Vivent les services publics!
J'habite à Bordeaux, quartiers des chartrons.
Mercredi dernier je suis allé à l'hôpital de Libourne au service d'Orthopédie pour un genou récalcitrant. A Libourne parce qu'il y a un excellent service d'orthopédie.
Je suis parti en vélo pour la Gare Saint Jean à 8:30. J'y ai garé mon vélo dans le parc pour vélos sécurisé couvert auquel je suis abonné.
J'y ai pris le train pour Libourne de 9:07, parti avec un retard de 5 minutes. Arrivée à Libourne vers 9:45.
Un quart d'heure de marche à pied et je suis entré au Nouvel Hôpital Robert Boulin à 10 heures.
Aucune attente au service des admissions (En photo le patio).
Aucune attente au secrétariat du service orthopédie qui m'a dirigé au service de radiologie pour faire quelques radios.
Cinq à dix minutes d'attente et le service me fait les radios nécessaires.
Retour au service Orthopédie, j'attends à peine dix minutes et je suis reçu par le médecin qui me prescrit si je le souhaite une infiltration.
C'est fini, je regarde mon application Oui SNCF, j'ai un train dans vingt minutes, un peu de marche rapide, j'attrape mon train en gare de Libourne. A midi moins dix je suis à la Gare Saint Jean de Bordeaux et à midi et quart chez moi.
Ce matin, j'ai reçu mon ordonnance.
Impeccable! Il y a des services publics qui fonctionnent, des trains qui arrivent à l'heure, des personnels hospitaliers, pas épuisés, aimables, efficaces, je n'ai pas calculé le bilan carbone mais il doit être très correct, sans les gilets jaunes je serai sans doute allé en voiture par habitude et j'aurai eu tort.

C'est à cette occasion que j'ai découvert Chinua Achebe, un auteur nigerian qui a écrit "Things fall apart" dans les années cinquante. Un auteur méconnu par la francophonie qui n'en parle jamais, mobilisée qu'elle est sur les auteurs africains francophones. Et pourtant "Le Monde s'effondre" ou "Tout s'effondre" dans la dernière traduction est un livre formidable qui décrit avec talent le mode de vie d'une tribu au Nigeria avant l'arrivée des blancs. La vie villageoise, les dieux, les croyances, parfois d'une cruauté inouïe comme celle d'abandonner dans la forêt tous les jumeaux perçus comme des anomalies, l'exil et le bannissement des fauteurs de troubles, les mariages forcés, la virilité exacerbée des hommes, mais aussi beaucoup d'amour, de solidarité. La seconde partie décrit l'arrivée des premiers missionnaires, la confrontation des croyances, la construction des premières églises, les premières conversions, les conflits au sein des familles, puis enfin la colonisation proprement dite dans la troisième partie avec l'instauration du pouvoir de Londres, et de sa justice, l'incompréhension des villageois les plus attachés à leurs traditions et l'adaptation des autres à la nouvelle donne. Rien n'est simple.