Le téléthon de Félines



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A la Gare, les travaux de rénovation et d'assainissement se poursuivent, la prochaine saison les passagers du train touristique bénéficieront à leur arrivée d'un accueil de meilleure qualité.





11 novembre 2009. Pendant qu'à Paris, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel raniment la flamme du Soldat inconnu à l'Arc de triomphe, à La Chaise-Dieu, en Haute-Loire, il ne se passe rien. On peut tranquillement regarder les cérémonies à la télévision sans se demander s'il ne serait pas opportun d'aller à celles de la commune. Ici, la tradition est de commémorer un dimanche, cette année ce sera le 15 novembre. Comme si le 11 novembre n'était pas un jour férié! D'où peut bien venir cette coutume, à quand remonte-t-elle? Mystère, il faudra interroger les anciens.
Le monument aux morts est pavoisé depuis la veille du 11 novembre, on peut ainsi pendant plusieurs jours apprécier la rénovation des lieux effectuée cette année. Sur le monument lui-même, les noms des soldats morts pour la France sont désormais bien visibles, gravés sur des plaques de granit vissées sur le monument lui-même. Il restera à faire de même sur la stèle située à l'intérieur de l'Abbatiale dont la gravure a souffert du temps qui passe.

Les haies d'épicéa qui entouraient le monument ont été arrachées au printemps. Restent quatre grands ifs, taillés en forme d'obus. Au fil des ans, ces arbustes prennent de plus en plus de place au point de cacher les sculptures au sol à la périphérie du monument. Ne conserver que deux arbustes, ceux du fond, permettrait peut-être de mieux apprécier encore le monument, d'inviter le visiteur à s'en approcher.
Une dernière suggestion, insérer un drapeau européen au milieu des drapeaux français. Avec le recul, la grande guerre s'analyse de plus en plus comme une guerre civile au sein de l'Europe, une erreur tragique, une folie et rappeler que la construction européenne, le rapprochement des peuples sont les meilleurs garants d'une paix durable serait opportun, le collège le fait déjà, la commune pourrait faire de même.
Saint Bonnet-le-Froid n'est qu'un tout petit village de Haute-Loire, de 200 habitants, aux confins du Vivarais, sur la ligne de partage des eaux de l'Atlantique et la Méditerranée, mais chaque année, le premier week-end qui suit la Toussaint, il accueille en deux jours près de 20 000 visiteurs à l'occasion de sa foire aux champignons.

Cette réussite, Saint Bonnet le doit à la tradition de cette foire multiséculaire, à ses habitants entreprenants et à la famille Marcon. Si quelque part, on peut célébrer la réussite de l'entreprenariat c'est bien à Saint Bonnet qu'on peut le faire. Rien ne disposait cette commune perdue, au nom si peu touristique, à devenir le village gourmand qu'elle est aujourd'hui.

En 1948, Marie-Louise et Joannnes Marcon s'installent à Saint Bonnet-le-Froid. Il est marchand de vin, elle tient un bar et une petite auberge (photo ci-dessus du berceau familial). En 1979, leur fils Régis et son épouse Michèle reprennent l'affaire, ils vont peu à peu la transformer en une vaste entreprise, un hôtel quatre étoiles, un restautant trois étoiles (photo ci-dessous), un bistrot, une boulangerie, une blanchisserie... quarante huit salariés aujourd'hui, une très belle saga qui exerce un effet d'entrainement formidable, mobilise les bonnes volontés, un exemple pour toutes les communes rurales.

Promenade au sein de l'édition 2009 de la foire dans l'Album photo...(colonne de droite de la page d'accueil).
Aujourd'hui,
France Culture dans son excellente émission "les matins", de sept à neuf, célébrait bien entendu la disparition de Claude Levi-Strauss, notre trésor national. il y avait là Alexandre Adler, Catherine Clément, Alain Gérard Slama, Danielle Sallenave, tous brillants, pleins d'admiration... Une vie bien remplie, une leçon de vie, un deuil sans tristesse.
Que retenir pour l'avenir? tout simplement ceci : consacrer du temps à regarder, observer, écouter, lire et surtout prendre de la distance pour comprendre et penser.

Eric Besson devrait venir faire une petite visite dans la passage piéton souterrain sous le quai de Bercy, au droit de la rue Villiot, à Paris. Il y a là depuis plusieurs semaines quelques SDF installés à l'abri de la pluie, si ce n'est du vent, qui participent à leur manière au débat sur l'identité nationale! Ils l'ont même anticipé puisque les couleurs nationales trônent à l'entrée de cette tente depuis deux semaines environ... Quel est la fonction de ce drapeau, symbolique? utilitaire? Je n'ai pas encore eu l'occasion d'interroger les intéressés...
La prospérité du vice ou une introduction (inquiète) à l'économie est davantage un livre sur l'histoire de l'humanité qu'un livre d'économie. Daniel Cohen, à la suite de beaucoup d'autres, notamment David Landes ou Jared Diamond nous trace un vaste portrait de notre espèce depuis les chasseurs-cueilleurs jusqu'aux traders. On redécouvre l'invention de l'agriculture, l'empire romain, on s'interroge sur la fermeture soudaine de la Chine... un grand voyage au cours duquel l'inquiétude ne fait effectivement que monter.
Adam Smith, dans son ouvrage sur les sentiments moraux, l'avait déjà souligné, ce qui motive l'individu, ce qui nous meut, c'est d'être un peu plus riche que notre voisin, d'être reconnu, de mériter de la considération, d'où le titre du livre.
A l'échelle des pays, la prospérité de l'Europe pourrait bien venir de la situation de concurrence dans laquelle se sont trouvées pendant plusieurs siècles les grandes nations : successivement Venise, Espagne, Pays-Bas, Angleterre, France, Allemagne mais cette émulation a aussi abouti aux deux guerres mondiales du XX siècle. Si l'histoire se répète, l'Asie pourrait être demain menacée du même sort.
A ces défis classiques, s'ajoute aujourd'hui ceux du réchauffement climatique, d'une planète de neuf milliards d'être humains d'ici 40 ans, de l'épuisement des ressources.
Comme dans ses livres précédents, Daniel Cohen est d'une grande clarté, économe en chiffres, jamais complexe, un livre à lire avec plaisir pour se convaincre qu'un peu de sobriété pourrait ne pas être inutile.
En épigraphe de son ouvrage, Daniel Cohen cite Léonard Cohen : Give me back the Berlin Wall, give me Stalin and Saint Paul, I'va seen the future, brother, It is murder. C'est dire si le monde qui vient risque d'être très éloigné de la fin de l'histoire annoncée par Francis Fukuyama.
Oedipe sur la route est le second volume du tryptique qu'Henry Bauchau, écrivain belge, né en 1913, a consacré aux récits mythiques de la Grèce antique avec Antigone et Diotime et les lions.
Antigone m'avait enthousiasmé, il y a en effet dans ce récit d'une grande pureté d'écriture, unité d'action de temps et de lieu... cf. chronique du 21 août dernier. Oedipe sur la route est au contraire un long cheminement. On accompagne Oedipe, roi de Thèbes déchu, car meurtrier de son père, Laios, époux, dans l'ignorance de sa parenté, de sa mère, Jocaste, qui, l'apprenant, vient de mettre fin à ses jours. Aveuglé volontairement, ses enfants maudits, Oedipe part sur la route seul, en mendiant, suivi par Antigone, sa fille, qui refuse de l'abandonner. C'est une longue marche, marquée par la faim, la soif, le froid, la canicule, la maladie, l'hostilité, mais aussi la musique, la peinture, la sculpture, le chant, la danse, les rencontres, l'amour au sens le plus fort du terme, un chemin vers la clairvoyance, la connaissance de soi, la rédemption...
Un livre magnifique pour prendre soi-même la route. Ce n'est pas toi qui fait le chemin mais le chemin qui te fait, une belle illustration de cet adage de ceux qui marchent.
Encore une pépite découverte à EVENTO, la biennale d'art contemporain de Bordeaux qui vient de s'achever. Le Grand Théatre était dévolu à l'Angola et plus particulièrement à Luanda, sa capitale, plus connue pour son scandale de l'Angolagate que pour ses créateurs.
Dans le hall d'entrée on ne pouvait qu'être frappé par cette belle photo de Kia Hende Kiluanji, jeune photographe, né en 1979, mais aussi musicien, acteur. Le reste de l'exposition, assez inégale, donnait envie de mieux connaitre ce pays lusophone qui émerge enfin d'une guerre civile qui n'a que trop duré et que sa richesse en pétrole risque de faire renaître à tout instant...

Une excellente idée que celle d'associer à cette biennale un pays en développement, idée qu'on pourrait étendre aux villes jumelées avec Bordeaux.
Evento, la première édition de la biennale d'art contemporain s'est achevée ce dimanche à Bordeaux. Les organisateurs sont satisfaits puisqu'ils ont annoncé la prochaine édition en 2011. Il y a eu le pire et le meilleur au cours de cette dizaine de jours. Parmi le meilleur, la découverte de Jacques Roubaud, venu à 77 ans, sous la tente-chapiteau d'Evento nous parler de la ville, sur le théme marcher méditer...
Jacques Roubaud est docteur en mathématique et en littérature, membre de l'Oulipo, l'ouvrage de littérature potentielle, comme Georges Perec ou Raymond Queneau. A l'invitation de Michaël Sheringham, son complice pour cette causerie à Evento, Jacques Roubaud en lisant quelques extraits de ses oeuvres nous a fait de lui un portrait très attachant qui invite à découvrir son oeuvre.
Arrivé à Paris pendant la guerre à l'adolescence, il a tout de suite detesté cette ville et tout particulièrement ses automobilistes, mais il y est resté depuis et vit dans un appartement de 21 m2, d'où il peut quotidiennement partir marcher, soit selon un programme, soit à l'improviste, le plus souvent en passant par les librairies anglo-saxonnes Smith, Galignani ou Brentano's (qui vient malheureusement de fermer), soit par les librairies, toujours anglo-saxonnes, du quartier latin.
En marchant, JR compose des poèmes, il a une prédilection pour les sonnets, poèmes qu'il ramène ensuite à la maison, pour les transcrire sur son écran et là soit il les jette soit il les garde... Avec l'âge, JR s'est aperçu qu'il lui devenait de plus en plus difficile de mémoriser un sonnet entier, d'où son attrait récent pour la poésie japonaise. Beaucoup plus courte, elle lui permet de continuer à pratiquer ce qu'il faut bien considérer comme une discipline : marcher, méditer, composer, transcrire et celà à Paris, ou à Londres ou à Tokyo. Dans la capitale britannique, depuis plus de trente ans, il descend toujours au même hôtel pour aller, là aussi, de librairies en librairies. A Tokyo, il explore la ville toujours à pied en partant à chaque fois d'une des stations de métro de la ligne circulaire Yamanote qui délimite le centre de la capitale japonaise.
Un bel esprit, indépendant, solitaire, attachant. Merci à EVENTO, pour ce moment de grâce.