Soulagement et déchirement
Samedi dernier, j'ai quitté le Liban. Mission de trois ans terminée. De nouveau la capitale française et les affaires nationales après 6 ans consacrés à l'Afrique puis au Liban.
Partir, c'est souvent un soulagement et un déchirement.
Soulagement de quitter un pays ou presque tout va mal. Une sorte de Titanic, on y danse, en attendant le prochain attentat, la prochaine guerre. Un siècle pour rien ont déjà écrit Ghassan Tueni, Jean Lacouture...mais l'avertissement n'est pas écouté. Les tensions entre chiites et sunnites sont croissantes, les chrétiens toujours divisés, chacun s'arme pour demain, Israël regarde le réarmement du Hezbollah et prévient que demain c'est tout le Liban qui sera responsable...Soulagement de quitter un Etat qui n'en est pas un, le poids des appartenances, des confessions, des familles l'emporte sur la construction d'un Etat de droit, sur la solidarité nationale...Le Hezbollah s'autoproclame résistance, malgré ou contre l'Etat, détient un droit de véto au sein du gouvernement et un droit de véto dans la rue du fait de ses armes qui disait il ne seraient jamais tournés contre d'autres libanais...La bataille électorale est engagée comme si elle devait régler demain les différends politiques d'aujourd'hui mais pourquoi puisque la minorité d'aujourd'hui impose le droit de véto, la minorité de demain le fera de même... A quoi bon se déchirer plutôt que de chercher des solutions sur les questions de fond...
Déchirement parceque j'y laisse de nombreux amis, parce que les contacts sont faciles, la population accueillante, les gens attachants, l'esprit d'entreprise répandu, parce que la montagne est belle. Parce que c'est vrai le Liban est un message, le Liban est un miracle, et qu'on a envie qu'il le reste, et qu'on le sent menacé et qu'on voudrait l'aider à sortir de cette situation par le haut, collectivement plutôt que par l'émigration, le repli sur soi...Mais voilà, être expatrié c'est être dedans et dehors, c'est provisoire, il y a une fin...
Alors, je reste fidèle aux libanaises et aux libanais, je crois aux forces de l'esprit je ne les oublie pas!


A visiter à deux reprises la biennale, on s'est vite rendu compte que cet espace goudronné ou gravillonné, s'il est vaste, était battu par le vent, la locomotive diesel du Train touristique faisait planer une odeur désagréable de diesel et par comparaison avec les éditions précédentes on regrettait tout de même le beau décor qu'offrent aux potiers l'Abbatiale et les rues de La Chaise-Dieu.
Tant qu'à faire de délocaliser, le choix de Sembadel-bourg aurait peut-être été plus judicieux, la logistique c'est bien, l'esthétique c'est mieux!
Mais peut être était-ce le seul moyen de faire apprécier la technique de fabrication à la corde de grandes jarres, comme celles commandées par le Conseil général en 2007 http://www.casadart.fr/spip.php?article31.




Au premier coup d'oeil l'endroit est peu rassurant, les anciens bâtiments d'exploitation tombent en ruine, chaque intempérie apporte sa contribution à ce dépérissement...


la poudrière, la fabrique de cigares toute récente et ses employées cubaines et basques, le championnat du monde de pêche au saumon, le jumelage avec Rheinstetten, le prochain voyage en Hongrie avec le village hongrois jumelé à Rheinstetten...




