Etre Indien
Retour d'Inde du sud. 2300 km : Bengalore, Kanchipuram, Pondicherry, Madurai, Cochin, Mysore comme étapes principales. Des écarts de richesse incroyables entre les villages du Tamil Nadu, les riches plantations du Kerala, La cité High-tech de Bengalore, la pollution partout, des travaux routiers en tous sens.
Je retiens surtout la difficulté d'être indien et indienne! Entre les musulmans, les hindous mais aussi les quelques chrétiens, les boudhistes, les jains, quelques rares juifs, les castes officiellement disparues mais toujours présentes : Brahmanes, guerriers, commerçants, intouchables, les végétariens, les non végétariens, les langues, l'anglais, l'hindi, le Kanada, le malayalam, le tamoul et bien d'autres plus au nord... La pression de la société sur les individus est forte.
Qu'est ce qui fait tenir ce pays collectivement? Sa mythologie? sans doute pas puisque les musulmans par exemple refusent les images et que les hindous en abusent avec la multiplicité de leurs dieux représentés dans toutes les situations imaginables. Alors peut-être Bollywood, le cinéma sirupeux indien comme le suggère Erik Orsenna dans son dernier ouvrage sur la mondialisation du papier?


Jean- Joseph Boillot et sa fille Flora, amoureux de l'Inde depuis toujours ont commis cet abécédaire de l'Inde au quotidien. Il a été classé par Les Echos comme un des dix meilleurs livres de l'année. Ce n'est pourtant pas un livre d'économie. On peut le lire dans n'importe quel sens. On est certain de se plonger dans uin monde dont on n'a pas le plus souvent les codes de compréhension. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire avant d'entreprendre un voyage de deux semaines en Inde du sud.
A raison d'une leçon par jour, ce petit livre publié en pour la première fois en 1895 pourra vous accompagner pendant deux mois. Il y a en effet 62 leçons proposées par Louis Boyer, Inspecteur de l'enseignement primaire, à l'attention des maitres, et même des institutrices, pour les cours moyens (9 à 11 ans) et supérieurs (11 à 13 ans).
A l'Odéon. A côté de chez moi. J'y suis allé pour voir ayant lu les critiques du Monde et des Echos qui s'y sont pour partie laissé prendre. l'art est assis sur la subversion. Je n'ai pas été déçu, c'était bien le chaos annoncé!
