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Cas@d€i - Page 67

  • Noces

    albert camusLivre étrange, livre de jeunesse pour partie écrit avant la guerre et livre passionnant.

    Dans Noces, un ensemble de quatre nouvelles ou plutôt d'essais écrits en 1937 et 1938, Camus célèbre son Algérie, le soleil, la mer, Alger, Djémila, Oran, le désert., le vent...

    Dans l'Eté, le propos est plus philosophique avec parfois des jugements étonnants sur l'homme algérien sans histoire et sans intelligence, fait pour jouir du soleil et de la mer au contraire de l'italien ou de l'espagnol par exemple qui sont riches de leur passé...

    Le plus beau texte est celui intitulé Les amandiers, écrit en 1940, il ne fait que quatre pages, une réflexion sur la lutte permanente entre la force et l'esprit. Reprenant Nietzsche, Camus fait l'éloge des vertus conquérantes de l'esprit, la force de caractère, le goût, le monde, le bonheur classique, la dure fierté, surtout la force de caractère...

    On a en bien besoin.

  • Oncle Vania

    P1000299.JPGAprès une petite collation au Foyer bar du théatre de l'Athénee ou l'on sert d'excellentes spécialités italiennes, on plonge dans le petit monde rausse cher à Tchekhov, un médecin revnu de tout, un vieux professeur, sa fille pas très belle qui rêve d'un amour impossible, sa seconde femme, jeune et belle qui s'ennuie... et Vania qui au terme d'une vie de labeur voit tout ce petit monde s'échapper sans lui reconnaire sa dette... : mesquineries, désirs, déceptions, renoncements, vodka. Elle n'est pas gaie l'humanité. La mise en scènce de Christian Benedetti est analogue à celle de La Mouette (cf. Chronique du 4 octobre), décor minimal, costumes ordinaires, diction rapide entrecoupée de longs silences, les acteurs sont ceux de La Mouette ou presque, on s'amuse à les reconnaitre, en une heure et quart, on se retrouve dans la rue Auber, il faut doux, on peut rentrer...

  • Lettre persane 86 - Toujours d'actualité

     

    Lpersanesmarteau.jpgTu sais Mirza, que quelques ministres de Cha-Soliman avaient formé le dessein d'obliger tous les Arméniens de Perse de quitter le royaume, ou de se faire mahométans, dans la pensée que notre empire serait toujours pollué, tandis qu'il garderait dans son sein ces infidèles.
        C'était fait de la grandeur persane, si dans cette occasion l'aveugle dévotion avait été écoutée.
        On ne sait comment la chose manqua; ni ceux qui firent la proposition, ni ceux qui la rejetèrent, n'en connurent les conséquences: le hasard fit l'office de la raison et de la politique, et sauva l'empire d'un péril plus grand que celui qu'il aurait pu courir de la perte de trois batailles et de la prise de deux villes.
        En proscrivant les Arméniens, on pensa détruire en un seul jour tous les négociants, et presque tous les artisans du royaume. Je suis sûr que le grand Cha-Abas aurait mieux aimé se faire couper les deux bras que de signer un ordre pareil, et qu'en envoyant au Mogol et aux autres rois des Indes ses sujets les plus industrieux, il aurait cru leur donner la moitié de ses Etats.
        Les persécutions que nos mahométans zélés ont faites aux Guèbres les ont obligés de passer en foule dans les Indes; et ont privé la Perse de cette laborieuse nation, si appliquée au labourage, qui seule, par son travail, était en état de vaincre la stérilité de nos terres.
        Il ne restait à la dévotion qu'un second coup à faire: c'était de ruiner l'industrie; moyennant quoi l'empire tombait de lui-même, et avec lui, par une suite nécessaire, cette même religion qu'on voulait rendre si florissante.
        S'il faut résonner sans prévention, je ne sais, Mirza, s'il n'est pas bon que dans un Etat il y ait plusieurs religions.
        On remarque que ceux qui vivent dans des religions tolérées, se rende ordinairement plus utiles à leur patrie que ceux qui vivent dans la religion dominante; parce que, éloignés des honneurs, ne pouvant se distinguer que par leur opulence et leur richesses, ils sont portés à en acquérir par leur travail, et à embrasser les emplois de la société les plus pénibles.
        D'ailleurs, comme toutes les religions contiennent des préceptes utiles à la société, il est bon qu'elles soient observées avec zèle. Or qu'y a-t-il de plus capable d'animer ce zèle que leur multiplicité?
        Ce sont des rivales qui ne se pardonnent rien. La jalousie descend jusque aux particuliers: chacun se tient sur ces gardes, et craint de faire des choses qui déshonoreraient son parti, et l'exposeraient aux mépris et aux censures impardonnables du parti contraire.
        Aussi a-t-on toujours remarqué qu'une secte nouvelle introduite dans un Etat était le moyen le plus sûr pour corriger les abus de l'ancienne.
        On a beau dire qu'il n'est pas dans l'intérêt du prince de souffrir plusieurs religions dans son Etat. Quand toutes les sectes du monde viendraient s'y rassembler, cela ne lui porterait aucun préjudice; parce qu'il n'y en a aucune qui ne prescrive l'obéissance et ne prêche la soumission.
        J'avoue que les histoires sont remplies de guerres de religion: mais qu'on y prenne bien garde, ce n'est point la multiplicité des religions qui a produit ces guerres, c'est l'esprit d'intolérance qui animait celle qui se croyait la dominante.
        C'est cet esprit de prosélytisme, que les Juifs ont pris aux Egyptiens, et qui d'eux est passé, comme une maladie épidémique et populaire, aux mahométans et aux chrétiens.
        C'est enfin cet esprit de vertige, dont les progrès ne peuvent être regardés que comme une éclipse entière de la raison humaine.
        Car enfin, quand il n'y aurait pas de l'inhumanité à affliger la conscience des autres, quand il n'en résulterait aucun des mauvais effets qui en germent à milliers, il faudrait être fou pour s'en aviser. Celui qui veut me faire changer de religion ne le fait sans doute que parce qu'il ne changerait pas la sienne quand on voudrait l'y forcer: il trouve donc étrange que je ne fasse pas une chose qu'il ferait lui-même, peut-être pour l'empire du monde.

        A Paris, le 26 de la lune de Gemmadi 1, 17

  • La mouette

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    Incroyable mais vrai. La Mouette était donné mardi dernier au Théatre National de Bordeaux Aquitaine et à l'Athénee Louis Jouvet à Paris. J'étais à l'Athénée et ma complice préférée à Bordeaux. A Bordeaux, la représentation a duré 3 heures 45 avec entracte, à Paris 1 heure 45 sans entracte. C'est exactement le même texte!

    A Paris c'était fulgurant! Pas de décor ou si peu, des acteurs habillés comme vous et moi dans le métro, rien qui évoque la Russie, des chaises, un banc, un drap...

    Que le texte de Tchekhov, le texte précipité à toute allure mais toujours intelligible, on s'accroche, et les images naissent toute seules dans la tête... Le soir Claude Régy confirme le mécanisme à l'oeuvre dans un entretien au Monde. Le pouvoir d'évocation du texte et de lui seul.

    Tchekhov présentant sa pièce comme une comédie, c'est une comédie humaine c'est à dire tragique, dans la présentation, le metteur en scène compare Treplev à Hamlet... C'est dire.

    La semaine prochjaine je vais voir sur le même mode Oncle Vania

  • Alep

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    Ces photos ont été prises au printemps 2008 à l'occasion d'une visite à Alep lorsque nous étions en poste à Beyrouth.

    Ces photos, on ne peut plus les faire aujourd'hui et on ne pourra plus jamais les faire puisque samedi dernier une grande partie du souk d'Alep dont l'histoire remonte au XIV siècle a été victime d'un incendie causé par la barbarie, la folie des hommes.

    Qu'attendons nous pour l'arrêter? Quels sont les intérêts supérieurs qui interdisent au conseil de sécurité de prendre les mesures pour mettre fin à cette guerre civile et à son cortège de morts, de blessés, de ruines, de désolation?

  • L'amant de Lady chatterley

    lady.jpgMalgré tout ce qu'on pourra dire, je déclare que ce roman est un livre honnête, sain et nécessaire aux hommes d'aujourd'hui.

    C'est ainsi que Lawrence se justifiait en 1928, lorsque la parution de son livre en Italie (il ne paraitra au Royaune-Uni qu'en 1960 après un procès) déclencha des attaques violentes en raison de son caractère érotique.

    L'histoire se déroule en Anglette, après la grande guere. Constance, Lady Chatterley, se retrouve avec un mari, Clifford, invalide de guerre, impuissant, seulement soucieux des choses de l'esprit. Elle a connu avant guerre la liberté, avec des jeunes gens de son âge, en Allemagne, mais peu importe où.

    Clifford est un héritier de la noblesse, rentier, il possède des mines, en déclin. L'atmopshère dans ce pays des Midlands où deux classes sociales se cotoient sans se connaitre et s'affronter pour autant devient rapidement irrespirable pour Constance confinée au rôle de garde-malade.


    Dans la propriété, Clifford emploie un garde-chasse, Mellors, un fils de mineur, qui a refusé en son temps de descendre au fond, a été militaire, en Inde, en Afrique du sud, a voyagé, divorcé, il refuse d'une certaine façon la vie de cette après guerre.

    La rencontre a lieu. Elle fait renaitre à la vie ces deux êtres égarés. C'est la découverte de la sensualité, du plaisir, la naissance sans aucun doute d'un véritable amour, un amour a priori impossible entre une aristocrate mariée et un roturier marié dans cette Angleterre encore toute imprégnée du qu'en dira t'on.

    Je n'ai pas vu l'adaptation de ce livre au cinéma  en son temps mais ai décidé de le lire parce que Sylvain Tesson indique dans Les forêts de Sibérie l'avoir emmené dans sa cabane au bord du Lac Baïkal pour affronter les longues soirées d'hiver. C'est dans une cabane également que Lady Chatterley et Mellors se rencontrent.

  • Les vendanges de Malagar

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    Chaque année, à l'automne, depuis 14 ans, se tiennent pendant deux jours, en hommage à François Mauriac sur ses terres de Malagar, en Gironde, des causeries sur un thème. Cette année,  la Grâce.

    La Grâce en littérature, en architecture, en musique, en politique.

    Muss es sein? To be or not to be? A ces questions existentielles posées par Beethoven et par Shaekespeare, Anne Queffelec, pianiste, juge que la réponse réside dans la musique. Parce que la musique c'est comme la vie, toujours changeante selon les interprètes, au contraire d'un tableau. En musique l'état de Grâce peut advenir, même et peut-être surtout dans une prison où, à l'occasion d'un concert, un prisonnier osa demander devant tous le monde "pourquoi les gestes des musiciens sont ils si beaux?" Où dans une école défavorisée où une jeune fille à l'écoute d'un air de Haendel interpella vivement sa copine " tu vas pas chialer quand même?

    L'état de grâce en politique a fait l'objet de considération affutées de Dominque Reynié, Jérome Clément, Stéphane Rozès et Jacques Rigaud. Conclusion, l'état de grâce est typiquement français, lié au caractère monarchique de notre république, la grâce d'état correspond au phénomène qui permet à une personne de s'élever, de s'améliorer, au dessus de son potentiel, de par les fonctions qu'elle exerce, exemple : Merkel ou Monti, ou Barre... Espérons pour Hollande... Hollande n'a pas eu d'état de grâce après son élection, normal!, il l'a eu après la primaire...L'état de grâce correspond à un moment ou il n'y a plus de divisions entre les français, après une élection, les franaçis se réunissent, temporairement, ces français si différents, si antagonistes, qui ne vivent ensemble que parce que jiustement, il y a l'élection qui leur permet de se disputer mais aussi de choisir, un miracle permanent sans lequel ce serait la guerre civile...

    et puis ceci, l'élection de François Hollande, son mandat, c'est de réussir le redressement dans la justice... A méditer...

    Merci à Eric Fottorino, ancien directeur du Monde, qui préside ces journées, les vendanges de Malagar : http://malagar.aquitaine.fr/?Les-vendanges-de-Malagar

  • Mascaret

    Terrasse du chateau de Vayres en Gironde, sur le Dordogne, dimanche 16 septembre 2012, 17h20, coefficient de marée de marée 101.

    En attendant le Mascaret,

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    Au début on craint une vaguellete, un clapotis, on est trop loin, il aurait fallu aller à Saint Pardon quelques kms en amont, la mecque du Mascaret...

    Mais elle arrive enfin

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    Elle est là!

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    La vague!

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    Et c'est déjà fini!

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    Mais cela recommencera, il y en aura encore de beaux en octobre, novembre et décembre ... avec une eau plus froide.

  • Pour seul cortège

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     La mort d'Alexandre, le Grand, la lutte pour sa succession, le cortège de sa dépouille jusque sa dernière demeure. Le dernier livre de Laurent Gaudé est magnifique en tous points. il nous emmène des rives du Nil à celles du Gange, l'écriture à plusieurs voix est superbe au service de l'évocation de belles valeurs, la fidélité, la loyauté, la mémoire, dans un univers marqué par la violence. On n'en dira pas plus.

  • Pique-nique

    Charmante cette petite cuisine improvisée sur un des bancs publics du parvis Louis Armand de la Gare Saint Jean à Bordeaux cette belle fin d'après-midi de septembre!

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    Casserole, camping-gaz, assiettes, rien ne manque, pas même la répartition traditionnelle des tâches entre homme et femme!