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Cas@d€i - Page 52

  • En Haute-Loire, l'avant garde est dans le pré

    Le journal Le Monde de ce jour publie un bel article de Raphaëlle Rérolle intitulé L'avant garde est dans le pré qui dresse le portrait de plusieurs citadins revenus de Dubaï, d'Afrique du sud, de Washington pour s'installer à la campagne en Haute-Loire du côté de Lavaudieu, de Brioude, de Bournoncle-Saint-Pierre, de Troupenat. Ils sont graphiste, psychanalyste, forgeron, coach... travaillent à distance, n'hésitent pas à faire 500 km pour aller voir une expo à Paris, bref des néo-ruraux qui constituent une partie de la solution face au dépeuplement de l'Auvergne, cette région peuplée d'arbres et de vieux.

    Citation : 

    Ils ont quitté la ville pour s'installer dans un environnement rural. A leur manière, ce sont des aventuriers. Aujourd'hui, rencontres avec des artistes et des télétravailleurs en Haute-Loire 

    N'essayez pas de parler français aux chiens d'Isabel et Adriaan : ils ne comprennent que l'anglais. Dans la campagne de Haute-Loire où ils courent en liberté, personne ne ferait la différence entre ces deux gros toutous pacifiques et n'importe quel animal du coin. Sauf que ceux-là portent des noms zoulous, qu'ils viennent d'Afrique du Sud et qu'ils sont arrivés en France dans les bagages de leurs maîtres. C'est au milieu d'un hameau minuscule, trois maisons et des ruines, qu'Isabel et Adriaan ont décidé de s'établir il y a dix-huit mois. Lui, néerlandais, elle, française, et leurs trois filles, dont la dernière, Nelly, est une enfant adoptive, née dans un township de Johannesburg. Ils font partie des 90 000 personnes qui ont choisi de s'installer en Auvergne depuis cinq ans, selon une enquête de l'Insee menée en partenariat avec l'Agence régionale de développement des territoires d'Auvergne. A eux seuls, ces nouveaux arrivants composent maintenant 8  % de la population auvergnate. Des néoruraux, comme on dit. Ou des ex-urbains, si l'on veut, puisque la majorité d'entre eux viennent des villes.

    C'est le cas de tous ceux qui, comme Isabel Parenthoen et Adriaan van den Assem, ont opté pour une profession intellectuelle ou artistique. Le genre de métier que l'on peut exercer à distance, pourvu qu'on ait Internet et le téléphone. Mais pourquoi quitter les villes, si riches justement en offres artistiques et intellectuelles ? Pourquoi venir planter sa tente (en l'occurrence une grange, parfaitement retapée) au lieu-dit Troupenat, avec les collines comme uniques voisines ? " D'ici, on voit loin ", remarque Isabel en montrant la vue sur la chaîne des Puys, derrière la maison. Prendre de la distance, sortir des rails, concevoir l'avenir autrement : les motivations d'Isabel et Adriaan sont aussi celles de nombreux ruraux d'adoption, qui partagent tous une grande pratique de la mobilité, à la fois géographique et professionnelle. Ce qui ne manque pas de piquant, puisque ces aventuriers d'un nouveau genre viennent s'établir dans des lieux définis, justement, par leur immobilité. Hypercontemporains, hyperconnectés, ils font leur trou dans des " trous "...

    Isabel dirigeait le bureau de l'Agence France-Presse (AFP) pour l'Afrique australe, dix pays en tout, quand elle a mis le cap vers la Haute-Loire. Fini le journalisme, finis les zigzags entre les différents pays où la conduisait son métier. " Je ne trouvais plus dans cette vie ce que je cherchais ", se souvient-elle. Depuis quelques années, elle s'était formée au management, puis à la psychothérapie et au coaching en entreprise. Adriaan, de son côté, avait depuis longtemps délaissé la chimie pour des études d'ingénieur du son. A Troupenat, il a aménagé de ses propres mains un studio d'enregistrement pour lui, une salle de séminaire écologique pour elle. Tous deux alternent les sessions à domicile et les missions à l'extérieur. Isabel coache par Skype jusqu'en Australie, dirige des formations à Paris ou à Lyon, travaille avec des clients isolés ou des PME du coin.

    La ville, ils ne l'ont pas fuie, enfin c'est ce qu'ils disent. Ils avaient surtout envie d'autre chose. De nature, d'espace, de ne plus marcher " dans le troupeau ", comme l'affirme Isabel avec une grimace : oublier les heures de pointe, " les grèves, les odeurs des gens, la trop grande proximité ". Et surtout, ne pas se retrouver coincés dans des rythmes qui n'étaient pas les leurs. Etre à la campagne, c'est reprendre la main. Le rêve contemporain par excellence pour les hommes et les femmes du XXIe  siècle, hantés par l'idée de se sculpter un destin sur mesure. D'être dans le " faire " et l'" agir ", plutôt que dans le " subir ".

    Ce désir est aussi celui d'Anthony Taylor Rischard, 44 ans, et de sa compagne. Eux vivent à Bournoncle-Saint-Pierre (Haute-Loire), un village ravissant et très, très tranquille : pas de café en vue, pas un chat dans les rues à 5  heures du soir. Face à l'église, bien en évidence, une plaque " Psychanalyste ", c'est elle, un panneau " Forge d'art ", c'est lui. Quand on se présente, il surgit en vêtements de travail, " dans mon jus ", sourit-il. Cinq minutes plus tard, chemise bleu clair et pantalon beige, c'est un autre homme - ne fût-ce les ongles un peu cernés, on le verrait plus volontiers urbain, branché. Surtout quand, au coin d'une phrase, surgit une pointe d'accent américain.

    Né et grandi à Washington, de mère corse, Anthony a fait des études de production télévisée à Paris, avant de monter une entreprise de matériel électronique aux Etats-Unis, puis de se retrouver dans la communication numérique à Dubaï, en  2004. Là, il a rencontré sa compagne, originaire d'Issoire, Puy-de-Dôme. Ils ont eu deux enfants. Aujourd'hui, Anthony tient beaucoup à préciser qu'il n'a pas quitté le Golfe par aversion. Ce sont pourtant les excès de Dubaï qui leur ont fait lâcher la rampe, en  2009-2010. " Quel environnement voulions-nous pour nos enfants ? Pas celui-là, se souvient-il.Dubaï, c'est le fantasme, la démesure, pas la vraie vie : la goutte d'eau qui a fait déborder le vase urbain. " En s'établissant à Bournoncle, ils ont pu donner libre cours à leurs rêves, ou à leurs passions puisque Anthony travaillait déjà le métal, en parallèle du reste, depuis 1997.

    Au départ, il a fallu s'adapter à certaines particularités locales. Ou se désadapter du train galopant d'une ville mondialisée, c'est selon. " Le fait de ne plus pouvoir aller acheter des vis à 22 h 30, c'était un peu dur, ironise Anthony. D'autant qu'ici, les commerces ont des horaires fantasques. " Accepter, aussi, de dépendre de sa voiture pour presque tous ses déplacements. " Mais enfin, observe-t-il, à Dubaï, l'embouteillage moyen est de deux heures et demie... " Quand on lui demande comment ça marche avec les " locaux ", il n'hésite pas : " Il y a un énorme apprentissage à faire en matière de relations sociales. Ici, on n'ignore pas ses voisins comme en ville, mais il faut un bout de temps pour être invité à l'apéro et se tutoyer.  Une fois que c'est fait, on peut compter sur eux à 150  %. "

    Tout de même, ces " expatriés " d'un nouveau genre n'ont-ils pas tendance à rester entre eux ? La tentation est forte. " D'abord, nous sommes de plus en plus nombreux ",remarque Anthony. Les trois quarts des amis du couple sont pourtant du coin. " Mais ma compagne est d'ici, ça facilite... ", précise-t-il. Pour lui, c'est clair : " Il y a un confort dans le dialogue avec des gens eux aussi éloignés de leurs racines. " Ce tropisme, Sandrine Chimbaud le connaît bien. Graphiste et spécialiste de la communication, cette femme de 40 ans vient de s'installer à Brioude, sous-préfecture de la Haute-Loire, après plusieurs mois dans une ferme isolée. " On va plus facilement vers des gens qui ne sont pas d'ici, constate-t-elle. C'est une curiosité naturelle. " Une question de goûts communs, de culture urbaine partagée, d'esthétique presque. Sans compter que les autochtones ne sont pas forcément très ouverts au brassage de population, comme l'explique Guilhem Vicard, photographe et graphiste originaire de la région parisienne, installé à Lavaudieu, Haute-Loire : " Ici, quand tu es de Brioude, à 25  km, tu seras un étranger toute ta vie. Alors quand tu arrives avec un 92 à l'arrière de ta voiture... "

    Comme Sandrine, tous sont prêts à faire des kilomètres pour aller trouver à Lyon, Paris ou Marseille les expos, les musées, les cinémas qui leur manquent. " Nous n'avons pas tout à fait la même conception des distances que les gens d'ici ", observe Anthony. La ville à la carte, donc, une fois de temps en temps. " J'ai choisi une vie cui-cui, s'amuse Sandrine. Quand j'ai envie d'un restaurant japonais, je vais plus loin. " Quant à Guilhem, il va faire ses courses à la librairie du Centre Pompidou, à Paris. Récemment, avec sa compagne, ils ont fait les cinq heures de route pour assister à un spectacle de Marie-Claude Pietragalla.

    Eux vivent donc à Lavaudieu depuis 2007, avec leurs deux enfants.  Dans ce village historique enroulé autour de son abbaye, ils ont aménagé l'ancienne école laïque en maison d'habitation, au prix d'un an et demi de travail. A l'étage, on pourrait se croire dans un loft parisien si les fenêtres n'ouvraient sur un horizon de ruelles et de forêts. Pourquoi là ? Parce que Guilhem a des racines familiales dans le Cantal, pas loin. Son choix s'est fait au terme d'un itinéraire chahuté, tant géographique que professionnel : facteur, photographe, de nouveau facteur, puis graphiste et toujours photographe. Guilhem n'a " pas voulu fuir Paris ", d'autant qu'il y était bien logé, dans un HLM obtenu grâce à La Poste que tous ses copains lui enviaient. Mais " changer d'air ", ça oui. Et surtout, " avoir plus d'emprise " sur ce qu'ils vivaient, sa compagne et lui. " On est partis à l'essai. "

    Alimentation et déplacements " en conscience ", habitat écolo, projet d'école alternative, création d'un café-lecture associatif, Guilhem a beaucoup fait. Et beaucoup appris sur le tas. Ce qui ne l'a pas empêché d'éprouver, parfois, des inquiétudes et des frustrations. D'abord, l'hiver est long, dans une région rude comme la Haute-Loire. Ensuite, les réseaux professionnels sont incertains. Fin 2012, avec sa compagne, ils se sont demandé si l'" essai " n'allait pas tourner court. A peu près à la même époque, Sandrine a failli laisser tomber sa vie " cui-cui ". Trop d'irrégularité dans les revenus, pas assez d'échanges avec des pairs.

    Et puis, coup de chance, elle a rencontré Guilhem. Ensemble, ils ont créé un collectif qui leur permet de porter des projets, de communiquer " en live " par Internet, de se sentir moins isolés dans cette région largement peuplée " d'arbres et de vieux ", comme le dit Guilhem en riant. Persuadé de représenter une avant-garde, il se dit toutefois que l'isolement ne durera pas toujours. " En  2007, quand je me suis installé, mon grand-père m'a dit : "Tu es fou, c'est le désert, l'Auvergne." Je lui ai répondu : "On n'est pas les seuls. Tu verras, dans dix ans ce sera la banlieue de Lyon." "L'affaire est peut-être en route, espérons seulement qu'il faudra un peu plus de dix ans...

    Raphaëlle Rérolle

  • Emploi, que faire?

    Je partage totalement le point de vue de Pierre Cahuc et alii ci-dessous paru dans Les Echos de ce jour.

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0203615862864-creer-des-emplois-ou-satisfaire-les-partenaires-sociaux-il-faut-choisir-1022570.php

  • L'ile des chasseurs d'oiseaux

    may.jpg

    Un excellent polar pour débuter l'été! Il y a bien sûr une intrigue policière particulièrement bien ficelée, le lecteur est tenu en haleine jusqu'à la dernière page et même jusqu'à la dernière phrase,  et de présupposés en certitudes, le lecteur s'égare entre toutes les pistes qui lui sont proposées.

    Mais le talent de Peter May va bien au delà.

    L'action se déroule en Ecosse, dans l'ïle de Lewis, la plus grande ile de l'archipel des Hébrides. L'ambiance est faite de langue gaélique, de sabbat chrétien, de cairns et de tourbe.

    Un des grands moments du livre est la relation de la chasse au guga, le poussin des Fous de Bassan qui colonisent l'ilôt d'An Sgeir, à 60 km au nord de Lewis. La chair du guga est particulièrement appréciée et depuis des centaines d'années les hommes le chasse chaque année. La tradition se résume aujourd'hui à un séjour annuel de 12 hommes pendant deux semaines avec un quota de chasse et ce séjour, très rude, dans la tempête, sert d'initiation pour deux jeunes gens choisis par les anciens .

    C'est dans ce contexte que Fin, inspecteur de police de Glasgow, mais qui a passé toute son efance à Lewis vient enquêter sur un meurtre particulièrement odieux, un meurtre dont le mode opératoire est similaire à celui sur lequel il est en trains d'enquêter commis à Edimbourg.

    C'est l'occasion bien sûr de revoir ses amis d'enfance, tout l'environnement qui a marqué sa jeunesse, et de découvrir tout ce que les haines recuites pendant des années sur une ile peuvent produire de maléfique.

    je n'en dis pas plus. Quittez vos villages, vos iles, voyagez c'est bon pour la santé mentale!

    Et pour vous donner envie de lire ce livre allez sur An Sgeir par l'image c'est magnifique : https://www.flickr.com/photos/709913/sets/72157622084563549/

  • Les Pas Casaniers

    Ce samedi 5 juillet c'était la troisième édition de ces Pas Casaniers, un rassemblement de randonneurs sur le plateau de La chaise-Dieu.

    A 8h30, Par une petite pluie fine, nous partîmes à quatre de Saint-Pal-de-Senouire. A Sembadel-bourg le flot se grossit des randonneurs partis de Sembadel-Gare et nous nous retrouvâmes 14 en route pour La Chaise-Dieu sous le soleil.

    Vers 11heures 30, la place de la fontaine à La Chaise-Dieu vit aussi converger par dizaines les randonneurs venus de Berbezit, Bonneval, Cistrières, Connangles, Félines, La Chapelle-Geneste, Malvières. Manquait Laval sur Doulon pour que toutes les communes du canton soient représentées.

    Retrouvailles, photo sur les marches de l'abbatiale après une aubade et quelques danses offertes par le groupe folklorique La Crouzade puis déjeuner en musique à la Salle des fêtes offert par le Crédit agricole.

    Une édition pleinement réussie à l'initiative de l'association Sport Nature La Chaise-Dieu.

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  • Le Léopard des neiges

    leopard des neiges,peter matthiessen,tibet,népal,montagne de cristalPeter Matthiessen, naturaliste et écrivain américain, décédé le 4 avril dernier, était né en 1927. Le Léopard des neiges n'est pas un roman d'aventure mais simplement un journal qui relate l'expédition qu'il effectua de septembre à décembre 1973 dans le Dolpo, une région du Népal à la frontière du Tibet en compagnie du zoologiste Georges Schaller qui voulait observer des bharals et des léopards des neiges.

    Simplement un journal mais d'une haute tenue littéraire. Les deux expéditionnaires s'ils sont ensemble ne vivent pas la même chose, Georges conduit réellement une expédition scientifique, Peter en profite pour méditer, s'extraire du monde, revivre les derniers jours de sa femme Deborah Love, penser à son fils de huit ans qui l'attend, s'adonner au Zen, se dissoudre en quelque sorte dans un flux sans formes où les concepts tels que la mort, la vie, le temps, l'espace, le passé, l'avenir n'ont aucun sens...

    Et puis il y a l'amitié qui se crée, un peu brusque, maladroite, avec Tukten, le sherpa indiscipliné, imprévisible, mais toujours là in fine quand il est indispensable. Et une nature magnifique.

    Avant de lire le livre ou après l'avoir lu, regarder quelques photos pour se faire une idée de cet autre monde qui est aussi le notre :

    https://www.flickr.com/photos/the_great_himalaya_trail/sets/72157631688942189/

  • La Chaise-Dieu : une approche pluridisciplinaire

    chaise dieu plan.pngCe dernier dimanche de juin, les universitaires prenaient la parole dans l'Auditorium Cziffra de La Chaise-Dieu pour présenter au public venu très nombreux le fruit de leurs recherche sur l'abbaye et le village. 

    A l'initiative du Conseil général et du Syndicat mixte qui conduit les travaux de restauration de l'ensemble abbatial actuellement en cours, de nombreux chercheurs se sont associés dans un programme collectif de recherche pluriannuel et ils en présentaient les premiers résultats.

    Frédérique Anne Costantini (Université de Bordeaux) a montré la richesse des archives écrites conservées tant aux Archives nationales qu'à Avignon, au Puy ou à Burgos, des archives exceptionnellement riches.

    Richard Goulois, l'architecte du patrimoine en charge du projet de restauration, a précisé le parti pris retenu pour l'affectation des différents espaces : accueil général, festival, espace muséal, exposition des tapisseries... en le justifiant par la clôture qui prévalait à l'origine et la nette séparation entre village et abbaye...

    Daniel Parent, archéologue, a montré ce que l'archéologie pouvait apporter pour améliorer notre connaissance du site à partir de la mise en évidence du mur de clôture qui préexistait à l'édification de la porte du for.

    Damien Martinez (HADES)a fait état du fruit des prospections géo-radar effectuées fin 2013 dans la nef et le collatéral sud. Sans recourir à l'archéologie, simplement par l'analyse de l'écho d'un signal Radar on arrive à mettre en évidence l'emplacement probable d'un des murs de l'ancienne abbaye qui a été détruite au XIV° siècle pour construire l'édifice actuel.

    Paul Bynski, (Université de Cambridge) a étonné l'auditoire en montrant les ressemblances frappantes entre le tombeau  aux anges musiciens et les fenêtres du cloitre avec des tombeaux et des édifices du gothique flamboyant sis en Angleterre et un peu antérieurs à l'abbatiale actuelle, ce qui montre combien les idées circulaient déjà rapidement.

    Bernard Sanail  (Université de Saint Etienne) a rappelé toute l'importance du manuscrit de Dom Victor Tiolier qui décrit l'abbaye de façon très précise au XVII° et XVIII° siècles.

    Daniel-Odon Hurel, Université de Saint Etienne, et coordonnateur du groupe de recherche, a présenté les premiers résultats de ses recherches sur l'inhumation des moines.

    Enfin, Martin de Framond, directeur des archives de la Haute-Loire a enchanté l'assistance en résumant à grands traits les heures et malheurs de la famille Roger de Beaufort, la famille de Clément VI, corruption et népotisme faisaient alors leur ouvrage...

    Un ensemble de communications prometteur de nature à bien préparer la mise en valeur de l'Abbaye une fois les travaux de restauration terminés, a priori en 2015.

    On a revu avec plaisir et émotion le film sur la dépose des tapisseries en mai 2013 puis on est allé faire un petit tour à la Dorette en fête à Bonneval et écouter dans l'église de Malvières le concert donné par Sylva Doulce de La Chaise-Dieu et Comme un accord d'Ambert

    On a donc manqué le concert amical donné à l'abbatiale par Anne Page, Paul Bynski et Julien Caron avec le choeur de La Valette de Saint Chamond.

    Le programme était trop riche à La Chaise Dieu ce dernier dimanche de juin! 

  • The King and I

    LE-ROI-ET-MOI_2781503993016469575.jpgLe roi et moi ou la chronique d'un amour impossible entre une gouvernante anglaise venue à Bangkok et le roi du Siam avec l'intention d'éduquer ses 67 enfants... Cela se psse dans les années 1860 sous la rine Victoria.

    Cette comédie musicale créée à  New-York en 1951 est l'adaptation du Roman Anna and the King of Siam de Margaret London publié en 1944.

    Elle se joue au Chatelet à Paris jusqu'au 29 juin. On peut y entendre Lambert Wilson dans le rôle du Roi, Susan Graham dans celui d'Anna et Je Ni Kim qui interprete Tuptim, l'esclave birmane du Roi.

    La mise en scène est flamboyante, les costumes chatoyants, soyeux, finement colorés, la robe rouge d'Anna dans shall we dance magnifique. Les chorégraphies sont brillantes et la morale de l'histoire certes un peu naive comme dans toutes les comédies musicales... on y adhère volontiers. Le roi est une sorte de Hamlet, un roi qui doute... attachant.

    http://voyageaupaysdesmerveilles.com/lambert-wilson-dans-the-king-and-i

     

  • Etat de siège

    AFF-ETAT-DE-SIEGE-NV-200x300.jpgLa peste s'empare de la cité, la dictature s'installe, la société est organisée, les individus s'éxécutent, c'est le cas de le dire, le silence est imposé, la peur régne, les formulaires, les statistiques, la bureaucratie terrorsent les petites gens... seul un homme conjure sa peur et se révolte, un homme seul...

    C'est du Albert Camus dans sa jeunesse, tout y est déjà, la peste, l'homme révolté... mais c'est traité de façon burlesque, grinçante, et magistralement par une troupe de comédiens qui ont pris d'assaut le théatre de Poche Montparnasse, à Paris, jusqu'au jeudi 26 juin. Le théatre de Philippe Tesson le papa de l'écrivain Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie).

    Ce qui est formidable à Paris c'est qu'en l'espace d'un instant on peut se retrouver dans une salle de théatre et découvrir une bonne pièce avec des bons acteurs sans réserver des mois à l'avance.

  • Oloron Saint Marie - Saint Jean Pied de Port sur le chemin du Piémont pyrénéen

    Notre GR 65, le chemin du Puy s'était arrêté à Saint Palais et notre GR 653, le chemin d'Arles à Oloron Saint Marie. D'où l'idée d'achever ces deux voies d'accès au camino frances par le GR 78 dit chemin du Piémont et de relier Oloron Saint Marie à Saint Jean Pied de Port (SJPP) et de franchir enfin la Porte Saint Jacques puis descendre sa fameuse rue de la citadelle.

    Marchant exceptionnellement seul, j'ai fait le choix raisonnable de quatre étapes : Oloron, Hopital Saint Blaise, Mauléon-Licharre, Saint Just Ibarre et Saitn Jean Pied de Port. On peut n'en faire que trois. Oloron, Hopital saint blaise, Garaibie, Saint Jean Pied de Port mais cela fait deux étapes successives de plus de 30 km.

    Pour les gites aucun problème, le Relais du Bastet à Oloron est impeccable, seule difficulté trouver de quoi manger un lundi de pentecôte, une pizzeria fit l'affaire. Et j'au pris soin de rendre hommage à la pâtisserie Artigarrède en dégustant la spécialité du Russe. A L'hôpital Saint Blaise, atteint plein de boue du fait des orages des journées précédentes, le gite communal est tout aussi parfait. Installé dans l'ancien préau de l'école communale réaménagée,l'accueil par Coralie qui assure aussi la visite de l'église et le son et lumière un soir sur deux est impeccable. Pour le diner deux restaurants, qui lorsqu'ils sont fermés proposent des plateaux pour le diner, le soir ou je suis passé c'était Garbure, cerf et pommes de terre en sauce, fromage de brebis, pour le petit déjeuner un distributeur automatique, un peu bruyant depuis qu'il a été victime d'une tentative de dévalisation, propose des packs petit déjeuner. C'est parfait. A Mauleon, là aussi gite communal, les clefs sont à prendre à la mairie, dans un ancien appartement de fonction d'instituteur. Le soir passage très sympathique de bénévoles de l'association jacquaire des Pyrénées atlantiques, celle qui gère l'accueil des pélerins à SJPP. Enfin à Saint Just Ibarre, je recommande l'Auberge des platanes, seul endroit qui propose une offre de restauration  à moins d'avoir la chance de tomber sur la camion de Simply lorsqu'il passe. L'Auberge ne fait à diner qu'aux clients qu'elle héberge. Au menu ce soir là, trois patés excellents, rôti de boeuf et mange-tout bien assaisonnés, gâteau basque of course! compter 10 à 12€ pour les gites et 50 € la demi pension complète en chambre individuelle à l'Auberge.

    Pour l'itinéraire j'ai suivi les recommandations du site :  http//:vppyr.free.fr/vpp-index-etapes-php qui reprend la traditionnelle voie du piémont plutôt que le tracé du GR 78 qui navigue fréquemment sur le haut des collines et qui a pour inconvénient d'allonger la distance et les cumul des dénivelés. Le site décrit parfaitement la comparaison des itinéraires. seul inconvénient de cette solution, plus de goudron et un balisage totalement aléatoire.

    La meilleur surprise fut la rencontre à 6h30 du matin à Ibarolle le dernier jour des frères Harispuru qui fabriquent des Makilak et dont nous avait parlé notre hôtesse l'année passée à Monein

  • En Patagonie

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    De Bruce Chatwin, j'ai déjà évoqué dans ces chroniques Le Chant des pistes, ouvrage sur les arborigènes australiens, écrit à la suite d'un long voyage en solitaire, à pied, au coeur de l'Australie.

    En Patagonie, publié en 1977, est l'ouvrage qui a fait connaitre Bruce Chatwin dans le monde de la littérature de voyage et de la littérature tout court.

    La Patagonie c'est cette contrée australe de l'Amérique du Sud, désolée, battue par les vents et les tempêtes, peuplée de moutons, où les navires font naufrage plus qu'à l'ordinaire.

    Bruce Chatwin au gré de son périple nous dresse le portrait de personnages hors du commun échoués dans cette contrée inhospitalière, venus d'Ecosse, de Russie, de Dordogne, des juifs, des mormons, des déclassés, des capitaines de navire dont plus personne ne veut, des bandits comme Butch Cassidy, des spéculateurs, des ivrognes...

    Ces histoires, elles lui ont été racontées au cours de ces rencontres sur place. Est-ce qu'elles sont toutes véridiques? Pas certain. On le lui a reproché. Mais la littérature doit elle coller aux faits? Certainement pas. C'est ce qui fait son intérêt.

    La reception de cet ouvrage sur place devenu culte ailleurs n'a pas été unanime loin s'en faut. Bruce Chatwin, né en 1940 et mort en 1989, initialement expert en art chez Sotheby's, est anglais et, dans cette région d'Amérique du Sud, l'histoire des Malouines - Falklands a laissé des traces durables. Sur ces sujets on lira avec intérêt cet article de Libération 

    http://www.liberation.fr/livres/2000/05/04/chatwin-le-guide-deroutant_324815

    En épigramme de l'ouvrage : Il n'y a plus que la Patagonie, la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse... Blaise Cendrars - Prose du transsibérien.