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Cas@d€i - Page 64

  • Fin de partie

    fin de partie.jpgSur la scène du théatre de l'Athénée, à Paris, il y a Hamm, aveugle, tetraplégique, assis dans un fauteuil roulant et Clov, son valet mais aussi son fils adoptif, toujours entravé dans ses mouvements par Hamm et ses caprices qui prend plaisir à le dominer et dans, deux poubelles, comme des pions, il y a Nell et Nagg, les parents de Hamm qui ont perdu leurs jambes dans un accident de tandem, mais qui s'aiment comme au premier jour même s'ils sont déjà presque morts.

    Hamm est le prénom d'un des fils de Noé, c'est aussi le début d'Hamlet... mais tout cela ce sont des interprétations jamais confirmées par Beckett qui a cependant consenti à dire que Fin de Partie "c'est comme la dernière partie d'échecs entre Karpov et Korchnoï : dès le troisième coup, ils savent qu'ils ne gagneraient ni l'un ni l'autre. Et ils ont continué à jouer".

    C'est bien la même chose ici, il ne passe rien à proprement parler, seulement un dialogue desespérant dont on ne sait pas si c'est parce que c'est le dernier jour ou si c'est tous les jours le même...

    Au théatre de l'Athénée jusqu'au 16 février, le spectacle dure 100 mn.

  • L'albébo, il a bon dos...

    Une fois par mois au Café du Pont neuf à Paris se tient le Bar des sciences http://www.bardessciences.net/. Une rencontre autour d'une boisson ou d'un plat sur le principe des cafés philosophiques d'amoureux de la chose scientifique. Dans le même genre et au même endroit se tiennent des cafés statistiques.

    Hier soir le changement climatique était à l'ordre du jour avec comme invités Hervé Le Treut, climatologue, et Denis Couvet, écologue.

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    Juste quelques exemples de ce que j'y ai appris :

    Avec le réchauffement climatique, les espèces animales se déplacent vers le nord. Les écologues ont calculé que les papillons nichent tous les ans 5 km plus au nord alors que les mésanges bleues qui sont les prédateurs des papillons ne se déplacent que de 2 km par an. Résultat, il y a de plus en plus de papillons dans les forêts candiennes, qui les détruisent ce qui contribue au renforcement de réchauffement climatique.

    La crise que connnait l'Egypte est politique bien sûr mais elle est d'abord écologique, il n'y a plus d'eau dans le delta du Nil, la salinisation du delta augmente, les nappes phréatiques diminuent, toute l'eau du Nil est consommée avant d'arriver à la mer, les rendements agricoles décroissent et la démographie reste dynamique, l'Egypte est un modèle de ce qui attend toute la Méditerranée.

    La biodiversité en Amérique est beaucpup plus importante qu'en Europe parce que les montagnes sont disposées verticalement et ne constituent donc pas de freins aux migrations liées au réchauffement alors qu'en Europe les chaines de montagnes sont horizontales.

    Avec le réchauffement, les grandes espèces sont davantage menacées que les petites, voire l'exemple des dinosaures dont l'extinction a favorisé le dynamisme des mammifères plus petits dont l'homme, aujourd'hui l'homme fait partie des grandes espèces... suivez mon regard...

    Un des participants a cherché à mettre sur le compte des variations de l'albédo le réchauffement cilmatique, l'albédo est le pouvoir réfléchissant d'une surface : la banquise et la forêt brésilienne ont donc un albédo différent...

    Xavier, le pianiste qui ponctue les interventions des participants, en a fait une chanson :

    L'Albédo, il a bon dos! c'est juste la vapeur d'eau et puis le gaz des autos qui fait qu'il fait chaud...

    (la vapeur d'eau (H2O) est le principal gaz à effet de serre devant le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4)...

  • Pleine lune et sur les nattes l'ombre d'un pin

    brandi.jpgPleine lune

    et sur les nattes

    l'ombre d'un pin

    Ce haiku clot le récit d'un voyage effectué par Cesare Brandi, historien de l'art italien dans les années 1970 au Japon, à Hong Kong et à Bangkok.

    J'ai trouvé ce livre à la boutique de l'exposition Hiroshige-Van Gogh à la Pinacothèque de Paris.

    On y lit que sans Hiroshige il n'y aurait ni Art nouveau, ni Klimt et l'exposition nous dit d'une certaine façon ni Van Gogh.

    On y apprend que les cerisiers du Japon ne donnent pas de cerises... que l'empereur ne se rend qu'une fois oar an à la Villa impériale Katsura, une certaine nuit de plaine lune pour en regarder le reflets dans l'Etang.

    Ce récit de voyage en architecture, dans les jardins, la vie quotidienne donne une envie irresistible de plonger à corps perdu dans cette civilisation :

    Comme il est admirable

    Celui qui ne pense pas :"la vie est éphèmère"

    En voyant un éclair.

    Ou plus simplement

    Il faut rester assis juste pour être assis.

  • Est ce bien raisonnable...

    ...de tondre les pelouses la veille de la chandeleur? C'est ce qu'a fait la ville de Bordeaux juste avant que la pluie ne fasse rentrer les employés municipaux aux ateliers... A quoi bon cette dépense d'énergie, ces émissions de CO2 peu conformes au développement durable et à la maîtrise des dépenses publiques?

     

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    A la place, tant qu'à faire d'occuper les agents communaux, il eut mieux valu nettoyer les abords immédiats du ponton d'honneur près du pont de pierre encombrés de branchages! Mais ce n'est sans doute pas dans leurs attributions...

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  • Hiroshige/Van Gogh

    hiroshige,van goghMagnifique exposition jusqu'au 17 mars à la Pinacothèque de Paris près de la place de la Madeleine. Deux expositions en fait, la première montre des estampes d'Hiroshige (1797-1858), dessinateur, graveur et peintre japonais célèbre pour ses vues d'Edo, du mont Fuji et des 53 stations du Chemin du Tokaïdo, chemin qui menait les pélerins de temple en temple d'Edo à Kyoto, aujourd'hui de Tokyo à Kyoto. Aujourd'hui ce chemin n'est plus qu'une autoroute urbaine, au  Japon, on ne peut pas comme en Europe continuer à cheminer sur le chemin de Saint Jacques...

    La seconde exposition est consacrée à Van Gogh et a pour objectif de montrer combien Van Gogh s'est inspiré d'Hiroshige dans certaines de ces oeuvres. L'exposition juxtapose donc des tableaux de Van Gogh et des copies de certaines des estampes vues dans la première exposition. C'est parfois évident d'autant que sont citées également des correspondances de Van Gogh très explicites sur son admiration pour Hiroshige et le Japon. Van Gogh, qui était schizophrène, se croyait réellement au Japon lorsqu'il était dans le midi de la France, il le dit lui-même à plusieurs reprises.

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    vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xuqeol_visite-virtuelle-van-gogh-et-hiroshige-a-la-pinacotheque-de-paris_creation#.UQqKBXkpmnA

  • Boetius von Orlamünde

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    C'est sous le titre de Boetius von Orlamünde qu'a été publié pour la première fois ce roman de Ernst Weiss, médecin autrichien d'origine juive qui cotoya Franz Kafka et qui se suicida à 58 ans, à Paris, en 1940.

    C'est un roman sombre, initiatique, sur l'adolescence d'un jeune prince en 1913.

    Boetius est une jeune homme de 17 ans, seul héritier d'une famille princière de Belgique, totalement désargentée, qui vit dans la pauvreté à Bruxelles mais avec la dignité d'un prince. Le jeune Boetius a été éduqué dans un internat réservé à la noblesse à la frontière allemande, il n'apprends pas grand chose pour le préparer à la vie qui sera effectivement la sienne, mais il sait dresser les chevaux, manier les armes, tout ce qu'un prince doit savoir. son apprentissage terminé, il reste à l'Internat, il n'a pas de métier et ne veut pas être une charge pour ses parents.

    Il adore son père mais il adore un père lointain et n'a jamais eu de complicité avec sa mère. il sait intérieurement que sa vie est une impasse, il est hanté par la mort, la sienne, celle, proche de ses parents.

    Le livre décrit plusieurs épisodes de son initiation à l'âge d'homme qu'il n'est pas possible de restituer ici. Mais le livre est magnifique de sensibilité, il magnifie, la nature, les chevaux, la dévotion filiale...

    Merci à Pierre C. de nous l'avoir conseillé.

  • Les bohèmes

    VieuxSouliersAuxLacets_K450.jpgNous avons pris une route dans la nuit

    sans savoir où elle pouvait mener

    Laissant derrière nous un grand pays

    Nous avons commencé notre parcours de peine

     

    Nous nous sommes égarés sur des sentiers

    portant nos lourdes charges

    Nous avons enterré nos morts le long de la route

    dans les forêts nos pères ont vielli

     

    Au milieu de l'endroit le plus sombre

    nous nous sommes posés pour souffler

    Arrêtés pour reprendre les esprits

    assis là nous nous sommes endormis

     

    Ni pain à manger ni eau à boire

    aucune croûte n'a touché nos lèvres

    Au petit matin nous nous sommes relevés

    Pour reprendre la longue route.

     

    Ce poême de Saban Iliaz ouvrait l'excellente  exposition consacrée par le musée du Luxembourg à Paris aux Bohèmes. Les bohèmes, à savoir les bohémiens, les voyageurs, ces peuples de promeneurs, de nomades, théatreux, musiciens, astrologues, diseuses de bonne aventures et la bohème, celle de Montmartre, de Litzt, de Van Gogh de Toulouse Lautrec.

    L'exposition peu médiatisée est terminée mais on peut encore la revivre par les brochures et le site Internet, une leçon d'histoire qui montre à travers la peinture la présence millénaire des bohémiens dans nos vies.

    http://www.grandpalais.fr/grandformat/bohemes-visite-immersive/

  • Liège/Berlin/Céline/Balmer

    Jean-François Balmer Affiche Céline-thumb-400x400-46412.jpgHier soir, en allant écouter Jean-François Balmer au Théatre de l'oeuvre donner des extraits du Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline, je suis descendu au métro Liège.

    Etrange station ou les deux quais ne se font pas face même si les métros s'y croisent dans chacune de deux stations de cette station qui sont en enfilade, séparées par un mur. Un mur! Prémonitoire, car avant la guerre de 1914, cette station s'appelait Berlin. Elle fut rapidement débaptisée au profit de Liège, afin de saluer la vaillance de la résistance de cette province à l'invasion allemande. La station est depuis 1982 ornée de magnifiques panneaux de céramiques représentant des sites de la province de Liège.

    Puisque c'est bientôt le 50ème anniversaire du traité franco-allemand peut-être pourrait on baptiser une des nouvelles stations de métro en construction du nom de Berlin, il y a bien, près de la Porte de Brandebourg, une Pariser Platz!

    Quant au voyage, Jean-François Balmer nous emmène à la Grande guerre, en Afrique, à New-York et en banlieue, le paillasson de la ville. On ressort avec l'envie de relire ce livre lu trop jeune sans doute, où il y a des phrases comme : Avec l'âge, on a plus assez de musique dans la tête pour faire danser la vie...

    Jusqu'au 24 mars... http://www.theatredeloeuvre.fr/

  • Top vélo

    top-velo-190-200x258.jpgPourquoi parler de Top Vélo? Parce que dans le numéro de janvier, la Haute-Loire est à l'honneur avec Trois circuits de 100 à 150 km : De Devès en Margeride, le Mézenc et le Livradois-Forez avec bien sûr une halte au km 89,1 à La Chaise-Dieu.

    Parmi les quelques bonnes adresses proposées par la revue, Croc et Broc, rue Saint Martin à La Chaise-Dieu, vanté pour ses champigons fricassés accompagnés de sorbet tomate basilic et poivrons, sa joue de veau et son omble, le tout arrosé d'eau de Chateldon et d'un peu de Badoulin, un vin rouge du Puy de Dôme.

    150 km de vélo avec des côtes comme celle de Bonneval à Sembadel-Gare nécessite un bel entrainement mais on peut fractionner les circuits et se donner ainsi l'occasion de tester les petits hotels ou les gites d'accueil.

    A vos cycles!

  • La déesse des petites victoires

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    Cette déesse c'est Adèle, la femme de Kurt Gödel, un mathématicien de haut niveau, autrichien de naissance puis naturalisé américain après son exil aux Etats-Unis, à Princeton.

    Adèle, a rencontré son génie de mari à Vienne, à la fin des années folles, elle était barmaid, il était jeune et beau, ils habitaient la même rue... Adèle n'est pas une intellectuelle, encore moins une mathématicienne, elle aime c'est tout. et elle va aimer son Kurtele toute sa vie, à la fois maitresse, puis épouse, mère, infirmière, auxiliraire de vie... Car si Kurt Gödel va de son domicile à son bureau à pied en compagnie d'Albert Einstein, c'est aussi un être torturé, anxieux, maniaque, sujet à des crises d'angoisse, taiseux, aller marcher avec sa femme c'est se taire, réfléchir, quelqu'un à ses côtés...

    Yannick Gadrec qui a elle même fait des études scientifiques nous conte la vie d'Adèle au gré d'une suite de conversations entre   Anna Roth, une jeune documentaliste de l'université de Princeton, et Adèle sur son lit d'hopital. L'objectif pour la jeune documentaliste est de récupérer les papiers laissés par Kurt Gödel que détient sa veuve qui n'entend pas les lacher.

    On suit donc en alternance la vie de la jeune Anna Roth, une américaine d'aujourd'hui dont le personnage est peut être inspiré par la biographie de l'auteure et celle d'Adèle Gödel jusqu'à sa disparition. Tout cela est du roman bien sûr même si les principaux épisodes connus de la vie d'Adèle et de Kurt sont respectés.

    Donc si vous avez toujours rêvé de partager un repas avec Einstein ou Oppenheimer, le père de la bombe atomique, ne manquez pas ce livre qui nous fait revivre une bonne partie du XXéme siècle et ses débats philosophques car comme tout mathématicien, Gödel était aussi philosophe!