de Valéry Larbaud, il a vécu en solitaire, recherchant toujours simplement le plaisir immmédiat, sans plan de carrière. De ses années d'enfance et d'adolescence à Bordeaux, il a tiré ce magnifique ouvrage.

    "De Bordeaux, il me reste aussi les quais, ce fleuve large et jaune auprès duquel la ville se love en forme de croissant...et le soir, le cartable lourd de livres, Salluste et Virgile, Montaigne et Racine... de cette enfance protégée par la ville elle-même, j'ai surtout acquis et retenu le goût de la liberté. c'est à Bordeaux que j'ai commencé l'apprentissage du coeur et cela suffit."

    Mauriac.gifMauriac, le dernier des "3 M" avec Montaigne et Montesquieu, nous avait donné Une enfance provinciale : Bordeaux, dès 1925. Une longue plainte à l'encontre de la ville à laquelle il reconnait devoir sa vocation d'écrivain, son destin! "Les maisons, les rues de Bordeaux, ce sont les évènements de ma vie. Quand le train retentit sur le pont de la Garonne et qu'au crépuscule, j'aperçois tout entier l'immense coprs qui s'étire et qui épouse la courbe du fleuve, j'y cherche la place, marquée par un clocher, par une église, d'un bonheur, d'une peine, d'un péché, d'un songe."

    En 2009, C'est dans le même registre que Terence Davies nous emmène dans le Liverpool d'hier et d'aujourd'hui. Of Time and the City, vu au cinéma Utopia, est un magnifique documentaire avec des images d'archives du Liverpool de l'enfance du cinéaste, vécue dans la terreur de la surveillance de l'église, catholique ou anglicane, au moment ou l'empire britannique s'effondrait, celui de l'après guerre.

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  • La Crise

    Tout le monde en parle, peu la comprennnent, alors pour 14 €, laissez tomber vos quotidiens habituels et offrez vous le dernier ouvrage de Michel Aglietta, intitulé tout simplement La Crise, c'est un bon investissement!

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    Très littéraire, sans tableaux, sans graphiques, sans jargon, Michel Aglietta nous explique d'où vient la crise, comment elle s'est déclenchée, en quoi elle diffère des précédentes, comment la gérer, quelles sont les bonnes réponses, les opportunités qu'elle offre, que sera l'après crise...

    Les marchés financiers sont par nature instables et pas efficients, le levier du crédit, de l'argent facile, a entretenu une bulle où tout le monde était plus ou moins gagnant, la récession va être profonde, globale sans mettre fin à la globalisation, les pouvoirs publics doivent intervenir massivement pour éviter la dépression, la dette publique doit se substituer à la dette des ménages et des entreprises, l'Europe devrait saisir l'opportunité pour se doter d'un budget fédéral plus important, garantie d'une réponse coordonnée, l'accroissement des dépenses publiques doit préparer l'avenir, recherche développement, enseigement supérieur...demain la croissance ne sera plus porté comme hier par celle de l'endettement mais par les gains de productivité, il faut s'y préparer!

     Michel Aglietta -  La Crise  - Comment en est-on arrivé là? Comment en sortir? Novembre 2008 - Editions Michalon 14 €