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Cas@d€i - Page 88

  • Un homme qui crie

    tchad.jpgUn beau petit film d'un réalisateur tchadien, Mahamat-Saleh Haroun, avec des acteurs africains.

    J'ai pu revoir des images de Ndjamena, de l'avenue Charles de Gaulle, l'hotel le Méridien, le Chari (le fleuve), la savanne, les couleurs du Tchad, les tchadiens et leurs beaux costumes, leur fierté.

    Allez voir ce fim simple, lent, si vous le pouvez, vous partagerez la détresse d'uin homme dans la guerre civile, la détresse de la jeunesse... vous entendrez le bruits des mirages des forces françaises. Cela se passe tous les jours, là-bas, dans cette ville qui s'appelait avant 1973 Fort Lamy.

  • Oh les beaux jours!

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    La salle du théatre de l'Athénée était pleine hier soir,au début du moins, plusieurs spectateurs l'ont en effet quitté au fur et à mesure de la représentation d'Oh les beaux jours de Samuel Beckett dans une mise en scène de Bob Wilson.
    Sans douite ne savaient ils pas à quoi s'attendre... Le programme le dit : il ne fauit pas chercher à comprendre la pièce mais seulement s'attacher à l'entendre, silences compris. Beckett avait longuement demandé à Stravinski comment  noter les silences... On a donc droit à une actrice, Adriana Asti qui joue Willie, une femme disons au crépuscule de la vie, juchée au sommet d'une sorte de montagne,qu'elle ne quittera que pour saluer à la fin, qui se lance dans un monologue de près de près de deux heures, sans trop de cohérence. Mais il y a de beaux textes, des extraits de poésie britannique (Yeats, Keats, Milton), de Shakespeare, la nuit des rois, Hamlet, entrecoupés de considérations plus terre à terre sur la vie quotidienne ou de dialogues avec un mari, Winnie, qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été, un homme le plus souvent sans opinion...
    Bref c'est une tragédie, on espère un retournement, un peu d'espérance chez ces naufragés de la vie, mais non, rien, on reste au fond du trou! Et on regrette simplement, en son temps, de ne pas etre allé voir Madeleine Renaud jouer ce rôle.
    Oh les beaux jours... Encore une belle soirée de passée!
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  • aventures

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    Célèbre cette phiotographie de Pierre Savorgan de Brazza et ses compagnons lors de sa 3ème mission entre 1883 et 1885! Dans ce beau livre, édité également en poche, des aventuriers d'aujourd'hui ou des écrivains, mais écrire est une aventure, comme Jean Lacouture, Jean-Claude Guillebaud, Louis Gardel, Marie Seurat, Eric Fottorino, Jean-Christophe rufin nous racontent les expéditions des aventuriers d'hier, des noms connus comme Brazza, Gouraud, Lamy, Gentil ou moins comme Pavie, Binger, Garnier.

    Avec eux, dans de courts chapitres illustrés de cartes, on parcourt l'Afrique en tous sens, l'Asie, l'Antarctique... Bien sûr on a quelques scrupules à admirer ces scientifiques, ces militaires qui contribuent à l'aventure dénoncée aujourd'hui de la colonisation mais on comprend aussi mieux que leur motivation essentielle n'était pas le plus souvent de planter le drapeau mais de faire avancer la connaissance des peuples, de la géographie, du climat, de la faune et de la flore. et dans quelles conditions, inimaginables aujourd'hui.

    Comme l'écrit Kenneth White : dans ces espaces vides, "les identités s'estompent : l'uniforme du militaire se disloque, la blouse du scientifique s'en va au vent, et même le froc du prêtre peut devenir transparent". ... Leçon pour aujourd'hui : "il ne manque paqs dans le monde, d'espaces où la grande dimension de la vie est sensible et où souffle le vent du possible."

  • Combat de nègre et de chiens

    Très belle pièce de Koltes à La Colline, près de la place Gambetta, jusqu'au deux octobre. La mise en scène de Michael Thalheimer de cette pièce créée en 1983 par Patrice Chéreau avec Michel Picoli et Philippe Léotard est superbe.

    Les chiens, ce sont les blancs qui gérent un chantier quelque part en Afrique, ils sont deux et n'attendent plus rien de la vie tant ils sont désabusés. Le nègre qui fait irruption au début de la pièce dans leur camp retranché bien gardé vient au nom de sa mère chercher le corps de son frère, un ouvrier qui a été victime d'un accident et dont le coprs a eté jeté à l'égoût. Et puis il y a une femme blanche venu en Afrique à la demande du chef de chantier pour voir.

    Bien sûr il est impossible de retrouver le corps. Que faire? Se débarasser de ce nègre importun par un accident simulé, le faire disparaitre ni vu ni connu, en abattre un autre, ils sont si nombreux, le défigurer et lui donner ce corps anonyme, le faire boire, l'enivrer, l'acheter à l'aide de quelques dollars. Rien n'y fait. Il est venu chercher le corps de son frère et n'en démord pas, rien n'est plus important. Même la femme blanche amoureuse de ce noir se perd en tentant de l'amadouer... puisqu'il est possible de s'arranger. Les trois personnages blancs pour des raisons diverses perdent progressivement le peu de dignité qui leur reste, alors que l'africain reste lui-même, fort digne dans la douleur. 

    Ces blancs c'est nous. Même si les personnages sont des colons caricaturaux, alcooliques, meurtriers, on se prend de pitié pour eux, car ces blancs c'est bien nous. Qu'on le veuille ou non, la traite des noirs, la colonisation, c'est nous. C'est nous qui avons perdu notre dignité dans ce passé qui ne se dissipe pas et c'est nous qui aurons toujours vis à vis de l'Afrique et de ses immigrés un sentiment de culpabilité qui ne nous lâche pas.

  • Une femme à Berlin

    femme berlin.jpg"En 1945, l'armée rouge , sur la route de l'ouest viola et pilla. Ce sont de loin les allemandes qui endurèrent le pire. Entre 150000 et 200000 "bébés russes" devaient naitre dans la zone d'occupation soviétique entre 1945 et 1946 et ce chiffre ne tient pas compte du nombre inconnu des avotements" (Après guerre - Tony Judt).

    La pièce de Tatiana Vialle, Une femme à Berlin, met en scène très sobrement, au plus près du texte, le journal anonyme d'une de ces berlinoises entre le 20 avril et le 22 juin 1945. Cette femme, interprétée par Isabelle Carré, se dit "comme une poupée, insensible, traînée de gauche et de droite, une chose en bois". Victime des vainqueurs, elle finit par négocier avec ses bourreaux, pour survivre, manger, vivre.

    Cette femme est berlinoise, quelques années plut tôt elle était russe, lorsque les allemands effectuèrent leur marche triomphale sur Moscou et Léningrad puis leur retraite sanglante. 50 ans plus tard elles sont congolaises, bosniaques, tchéchènes, algériennes, du Darfour...

  • Contrastes congolais

    Quels contrastes!

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    D'abord l'exposition magnifique Feuve Congo au Musée du quai Branly. Cette exposition qui s'achève le 3 octobre fait découvrir à travers les masques, les représentations de la femme, les reliquaires des ancêtres une culture commune aux peuples d'origine bantoue qui se trouvent des deux côtés du Fleuve Congo, le Gabon, la République du Congo et l'ancien Zaïre, la désormais République démocratique du Congo. On sait peu ce choses de ces peuples abordés par les portugais dès le XVéme siècle, hier en quelque sorte, et vraiment découverts à partir du XIXéme siècle par Paul du Challu, Henry Stanley,  Pierre Savorgan de Brazza et dont l'art fut apprécié plus tard par Gauguin, Ensor, Braque, Matisse, Picasso...

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    On ressort de cette exposition empreint d'une grande sérénité, les oeuvres sont simples, stylisées, émouvantes, sérénité qui disparait dès les premières images de Benda Bililii, ce documentaire de Renaud Barret actuellement sur les écrans qui retrace l'improbable épopée d'un orchestre de Kinshasa composé de personnes handicapées et d'adolescents de la rue. On découvre, où on retrouve lorsqu'on a la chance d'y être allé, cette ville de Kinshasa, Kin la belle, agglomération tentaculaire de 8 à 10 millions d'habitants, véritable jungle urbaine où la préoccupation majeure des habitants chaque matin est de parvenir à survivre...

    benda.jpgLorsqu'on découvre Kinshasa en arrivant par le bac de Brazzaville on ne peut échapper au spectacle que donnent les handicapés, pour beaucoup victimes de la polio. Exonérés de droits de douane, ils dominent en effet le trafic de petites marchandises entre Brazzaville et Kinshasa. Avec Benda Bellili c'est par la musique que les handicapés s'en sortent.

    When there is a will there is a way ou quand on veut on peut. C'est la morale de ce film qui montre bien que dans l'adversité la détermination paye. Au passage, les airs de la rumba congolaise sont agréables, les paroles lorsqu'elles sont traduites sont d'une grande naîveté mais on passe un excellent moment et au delà de cette morale on se dit que nos petits malheurs d'européens ne sont pas grand chose. La bas l'Europe fait rêver, à juste titre...

  • Cette vie de Karel Shoeman

    karel-schoeman-cette-vie,M18736.jpgUne vieille femme, une vieille fille, est allongée dans son lit, dans la chambre où elle est née, elle se meurt et se souvient de ses proches, presque tous disparus, trois générations d'afrikaners, des pionnniers blancs, des fermiers pauvres, au coeur du Roggeveld, une région rude, pauvre, enneigée l'hiver, sèche et aride l'été, au XIXème siècle.

    Toute sa vie, cette femme, dont on ne saura pas le nom, timide, effacée, discrète, a accepté de se soumettre, écartant les opportunités de se révolter, de se libérer, de s'échapper du carcan familial, communautaire, religieux. Elle est proche des domestiques, noirs ou métis, la vieille Dulsie, Gert, Jakubsin mais forcément différente parce que blanche.

    Toute sa vie elle a observé, entendu, tu le tumulte qui agite ce petit monde. Sa mère, fille de nomade, incapable d'affection, mais déterminée à force de sacrifices, de travail, à se hisser parmi les notables, son père, un homme juste mais effacé, ses frères Jakob et Pieter, Sofie, la femme de Jakob, la mère de Maans, Stenie la femme de Maans. Trois générations mais rien ne change ou si peu : Mariages arrangés, assassinat travesti en accident, amours interdits. La vie suit son cours, avec ses petitesses, ses secrets de familles, ses trahisons, les quant dira t'on, le culte le dimanche, les réceptions du conseil presbytéral et la nature omniprésente, le Veld, l'estive, le vent, les chevaux...

    Avec Cette vie, Karel Shoeman a écrit un roman à vocation universelle, une belle réussite.

  • Nec plus ultra

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    De quoi s'agit-il? Tout simplement de la devanture de la boutique "Le Trône" sise rue d'Assas spécialisée dans les toilettes japonaises.
    Dans le même ordre d'idée, on peut signaler l'exposition de photos délicatement intitulée "chiotissime" organisée par le très sérieux Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne, Bd de la Bastille du 8 septembre au 20 octobre : http://www.siaap.fr/expo-chiottissime/.

  • Des hommes et des dieux

    affiche-des-hommes-et-des-dieux_jpg_300x365_q95.jpgBeaucoup d'effervescence au cinéma Jean Eustache de Pessac en cette fin d'après-midi de dimanche. On y projetait le beau film de Xavier Beauvois sur les moines de Tibéhérine et surtout, à l'initiative du Secours catholique cette séance était suivie d'une débat avec Mgr Henri Teissier, archevêque d'Alger de 1988 à 2008 (évêque d'Oran à partir de 1972 puis coadjuteur du cardinal Duval à Alger de 1980 à 1988) . Il y a 600 bénévoles du Secours catholique en Gironde, la grande salle du cinéma était pleine d'un public conquis d'avance.

    Le film est fort, on ne voit pas le temps passer. Il décrit bien la vie monastique, les liens tissés entre cette communauté de neuf cisterciens et les villageois, la peur suscitée par les actes terroristes, les interrogations, la tentation du renoncement, la solidarité. Les moines se croient des oiseaux sur une branche mais ce sont les villageois les oiseaux et les moines la branche au dire d'une voisine musulmane. Ces moines vont vivre comme Jésus leur Passion. Le final du Lac des cygnes de Tchaikovsky ajoute à la dramatisation de la situation.

    teissier.jpgLe débat avec Mgr Henri Teissier a été d'une grande tenue. Qu'en retenir? Que les moines de Tibéhérine n'ont pas été les seules victimes chrétiennes de cette guerre civile en Algérie. Religieuses, pères blancs, institutrices, l'évêque d'Oran, les martyrs chrétiens se comptent par dizaines. Et les victimes musulmanes par milliers. Que le danger, l'insécurité étaient partout, pas spécifiquement dans la région où se situe le monastère. Les moines ne sont pas restés sachant qu'ils allaient mourir, c'était une hypothèse, pas une certitude. Que les chrétiens d'Algérie ont reçu des témoignages individuels de musulmans déchirés, humiliés, honteux de l'image de leur pays, de leur religion, donnée par les groupes terroristes et l'armée, les moines appelaient les premiers nos frères de la montagne et les seconds nos frères de la plaine. Que l'Eglise en Algérie est encore vivante, qu'elle a survécu à ces drames. Et puis, que l'intolérance n'est pas musulmane, Mgr Henri Teissier a rappelé que jeune séminariste à la Catho de Paris au 21 rue d'Assas, il voisinait avec l'ossuaire des 120 religieux assassinés au nom de la Liberté par les révolutionnaires en 1792...

    Une belle lecon de tolérance, de fidélité, d'amour, de courage donnée par des chrétiens mais qui pourraient tout aussi bien être le fait de musulmans, de juifs, d'agnostiques ou d'athés, car dans cette affaire c'est le respect de l'autre, le respect de l'homme qui doit tenir de ligne de conduite. Peut-être que croire en Dieu aide car comme le dit le frère Christian à un frère hésitant : ta vie tu l'as déjà donnée.

  • Aimer la ville

    A Paris, de temps à autre, je délaisse le Vélib au profit de l'autobus, le 91, qui file en site propre de Bastille à Montparnasse. Un des plaisirs de l'autobus, lorsqu'on peut s'y asseoir, est de voir défiler la ville et jusqu'à peu la meilleure place était à tout à l'avant sur la droite, d'où l'on pouvait à travers le pare-brise embrasser tout le paysage. Hélas, c'est terminé, les spécialistes en communication de la RATP nous ont gratifié d'une publicité maison situé à 30 cm du regard et le pire c'est que le thème de cette publicité est "Aimer la ville". Décidément vive le Vélib, pour l'heure épargné par la réclame.

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