Centenaire


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.


Pour tous ceux qui ne lisent pas le Financial Times, le dessin du jour qui a l'avantage de ne pas prendre parti sur les responsabilités des uns et des autres mais qui devrait alerter les uns et les autres :

Il est seul en scène, à la Base sous marine de Bordeaux, et il joue une dizaine de personnages, ceux de son adolescence à Casteljaloux, gros bourg de 5 000 habitants dans le Lot et Garonne. Le sien d'abord, Romain, 17 ans, capitaine de son équipe de Hand-Ball qui rêve de faire du théatre, son père, René, 47 ans, divorcé, le "queutard" du village, sa mère, Marie-Jo, 34 ans, témoin de Jehovah, Jean-François, 28 ans, efféminé, amoureux secret de Romain, Jeannot, qui vient de faire trois ans de prison pour avoir raccourci à la hache les doigts de la main d'un rival qu'il jugeait baladeuse, Jacky, le fils du boucher, un colosse qui a ses entrainements de rugby le mardi, Chantal, caissière au Leclerc, jolie fille, la maitresse de Jacky qui était avant avec Jeannot, Pascaline, 14 ans, qui occupe toutes les pensées de Romain, Ophélie, la chienne de René qui lui obeit au doigt et à l'oeil... tout cela se termine, on le sait dès le début par l'assassinat de Jacky par Jeannot...

C'est la vie de village, l'ennui, la boisson, la jalousie, la bagarre, le besoin de nouveaux horizons, au delà de la forêt landaise...
Laurent Laffargue, alias Romain, s'en est sorti, il a fait le Conservatoire de Bordeaux, a fondé à la sortie la Compagnie du soleil bleu et a depuis mis en scène les grands classiques du théatre et de l'opéra, dernièrement Carmen, au Grand théatre de Bordeaux. A 40 ans, il se découvre des talents d'acteur.
Casteljaloux va être repris avec une dizaine de comédiens en première au théatre de La Coursive à La Rochelle les 11 et 12 janvier 2011, puis en tournée dans toute la France : http://www.compagniesoleilbleu.fr/casteljaloux-deuxieme-version et un jour peut-être au cinéma car Laurent Laffarque s'essaie à tout avec talent.
Petit livre de moins de 90 pages de Isaac Bashevis Singer, paru en 1958, la taille d'un conte folklorique dans la tradition yiddishe. C'est le diable le narrateur : "je suis Satan, le serpent de la création, le mauvais..."
On peut le lire comme le témoignage des croyances dans les villages polonais reculés d'avant guerre,
On peut le lire comme une mise en garde contre l'intégrisme religieux,
On peut le lire comme une illustration de la bétise humaine, de sa capacité d'aveuglement,
Ce n'est pas réjouissant sur la nature humaine.
Heureusement le diable n'existe pas...

Un beau petit film d'un réalisateur tchadien, Mahamat-Saleh Haroun, avec des acteurs africains.
J'ai pu revoir des images de Ndjamena, de l'avenue Charles de Gaulle, l'hotel le Méridien, le Chari (le fleuve), la savanne, les couleurs du Tchad, les tchadiens et leurs beaux costumes, leur fierté.
Allez voir ce fim simple, lent, si vous le pouvez, vous partagerez la détresse d'uin homme dans la guerre civile, la détresse de la jeunesse... vous entendrez le bruits des mirages des forces françaises. Cela se passe tous les jours, là-bas, dans cette ville qui s'appelait avant 1973 Fort Lamy.


Célèbre cette phiotographie de Pierre Savorgan de Brazza et ses compagnons lors de sa 3ème mission entre 1883 et 1885! Dans ce beau livre, édité également en poche, des aventuriers d'aujourd'hui ou des écrivains, mais écrire est une aventure, comme Jean Lacouture, Jean-Claude Guillebaud, Louis Gardel, Marie Seurat, Eric Fottorino, Jean-Christophe rufin nous racontent les expéditions des aventuriers d'hier, des noms connus comme Brazza, Gouraud, Lamy, Gentil ou moins comme Pavie, Binger, Garnier.
Avec eux, dans de courts chapitres illustrés de cartes, on parcourt l'Afrique en tous sens, l'Asie, l'Antarctique... Bien sûr on a quelques scrupules à admirer ces scientifiques, ces militaires qui contribuent à l'aventure dénoncée aujourd'hui de la colonisation mais on comprend aussi mieux que leur motivation essentielle n'était pas le plus souvent de planter le drapeau mais de faire avancer la connaissance des peuples, de la géographie, du climat, de la faune et de la flore. et dans quelles conditions, inimaginables aujourd'hui.
Comme l'écrit Kenneth White : dans ces espaces vides, "les identités s'estompent : l'uniforme du militaire se disloque, la blouse du scientifique s'en va au vent, et même le froc du prêtre peut devenir transparent". ... Leçon pour aujourd'hui : "il ne manque paqs dans le monde, d'espaces où la grande dimension de la vie est sensible et où souffle le vent du possible."
Très belle pièce de Koltes à La Colline, près de la place Gambetta, jusqu'au deux octobre. La mise en scène de Michael Thalheimer de cette pièce créée en 1983 par Patrice Chéreau avec Michel Picoli et Philippe Léotard est superbe.
Les chiens, ce sont les blancs qui gérent un chantier quelque part en Afrique, ils sont deux et n'attendent plus rien de la vie tant ils sont désabusés. Le nègre qui fait irruption au début de la pièce dans leur camp retranché bien gardé vient au nom de sa mère chercher le corps de son frère, un ouvrier qui a été victime d'un accident et dont le coprs a eté jeté à l'égoût. Et puis il y a une femme blanche venu en Afrique à la demande du chef de chantier pour voir.
Bien sûr il est impossible de retrouver le corps. Que faire? Se débarasser de ce nègre importun par un accident simulé, le faire disparaitre ni vu ni connu, en abattre un autre, ils sont si nombreux, le défigurer et lui donner ce corps anonyme, le faire boire, l'enivrer, l'acheter à l'aide de quelques dollars. Rien n'y fait. Il est venu chercher le corps de son frère et n'en démord pas, rien n'est plus important. Même la femme blanche amoureuse de ce noir se perd en tentant de l'amadouer... puisqu'il est possible de s'arranger. Les trois personnages blancs pour des raisons diverses perdent progressivement le peu de dignité qui leur reste, alors que l'africain reste lui-même, fort digne dans la douleur.
Ces blancs c'est nous. Même si les personnages sont des colons caricaturaux, alcooliques, meurtriers, on se prend de pitié pour eux, car ces blancs c'est bien nous. Qu'on le veuille ou non, la traite des noirs, la colonisation, c'est nous. C'est nous qui avons perdu notre dignité dans ce passé qui ne se dissipe pas et c'est nous qui aurons toujours vis à vis de l'Afrique et de ses immigrés un sentiment de culpabilité qui ne nous lâche pas.
"En 1945, l'armée rouge , sur la route de l'ouest viola et pilla. Ce sont de loin les allemandes qui endurèrent le pire. Entre 150000 et 200000 "bébés russes" devaient naitre dans la zone d'occupation soviétique entre 1945 et 1946 et ce chiffre ne tient pas compte du nombre inconnu des avotements" (Après guerre - Tony Judt).
La pièce de Tatiana Vialle, Une femme à Berlin, met en scène très sobrement, au plus près du texte, le journal anonyme d'une de ces berlinoises entre le 20 avril et le 22 juin 1945. Cette femme, interprétée par Isabelle Carré, se dit "comme une poupée, insensible, traînée de gauche et de droite, une chose en bois". Victime des vainqueurs, elle finit par négocier avec ses bourreaux, pour survivre, manger, vivre.
Cette femme est berlinoise, quelques années plut tôt elle était russe, lorsque les allemands effectuèrent leur marche triomphale sur Moscou et Léningrad puis leur retraite sanglante. 50 ans plus tard elles sont congolaises, bosniaques, tchéchènes, algériennes, du Darfour...