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Cas@d€i - Page 86

  • Richard Holbrooke

    holbrooke.jpgJe me souviens de Richard Holbrooke lorsque j'étais en poste à Bonn. Notre pavillon n'était pas bien loin de la résidence de l'Ambassadeur des Etats-Unis qu'il était alors et je le croisais parfois lorsqu'escorté par ses gardes du corps, il faisait son footing dans les rues charmantes de Bad Godesberg. On voit par là que malheureusement courir ne suffit pas à prévenir les accidents cardiaques. RH continuera cependant d'éclairer notre route.

    On peut réécouter RH en français sur France Culture ici : http://www.franceculture.com/emission-en-toute-franchise-richard-holbrooke-emissaire-special-de-barack-obama-avec-jean-marc-four-

  • Tango jette l'ancre à Paris

    couv_tango2.jpgEn couverture, José Luis Borges aux Deux Magots à Saint-Germain des Prés. La revue Tango est une revue éphèmère. La première aventure a eu lieu dans les années 1980. Elle ressort aujourd'hui pour un tour du monde en quatre numéros et le numéro deux s'attache à Paris. Un Paris nostalgique, littéraire, un Paris de vieux cafés, de rues disparues, comme la rue Vilin. Des signatures prestigieuses comme celles de Jacques Roubaud, Gérard Mordillat, Jacques Jouet, Nelly Kaplan, Jean-Bernard Pouy, des amoureux des mots qui évoquent les figures de Borges, Perec, Breton, Doisneau, Cortazar. L'iconographie, photos, dessins, collages est superbe. Une revue exceptionnelle à conserver toute une vie, fruit d'une aventure éditoriale formidable. Achat dans les très bonnes librairies ou en ligne sur : http://www.tango-bar-editions.com/main/

  • La cerisaie

    cerisaie.jpgPerdue la recette qui permettait de concerver les cerises juteuses et sucrées! La Cerisaie, symbole d'une époque révolue, est déjà morte même si elle est encore là, habitée le temps de la pièce par ceux qui y sont nés, qui y ont leurs souvenirs d'enfance, une noblesse rurale prodigue, ruinée mais joyeuse, un fils de moujik devenu bourgeois, parvenu, figure du capitalisme naissant, qui va l'acheter aux enchères, y abattre les arbres, pour la lotir, un étudiant exalté mûr pour le léninisme, tous les personnages de la cerisaie sont justes, ils sont tous perdus, aucun n'atteint ses vrais objectifs, même les amouirs ne se concrétisent pas

    La Cerisaie, dans cette mise en scène de Paul Desvaux, à l'Athénée-Louis Jouvet jusqu'au 13 décembre c'est aussi un peu le Titanic, on y chante, on y danse, on y fête un monde qui va disparaitre, qui est déjà disparu.

    Tcheckov a évrit La Cerisaie au tout début du siècle dernier et en regardant cette pièce aujourd'hui, à l'âge que j'ai, on pense irrésistiblement à la vieille Europe, la nôtre, dans la mondialisation, en train de disparaitre d'une certaine façon, on a tous la nostalgie du temps passé, c'est un ressort qui fonctionne toujours...

    Une dernière chose apprise dans le programme remis en séance, juste avant de mourir de la tuberculose, Tcheckov, lui-même médecin, s'est vu offrir par son médecin une coupe de champagne qu'il a bu avec plaisir. Combien de coupes de champagne aujourd'hui dans les services de soins palliatifs?

    J'espère que le moment venu, on pensera à m'en offrir une avec de la bonne musique!

  • Un coeur intelligent

    coeur.jpgLe voilà en poche!

    Lire Un coeur intelligent d'Alain Finkielkraut, après avoir lu tous les livres dont il fait la lecture dans cet ouvrage (La plaisanterie, Tout passe, Histoire d'un allemand, Le premier homme, La tache, Lord Jim, Les carnets du sous-sol, Washington square et Le festin de Babette), c'est un peu comme revoir un film en accéléré mais avec des bonus car Alain Finkielkraut y a vu beaucoup plus de choses que le pauvre lecteur que je suis et il y ajoute l'érudition qu'on lui connait. Un grand plaisir de lecture donc. La littérature c'est la vie!

  • Citation

    If the wine had been as old as the chicken, the chicken as young as the maid ans the maid as willing as the duchess, the week-end would have been great. Winston Churchill cité par Antoine Veil, le mari de Simone, dans son dernier ouvrage intitulé Salut relaté par Les Echos d'hier.

    La lecture des journaux économiques est pleine de pépites savoureuses...

  • Fiers d'être aquitains?

    CRA 010.jpgPortes ouvertes au Conseil régional d'Aquitaine sur le thème "fiers d'être aquitains". Au programme  : dégustation de produits régionaux sur le parvis, un jeu de piste pour découvrir le siège du Conseil régional, une très bonne conférence d'Anne Marie Cocula.

    Le siège, il faut le regretter est un peu pharaonique ou stalinien, des grands espaces, des petits bureaux, beaucoup de place perdue, pas franchement un batiment conçu selon les nouveaux canons du développement durable.

    Anne-Marie Cocula intervenait sur le thème "Quand les aquitains sont devenus français". Une conférence vive, ramassée, qui voulait montrer que l'Aquitaine, étymologiquement le pays des eauxavait un demi-siècle d'histoire de plus que la France , mais que celle-ci a fini par l'emporter..., l'histoire n'est cependant pas finie, qui sait? Anne-Marie Cocula préfère le terme de sentiment d'appartenance à celui d'identité, elle a sans doute raison. Elle a rapppelé que le Discours de la servitude volontaire d'Etienne de la Boétie était et reste l'un des écrits fondateurs de la démocratie : A lire donc.

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    La visite du bureau du président du Conseil régional, Alain Rousset,  était révélatrice du souci de montrer un président au travail, un bureau débordant de documents, de livres (y avait-t-il le discours de La Boétie?), dans un désordre apparent mais construit et un caddie de parapheurs en attente.

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    Il faut bien rappeller ici qu'Aurélie Boulet, auteure sous le nom de Zoé Shepard du pamphlet Absolument débordée est fonctionnaire au Conseil régional et qu'elle a été suspendue 4 mois pour manquement à l'obligation de réserve..., l'affaire est pendante devant le tribunal administratif.

  • Réinventer l'occident

    9782081254770_1_m.jpgRéinventer l'Occident? Pas moins! C'est le défi que se donne Hakim El Karaoui dans cet ouvrage. L'homme est talentueux, normalien, agrégé de géographie, il a été la plume de Jean-Pierre Raffarin lorsqu'il était Premier ministre. Il est aussi indépendant d'esprit puisqu'il a appelé à voter pour Ségolène Royal en 2007.

    Cinq chapitres :

    L'anomie de l'occident d'abord, anomie politique, anomie économique, anomie identitaire, les classes moyennes disparaissent et deviennent dangereuses, victimes de la mondialisation.

    Les musulmans ne sont pas coupables : dans la réalité, la France change les immigrés alors que les immigrés ne changent pas la France. L'Islam est utilisé par les pères, les maris, les frères pour retarder l'inéluctable, le changement profond des sociétés musulmanes vers plus d'égalité. C'est convaincant.

    L'émergence de la Chine et de l'Asie : c'est bien décrit et bien connu.

    L'Asie et la Chine ne sont pas l'avenir de l'Occident. La montée en puissance de la Chine s'accompagnerait de sa fermeture, son objectif étant de redevenir la première puissance mondiale. Elle ne se cantonnera pas dans une spécialisation sur les biens et services peu qualifiés. Nos multinaltionales, bien présentes aujourd'hui, n'auront que des miettes... Peut-être?

    La solution réside dans la régulation commerciale européenne, c'est à dire le protectionnisme; censée redonner de la compétitivité aux salariés des classes moyennes. Chapitre à lire mais qui m'a laissé sur ma faim. Eriger des barrières en attendant de se restructurer, de se renforcer, d'innover pour mieux affronter la concurrence internationale demain. Vieux discours qui évite de se poser des questions sur nos insufffisances. L'autre proposition qui reprend la thèse de Patrick Artus consitant à imposer les revenus du capital comme les revenus du travail mériterait d'être davantage explorée.

    Un peu décevant donc sur les propositions après un diagnostic juste. Présupposer que la Chine va se barricader une nouvelle fois derrière une grande muraille est peut être une erreur de diagnostic. Et si le diagnostic est juste, la bonne réponse est-elle de dire chiche à la Chine en érigeant de concert avec les États-Unis et les pays de la Méditerranée notre propre muraille, prélude aux affrontements de demain.

    Il ne faut pas tenir pour acquis que la Chine échappera longtemps à l'émancipation démocratique et il faut au contraire tout faire pour encourager ce mouvement. Quant à la France et à l'Europe, le salut réside sans doute dans davantage d'égalité et de justice. La mondialisation creuse les inégalités? A la puissance publique le soin de les réduire, c'est la voie indispensable pour redonner aux européens, aux salariés des classes moyennes, le sentiment d'appartenance qui leur manque, ce sentiment qui construit les nations, qui leur permet d'affronter le grand large sans s'abriter derrière des murailles.

  • Après-guerre. Une histoire de l'europe depuis 1945

    après guerre.jpgUn millier de pages qui retracent notre histoire, celle de ma génération, l'Europe d'après 1945. On ne se lasse pas de lire ce livre, on a le sentiment d'être en conversation avec un grand frère qui nous raconte ce que l'on sait, certes, mais dans un récit éblouissant, plein de verve. C'est à la fois d'une grande précision, quantifiée souvent, très documenté, on y aborde, la littérature, le cinéma, la politique, les relations interrnationales, les conflits, les portraits des acteurs, il y a toujours alternance entre anecdotes et synthèse.

    Transparait en creux le portrait de l'auteur, juif, anglais, social-démocrate, idéaliste, exigeant, anticommuniste, proche des peuples, méfiant à l'égard des constructions qu'il juge artificielles comme l'Union européenne.

    Tony Judt est décédé en août 2010 de la maladie de Charcot à New-York où il vivait et enseignait. Intellectuel inclassable, amoureux de la contradiction et de la provocation intellectuelle, ennemi du politiquement correct, sa sagacité nous manque.

  • Neville Marriner

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    Belle soirée vendredi dernier à l'Opéra comique de Paris. Sir Neville Marriner, né en 1924, dirigeait l'Orchestre philarmonique de Radio-France. Mozart au programme  : ouverture des Noces de Figaro, Neuvième concerto pour piano et orchestre avec Philippe Cassard au piano et la 41éme et dernière symphonie.

    Le Neuvième concerto est aussi connu sous le nom de Jeune homme : un clin d'oeil de Sir Neville?

     

  • Claude Monet

    Monet au Grand Palais. Bien sûr l'exposition est magnifique. Tous ces tableaux venus du monde entier exceptionnellement rassemblés c'est tout simplement formidable. L'oeuvre dégage une grande sérénité. Monet est un peintre engagé, soucieux de travailler la couleur, la lumière, mais distant d'avec son époque, les guerres de 1870 et de 1914-1918 sont absentes, même s'il y a un peu de révolution industrielle avec la Gare Saint Lazare et les déchargeurs de charbon...(qui illustre bien ce qu'était la pénibilité des dockers à l'époque...).

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    Qu'aurait il fait de cette forêt de parapluies toute en nuances qui nous attendait à la sortie?

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