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Cas@d€i - Page 92

  • Rendez-vous

    Blois, Blois, deux minutes d'arrêt. On y est, dans quelques instants on va se retrouver. Depuis un an, on s'est donné rendez-vous Place du chateau pour, après une petite promenade en attelage, un déjeuner-buffet dans un cimetière, un cimetière renaissance, le cloître Saint Saturnin.

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    Il y a ceux que l'on reconnait et puis ceux que l'on ne reconnait pas, ceux dont on se souvient et ceux qui ne nous disent rien, ceux qui ont du ventre, ceux qui n'en ont pas, ceux qui sont à la retraite, ceux qui travaillent encore, ceux qui fument encore, ceux ont arrêté, ceux qui avaient la barbe et l'ont toujours, ceux qui ont maintenant la moustache, ceux qui sont venus avec leurs compagnes et ceux qui sont venus sans, ce n'est pas leur histoire, ceux qui ont des souvenirs précis et ceux qui comme moi en ont peu, ceux qui sont bavards et ceux qui le sont moins, les mêmes qu'autrefois en général.

    Bref, on se la joue à la Patrick Bruel : Rendez vous dans dix ans, mais nous c'est quarante! Je retrouve mes camarades de la section BTS technico-commerciale de l'industrie des métaux du Lycée Raspail à Paris, promotion 1970. Merci Bruno pour l'initiative.

    Et puis il y a ceux, les plus nombreux, qui ne sont pas là, ceux qui n'ont pas pu venir, ceux qui n'ont pas voulu venir, celui qui est décédé, ceux qu'on n'a pas réussi à localiser.

    En quelques heures, on voit défiler des souvenirs, ils reviennent d'ailleurs affleurer notre mémoire, et on voit défiler en accéléré des condensés de vies, de parcours, autant de voies qu'on aurait pu emprunter, affaire de circonstances, affaire de rencontres, affaire d'opportunités saisies ou écartées.

    Et on médite cette belle citation extraite de Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier : s'il est vrai que nous ne pouvons vivre qu'une partie de ce qui est en nous - qu'advient il du reste? 

  • La Boudeuse : triste fin annoncée

    Il y a un peu plus d'un an, j'avais eu l'occasion d'écrire une petite chronique cf : http://casadei.blogspirit.com/archive/2009/03/16/la-boudeuse.html sur "la Boudeuse", ce trois mâts, parti depuis ce séjour face à la Très Grande bibliothèque vers les Amériques mesurer les effets du changement climatique sur les peuples de l'eau. Le Monde nous a appris hier que cette mission Terre-Océan venait d'être brutalement interrompue, différents sponsors, au premier rang desquel notre ministre du développement durable,  n'ayant pas tenu leurs promesses de financement alors que ce même ministre aurait commandé la mission dans le cadre du Grenelle de la mer : cf également : http://www.la-boudeuse.org/ le mot de la fin du capitaine Franceschi.

    visuel_equipage_accueil.jpgOn sait bien que les finances publiques connaissent des jours difficiles. alors financer une opération qui allie développement des connaissances scientifiques, aventure, rencontres des cultures, un peu de rêve n'était évidemment pas prioritaire... Il y a d'autres urgences, le changement climatique peut attendre...

    D'ici là,  La Boudeuse risque d'être vendue pour éponger les dettes accumulées dans l'attente des financement promis. Il y a vraiment quelque chose qui va mal dans l'allocation des fonds publics. Sans l'audace de Christophe Collomb et un peu de financement public, la découverte de l'Amérique aurait tardé...

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  • Les dimanches de Jean Dézert

    jean-ville-mirmont-dimanches-jean-dezert-L-1.jpgLui aussi est mort à la guerre, la première, en novembre 1914, volontaire alors qu'il avait été réformé pour myopie : enterré vivant, "surpris dans l'attitude du combat, la tête levée, l'arme en avant, prêt à bondir... " comme l'écrit François Mauriac dans la belle préface de l"unique roman de Jean de la Ville de Mirmont, son condisciple et ami bordelais.

    Ce roman est très largement autobiographique, il est à la fois léger, tant Jean Dezert est ridicule, et tragique, tant il est, résigné : il considère la vie comme une salle d'attente pour voyageur de troisième classe, se sachant interchangeable dans la foule.

    Le dimanche, pour rompre l'ennui, il déambulerdans le Paris d'il y a 100 ans, boue, pavés de bois, rue du bac, rue Monge, Jardin des plantes, Montmartre, cinématographe et même une escapade vers Viroflay, tramway à vapeur. Et puis, contre toute attente, Jean Dézert rencontre Elvire, une enfant qui va "bouleverser ses notions"...

    Excellente découverte!

  • Mémoire des hommes

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    Mort au combat à La Bassée près de Lille le 25 mai 1940, il y a 70 ans aujourd'hui, il a été enterré rapidement sur place avec ses camarades. Il avait été mobilisé en septembre 1939 au sein d'une compagnie du génie au 43ème régiment d'infanterie de ligne avec lequel il s'est retrouvé en mai 1940 pris en tenaille par l'offensive allemande, soumis à d'importants bombardements. Il n'aura pas la chance de pouvoir être évacué de Dunkerque en Angleterre. On peut trouver sa notice sur : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.

    JacquesSallerin-militaire.jpgIl était né le 1er septembre 1908 à Paris, avait donc 31 ans, était ingénieur agronome, rédacteur au ministère de l'agriculture. Célibataire, sans enfants, il n'y a sans doute plus grand monde pour se souvenir de lui en ce 70ème anniversaire. Alors je lui consacre cette petite chronique. Son nom est mentionné sur la plaque commémorative des deux guerres mondiales au ministère de l'agriculture. Il repose maintenant au Père La Chaise aux côtés de ses parents et de son frère. Mort pour la France. Je ne l'ai pas connu. C'était mon oncle. Merci Jacques Sallerin. Ta mémoire est bien vivante.

  • Survivre aux crises

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    Il est de bon ton de critiquer Jacques Attali. Je ne lis pas ses chronques dans la presse magazine, il est bien sûr un peu agaçant dans les medias, mais, à l'épreuve, la lecture de ses ouvrages ou de ses rapports est toujours stimulante. C'est le cas pour Survivre aux crises ou sept leçons de vie paru en poche récemment.

    Six euros pour survivre aux crises, c'est donné!

    La première partie traite de la crise financière, économique, sociale, la crise de l'endettement, c'est un peu technique j'imagine pour les non spécialistes, mais tout de même assez clair. Disons que grâce aux marchés financiers, nous avons, nous les français, les européens, américains en général, vécu pendant des années au dessus de nos moyens grâce à l'endettement. C'était trop beau pour durer. L'ajustement est inéluctable et il manque cruellement une gouvernance mondiale pour les marchés financiers qui sont le marché le plus globalisé aujourd'hui.

    C'est la seconde partie la plus intéressante. Jacques Attali y décrit comment survivre concrètement aux crises, qu'il s'agisse des particuliers, des entreprises, des États, des nations ou de l'humanité. Ces sept principes sont l'estime de soi, se projeter dans l'avenir, l'empathie ou comprendre son environnement, la résilience ou se préparer à résister, transformer les menaces en opportunités par la créativité, développer son ubiquité, penser révolutionnaire ou opérer des ruptures...

    Où que vous soyez, quelle que soit votre activité, vous serez, après lecture, mieux équipé pour survivre aux crises.

  • Mémoire berlinoise

    Le 7 mai dernier a été inauguré à Berlin un nouveau lieu de mémoire intitulé Dokumentationzentrum Topographie des Terrors (centre de documentation sur la topograpie de la terreur) sur le lieu même où se situait le commandemant des SS du troisième Reich : http://www.topographie.de/topographie-des-terrors/nc/1/

    Il ne restait rien de Berlin ou presque après la guerre :

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    berlin 087.jpgAujourd'hui, les lieux de mémoire du génocide contre les populations juives ne manquent pas, qu'il s'agisse du Mémorial aux victimes de la Shoah,  des synagogues, du musée du judaïsme... Mais il y a aussi des lieux de mémoire privés, discrets et non moins émouvants tel que celui-ci découvert scellé au sol, dans les rues de Berlin

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    Ici habitait Leo Aronbash, né en 1872, déporté en 1943, assassiné à Auschwitz
    Ici habitait Flora Aronbash, née Flieg, en 1869, déportée en 1943, assassinée à Auschwitz
  • La plaisanterie de Kundera

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    Opiniâtrement, je continue, tel un métronome, à lire les livres commentés par Alain Finkelkraut dans Un coeur intelligent, livre que je lirai quand il sera paru en poche , ce qui me permettra de renouer avec distance avec les lectures qu'il aura provoquées.
    J'avais réservé Kundera pour la fin, ou presque,  ne sachant plus très bien si j'avais déjà lu ce roman. Je ne l'avais pas lu et j'avais eu tort au moment de sa sortie car c'est un roman formidable, à double lecture.
    On peut le lire comme un témoignage de la vie quotidienne en Tchécoslovaquie après la seconde guerre mondiale. L'émergence d'un homme nouveau pour les naïfs rapidement déçus, celle, plus durable, d'un appareil répressif qui traque tout un chacun jusque dans les replis les plus privés de la vie quotidienne, les mesures disciplinaires, la privation de liberté, l'interdiction de voyager. Tout cela, au fond, aujourd'ui est bien connu, bien documenté.
    Le seconde lecture est celle d'un monde dévasté, un monde où tous les personnages, Ludvik, Helena, Lucie, Pavel... sont désorientés, en situation d'échec, sans estime de soi, sans horizon, où toute entreeprise est vouée à l'échec, professionnelle, familiale, amours, amitiés, où la perte de sens est générale, un monde sans Dieu, sans projets, sans valeurs.
    Ce monde là n'a pas disparu avec le communisme, il nous guette, ce qui rend le roman de Milan Kundera universel.

  • Chemin d'Arles - GR 653 : La Moutouse/La salvetat - Les trèfles

    Ce devait être une petite étape tranquille sur les hauteurs, moins de 300 m de dénivelé, une vingtaine de km, ce fût une petite épopée. Au départ, après quelques hésitations, on s'est dit qu'en mai ce temps n'allait pas durer, que le le ciel allait se dégager, la neige au pire laisser place à la pluie. Et bien non, ce furent des flocons tout au long du parcours, du vent, une impression de tempête, de plus en plus de neige sous nos pieds, jusqu'à 15 cm, des paquets de neige qui tombent des arbres,  de ci de là, des branches qui craquent puis tombent tout autour de nous, la recherche des signes de balisages, des traces de pas de nos devanciers... et puis, au fil de la journée les bas des pantalons trempés, puis les pieds mouillés, malgré les bonnes chaussures à force de les plonger toutes entières dans la boue enneigée des chemins. 

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    Bienheureux des lors de trouver refuge à La Moutouse, 4 km avant La Salvetat-sur-Agoût, au Gite des Trèfles, chez Gisèle Petit. Certes, il n'y avait plus d'électricité mais outre l'accueil chaleureux de Gisèle, il y avait un véritable trésor : un insert avec de bonnes bûches de bois! Puis l'électricité est revenu, bonheur simple de se doucher, de sécher ses vêtements et ses chaussures et d'un bon dîner, soupe de légumes, langue de boeuf en sauce accompagné de riz, de bons fromages du village et du gâteau au chocolat à la crème anglaise, la spécialité de la région.
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    Le lendemain matin, devant une météo aussi mauvaise, nous avons rallié à pied La Salvetat, passé deux heures au café La Pergola, à observer les retraités, puis pris le car pour Béziers, sous la conduite de François qui nous a fait une leçon de géologie tout au long du parcours, entres autres, et pris le train pour Bordeaux ce qui nous a permis de profiter du Forum Agora - Bordeaux ville millionaire, avec Alain Juppé, Vincent Feltesse, Paul Andreu, Nicolas Michelin, Djamel Clouche et une visite inoubliable des Bassins à flots : http://casadei.blog.lemonde.fr/
  • Chemin d'Arles - GR 653 : Murat sur vèbre, L'Etape des menhirs

    De Saint-Gervais, on longe la Mare, rivière méditerranéenne, pour atteindre Castagnet-le-Haut, puis, au terme d'une longue montée en lacets, le col de Ginestet et enfin, dans un dernier effort, le Cap Faulat, point culminant du Chemin d'Arles à 1081 m, où l'on navigue entre les éoliennes. De là, on descend tranquillement vers Murat-sur-Vèbre, déjà dans le département du Tarn, alors que l'étape suivante mène à La Salveta dans l'Hérault, mystère des frontières administratives et de l'histoire. En tous cas, On est passé en un jour du côté de l'Atlantique puisque la Vèbre rejoint la Garonne via le Dourdou : certitudes de la géographie.

    A Murat, il faut descendre chez Pascale et Serge à l'Etape des Menhirs, à la sortie du village, près de l'église. Dans un ancien couvent du XVIIIème, Pascale et Serge ont aménagé il y a une dizaine d'années des chambres d'hôtes, un gite d'étape et des appartements loués à l'année. L'accueil est très chaleureux et la cuisine une des meilleures. Une tablée de français ce soir là. Tous sauf nous ont déjà rallié Compostelle une ou plusieurs fois à pied. Certains projettent de se rendre de Nantes à la Mer noire en VTC avec assistance le long de la Loire, du Rhin, puis du Danube. La retraite active et heureuse!

    Au menu, soupe de légumes au tapioca, cuisse de canard sur lit d'haricots verts accompagnée de coquillettes (des sucres lents pour les marcheurs), un plateau de Roquefort et de chèvres somptueux du village de Pradel, salade aux noix, gâteau au chocolat et crème anglaise, le tout arrosé d'un bon vin de Faugères et clos par un alcool de menthe.

    Discussions à bâtons rompus sur la vie de village, l'agriculture, la PAC, l'insertion des jeunes, le chômage, Serge a longtemps travaillé dans l"insertion pour le Conseil général des Bouches du Rhône, le travail des ouvriers dans les usines de salaison, Béziers vs Castres...

    La propriété de Serge et Pascale et à vendre : avis aux investisseurs.

    Le matin au réveil un excellent petit déjeuner nous attendait, copieux, de quoi affronter la neige qui s'était invitée en mai!

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    70 euros pour deux personnes, un excellent rapport qualité prix. Merci pour cette soirée très conviviale à nos hôtes et compagnons de table.

  • GR653 - Chemin d'Arles : Saint Gervais sur Mare - Chez Camille

    Cols des Clares, de Peyremale, du Liourel, de Serviès, du Layrac, dans les monts d'Orb, 900 métres de dénivelé, 26 km, du chêne vert, du sapin, du châtaignier, des hêtraies et on arrive à Saint Gervais sur Mare, gros village aux maisons du XVI et XVIIème siècles, chef-lieu d'un canton attribué au département du Tarn à la Révolution et échangé avec celui de l'Hérault contre celui d'Angles en l'an V.

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    On loge en chambre d'hôtes, Place du quai, en plein centre. Bruno nous accueille, il a dénommé ses chambres d'hôtes Chez Camille du prénom de sa fille, née en 2002. Il faut monter au deuxième étage pour accéder aux chambres, le terrain monte rapidement dans cette vallée, ce qui explique que le grand jardin soit au niveau du premier étage. Les chambres sont bien équipées, coquettes, on prend ses repas sur une terrasse face au jardin. Ce soir là : omelette aux asperges (excellent)npoulet et riz à la sauce blanche, fromage, salade, île flottante.

    Bruno a fait mille métiers, journaliste, comptable, buraliste, sapeur-pompier, aujourd'hui, il combine sa profession d'ambulancier, ses activités de correspondant local du Midi Libre et son activité de chambre d'hôtes. Un emploi du temps bien plein mais toujours le sourire. Une bonne adresse même s'il manque un tarif pélerin 82 euros pour deux, dîner et petit déjeuner compris.

    Ne pas manquer de l'autre côté du pont, face à la place du quai la "maison aux maximes" (extrait ci-dessous).

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