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Cas@d€i - Page 79

  • Dialogue des âmes

    812743806.jpgChaque année pour la Saint Robert d'été, la commune de La Chaise-Dieu offre le dimanche soir un feu d'artifice.

    Pour une fois la place de l'Abbaye est interdite aux voitures et à la tombée de la nuit la population du bourg et des villages alentour se masse devant l'Abbatiale, autour de la fontaine.

    La tête en l'air, les yeux écarquillés, comme un gamin, en admirant les belles rouges, les belles vertes, les belles blanches, la cascade de lumière qui descend du chemin de ronde, on se met à rêver.

    La haut, dans le ciel, comme chaque année, Saint Robert, Clément VI, Jacques de Saint Nectaire, le Cardinal de Richelieu se sont donnés rendez-vous. Ils profitent de la lumière du feu d'artifice pour regarder ce qu'est devenue l'oeuvre de leur vie. Ils sont fiers, étonnés, peut-être un peu déçus? scandalisés? Mystère!  Leurs délibérations restent secrètes.

    Et puis la musique s'arrête, l'éclairage public se rallume, la Saint Robert est terminée, les casadéens retournent vaquer à leurs occupations....

  • Débutants

    Carver.jpgJusqu'ici Raymond Carver (1938-1988) était principalement connu comme un novelliste américain au style minimaliste. Avec la reparution sous le titre Débutants (Beginners) de nouvelles parues en 1980 sous le titre Parlez moi d'amour (What we talk about when we talk about love), on s'aperçoit qu'il n'en était rien.

    A la fin de la nouvelle édition, on peut lire les échanges de lettres entre Carver et son éditeur. Ce dernier a en effet procédé à d'importantes coupes, qui réduisent la pagination de moitié environ, qui expliquent le style minimaliste de Carver. Ce dernier est fou de rage, il ne reconnait pas son travail et supplie son éditeur de renoncer ou d'attendre pour publier, mais en vain.

    Je n'avais pas lu en son temps la version initiale de cet ouvrage, le style minimaliste a en tous cas disparu mais la force de ces nouvelles est évidente.

    Comme le souligne le titre original il y est question d'amour, l'amour sous toutes ses formes. Carver nous fait pénétrer l'intimité d'américains, des couples le plus souvent, en crise presque toujours, l'alcool est très souvent présent, Carver en avait une grande expérience, la folie, la dépression, la violence. Chaque nouvelle est poignante et souvent déroutante dans des huis-clos de l'Amérique d'après-guerre. Un livre qu'on ne lâche pas avant de l'avoir terminé et qui vit en nous plusieurs semaines après.

  • Vies de Job

    job,vies de job,pierre assoulinePierre Assouline a écrit un livre magnifique. Est ce un roman? Le lecteur jugera. Une biographie de Job, de Hiob, de Yacoub? Le personnage, l'auteur du livre éponyme? Pas vraiment. Non, il faut prendre le titre à la lettre, des Vies de Job. La vôtre, la mienne, la sienne, celle des siens. Des petits bouts de biographies, des petites portraits, des anecdotes. Un vrai plaisir de lecture, une belle érudition et un travail considérable, une rcherche de tous les instants. La compagnie de François Nourissier, de Carlos Fuentes, de Joseph Roth, de Miguel de Unanimo, de Jacques Assouline, et de centaines d'autres... Je vous laisse découvrir, c'est foisonnant. J'ai beaucoup aimé les passages dans le Dom-Tom inconnu à Jérusalem... On va de découvertes en découvertes...

    Une des plus belles est bien sûr le tableau de Georges de la Tour intitulé Job raillé par sa femme (vers 1644).

    Il y a un seul petit manque, un oubli dans l'iconographie, si Pierre Assouline n'omet pas de mentionner le village de Job dans le Puy de Dôme pour regretter qu'il ait renié son étymologie vraisemblable pour une latine improbable, il est passé à côté du Job qui figure dans l'Abbatiale de La Chaise-Dieu sur la tapisserie de La Flagellation.

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    Dans ce tryptique du XVème siècle, Job est à droite, à gauche, le supplice d'Achior

    On ne lui en vaudra pas, tant son livre apporte de plaisir. A lire et à relire très certainement.

  • Archéologie musicale

    A défaut d'aller à Aix, nous sommes allés ce dimanche à l'Auditorium Cziffra de La Chaise-Dieu. L'Académie de musique dirigée par Cyril Huvé y donnait  en soirée un concert qui cloturait un atelier de travail pour 18 jeunes musiciens.

    L'idée de Rémy Campos, musicologue, historiographe et historien, qui assurait la direction stylistique de cette semaine, était de restituer la musique de Haydn, de Beethoven et de Mozart telle qu'elle était jouée dans les années trente, les années 1830, après les trois glorieuses, sous Louis-Philippe.

    Plutôt que de disposer comme aujourd'hui, les musiciens en bataillons, les contrebasses, les violoncelles, les violons, les altos, on les disperse  aun sein d'un hémicycle : les basses entourent les violons et les altos afin que chaque musicien entende bien la basse, la basse continue. Et puis, on utilise la technique du port de voix, technique qui consiste à faire entendre toutes les hauteurs intermédiaires entre deux notes, comme dans la musique tzigane, plutôt que de passer directement d'une note à l'autre. L'idée de base était de se rapprocher le plus possible de la voix, modèle absolu pour les musiciens. Et puis à l'époque, chaque musicien cherchait à se distinguer des autres, à jouer sa partie, un peu comme dans les orchestre de jazz. la chaise-dieu,académie de musique,cyril huvé,aude caulé-lefèvre,rémy campos

     Il y a deux cent ans, la façon de jouer Haydn, Beethoven ou Mozart faisait l'objet d'une grande diversité. Il n'y avait bien sûr pas d'enregistrement, seuls les anciens, les méthodes pédagogiques, les archives pouvaient témoigner. Pour fixer les choses, Rémy Campos et les jeunes musiciens placés sous la direction de la soliste Aude Caulé-Lefèvre avaient choisi d'interpréter les transcriptions effectuées par la Société des Concerts du Conservatoire de Paris. Des transcriptions pour quatuor ou septuor mais jouées par un ensemble de cordes, à La Chaise-Dieu 18 musiciens.

    Au programme : extrait du quatuir op.76 de Haydn (l'hymne allemand), Extrait du quatuor op. 18 n°1 de Beethoven, extraits du septuor op.20 de Beethoven, extraits de Don Giovanni, de Mozart.

    Une très belle leçon de musique appréciée par plus d'une centaine d'auditeurs en ce début d'été.

  • A qui se fier ou le grand écart

    avignon.jpgS'il y a un domaine ou les avis sont partagés, où il n'y a pas de consensus, c'est bien la vie culturelle.

    Dans Les Echos du 8 juillet, au Festival d'Aix en Provence, La Traviata avec Natalie Dessay convainc, dans Le Monde du 9 juillet : Aix ne réussit pas à Natalie Dessay!

    Dans Aix.pngLe Monde du 8 juillet : Avignon rate son ouverture avec Jan Karski et dans les Echos du 8 juillet Belle entrée en matière dans la cité des papes avec le bouleversant Jan Karski!

    Que faire? Aller à l'opéra et au théatre!

  • Les dix ans du réseau européen des sites casadéens

    161670_100001944714615_4570376_n.jpgIl y a trente ans, Pierre-Roger Gaussin, président fondateur de l'Université de Saint-Etienne publiait un ouvrage intitulé : Le rayonnement de La Chaise-Dieu. Au XIII ème siècle, l'Abbaye de La Chaise-Dieu avec ses 10 filiales et ses 360 maisons comptait 1700 moines.  Elle concurrençait Cluny. Dans son ouvrage, Pierre-Roger Gaussin décrivait les itinéraires casadéens. L'influence de l'Abbaye s'étendait en Auvergne, mais aussi dans les provinces de Bourges, de Vienne, d'Arles, de Narbonne, de Bordeaux, de Sens, de Reims, de Besançon, mais aussi d'Espagne, à Burgos, d'Italie, à Frassinoro et en Helvétie à Granson.

    IMG_6927.jpgIl y a dix ans, était créé le Réseau européen des sites casadéens et cette association présidée par Robert Flauraud, conseiller général et ancien Maire de La Chaise-Dieu, fêtait ce premier week-end de juillet ses dix ans. L'occasion de rebaptiser la nouvelle salle de l'écho, salle Pierre-Roger Gaussin. Conférences, concert d'orgue, expositions artistiques, assemblée générale, échanges d'expériences avec le réseau des sites clunisiens, des représentants du Conseil de l'Europe, des voisins ardéchois...

    A quoi servent ces réseaux? A perpétuer l'esprit des fondateurs, à effectuer des recherches historiques, à échanger des expériences, à promouvoir des territoires aujourd'hui en perte de vitesse économique et démographique en tablant sur le tourisme.

    A obtenir des subventions! L'Europe est généreuse. Pour peu que vous présentiez un projet articulé sur quatre pays européens vous pouvez prétendre à des subventions non négligeables, de quoi financer un chargé de mission, des brochures, de la signalétique, des échanges au sein de votre réseau ou entre réseaux... L'objectif est d'ouvrir les territoires, de favoriser le dialogue des cultures, de préserver les patrimoines, les savoir-faire.

    Tout cela est souvent bureaucratique et le ou la chargé(é) de mission passe souvent la moitié de son temps à  se perdre dans le mille-feuilles administratif : Qu'on y songe, rien que sur le territoire de La Chaise-Dieu, il faut compter avec la commune, la communaué de communes, le Pays de Lafayette, le Parc régional Livradois-Forez, le Conseil général, la Région, l'Etat, le Conseil de l'Europe, l'Union européenne...et j'en oublie sans doute. Alors sur un ensemble géographique comme le réseau des sites casadéens! ... Comment être efficace? Le risque de dispersion est évident.

    Sans doute faut-il s'appuyer sur les associations locales, sur des bénévoles bien motivés et organisés en sous-réseaux géographiques. C'est ce que semble faire le réseau clunisien, beaucoup plus étendu encore que le casadéen. C'est du foisonnement des initiatives locales que s'enrichit un réseau. C'est là le défi qui s'ouvre pour le Réseau européen des sites casadéens.

  • Composition française

    ozouf_.jpgVoilà un très beau livre, très bien écrit, intelligent, charmant. Au moment où le baccalauréat est menacé de disparition Mona Ozouf nous livre le témoigange d'une éducation à l'ancienne, une éducation de la réussite. Des parents instituteurs, un père militant de la cause bretonne, mort trop tôt, une grand mère bigotte, une mère éprise de la république, mais tenue par la coutume et la fidélité attendue d'une jeune veuve, la foi en l'éducation, la lecture des grands auteurs très jeune, l'école normale, l'université

    Un parcours exemplaire. Une synthèse aussi , c'est le double sens du titre, de ce qu'est la France, de ce qu'elle peut être dans ce qu'elle a de meilleur, l'unité nationale dans la diversité de ses apports régioanaux, culturels.

    Une lecture apaisante, réjouissante, qui rend intelligent et lnous fait redécouvrir un bel exercice malheureusement remplacé par la dissertation ou le commentaire de texte : la composition française! Mona Ozouf nous livre dans la seconde partie une excellente copie.

  • Nouvelles mythologies

    garcinjpg.jpgEn 2007, Jérôme Garcin, écrivain, cavalier émérite, animateur du Masque et la plume sur France Inter, rédacteur enchef des pages culture du Nouvel Obs a eu l'idée de convoquer 57 auteurs à écrire chacun une mythologie de notre époque à l'image du célébrissime Mythologies de Roland Barthes, publié en 2007, cinquante ans auparavant.

    L'ouvrage de Jérôme Garcin vient de sortir en poche (7 €). On peut le lire, il est probable que dans cinquante ans, on continuera de lire l'ouvrage de Barthes et qu'on aura oublié celui de Garcin, mais on peut le lire amintant parce qu'il reflète l'air du temps à défaut sans doute de détecter les permanences. Il y a d'excellents auteurs, quelques bonnes chroniques et puis avec quatre ans de décalage, on s'aperçoit combien notre société est en accélération, du moins en apparence. Rien dans ses chroniques sur ce qui agite les médias aujourd'hui, les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, Obama, l'euro est attrayant au point de susciter ll'idée de l'émergence d'un eurasia...

    De quoi parlera t'on dans cinquante ans?

    Le blog est encore tendance mais Paterick Rambaud regrette que la correspondance, la conversation, la lenteur, la promenade, le silence et la gratuité de nos actes aient quitté l'horizon. Voici le temps des solitudes électroniques.

  • Fête du fleuve

    bordeaux, bilbao, belem, sinbad, arawak, guggenheim, centre culturel et touristique du vinCe week-end Bordeaux fête son fleuve. Jacques Chaban-Delmas aurait dit sa rivière. La rivière c'est la Garonne, le fleuve commencerait avec la Gironde, fruit de l'union de la Dordogne et de la Garonne au Bec d'Ambès en aval de Bordeaux.

    Peu importe, il y a là La Belle Poule et surtout le Belem toujours aussi magique et puis Sinbad, l'Arawak, basés à Bordeaux. On est assez loin tout de même des rassemblements de vieux gréements.

    Bilbao est l"invité d'honneur et hier soir la Chorale de Bilbao et ses 85 choristes a donné de la voix sur le miroir d'eau transformé en scène de spectacle. Bilbao dont Bordeaux envie la réussite du Musée Guggenheim au point d'avoir décidé de l'imiter dans les prochaines années avec la création d'un centre culturel et touristique du vin dans le quartier des Bassins à flots. Affaire à suivre.

  • Brocante et vide grenier

    Lundi de pentecôte c'était brocante et vide grenier à La Chaise-Dieu. Grand succès, les brocanteurs occupaient toute l'avenue de la gare jusqu'en haut et le vide grenier toute la rue Saint Martin, la place de la fontaine et la place du monument.

    Côté brocante, de vieux meubles, de la vaisselle, de l'outillage ancien. Des objets qu'on imagine passés de main en main, de générations en générations, des objets durables dirait on aujourd'hui, des objets qui se retrouvent là après plusieurs décennies passées au fond d'une vieille maison dont les occupants ont fini par disparaitre.  Les héritiers ont décidé de mettre en vente toute cette mémoire contre un peu d'argent versé au brocanteur, à moins que ce dernier n'ait fait une belle affaire de bon matin dans un vide grenier où un vendeur mésestimait la valeur de ce qu'il offrait...

    Côté vide-grenier, on trouve les professionnels, ceux qui écument toutes les manifestations de la sorte et puis les vendeurs d'un jour. Des objets de peu de valeur, dont on cherche à se débarasser, à se demander pourquoi un jour on les a achetés, le plastique domine et les couleurs vives affadies aussi, quelques livres de poches écornés, des jouets que les enfants proposent eux-mêmes. Tout passe!

    Vers 15h30, une belle pluie d'orage est venu mettre fin à la manifestation, les badauds se sont envolés plus vite qu'il n'étaient venus et les vendeurs se sont mis à réemballer en maugréant. Une journée à oublier...  mais soyons en sûr, ils reviendront l'an prochain!