Huis clos iranien
En allant voir A propos d'Elly, le beau film d' Asghar Farhadi, on se rejouit à l'avance de découvrir un autre visage de l'Iran que celui que donne ses dirigeants et plus généralement les journaux qui ne cessent de nous parler du danger que ce grand pays représente avec son programme nucléaire.
Le scénario du film est attrayant : trois jeunes couples, accompagnés de leurs enfants, mais aussi d'Elly, l'institutrice d'un des enfants et d'Ahmad, travailleur immigré en Allemagne, en vacances pour dix jours, s'en vont joyeusement passer un week-end au bord de la mer Caspienne. On les voit faire le ménage de la villa, chanter, rire, danser, jouer au volley, au mime... tout se passe bien, les iraniens sont comme tout le monde, c'est rassurant.
Et puis Elly disparait. Et là, le film bascule et l'on découvre, il n'est pas possible de tout raconter, combien le mensonge est au coeur des relations entre ces huit personnes qui passent ces trois jours ensemble. Le mesonge est partout parce que les rôles des hommes et des femmes restent marqués par la tradition, les poids des interdits, du sens de l'honneur, de la famille sont encore beaucoup trop lourds pour que ces jeunes couples qui nous ressemblent par certains côtés soient déjà entrés dans la modernité.
La société iranienne a encore du chemin à faire même si elle est sans doute sur la bonne voie.
La nuit blanche a de nouveau été un succès à Paris dans le nuit du 3 au 4 octobre. Un million et demi de visiteurs parait-il. On se demande comment ils sont comptés! L'évènement est gratuit. Spectaculaire sans aucun doute. Bling bling diront les méchantes langues.
Comment vivre après la shoah? C'est le sujet traité par Jean-Claude Grunberg dans cette magnifique pièce sous-titrée tragédie dentaire, donnée en reprise au théatre Marigny. Quatre acteurs, Philippe Fretun, Antoine Matthieu, Clotilde Mollet et Christine Murillo, superbes de talents qui interprétent sept personnages et comme dans les tragédies le choeur antique.
Roman Polanski est sans doute un grand cinéaste mais ce n'est pas un grand homme. Comme homme public, il devrait donner l'exemple. Au contraire, voilà quelqu'un qui fuit la justice de son pays depuis plus de trente ans. Accusé de viol sur une mineure de 13 ans, il a plaidé coupable devant la justice tout en affirmant que la mineure était consentante, a fait moins de deux mois de prison et, libéré sous caution, n'a pas attendu le jugement définitif et a fui son pays. Comportement exemplaire! Il n'encourt pas la peine de mort! Allez expliquer à la jeunesse la nécessité de respecter le loi et la justice!

De temps en temps, il y a une bonne nouvelle, une nouvelle qui vous réjouit vraiment. Cela a été le cas avant hier soir avec l'annonce de la désignation d'Irini Bokova à la direction générale de l'Unesco. Comme tout le monde, je n'en avais jamais entendu parler, pas plus que de Farouk Hosni, le ministre de la culture égyptien donné comme favori à la suite d'arrangements diplomatiques que Machiavel n'aurait pas reniés.
La grande halle de la gare Saint Jean à Bordeaux, édifiée de 1893 à 1898 par l'entreprise de constructions métalliques Daydé et Pillé sous la direction de Gustave Eiffel fait peau neuve en ce moment. A Paris, Daydé et Pillé ont notamment réalisé le Pont Mirabeau (1896) et le Grand Palais (1900). L'entreprise Daydé réalisera en 1905 le pont Bir Hakeim (en photo les forgerons riveurs, de Gérard Laurent) et après bien d'autres ouvrages, comment ne pas le citer, le pont de Tancarville (1959)

C'est le livre le plus célèbre de Marlen Haushofer (photo Sybille Haushofer), écrivain autrichien née en 1920 et décédée à l'âge de 49 ans. Le livre a été publié en 1963. Il se présente comme le journal de bord écrit rétrospectivement, mais minutieusement, à partir de notes d'une femme qui se retrouve à la suite d'une catastrophe inexpliquée, sans doute planétaire, isolée dans un chalet, au coeur de la forêt autrichienne. Heureusement le propriétaire du chalet, a fait provision de tout et il y a de quoi survivre quelque temps. Et puis peu à peu à défaut d'êtres humains, l'héroïne se fait des compagnons, Lynx, le chien de son cousin, une chatte et ses chatons, Bella, la vache qui va fournir du lait, une corneille blanche...
On accompagne ainsi notre Robinson pendant deux bonnes années, au chalet, dans la vallée et l'été à l'alpage. Que faire quand on est convaincue d'être la seule survivante d'une catastrophe, on est en pleine guerre froide, avec ces quelques animaux, cette petite arche de Noé, et que l'on aperçoit au loin les cadavres rigidifiés des hommes, des animaux, les orties qui envahissent tout progressivement. Et bien vivre, parce qu'on se sent responsable de la survie de ses compagnons, chien, chats, vache, veau...
la littérature mondiale, mais j'avais rapidement renoncé, le marque page retrouvé dans mon édition de poche indique une quarantaine de pages, la syntaxe et le vocabulaire s'avérant trop difficiles.
Un mot sur Alfred Döblin, médécin, neurologue, juif, condamné à l'exil par le nazisme en 1933, en Suisse, en Amérique, en France, qui acquit la nationalité française (1938), se convertit au catholicisme, rentra en Allemagne dans les années 50, sans y être reconnu, pour y mourir dans un hôpital psychiatrique. Son fils, soldat français, se suicida en 1940 pour ne pas tomber aux mains des allemands. Ecoutez France culture :