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Cas@d€i - Page 23

  • Deadwood

    J'ai découvert ce livre grâce à l'émission La Grande Librairie sur France 5, un des cinq livres recommandés dans le reportage consacré à la librairie Delamain place de la Comédie française, la librairie que je fréquentais lorsque je travaillais aux Finances près du Louvre...

    Plus que d'un policier, c'est un récit écrit par Pete Dexter, récit de la vie quotidienne  Deadwood (bois mort), ville illégalement construite au tournant des années 1875 au moment de la ruée vers l'or. Tous les personnages de ce récit, à l'exception de quelques uns ont réellement existé : Will Bill Hicock, Charley Utter, Calamity Jane, Boone May, Swearingen, Solomon star, Lurline, Langrische, Agnès Lake...

    C'est un monde peu recommandable, aucun des personnages n'est réellement sympathique, ils sont ivres la plupart du temps, tirent des coups de feu à tout bout de champ, trichent, maltraitent les femmes, assassinent les indiens ou les mexicains, viole des enfants, il pleut très souvent, on y trouve peu d'or. Le sherif fait régner l'ordre quand cela lui chante et en profite pour faire ses affaires. Les chinois vivent dans la fange... il y a la variole...

    Seul Charley finit par apparaitre aimable et empreint d'une certaine morale, d'une fidélité, même s'il tient un moment un bordel aux marges de la ville, bordel où les filles ne sont pas battues. Et il y a, personnage inventé, le maniaque aux bouteilles, un fou qui garde les bains publics, c'est un dollar pour l'eau chaude, un fou qui est peut être le seul sage de la bande.

    Donne une bonne idée de ce qu'était sans doute le far west, à force de le légender on finit par ne plus savoir vraiment comment c'était! le livre a donné lieu à une série que je n'ai pas vue.

    Tout cela se termine par un vaste incendie qui ravage et le quartier chinois  et la ville elle-même alors toute en bois. Elle a été reconstruite depuis.

    On ne s'ennuie pas même s'il n'y a pas réellement d'intrigue.

  • Quelques uns des cent regrets

    Pas du tout d'actualité car publié dans la collection folio en 2006. J'avais beaucoup aimé Le rapport de Brodeck sur l'exclusion dans un village du fait de la différence "supposée".

    Ici, il y a une résonance avec la crise des gilets jaunes dans cette description d'un village de l'Est de la France, du Grand Est, qui a perdu sa Grande Industrie, souvent inondé, abandonné de tous et dont les habitants qui sont admirablement décrits par Philippe Claudel inspirent la compassion. L'aubergiste, qui a acheté un hôtel qui n'a plus de clients, sa femme, fausse paralytique, le croque mort, épris de nouvelles technologies, le curé du village qui n'a plus de paroissiens, les clients du bistrot.

    Et puis les personnages qui hantent le narrateur, sa mère qui vient de décéder, qu'il vient enterrer, qu'il n'a pas revue depuis tant d'années, depuis qu'il est parti à seize ans, son père, son grand-père, sa grand-mère, tous disparus depuis longtemps, des malheureux, pas toujours étrangers à leur malheur.

    C'est très bien écrit, comme d'habitude, court, vif, on ne s'ennuie pas une seconde même si l'intrigue, puisqu'il y a intrigue, se dévoile assez rapidement.

  • Voeux

  • L'estuaire de la Gironde

    Il est à la fois si proche de nous, bordelais, et si lointain, méconnu...

    Anne-Marie Cocula, professeur émérite de l'université de Bordeaux, ancienne vice-présidente du conseil Régional d'Aquitaine, et Eric Audinet, écrivain et directeur des éditions confluences, nous font découvrir cet estuaire de la gironde, un des plus grands d'Europe, sous son aspect historique, c'est la première partie, et au cours d'une croisière sur le Silnet, un des bateaux de la compagnie Rivercruise, basée à Bordeaux, les bateaux rouge, héritiers de l'association Gens d'Estuaire.

    L'estuaire reste un milieu sauvage, dangereux, mystérieux, une frontière, peuplé de personnages attachants, les pêcheurs, les bateliers, les riverains, les pilotes, les paysans et les vignerons des iles.

    Promis, aux beaux jours de 2019 je m'embarquerai sur le Silnet pour aller découvrir l'île de Patiras, l'ile verte, l'lle du nord, l'ile Margaux, l'ile nouvelle, le nouveau monde est à côté de chez nous, il reste à découvrir...

  • SAIGON

    "Il y a toujours du passé qui se fiche dans le présent". Walter Benjamin

    C'est le cas de Saigon, Hò Chi Minh ville aujourd'hui.

    Pour un français, même pour moi qui ne suis jamais allé au Viet-Nam, qui n'a pas de parents ou de proches qui ait fait la guerre d'Indochine, Saigon fait partie d'un coin de notre mémoire.

    La pièce de Catherine Nguyen, qui a triomphé au festival d'Avignon et qui est en tournée en France actuellement nous le démontre. Cet épisode et bien présent dans nos mémoires. Sur la scène, les tableaux alternent entre 1956, date du départ des français d'Indochine et 1996, date à laquelle les émigrés vietnamiens, les Viet Khieu, les vietnamiens de la diaspora, sont autorisés à rentrer au pays.

    Défilent finalement, des vies somme toute banales, des histoires d'amour, de guerre, des tragédies ordinaires mais on s'aperçoit qu'elles sont déjà là, ou plutôt toujours là comme on veut, elles font partie de notre mémoire nationale. C'est émouvant, et c'est bien qu'elles y soient. 

    Spectacle en français et en vietnamien avec sous-titres.

  • Une histoire du monde en cent objets

    Un beau livre pour cette fin d'année! Acheté par hasard en parcourant la librairie Mollat à Bordeaux. 800 pages, toutes passionnantes. Chronologique.

    L'auteur est Neil MacGregor qui a été directeur de la National Gallery puis du British Museum. et l'idée de départ a été de faire une série d'émission de radio avec BBC4 pour raconter l'histoire du monde à partir de celle de cent objets des collections du British Museum, les auditeurs ne voyaient donc pas les objets, il fallait les imaginer, le livre est venu après. Chaque chapitre est illustré d'une ou deux belle photographies de l'objet.

    Parmi les premiers objets, mon préféré est un biface découvert à Olduvai, en Tanzanie, vieux d'1,2 million d'années. Cet objet nous a permis à nous les hommes de mieux manger, de dépecer des peaux de bêtes, d'effeuiller des branches d'arbres,  de faire du feu et pendant la fabrication de l'outil, de s'asseoir, de bavarder, d'élaborer des projets, de voyager, de partir à la conquête du monde...

    L'un des derniers objets est une carte de crédit, de la banque londonienne HSBC, Hong-kong and Shanghai Banking Corporation, une carte du réseau américain Visa, émise par la filiale islamique Amanah d'HSBC et donc écrite en arabe. Cette carte relie donc Londres, l'Asie, l'Amérique du nord et le monde islamique. Nous avons peuplé toute la planète et cette carte nous permet de disposer d'argent dans le monde entier, c'est tout simplement génial.

    Finalement depuis que nous avons quitté l'Afrique de l'Est nous avons assez peu changé, nos besoins et nos préoccupations sont sensiblement les mêmes, et les objets que nous fabriquons qu'ils soient en pierre, en bois, en plume, en papier, en perles ou en silicone renvoient toujours à notre nature profonde, le sens de notre vie, le pouvoir, le sexe, l'au delà, la guerre, l'amour...

    Très bonne année 2019 si je n'écris pas d'ici là.

     

  • SMIG

    En 1968, le SMIG a été augmenté de 30 %, l'année suivante le franc dévaluait et la petite entreprise de reliure créée par mon grand père Auguste, artisanale, après la grande guerre, reprise par son fils Henri, transformée en une PME de reliure industrielle après la seconde guerre mondiale, puis reprise par maman, une mère de quatre enfants, au décès de mon père en 1956, cette petite entreprise a fermé, liquidée par l'augmentation du prix de la main d'oeuvre. C'était une belle époque avant, les ouvriers que je côtoyais à l'atelier à l'aube de mes dix huit ans, le soir ou le samedi matin, faisait des heures supplémentaires, ils travaillaient jusqu'à soixante heures par semaine, il y avait une grande majorité d'ouvrières, ils achetaient leur première voiture, ne craignaient pas le chômage... C'était avant, les trente glorieuses...

    Est ce que les gilets jaunes s'en souviennent?

    On ne reviendra pas en arrière.

    Mais la France a besoin de travailler plus, le taux d'activité des jeunes et des séniors, les plus de cinquante ans est dramatiquement bas, la meilleure manière de distribuer du pouvoir d'achat, ce n'est pas d'augmenter le smicard, de distribuer des allocations, c'est de travailler, de créer des richesses, et pour cela aujourd'hui , il faut améliorer l'éducation et la formation des hommes et des femmes, innover, entreprendre, réformer un Etat par certains côtés brillant, mais aussi terriblement inefficace quant on pense au niveau des prélèvements obligatoires et à la qualité de certains services publics, comme l'éducation ou les transports.

    Mais le mot réforme est devenu un gros mot, qui crispe tout un chacun sur ses acquis, alors que c'est le mouvement qui permettrait de sortir par le haut de quarante ans d'immobilisme et si l'on ne sort pas par le haut alors ce sont nos libertés qui seront menacées, on le voit bien dès aujourd'hui, lorsqu'il faut signer des pétitions pour pouvoir circuler autour de ces fameux rond-points, que les blocages sont devenus légion, y compris dans les lieux d'apprentissage de la citoyenneté comme les lycées.

  • Vivent les services publics!

    J'habite à Bordeaux, quartiers des chartrons.

    Mercredi dernier je suis allé à l'hôpital de Libourne au service d'Orthopédie pour un genou récalcitrant. A Libourne parce qu'il y a un excellent service d'orthopédie.

    Je suis parti en vélo pour la Gare Saint Jean à 8:30.  J'y ai garé mon vélo dans le parc pour vélos sécurisé couvert auquel je suis abonné.

    J'y ai pris le train pour Libourne de 9:07, parti avec un retard de 5 minutes. Arrivée à Libourne vers 9:45.

    Un quart d'heure de marche à pied et je suis entré au Nouvel Hôpital Robert Boulin à 10 heures.

    Aucune attente au service des admissions (En photo le patio).

    Aucune attente au secrétariat du service orthopédie qui m'a dirigé au service de radiologie pour faire quelques radios.

    Cinq à dix minutes d'attente et le service me fait les radios nécessaires.

    Retour au service Orthopédie, j'attends à peine dix minutes et je suis reçu par le médecin qui me prescrit si je le souhaite une infiltration.

    C'est fini, je regarde mon application Oui SNCF, j'ai un train dans vingt minutes, un peu de marche rapide, j'attrape mon train en gare de Libourne. A midi moins dix je suis à la Gare Saint Jean de Bordeaux et à midi et quart chez moi.

    Ce matin, j'ai reçu mon ordonnance.

    Impeccable! Il y a des services publics qui fonctionnent, des trains qui arrivent à l'heure, des personnels hospitaliers, pas épuisés, aimables, efficaces, je n'ai pas calculé le bilan carbone mais il doit être très correct, sans les gilets jaunes je serai sans doute allé en voiture par habitude et j'aurai eu tort.

  • Egypte

    Seshat, la déesse égyptienne de l'astrologie, de l'architecture, de la mesure des mathématiques. Moi qui aime quantifier, mesurer, j'ai eu plaisir à la découvrir dans les temples égyptiens de la vallée de Louxor, fin octobre, début novembre.

    Un voyage avec Arts et Vie, un groupe de 24 personnes, un excellent guide égyptien, un tout aussi excellent accompagnateur du Pas de Calais, professeur d'histoire, et de bons compagnons de voyage, des universitaires, des ingénieurs... Voilà les ingrédients d'un bon voyage, entre Alexandrie et Abou Simbel en passant par Le Caire.

    Un peu fatigant à cause des trajets,  des horaires d'avion, de la chaleur, debout tous les jours entre 4 et 7 heures, Mais de magnifiques visites et une plongée ravissante dans l'antiquité.

    Et entre deux visites, même si ce n'est pas l'objet du voyage, un regard sur l'Egypte contemporaine, sa démographie galopante, Le Caire qui avale littéralement son environnement, sa pollution de l'air et de l'eau, les campagnes ou les ânes sont encore omniprésents, et tous ces policiers et militaires, sans compter ceux en civil, assis sur des chaises à longueur de journée...

    L'Egypte est sans doute un des plus anciens Etats au Monde construit, déjà sur la force, pour faire respecter l'ordre. A priori les choses ont peu changé. La-bas c'est une autre planète. J'avais pour mon travail passé cinq mois au Caire en 2005, rien de neuf sauf la taille de la capitale, les femmes sont toujours voilées, souvent invisibles, la société a régressé par rapport à l'époque d'Oum Khalsoum. C'est bien regrettable.

  • Americanah

    Voilà un beau roman d'amour. Un roman qui nous emmène au Nigeria, à Londres et aux Etats-Unis, sur la côte Est. Dans les années 2000 avant l'élection d'Obama.

    Deux héros dans ce livre, une belle jeune femme Ifemelu, nigériane, qui fait ses études à Lagos, et qui sort avec un beau jeune homme brillant Obinze, qui rêve de l'Amérique, et y vit déjà par substitution, il est incollable.

    Ifemelu va réaliser son rêve, obtenir un visa pour les US, y poursuivre ses études et y vivre une quinzaine d'années, éloignée d'Obinze. Là , elle va découvrir pour la première fois de sa vie qu'elle est noire, elle ne s'en était pas rendu compte à Lagos. Mais sur la côte Est, la discrimination, le racisme sont pour elle une découverte sans fin qu'elle va documenter dans un blog à succès. Elle va y faire de belles rencontre avec deux hommes un blanc, un afro-amériicain. 

    Pendant ce temps, Obinze parvient à immigrer  clandestinement à Londres, y cotait la-bas, la petite communauté de ses compatriotes, pas toujours prête à l'aider, et il finira par revenir au pays menottes aux poignets, victime d'une expulsion. il va y réussir au pays, dans l'immobilier, se marier, avoir une fille...

    Et puis, après quinze ans,  Ifemelu décide de revenir à Lagos, elle redevient elle-même, cesse d'être noir, revoit Obinze, lequel va hésiter entre sa nouvelle vie et l'amour de sa vie...

    Donc un très beau roman.