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Cas@d€i - Page 85

  • Incendies : le film

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    J'avais vu la pièce du libano-canadien Wajdi Mouawad (cf. Chronique du 29 octobre 2008), puis lu la pièce et naturellement je suis allé voir le film. Je ne peux pas décrire l'impression que peut donner le film lorsqu'on a pas vu la pièce, pas lu le texte magnifique de Wajdi Mouawad.

    Mais en recherchant ma chronique, je ne me rappellais pas qu'elle était si ancienne, plus de deux ans déjà alors que tous les élements de la pièce étaient encore bien présents dans ma tête et me revenaient en mémoire au fur et et à mesure du déroulement du film.

    C'est dire si le texte de Mouawad est fort. Je ne me souvenais pas en revanche, que l'action ne se plaçait pas explicitement au Liban mais dans un pays arabe indéterminé. Le film est d'ailleurs tourné en Jordanie. On ne vopis jamais la mer... Sera-t'il projeté au Liban?.

    Au moment où le Liban fait de nouveau un pas vers l'affrontement avec la chute de son gouvernement d'union nationale, il est plus que jamais nécessaire d'aller voir Incendies de Denis Villeneuve pour comprendre l'âme humaine, ses sentiments, la quête des origines, la capacité qu'a l'homme de détruire et de pardonner.

  • Retour sur le XX° siècle

    judt.jpgSi vous avez aimé Après-guerre de Tony Judt, vous aimerez vous plonger dans Retour sur le XX° siècle. Là, il s'agit d'un recueil de chroniques, parues pour la plupart dans la New-York Review of Books, au cours des 15 dernières années.

    Tony Judt, s'y révèle encore davantage que dans Après-Guerre, comme un intellectuel engagé, provocateur. Il ne mâche pas ses mots, ne cache pas ses détestations. Le contraire du politiquement correct. C'est trés rassérénant.

    Les deux premires parties sont consacrées à des portraits de grands intellectuels, admirés ou honnis : Koestler, Levi, Sperber, Arendt, Camus, Althusser, Hobswann, Kolakowski, Jean-Paul II, Edward Said. La troisième partie est consacrée à notre vieille Europe, la quatrième aux Etats-Unis. Tony Blair en prend pour son grade dès avant la guerre d'Irak et Kissinger est perçu comme un illusioniste.

    J'ai aussi beaucoup aimé les parties sur la Belgique, la Roumanie, la crise de Cuba, Israël et la Palestine

    L'épilogue intitulé le retour de la question sociale, bien qu'écrit en 1997 est d'une actualité brulante.

  • France 1500

     

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    C'était hier le dernier jour il était temps, mais j'y suis allé, je ne pouvais pas ne pas voir dans quelle condition était exposée la tapisserie de La Crucifixion prétée par la commune de La Chaise-Dieu pour cette exposition du Petit Palais, intitulée France 1500.

    Elle était en bonne place, juste avant la fin de la première partie au rez de chaussée, immanquable. Dommage que le cartouche n'indique pas où se situe l'Abbaye de La Chaise-Dieu! C'est supposé connu mais tout de même.

    L'exposition est loin de donner une image de la France de 1500. Elle est dominée par les oeuvres d'inspiration religieuse ou de la noblesse. Pas trace d'un paysan. Beaucoup de statues, d'ornementation, d'enluminures, de boiseries, les premiers livres imprimés reliés, dorés, des portraits, des pietàs, des saints, des passions, la tapisserie de La Chaise-Dieu était bien entourée, ne déparait pas.

    Beaucoup de couleurs finalement, les habits des classes supérieures étaient gaies beaucoup plus qu'aujourd'hui et à cet égard la tapisserie casadéenne faisait un peu pâle figure, sans doute ses couleurs se sont-elles affadies avec le temps?

  • Niamey-Niger

    NIGER.gifJe me souviens de Niamey.

    C'était en avril 2003, j'y étais allé dans la délégation française à l'occasion d'une réunion des ministres des finances et des gouverneurs de banques centrales de la Zone Franc. Il y avait là Francis Mer et Pierre André Wiltzer.

    Je me souviens du pont qui enjambe le Niger. Je me souviens des maisons basses, en terre, je me souviens être allé en 4X4 découvrir les dunes, je me souviens des visages d'enfants venus à notre rencontre, ils sont dans ma maison de La Chaise-Dieu.

    Je me souviens aussi des hommes en armes qui nous faisaient face sur la tribune encadrant le président Tandja lorsqu'il s'est adressé à l'ensemble des délégations.

    Je ne me souviens pas particulièrement des restaurants de Niamey, mais j'ai déjeuné ou diner dans beaucoup de restaurants comme Le Toulousain, à Bangui, Ndjamena ou Bujumbura...

    Alors, un grand salut fraternel à Antoine et Vincent.

  • Le quattro volte

    4 volte.jpgNous avons en nous quatre vies qui s'emboitent les unes dans les autres. L'Homme est un minéral car son squelette est constitué de sels; l'Homme est aussi un végétal car son sang est comme la sève des plantes; il est un animal parce qu'il est mobile et posède une connaissance du monde extérieur. Enfin, l'Homme est humain ca il a volonté et raison. Nous dvons donc nous connaître quatre fois. Pythagore (VI° siècle avant JC).

    Michelangelo Frammartino, avec Le Quattro Volte, les quatre fois, a réussi la prouesse d'illustrer magnifiquement cette reflexion de Pythagore. Du cinéma sans musique, sans dialogue ou presque, avec beaucoup de plans fixes, qui nous fait prendre fait et cause pour les derniers  jours d'un vieux berger qui tout les soirs se fait de la tisane à la poussière d'église, les premiers pas d'un agneau, la vie et la mort d'un arbre séculaire, sa transformation en mât de cocagne et enfin la fabrication à l'ancienne decharbon de bois.

    Tout cela se passe dans une Calabre magnifique avec des paysages séculaires, la vie tout simplement, une excellente façon de commencer l'année dans la sérénité.

  • Voeux 2011

    la_terre_vue_de_l_espace.1432.jpgPas facile de formuler des voeux en ce début d'année 2011. Il y a peu de fées en apparence au dessus du berceau. Le réchauffement de la planète se poursuit, les prix des matières premières sont à la hausse, l'Europe prisonnière de ses égoismes nationaux semble avoir perdu confiance en son destin, quant à la France, elle est la plus pessimiste des nations européennes, incapable de réformer son marché du travail, d'offrir des perspectives à sa jeunesse, de sortir de la dépendance de la dette privée et publique.

    Alors bien sûr on peut faire des voeux, espérer entre autres que Gbagbo se décide à rejoindre le camp de la démocratie et cède la place à Ouatara, que la Chine, les Etats-Unis et l'Iran renoncent à la peine de mort, que Poutine comprenne l'importance d'une justice libre, que le Hezbollah rejoigne l'armée libanaise, qu'Israel cesse d'être sûr de lui et dominateur, que la France conduise enfin des réformes efficaces pour la croissance, l'emploi, la réduction des inégalités et la justice.

    Certes, on peut avec Stéphane Hessel s'indigner mais s'indigner ne suffit pas il faut faire, agir.

    Alors très  modestement, ce que je souhaite pour cette année chers lecteurs, ce que je vous souhaite c'est que les résolutions que chacun de nous prend à cette époque de l'année, nous soyions en mesure de les tenir toute l'année.

    Rien que cela, si chacun d'entre nous, chacun d'entre vous, vos amis, vos proches, vos collègues, si chacun y met un peu du sien, fait de son mieux dans son travail, ses relations professionnelles, amicales, familiales.

    Le monde ira un peu mieux et 2011 ne sera pas une année pour rien.

    Excellente année chers lecteurs, chères lectrices faites de belles lectures, des voyages lointains, allez dans les expositions, écoutez de la musique, réveillez vous avec les matins de France Culture et merci pour votre fidélité.

  • Eloge des frontières

     Régis Debray aime aller à contre courant et il adore la provocation. C'est debray.jpgparticulièrement réussi avec cet éloge des frontières, petit livre qui reprend une conférence prononcée au Japon.

    Où mieux qu'au Japon d'ailleurs faire l'éloge des frontières. Le pays, même s'il est ouvert, est un des pays développés qui est le plus attentif à préserver ses traditions, son identité, sa littérature, sa cuisine, son kabuki...

    Régis Debray s'en donne à coeur joie. Il sent bien qu'en Europe  l'humeur est au retour sur soi, à l'abandon de l'euro, au repli identitaire alors il pourfend avec brio tous les "sans frontières", les médecins, les pharmaciens et même demain les douaniers (qui le sont déjà puisqu'ils peuvent intervenir sur tout le territoire), bref tous ces naïfs qui ont cru ou croient encore que lever les frontières libère alors qu'en réalité la frontière protègerait d'abord les faibles, les petits, les démunis des appétits de la finance internationale, des impérialismes. de tous poils La première frontière nous dit Régis Debray c'est l'embryon qui nous protège c'est aussi notre peau qui joue le rôle d'interface entre notre corps et l'extérieur... Une frontière est un lieu de passage, de voisinage, une frontière donne envie d'aller voir de l'autre côté. Bref, la frontière c'est le paradis.

    Le livre refermé on est presque convaincu par le brio de la démonstration, on se rappelle les années  csoixante lorsque le dimanhe on allait de l'autre côté de la frontière belge acheter du chocolat...

    Et puis d'autres frontières surgissent à l'esprit que Debray n'évoquent pas ou peu : le mur de Berlin, les vopos, le mur de séparation érigé par Israel dans les Territoires palestiniens, et les frontières dans les têtes au Liban par exemple entre les 18 confessions qui le composent : sunnites, chiites, chrétiens de toutes obédiences, et les frontières non visibles mais bien présentes au Saint Sépulcre entre chrétiens qui se disoutent les prie-Dieu, puis tout ce qui se passe derrière les frontières et dont on nous dit que cela ne nous regarde pas comme en Côte d'Ivoire, en Iran, en Chine, en Corée du Nord...

    Régis Debray a trouvé un public enthousiaste mais bien encombrant avec son éloge des frontières, celui de Debout la République, mais aussi celui de Français de souche, bref tout ceux qui à droite aspirent au repli identitaire, au protectionnisme, ceux qui n'aiment pas le grand large et préfèrent naviguer par petit temps.

    A lire donc pour le brio mais avec l'esprit critique!

     

  • Recherche d'emploi

     

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    Bordeaux, rive gauche, future entrée du Pont Bacalan-Bastide.

    Si vous voulez lui faire une offre d'emploi contacter Mateo au 06 18 81 56 89.

  • Les mystères de Lisbonne

    lisbonne.jpgC'était la nuit la plus longue de l'année pour le film le plus long de l'année. Entrée au cinéma Utopia à Bordeaux à 19 heures et sortie à minuit. Quatre heures et demi entrecoupées d'un petit entracte de dix minutes.

    Les Mystères de Lisbonne de Raul Ruiz est un film magnifique. L'action se passe au XIX siècle et raconte la quête d'identité d'un jeune homme de 15 ans, Joao/Pedro, élevé dans un pensionnat par le prêtre Diniz.

    On pense irrésistiblement à Alexandre Dumas, l'histoire de chaque personnage s'imbrique avec celle des autres et Diniz a des côtés dignes de Monte-Christo, multiples facettes, défenseur de la veuve et de l'orphelin, la vengeance en moins.

    Les décors sont somptueux, les costumes magnifiques, on a le sentiment de se promener de palais en palais, les acteurs, tous inconnus à mes yeux, jouent juste.

    Preuve est ainsi faite que l'audace paie, qu'il n'y a pas de format imposé pour les grandes oeuvres, que le cinéma peut être grand sans effet spéciaux, sans scènes de violences ou de sexe, simplement en racontant des histoires.

    Les Mystères de Lisbonne vient de recevoir le Prix Louis Delluc, le gage d'un séjour prolongé sur les grands écrans avant d'être diffusé par Arte l'an prochain. Quant au roman de Camilo Castelo Branco, paru en trois volumes en 1854, une traduction française paraitra également en 2011, avec quelques 150 ans de retard!

  • Brian Griffin au collège des Bernardins

    affiche-expo-griffin.jpgBelle exposition dans l'ancienne sacristie du Collège des Bernardins à Paris du photographe anglais Brian Griffin, intitulée The Black Country.

    Brian Griffin montre avec quelque photos ce qu'a été son enfance, sa famille, ses amis, dans ce pays noir, noir à cause de la poussière du charbon, pas très loin de Birmingham. Le charbon a donné naissance à une industrie sidérurgique et dans les années cinquante on y fabriquait encore des ressorts, des chaines, de la visserie, de la cristallerie, le pays était noir le jour, rouge la nuit.

    Cette exposition illustre parfaitement la démarche du Collège des Bernardins, fondé en 1245, aujourd'hui lieu de dialogue intellectuel et spirituel voulu par Mgr Lustiger et propriété du diocèse de Paris.

    L'art, tout particulièrement l'art contemporain, y occupe une place privilégiée, il s'agit de donner à voir et à entendre l'art tel qu'il est sans a priori thématique ou religieux parce qu'il exprime la condition de l'homme et les attentes de son époque.

    Une démarche dont pourrait s'inspirer tous ceux, élus, associations, mécènes, professionnels du tourisme et de la culture,  qui, à La Chaise Dieu, sont à la recherche d'un projet pour asseoir le rayonnement de son Abbatiale.