Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Cas@d€i - Page 63

  • Le mal court

    malcourt.jpgIl court sur la petite scène du théatre de poche de Montparnasse à 21 heures. C'est le chef d'oeuvre de Jacques Audiberti, le poête chanté par Claude Nougaro.

    C'est un conte philosophique à la morale éternelle. La princesse Alarica, jeune fille du roi de Courtelande, un royaume d'opérette fait de landes et de bruyère en Europe centrale est en voyage pour épouser le jeune Parfait XVII, roi d'Ocident.

    Innocente, convaincue de la valeur de sa pureté elle découvre peu à peuqu'elle est la victime d'une machination, trahie par ses proches, au profit des intérets supérieurs, de la géopolitique, des puissants.

    Elle s'émancipe alors pour épouser le mal et à son tour chasser son père et usurper son trône non sans avoir fait du policier qui a abusée sa confiance son amant.

    Dans le rôle d'Alarica, Julie Delarme succède entre autre à Suzanne Flon qui crée le rôle en 1947, Silvia Monfort, Monique Brun, Tsilla Chelton, Isabelle Carré, Françoise Gillard...

    Le mal court..., guettez le!

  • Ce que je n'aime pas chez Paul Auster

    C'est cette phrase dans son dernier roman :

    Tes pieds nus sur le sol froid à l'instant où tu sors du lit et marches vers la fenêtre. Tu as 64 ans. Dehors l'air est gris, presque blanc, sans soleil visible. Tu te demandes : combien de matins reste-t-il? Une porte s'est fermée. Une autre porte s'est ouverte. Tu es entré dans l'hiver de ta vie.

    J'aurai 64 ans en août prochain!

  • Inventaires

    inven.pngAu théatre de poche de Montparnasse que viennent d'acheter le toujours entreprenant Philippe Tesson et sa fille, on peut voir Inventaires. Spectacle réjouissant à plus d'un titre.

    Le spectacle se veut une parodie des jeux télévisés qui sévissaient déjà en 1987 lors de la création de la pièce. Trois femmes dans la force de l'âge se racontent sous la férule d'un animateur. Une suite de mémoires vives, douloureuses parfois, joyeuses souvent, des tranches de vie juxtaposées, sans interactions entre elles. Autour d'une robe, d'un lampadaire et d'une cuvette, objets de souvenirs.

    Le texte n'a pas vieilli, pas trop, et reste d'une belle actualité pour décrire la condition humaine. Des femmes mais aussi des hommes, leurs compagnons.

    26 ans plus tard les mêmes actrices remontent sur les planches.  Florence Giorgetti, Judith Magre et  Edith Scob font preuve d'une belle vitalité, de quoi en remontrer à bien des retraité(é)s! Et d'une grande disponibilité  à la sortie du spectacle au bar du Théatre de poche!

  • L'empire des signes

    empire_des_signes_0.jpgAucun plat japonais n’est pourvu d’un centre (centre alimentaire impliqué chez nous par le rite qui consiste à ordonner le repas, à entourer ou à napper les mets) ; tout y est ornement d’un autre ornement : d’abord parce que sur la table, sur le plateau, la nourriture n’est jamais qu’une collection de fragments, dont aucun n’apparaît privilégié par un ordre d’ingestion : manger n’est pas respecter un menu (un itinéraire de plats), mais prélever, d’une touche légère de la baguette, tantôt une couleur, tantôt une autre, au gré d’une sorte d’inspiration qui apparaît dans sa lenteur comme l’accompagnement détaché, indirect, de la conversation (...). 

    Roland Barthes a fait un voyage au Japon en 1970 et il en à tiré ce livre qui n'est pas selon lui sur le Japon mais sur le dépaysement. Le Japon nous est trop complexe pour q'on puisse le comprendre. Alors dans ce livre, magnifiquement illustré, à partir du regard du voyageur sur l'écriture, les jardins, l'architecture, le costume, les haikus le théatre, ... Roland Barthes donne son interprétation. C'est parfois incompréhensible mais c'est aussi parfois lumineux comme tous les passages sur la nourriture, la façon de préparer les aliments. On n'a qu'une envie  : aller dans un bon restaurant japonais.

  • Remonter la Marne

    marne.jpg

    Quel plaisir! Remonter la Marne à pied avec Jean-Paul Kauffmann est un plaisir littéraire, une plongée dans l'histoire, la littérature, la province délaissée, oubliée.

    Jean-Paul Kauffmann n'est pas un randonneur, il part avec un sac de 30 kg, des livres, des cigares, une paire de jumelles... Jean-Paul Kauffmann est un flâneur, sensible aux odeurs, aux parfums, il aime la solitude mais ne dédaigne pas la compagnie, 5 semaines de voyage.

    Pour moi, c'est le plaisir de retrouver des terres bien connues, lorsque nous habitions entre 1994 et 2005 à la Varenne Saint Hilaire dans la boucle de la Marne que j'ai parcourue en courant plusieurs fois par semaine.

    Le voyage dans l'histoire c'est l'évocation de la fuite de Louis XVI, de son arrestation à Varennes et de son retour à Paris, la grande guerre, Joffre, sur les traces de Jules Blain ce soldat inconnu qui s'en sortit et ecrivit ses mémoires à compte d'auteur, Napoléon ou plutôt l'Empire, cette époque où tout était possible à des jeunes gens comme Lannes. C'est de Gaulle, la base de Saint Dizier, ...

    La littérature, c'est La Fontaine à Chateau-Thierry, Simenon sur le canal de la Marne, André Breton et ses premiers pas dans un asile d'aliénés qui lui font découvrir l'écriture automatique.

    Et puis la Marne au fur et à mesure que l'on remonte ce sont des provinces délaissées, oubliées, des gens qui n'ont pas renoncé mais qui résistent à leur façon vivant de peu mais dans la générosité et la solidarité derrière des volets à la peinture défraichie et des façades maussades mais dans une nature superbe.

    Et enfin la Marne c'est aussi le champagne! et la rambleur mais pour découvrir ce qu'est la rambleur, il faut lire cet essai.

  • Chindiafrique

    --Chindiafrique---de-Jean-Joseph-Boillot-et--Stanislas-De.jpgSurtout, l'Occident n'a pas immédiatement compris, ou plutôt accepté, que le monde entrait dans une nouvelle phase cruciale de mondialisation et qu'il allait falloir s'y adapter. Au lieu de courir après des replâtrages à coups de relances et de faire l'autruche face à un monde nouveau, il doit d'abord se faire à l'idée que les racines de la crise ne sont pas macroéconomiques - le système financier est un bouc émissaire facile. Elles sont liées à un basculement du monde qui s'est situé à la charnière des années 1970-1980.

    Dès l'introduction tout est dit ou presque!

    La thèse du livre est qu'il faut retrouver l'esprit des trentes glorieuses qu'a connues l'Occident en y associant cette fois la Chine, l'Inde et l'Afrique. Le basculement du monde est  effet inéluctable pour des raisons démographiques et de rattrapage économique. Alors adaptons nous et tirons le meilleur de ce basculement pour en faire un jeu gagnant-gagnant sur les plans de la démographie, de la croissance, verte si possible, la leur peut tirer la nôtre, de l'énergie, de la technologie, de l'innovation, de la régulation économique et politique.

    Ce n'est pas le chemin certain, mais un chemin possible à l'opposé du choc des civilisations. Les inspirateurs de ce livre qui s'appuie sur la grande connaissance de l'Inde de J.J.Boillot se nomment Tim Jackson, Dani Rodrik et Armatya Sen.

    Le lire après les élections italiennes  et devant l'impasse dans laquelle se trouve nos gouvernements en Europé est rafraichissant et ouvre des pistes de reflexion pour sortir de notre enfermement européo-centré, lever la tête regarder vers 2030-2050 plutôt que 2014 ou 2017... Cesser de se plaindre, retrousser nos manches et s'adapter pour ne pas disparaitre de la carte du monde.

  • Le rhinocéros d'or

    or.gifL'Afrique encore! l'Afrique toujours! Cette fois c'est de l'Afrique médiévale qu'il s'agit, l'Afrique des siècles d'or.

    François Xavier Fauvelle-Aymar, historien, chercheur au CNRS, nous invite à des découvertes multiples, avec des chapitres courts de trois à six ou sept pages, le plus souvent magnifiquement illustrés, d'un document comme ce rhinocéros d'or déouvert à la frontière de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe ou cette lettre en latin d'un marchand génois découverte au nord du Sahara en Algérie. En fin de chapitre, des notes forts documentées, précisent les sources et la bibliographie disponible pour approfondir l'histoire qui vient d'être lue.

    A chaque fois c'est une parcelle de la réalité africaine entre le VIII° et le XV° siècle qui se révèle.

    Et à travers cette mosaïque, on découvre une Afrique en contact avec le monde connu de l'époque, l'Inde, l'Europe, une Afrique marchande qui échange de l'or, du sel contre des étoffes, des perles...

    Une Afrique ou les élite du Sahel sont islamisées alors que les peuples ont conservés leur croyances initiales. Pourquoi? parce que l'Islam offre un cadre de droit commun pour l'organisation du commerce.

    On y découvre aussi les ferments de l'intégrisme, à Gao déjà, ou les juifs qui assurent l'intermédiation entre arabes et européens sont victimes de pogrom à la fin du XVéme siècle. Et puis déjà, l'esclavage des noirs du Soudan, étymologiquement le pays des noirs est présent.

    L'Afrique a bien une histoire! Et ici elle brille de tous ses feux!

  • Deux économistes face au changement climatique

    stern.jpgIl faut lire ce petit livre, une centaine de pages, sous forme de dialogue, consacrées au changement climatique. Il est limpide. Trois chapitres : 1 - le problème climatique et ses enjeux pour la planète, ses habitants, le modèle de croissance, 2 - les politiques climatiques nationales et régionales, 3 - les négociations internationales.

    Les deux auteurs, Roger Guesnerie, professeur au Collège de France (à gauche sur la couverture) et Nicholas Stern, Professeur à la London School of Economics (à droite) ne sont pas toujours tout à fait d'accord ce qui accroit encore la lisibilité des arguments échangés.

    Ce qui est certain c'est que depuis 8000 ans jamais Homo Sapiens n'a connu une variation de température de l'atmosphère de plus de 1,5 degré et que si nous ne faisons rien, la température du globe pourrait avoir augmenté de 5 degrés d'ici 2100.

    Les instruments existent pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre, réglementation, permis d'émission, taxes coopération internationale. Leurs mérites respectifs sont bien exposés. Leur mise en oeuvre encore trop timorée est de nature à faire émerger un nouveau modèle de croissance, sobre en énergie seul de nature à préserver le bien être de l'espèce.

    Allons-y!

  • Congo, une histoire

    congo..jpgSix cent pages mais si vous les commencez, vous irez jusqu'au bout sans vous lasser!

    L'histoire du Congo, celui de Léopold II, et même celui d'avant, celui des belges, celui de Lumumba, celui de Mobutu, celui des Kabila père et fils, celui des congolais surtout.

    Car ce livre d'histoire, précis comme une oeuvre scientifique avec ses références, est aussi le récit vivant de centaines de rencontres de l'auteur avec des témoins qui racontent ce qu'ils ont vécu eux-même, leurs parents ou grands parents, de Kinshasa à Bukavu, de Kisangani à Lumumbashi, du fleuve à la forêt vierge, des mines de diamant à celles de cuivreou de coltan, en passant par la musique congolaise (Independance cha cha), le combat du siècle entre Georges Foreman et Cassius Clay.

    J'ai retrouvé avec plaisir dans la dernière partie du livre le Congo que j'ai découvert à plusieurs reprises entre 2002 et 2005 à l'occasion de missions professionnelles mais tous ceux qui n'ont pas eu la chance d'approcher ce pays le CongoB.jpgdécouvrirons avec plaisir et parfois effroi.

    David van Reybrouck, dont le père a travaillé un temps au Congo a réussi avec cet ouvrage un coup de maitre et offert aux congolais un outil merveilleux qui leur manquait pour appréhender leur histoire. En vgnettte la couverture de l'édition originale en flamand.

    La musique d'indépendance cha cha et de nombreuses images du Congo sur le lien ci-après.

    http://www.youtube.com/watch?v=vlZGklbks9E

  • Le pavillon aux pivoines

    pavillonpivoines_b.jpg

    Le Pavillon aux pivoines de Tang Xiangzu est le classique de la littérature et du théatre chinois (1598). Comme dans le Kabuki japonais, le rôle des femmes est interprété par des hommes. Au Théatre du Chatelet cette semaine, on pouvait voir un Trésor national du Japon, Tamasaburo Bando, dans le rôle de la belle amoureuse tourmentée Du Liniang. Dans quelques scènes du moins. en effet l'oeuvre complète en comporte 55 et peut durer trois jours!

    Le spectacle est envoutant, magique, comme dans un rêve. Chanté en chinois (surtitré et traduit), l'oeuvre est accompagnée par un orchesttre où domine la flûte. tous les mouvement des acteurs sont dansés, empreints de légéreté et le texte tout en poésie.

    L'héroîne, très belle, rencontre en rêve au cours d'une promenade au milieu des pivoines, près d'un d'un prunier un beau jeune homme avec lequel elle s'unit. Le reveil est douloureux, la jeune fille dépérit et meurt de chagrin, non sans avoir fait ensevelir son portrait près du prunier... après un séjour dans les enfers, elle trouve refuge dans un ermitage où le jeune homme parviendra à la ressusciter...

    http://chatelet-theatre.com/2012-2013/le-pavillon-aux-pivoines-fr