GR 653 Vauvert
Après Saint Gilles, étape à Vauvert, au coeur des Costières de Nîmes. Dans cette région, à cette saison, si on a petit creux, on peut toujours se manger un abricot, un brugnon, une petite grappe de raisin, les vendanges ont commencé la troisième semaine d'août, une semaine après notre passage.

Faute de gîte, étape à l'hôtel du lys d'or, deux étoiles sans plus, sans aucun charme particulier. Dans la même rue, la boulangerie ouvrait à cinq heures et demi, très pratique pour y prendre son petit déjeuner et partir à l'aube pour Lunel Viel.

C'était la fête votive toute la semaine, magasins fermés dès midi, à l'exception des bars qui servent du pastis ou du ricard toute la journée. Lâchers de toros le matin et le soir : bandido à 19 heures, dès 18 heures le bourg se rassemble, qui sur la place du marché, qui sur la place de l'église Notre Dame (où fut baptisé Louis Joseph de Montcalm mort à Quebec sous le feu des anglais le 14 septembre 1759, il y a 250 ans). Les mamies d'abord, précautionneuses, qui mobilisent les bancs, puis les familles avec les jeunes enfants et les jeunes organisés en penas qui vont et viennent en bandes d'un bar à l'autre.

Coup de fusil ou de pistolet, je ne sais, et puis deux cavaliers déboulent au galop entre les barrières encadrant un taureau qui va terminer sa course dans un camion garé près de l'église, symbolique du retour au pré. Belle démonstration d'un art, d'un métier que celui de la conduite de ces taureaux, huit cavaliers, quatre taureaux, c'est terminé, tout le monde se disperse lentement. A demain matin pour un autre type de lâcher de taureaux, un abrivado. Mais nous serons déjà loin de là!
Place du marché, place à la danse, un orchestre, trois musiciens, animent un bal traditionnel devant la population attablée pour l'apéritif ou pour dîner : valses, javas, fox trot, cha cha cha, madison, slows, les anciens, surtout les anciennes, sont les plus vaillantes. Avec nos chaussures de marche et nos 20 km dans les jambes, on s'est contenté de regarder!
Peu de témoignages, dans le village, des épisodes mouvementés qu'ont laissé les guerres de religion, une présence juive importante et de l'expression au diable vauvert! dont l'origine peut se situer ici ou plus probablement du côté du jardin du luxembourg à Paris.
Ajoutons pour essayer d'être complet que cette vaste commune (10 000 habitants sur une centaine de km2) a pris conscience de l'importance de la biodiversité exceptionnelle qu'elle abrite puisqu'elle le mentionne à l'entrée du bourg.





Autant le dire tout de suite, je ne suis pas particulièrement amateur de roman policier. Mais je me suis laissé tenter par la nouvelle traduction que vient de faire paraître la fameuse collection 
re qui se jette dans l’Arzon (Haute-Loire). Partant de Chomelix, village coquet aux portes des gorges de L’Arzon, le sentier chemine à travers bois, champs et hameaux. Il emprunte parfois une ancienne voie pré-celtique appelèe “Bolène” fréquentée au Moyen Age par les marchands, les militaires et les pélerins. Peu de rencontres ce jour : des paysans croyant encore à l’agriculture: un éleveur de vaches qui construit une stabulation, un autre qui ose cultiver du maïs (étonnant en Haute Loire), des vacanciers prenant leur petit déjeuner dans le jardin encore protégé du soleil. Les géraniums adorent la belle chaleur de cet été, les rouges et les roses explosent sur le seuil des fermes rénovées. Bientôt, non loin de Bellevue la Montagne, le village des Boudoux apparaît.






J'avais bien quelques souvenirs de l'Antigone d'Anouilh étudié en classe, je ne me souviens pas avoir étudié la pièce de Sophocle, avoir entendu Georges Steiner parler des Antigones...




