De la lutte des classes à la lutte des places
C'est le livre d'un géographe, un peu savant, qui s'essaie à decrypter la société contemporaine à partir de la notion d'espace, de distance, de franchissement..
Comme toutes les analyses univoques, elle est criticable mais elle nous offre un éclairage original, un regard spécifique qui nous permet après lecture de voir autrement notre époque. La thèse soutenue par Michel Lussault est illustrée de nombreux exemples. Il nous emmène dans un hall d'immeuble près du Havre, sur la plage au sud est de l'Inde face au temple de Mahabalipuram, au sein du collège de Jena en Louisiane à l'ombre d'un vieil arbre...
A chaque fois, on découvre combien les individus existent par l'importance de l'espace qu'ils occupent, de celui qu'ils conquierent, de celui qu'ils perdent, de la nécessité pour eux de réglementer l'accès à leurs espaces, de créer des bulles homogènes (résidences privées, clubs fermés), d'en réserver le franchissement à certains individus (cartes d'accès, digicodes, portiques) de l'importance de connecter tous ces espaces entre eux et de savoir à tout instant qui se trouve où (t'es où?) et de conserver trace des passages des uns et des autres (passe navigo, caméras de surveillance...)
La lutte pour les places est un combat permanent. Deux exemples à La Chaise-Dieu où je me trouve ces jours-ci:
1/ les conflits quotidiens relatifs au stationnement, tel ou tel café préfererait ne pas avoir de camionnette garée devant sa terrasse afin d'en dégager la vue alors que le commerçant d'à côté reste vigilant pour que le stationnement de ses clients soit le plus facile possible.
2/ Il y avait autrefois de belles expositions de peinture dans la salle Picasso et le scriptorium de l'abbaye mais depuis que les moines sont revenus à La Chaise-Dieu, ces salles ont été réallouées à l'exposition du trésor de l'Abbatiale, trésor autrefois visible dans la sacristie à la tour Clémentine. Il était sans doute important pour les moines de marquer leur territoire et d'affecter les espaces abbatiaux à l'exposition d'oeuvres non profanes. Du coup La Chaise-Dieu manque d'espaces publics pour des expositions temporaires qui permettraient de diversifier son offre culturelle.
...exemples à compléter là où vous vous trouvez!

Son journal commence comme une bluette, étudiante brillante en anglais, elle rencontre un grand jeune homme au yeux gris, Jean, qui l'invite à écouter des disques, elle rend visite à bonne maman, participe à des goûters, recoit des cartes par le courrier de cinq heures, des pneumatiques, va à ses cours de violon, la vie insouciante d'une jeune femme dont l'avenir est plein de promesses. Famille bourgeoise, le père polytechnicien, école des mines, dirige les usines Kuhlmann, dans la chimie, c'est à dire l'armement.
Un jour le journal s'arrête, il y a une dernière lettre, et puis, soixante ans après, la publication de ce journal, poignant, par sa nièce, une lettre de Jean très digne.


: « Vivre, c’est passer d’un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner ».
On travaillait en "deux huit" et c'est là, dans cet univers empreint de modernité, dans la nuit du 21 juillet, qu'avec tous les collègues, j'ai vécu le premier pas de l'homme sur la lune.




On est accueilli par un calvaire en piteux état, il y a un parking pour les automobilistes, et surtout une très belle vue sur la vallée de la Dore, le Livradois et les monts du Forez. C'est gratuit, visites guidées sur demande.
et présente 97 essences réparties en 38 feuillus, 34 résineux, et 25 arbustes et fruitiers. On s’y promène dans des allées et chaque essence fait l’objet d’un petit panneau avec de temps à autre des devinettes qui se veulent ludiques : l’arbre aux 40 écus vaut-il vraiment les 40 écus ?... Impossible de citer toutes les essences : genévriers, avec lequel on fait le gin, noisetiers, aubépines, sapins nordmann, pins maritimes, chênes, arbres de judée, tilleuls, ormes, araucarias, dits désespoirs des singes

