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Cas@d€i - Page 97

  • Vive la RATP

    ticket X tarif Reduit.jpgNon ce n'est pas ironique du tout en cette période de grève prolongée sur la ligne A du RER!

    Hier j'ai perdu mon Passe Navigo, lequel me sert également de passe pour le Vélib'... en sortant mes gants de ma poche à un feu rouge probablement... la faute au général hiver.mise_en_page_NAVIGO_copil.jpg

    Et bien, un passage au Club de la RATP de la gare de Lyon, sans aucune attente, m'a permis en cinq minutes de me voir attribuer gratuitement un nouveau passe avec ma photo, rigoureusement identique au précédent. Il parait qu'il se perd 7000 Passe Navigo par mois...

    Cerise sur le gateau, un simple coup de téléphone à l'assistance vélib', sans aucune attente, m'a permis de le faire valider et de reprendre immédiatement un vélo...

    La RATP ça roule... quand ses salariés le veulent bien.

  • Lord Jim de Conrad

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    Nouveau livre sur le conseil d'Alain Finkelkraut dans Un coeur intelligent!

    500 pages, je n'ai pas eu le courage de le lire en anglais comme je l'avais fait il y a quelques années pour Heart of darkness (Au coeur des ténèbres) que j'avais lu à la suite d'un périple en République Démocratique du Congo en 2004, je crois.

    Comme dans Au coeur des ténébres, c'est le capitaine Marlow qui raconte. L'action se passe cette fois dans l'archipel indonésien et en fait il y a deux romans dans ce roman qui traite de la condition humaine, de la difficulté d'être.

    Dans la première partie on découvre comment Jim, membre de l'équipage du Patna, un bateau qui emmène des Pélerins musulmans vers La Mecque, est conduit avec le capitaine du navire, à la suite d'une sorte de perte de lucidité plus que de lâcheté, à abandonner le batîment en perdition et sa cargaison de pélerins pour sauver sa vie.

    Après une sorte de procès où il rencontre Marlow, qui va le protéger, Jim commence une longue errance de port en port sans parvenir à éliminer le remords qui le ronge et le déstabilise.  Jusqu'à ce qu'il échoue sur le Conseil de Stein, un ami de Marlow, colon germanique truculant, chasseur de papillons, à Patusan. Patusan est un pays imaginaire reculé, qu'aucun blanc ne fréquente, et dont il devient le Tuan, le maître bienveillant, éclairé, et protecteur des populations localesLord Jim. Il y rencontre l'amour et ressent une certaine forme de plénitude, imparfaite cependant, incapable par exemple de dire pourquoi il est venu et compte rester pour toujours dans cet endroit improbable.

    Jusqu'à ce qu'il croise le trafiquant anlais Brown et ses acolytes, une caricature du bandit perdu, sans foi ni loi. Lord Jim a alors l'occasion de se comporter en héros, mais un héros au destin tragique.

  • Neige

    Ce matin du jeudi 17 décembre 2009, mieux valait à Paris laisser choir la bicyclette plutôt que de risquer la chute...

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    ...et se rabattre sur le bon vieux metropolitain beaucoup plus sûr même s'il y avait un mouvement social...

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  • Commémoration de l'opération Frankton

    Le 12 décembre de chaque année Bordeaux commémore avec nos alliés britanniques l'Opération Frankton http://musee.delaresistance.free.fr/en%20ligne/dossiers/frankton/recit.html dite aussi coque de noix.

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    Du 7 au 12 décembre 1942, un commando de 10 hommes de l'armée britannique, largué par un sous-marin au large de Montalivet, remonte l'estuaire de la Gironde de nuit avec 5 kayaks, à la faveur  du courant. Dans la nuit du 11 au 12 décembre, il réussit à poser ses bombes sur les coques de six navires allemands. le 12 décembre au matin, les bombes aimantées explosent causant de graves dommages aux batîments. Cette opération a évité à l'époque le bombardement du port de Bordeaux et les pertes civiles qui s'en seraient suivies.

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    Dragueurs de mines allemands coulés, Charles Philippe, 1945, crayon et sanguine (au risque d'un certain anchronisme sans doute)

    Des 10 membres de ce commando, deux seulement regagnent leur pays, deux autres meurent noyés et six sont torturés puis fusillés par les nazis.

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    En ce dimanche froid et ensoleillé du 12 décembre 2009, nombreux ont été les bordelais qui se sont détournés de leur promenade sur les quais pour s'approcher des gerbes de fleurs déposées par les autorités françaises et britanniques face au Hangar 14. Et se souvenir de ces jeunes gens. C'est bien!

  • Piano à domicile

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    C'est sur ce piano, un Pleyel de 1920,  qu'Ivan Ilic www.ivancdg.com, pianiste américain d'origine serbe, donne des concerts à son domicile dans une vieille demeure près de la place Camille Julian à Bordeaux. Vendredi dernier, il interprétait Bach, une chaconne transcrite pour le piano par Brahms, puis sept études de Chopin transcrites ou recomposées par Léopold Godowski (1870-1938), pianiste américain d'origine polonaise ou plutôt balte.
    Particularité de ce concert suivi par une cinquantaine de personnes rassemblées par Bordeaux Accueille, toutes ces oeuvres étaient jouées de la seule main gauche, la main la plus maladroite! Une performance de virtuosité, que peu de ceux qui ne voyaient pas les mains du pianiste ont su déceler. Une épreuve de rigueur que de se donner cette contrainte de ne jouer que d'une seule main, un peu comme Georges Perec avec son roman La disparition écrit sans recourir à la lettre e.
    Ivan Ilic enregistre actuellement ces oeuvres. Un disque sortira après 2010 qui viendra s'ajouter à celui édité en 2008 consacré à Debussy.
    Excellente soirée qui s'est terminée avec nos hôtes autour d'un verre de Bordeaux et de patisseries allemandes.
    Pour participer à un concert à domicile et rencontrer Ivan Ilic laisser vos coordonnées sur son site.

  • Médée

    Quel dialogue des cultures! Avec cette mise en scène au Théatre des Amandiers de Nanterre, Jean-Louis Martinelli a réussi une belle prouesse.

    A l'origine, il y a près de 2500 ans, Euripide met en scène l'histoire de Médée, magicienne, qui par amour et ambition sera tout à la fois fratricide, infanticide et régicide...

    Max Rouquette (1908-2005), www.max-rouquette.org/, écrit une Médée, en occitan, avec un choeur à l'antique que ponctuent des psaumes : le chemin, l'étranger, les mères, le pardon, l'abandon, l'angoisse, la résignation, l'enfant, le pressentiment, le mal, le néant. Cette pièce, jamais montée en occitan, Rouquette la voyait jouée entre La Boissière et Aniane, dans l'Hérault, un lieu de théatre naturel, tout prêt, comme dans la Grèce antique, que j'ai parcouru à pied l'été dernier.

    medee_martinelli_172.jpgMartinelli nous offre aujourd'hui une mise en scène avec des acteurs burkinabés qui jouent la pièce en français et un choeur de femmes qui chantent les psaumes en langue bambara sur une musique de Ray Lema.

    C'est déjà formidable et en plus Odile Sankara qui joue le personnage de Médée le fait avec une force extraordinaire exprimant tour à tour tous les sentiments, l'amour, la haine, l'effroi, la vengeance, le sarcasme. L'actrice a approché la mort, l'assassinat, de près puisqu'elle est la soeur cadette de Thomas Sankara, le père de la révolution au Burkina Faso, littéralement le pays des hommes intègres, assassiné en 1987. La façon dont Médée se prépare à assassiner ces deux enfants pour se venger de Jason qui vient de la répudier est inoubliable.

    A voir aux Amandiers jusqu'au 13 décembre puis en tournée à Bogota mars 2010, à Munich mai 2010 à Torun (Pologne) en mai 2010, à New-York (Brooklyn) en octobre et novembre 2010 et à Porto en novembre 2010. 

  • Histoire d'un allemand - Souvenirs 1914-1933

    haffner.jpgA nouveau un livre retenu par Alain Finkelkraut dans Un coeur intelligent!

    Sebastian Haffner (1907-1999), de son vrai nom Raimund Pretzel, famille protestante, a effectué des études de magistrat en Allemagne. Il s'exile en 1938, d'abord en, France puis en Angleterre où il écrit à la demande d'un éditeur ces Souvenirs qui s'échelonnent de 1914 à 1933. L'auteur retourne en Allemagne en 1954 pour une carrière d'écrivain et de journaliste. Le manuscrit des souvenirs écrit en 1939 n'est pas publié, il n'en parlera jamais, et est découvert en 2000 après sa mort. Il est authentifié comme datant bien de 1939, ce qui en fait toute sa valeur, ce n'est pas un témoignage d'après-guerre. Excellente traduction de Brigitte Hébert.

    A travers ses souvenirs d'enfance, d'adolescent, d'étudiant, ses premières amours, Sebastian Haffner nous décrit la guerre, la révolution allemande, l'hyperinflation, la crise de 1929, la montée du nazisme, sa prise du pouvoir, l"indifférence, la passivité de la population allemande...

    La guerre à distance de 1914-18 vécue comme un jeu, qui se termina par l'humiliation de la défaite, l'hyperinflation qui obligeait la famille Haffner à faire ses courses le jour de paye, à stocker toutes les denrées pour un mois, le père d'Haffner, obligé de répondre à un questionnaire sur sa famille, le camp d'entrainement de trois semaines avec chants nazis pour les élèves magistrats, les pires difficultés pour voyager à l'étranger, l'apprentissage de la soumission... 

    La volonté d'éliminer les juifs est clairement affirmée bien avant 1933 mais la population, comme atomisée, subira sans broncher, sans manifester aucune opposition sociale ou politique, toutes les vexations, toutes les privations des droits, pour laisser libre cours finalement à la barbarie.

    Dès avant la prise de pouvoir par la force d'Hitler, l'Allemagne du chancelier Brüning acceptait des mesures contraires aux libertés fondamentales pour, selon le gouvernement, préserver la démocratie. L'engrenage aura été irrésistible! Il faut être intransigeant sur le respect des libertés! En particulier quand il est question d'identité nationale.

    Un excellent livre d'histoire à mettre entre toutes les mains en particulier celles des futurs élèves de terminale S!

  • VCUB/V3

    Le journal Sud-Ouest nous l'a révélé hier matin. Les vélos en libre service qui vont être mis en place fin février par la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), via Keolis, le gestionnaire du réseau des bus et des tramways s'appelleront VCUB, qui s'écrira aussi V3!

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    Le III Reich avait inventé les V2 et perdu la bataille de Londres, il faut espérer que les V3 permettront de gagner la bataille contre le réchauffement climatique.

    Personnellement, quitte à donner un nom spécifique pour les Vélos en libre service de Bordeaux, j'aurai aimé Bicube, mais la marque est sans doute déjà déposée!

    Peu importe, la probabilité pour que l'on dise Vélib' dans le langage courant, comme l'on dit Frigidaire pour réfrigérateur ou Caddie pour charriot est élevée. L'intérêt de Velib' c'est que cela évoque la liberté...alors que CUB...

  • Nourrir l'humanité

    Parmentier-Bruno---Nourrir-l-humanit-.jpgBruno Parmentier, ingénieur des mines et économiste,  n'a découvert l'agriculture que tardivement à la tête d'une école d'ingénieurs. Son ouvrage, sous-titré les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXI siècle, préfacé brièvement par Edgar Pisani, est remarquable.

    Il y aborde sans a priori idéologique ou corporatiste le défi qui va consister à nourrir d'ici 2050 neuf milliards d'habitants contre six et demi aujourd'hui, dans un contexte marqué par le réchauffement climatique, les tensions sur les prix des produits de base, les exigences sanitaires accrues.

    Bruno Parmentier traite chiffres et exemples abondants à l'appui tous les aspects de ce défi: rareté croissante des ressources en eau, menaces sur la biodiversité, fin du pétrole, énergies chères, menaces épidémiques, promesses de l'agro-biologie (OGM), heurs et malheurs des relations avec le commerce international et la grande distribution.

    In fine, son coeur balance pour le modèle qui a fonctionné le mieux jusqu'ici dans l'histoire de notre planète, l'exploitation familiale fonctionnant en réseau avec des coopératives de toute sortes et des aides publiques pour pallier les déficiences du marché. Les émeutes de la faim menacent et l'expérience le montre on ne peut pas remplacer le pain par de la brioche!

  • Washington Square

    washington.jpgA vrai dire, on ne peut qu'aimer ce roman d'Henry James, publié en 1880, et commenté par Alain Finkelkraut dans un Coeur intelligent, que je n'ai toujours pas lu.

    L'intrigue racontée par un narrateur extérieur est d'une grande simplicité. Elle met aux prises essentiellement quatre personnages. Le Docteur Austin Sloper, médecin aisé de New York, à Washington Square, veuf depuis 19 ans, inconsolable de la perte de sa femme, intelligente et brillante. Sa fille Catherine, "the poor catherine", 22 ans, fille unique, le contraire de sa mère, pas très brillante, pas très intelligente, pas très jolie mais future héritière. Morris Townsend, jeune arriviste, malin machiavélique, beau parleur, sans le sou, qui flaire le bon héritage, et enfin la tante Lavinia, veuve elle aussi, qui vit chez son frère Austin, stupide, écervelée, prête à tout pour monter des histoires romantiques par substitution.

    Ce qui doit arriver, arrive, ce roman n'est pas un récit à rebondissements successifs : Le jeune Townsend séduit la pauvre Catherine non parce qu'il l'aime mais par intérêt, avec l'appui décisif de la tante Lavinia. Le docteur Sloper devine imédiatement la supercherie et devant le refus de la pauvre Catherine de rompre ses fiancailles la déshérite...

    La pauvre Catherine finira par découvrir que personne, ni son père, ni sa tante, ni son fiancé ne l'aiment pour elle-même. C'est d'une incroyable cruauté mais écrit avec un incroyable talent.