L'Équilibre du monde
L'Inde sera demain le pays le plus peuplé de la planète. D'ores et déjà, les décisions des grands conglomérats indiens comme Tata ou Mittal influenecent l'évolution de l'emploi en Europe. Hier le gouvernement indien a suspendu sa décision d'ouvrir oux entreprises étrangères le secteur de la distribution.
Dans ce gros roman (900 pages) de Rohinton Mistry, paru en 1995, c'est de l'Inde d'Indira Gandhi dont il est question. L'Inde d'hier donc mais il y a des permanences, l'Inde des castes, l'Inde vue de quatre personnages, une jeune veuve, Dina, issue de la petite bourgeoisie, qui pour assurer son indépendance financière crée une petite entreprise de couture, une entreprise au noir, qui emploie deux tailleurs, Om et Ishnar, des anciens tanneurs qui essaient de sortir, mais à quel prix, de leur condition d'intouchables et un jeune étudiant, Maneck, débarqué de sa montagne natale dans la grande ville.
Il y a beaucoup d'autres personnages, le ramasseur de cheveux, le roi des mendiants, l'homme aux singes, Shankar, le cul de jatte, un jeu d'échec, les parents de Maneck, des hindous, des musulmans, le frère de Dina, l'arriviste, un étudiant révolté, toute l'Inde est là, tumultueuse, violente, impitoyable mais nos quatre amis parviennent à cy réer un ilot de solidarité...
De retour de Venise, j'ai choisi de lire un vieux pamphlet de Régis Debray qui date de 1995. Debray se délecte dans la détestation et ici on est servi. Dommage, je ne suis jamais allé à Naples et, visiblement, Debray magnifie Naples, sans doute à l'excès : les églises sont à Venise et la religion est à Naples par exemple. Mais est-ce beaucoup mieux? Plus généralement, et là c'est sans doute vrai, la vie est à Naples et la mort est à Venise. Mais quelle vie?
Tous les amoureux de la Danse macabre de La Chaise-Dieu écouteront ou réécouteront avec intérêt la belle chronique de François Angelier de lundi dernier sur France Culture dans Tout feu, tout flamme à 8h45:
Miles, Bing, Helen, Alice, quatre jeunes adultes, la vintaine et quelques années, déjà abimés par leur vie qui d'ores et déjà ne leur a pas fait de cadeaux. Il vivent à Brooklyn, dans le quartier de Sunset Park, en communauté, dans une villa squattée, non par idéal de partage mais par nécessité. La crise des subprimes est passé par là, le boulot initial de Miles est d'ailleurs de débarasser les maisons récupérées par les institutions financières à la suite des hypohèques du mobilier qui y a été laissé. Bing est un touche à tout, batteur, déjà obése et sexuellement frustré mais bon compagnon, Alice achève sa thèse sur un vieux film sans trop y croire et Ellen, artiste-peintre en devenir, du moins essaie t'elle d'y croire, fait l'agent immobilier par défaut.