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Cas@d€i - Page 137

  • Pascal Bourquin arrive à Saint Jacques aujourd'hui

    Ce 13 juillet, Pascal Bourquin doit arriver à Saint Jacques de Compostelle. Il est parti du Puy en Velay, a emprunté la Via Podensis et le Camino Frances.

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    Il aura parcouru 1532 km en 32 jours, vous avez bien lu 32 jours!, dont 2 jours aux urgences de l'hopital de Cahors. Je l'ai rencontré dans le Gers sur le GR 65 un soir à son arrivée à Saint Antoine. Il a l'optimisme chevillé au corps et depuis mon retour au Liban, je me suis arr^té provisoirement à Lectoure, tous les jours je commence ma journée avec ses reportages.

    Vu du Liban, cette détermination à avancer, à atteindre ses objectifs, fait plaisir à voir.

    Une très belle aventure qu'il est encore temps de lire à : http://bourquin.viabloga.com/

    S'il n'était pas suisse, il se serait arrangé pour arriver un 14 juillet!

  • Petra : merveille du Monde

    Rami G. Khoury dans le Daily Star a commis l'un des meilleurs articles sur la désignation de Petra (Jordanie) comme l'une des sept merveilles du monde.

    Il se trouve en effet que notre éditorialiste a étudié pendant plusieurs mois les Nabathéens, cette tribu arabe qui a construit Petra il y a maintenant 2000 ans et il considère que les Arabes d'aujourd'hui feraient bien de relire son histoire.

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    Le succès prodigieux de cette cité reposerait en effet sur six points :

    1 - la capacité diplomatique à éviter les conflits avec les grandes puissances du moment : Grèce et Rome

    2 - l'équilibre entre le séculaire et le spirituel

    3 - le développement durable avec en particulier la maîtrise de l'usage de l'eau, bien public rare en ces lieux

    4 - une économie diversifiée et non centrée sur les seules ressources naturelles

    5 - une justice équitable et des services publics efficaces

    6- une nation ouverte au monde, aux cultures, aux nouvelles technologies et aux autres religions.

    On voit bien l'ampleur du gap à combler par le monde arabe.

  • La preuve par les "crocs"

    Je dois l'avouer, je n'ai découvert l'existence des crocs que récemment , aux pieds de Mistinguette, dans la montagne libanaise.

    Elle est formidable Mistinguette! Elle a acheté ses crocs en Floride et tous les dimanches, elle randonnne pieds nus dans ces sandales oranges en plastique : sur les chemins de terre, dans le lit des wadis, au milieu des ronces, elle ne craint que les serpents, rares au demeurant.

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    Avec ses crocs, elle a également parcouru les déserts du Sinaï et du Neguev, fait l'ascension du Kilimandjaro en Tanzanie...Il faut dire qu'elle ne craint rien Mistinguette : sexagénaire, elle est toujours partante, toujours en mouvement, ski de fond, l'hiver, ski nautique l'été, escalade, rappel, elle va bientôt s'essayer au quad...

    En tous cas Minstinguette apporte une réponse claire à la question qui taraude la blogosphère depuis près d'un an. Les crocs sont bien des chaussures de randonnée et non de simples sandalettes pour les lectrices de ELLE.

  • Récidive

    Au moment, où le Parlement français est saisi par Rachida Dati, la nouvelle garde des Sceaux, d'un projet de loi qui institue des peines planchers pour les récidivistes, il n'est pas inutile de recourir à ses souvenirs de statistique.

    Les autorités en charge de la sécurité caressent souvent l'espoir de prédire le comportement de populations qui présentent a priori un risque important en termes criminel, du terrorisme à la délinquance sexuelle.

    La compilation de données relatives à l'âge, le passé judiciaire, le type des victimes... permettrait de déterminer si un individu est susceptible de récidive ou non dans le but de prendre des mesures de prévention.

    Une étude de Stephen Hart et alii dans le British Journal of Psychiatry montre que ces méthodes si elles donnent de bons résultats pour un groupe d'individus sont totalement incapables de prédire le comportement d'un individu. La probabilité qu'un individu appartenant à un groupe à risque récidive est en effet comprise entre 3 et 91 % avec un intervalle de confiance de 95 %.

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    Le Tasse en Prison - Eugène Delacroix

    Comme le souligne The Economist (23 juin), votre assureur est incapable de déterminer votre espérance de vie mais il sait le faire pour l'ensemble des clients de votre âge...

    Morale : Rien ne remplacera jamais l'appréciation des juges au cas par cas. Il est inutile d'enserrer leur jugement dans un carcan de régles préétablies. Faisons confiance à la justice de notre beau pays. Comparée à celle de biens d'autres, nous ne sommes pas mal lotis!

  • Le patriarcat maronite au Liban

    Pas un jour quasiment sans que la presse ne nous relate les prises de position du Cardinal Sfeir!

    Sa béatitude le Cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir, est en effet le Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient.

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    C'est d'abord le chef d'une église, l'église maronite, mais c'est aussi un homme politique. Doté d'une grande expérience puisqu'il est né en 1920 et qu'il est Patriarche depuis 1986, cardinal depuis 1996.

    Tous le personnel politique a l'habitude de se rendre à Bkerké, le siège du patriarcat, d'où nous parviennent les positions du patriarche ou des évêques maronites, à la suite d'un entretien avec tel ou tel ou plus simplement lors de l'homélie du dimanche.

    On comprend mieux le rôle du patriarche quand on prend la peine de lire L'histoire du Liban de Boutros Dib. Il y écrit en effet en parlant de la situation de l'église maronite au XIII° siècle :

    Le patriarche lui-même se comportait plutôt comme le chef d'une vague confédération tribale que comme le chef d'une église.

    Quand on voit se succéder à Bkerke, Aoun, Frangié, Geagea, Gemayel, Harb, Lahoud...on comprend qu'au fond les choses n'ont pas changé en huit siècles. Le Liban souffre toujours de la persistance du féodalisme ou des allégeances aux grandes familles...

  • Requiem pour le Liban SVP

    Et bien non, ce n'est pas encore cette année que les libanais pourront applaudir le Requiem de Verdi sous la direction de Ricardo Muti.

    Pour la deuxième année consécutive, l'été sera sans festivals! Annulé en effet les festivals de Baalbeck et de Beittedine pour raison de sécurité... ce seraient des cibles trop faciles que ces musiciens qui viennent célébrer le bonheur de vivre.

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    Déjà l'an dernier, alors que l'on s'apprétait à faire le voyage de Baalbeck le 13 juillet pour aller applaudir Fayrouz, il avait fallu laisser place aux bombes israéliennes. Et dans la foulée la perspective d'aller voir Liza Minelli à Beiteddine s'était évanouie.

    C'est la première fois depuis 1987 que ces deux festivals sont annulés deux années de suite...C'est dire.

    Il faudra aller à Rome pour écouter Ricardo Muti...

    Le Festival de Ravenne, Telecom Italia Progetto Italia et l’Ambassade de la République du Liban en Italie présentent le Requiem de Verdi dirigé par Riccardo Muti avec l’Orchestre et le Chœur de Maggio Musicale Fiorentino. Ce concert organisé dans le cadre de l’initiative « Un pont de fraternité à travers les arts et la culture par les voies de l’amitié », aura lieu au Palais du Quirinale, dimanche 22 juillet 2007.
    Cet évènement qui était prévu à Baalbeck le 22 juillet 2007 sera donné à la même date à Rome en hommage et en solidarité au peuple libanais.


    Il est aussi possible d'aller au Festival de La Chaise-Dieu en Haute-Loire écouter les 23 et 24 août le Requiem de Fauré par l'ensemble Accentus.

  • "The bubble" doublement censuré au Liban

    "The bubble", film israélien d'Eytan Fox qui vient de sortir en France ne sera pas distribué sur les écrans libanais. On s'en doutait. C'est habituel.

    Tout aussi habituelle la censure exercée sur la presse à cette occasion. Les exemplaires de l'édition du journal Le Monde datés du mercredi 4 juillet distribués au Liban étaient de nouveau amputés des pages 27 et 28 cette fois. En page 27 d'après le sommaire figurait en effet une critique du film et un portrait d'Eytan Fox.

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    Tout cela est proprement ridicule à l'heure d'Internet! On croît rêver! Et ce n'est pas assez dénoncé!

    Les participants des différents partis politiques libanais à la conférence de La Celle Saint Cloud qu'organise Bernard Kouchner pourront profiter de leur séjour à Paris après le défilé du 14 juillet et qui sait la garden Party de l'Elysée pour aller voir le film. Ils pourront en effet faire des rapprochements avec la situation libanaise.

    Le film est sorti en Israël en juillet 2006 juste avant le déclenchement de la guerre avec le Liban. La "Bulle" c'est la ville de Tel-Aviv où malgré le poids quotidien du conflit avec les palestieniens les gens, vivent, s'aiment, font la fête...Eytan Fox y met en scène une histoire d'amour sans doute impossible entre un jeune soldat israélien et un jeune palestinien.

    Par bien des côtés, Beyrouth est aussi une bulle et même une juxtaposition de bulles et il est franchement dommage de priver ses habitants de l'opportunité de voir ce film.

    Les DVD piratés qui circulent sous le manteau finiront bien par l'emporter sur la censure.

  • La petite Chartreuse de Pierre Péju

    C'est d'abord remarquablement écrit! Un vrai plaisir à savourer mais qui peut se lire d'une traite tant c'est haletant.

    C'est l'histoire de trois solitudes. Il y a celle du principal personnage, le libraire Etienne Vollard, tout encombré de son corps, trop grand, trop lourd, disgracieux, au point qu'il le néglige. Etienne a un don rare, celui de retenir par coeur des pans entiers de tout de qu'il lit. Et il lit d'abord de la littérature. Ce don, ajouté à ses difficultés relationnelles avec les gens ordinaires l'a conduit à ce métier de libraire qu'il exerce à Grenoble, au Verbe être.

    Il y a Thérèse Blanchot, jeune femme qui aimerait ne pas être là. Elle flotte, elle habite les gares, les autoroutes, toujours en fuite, les magasins, elle rêve, fuit le réel à la recherche d'une tranquilité ouatée. Elle est par hasard la mère d'Eva, sa seule contrainte apparente dans la vie qui la pousse à essayer de jouer son rôle de mère, mais sans grand succès.

    Et, Eva, une dizaine d'années, toujours par monts et par vaux à la suite de sa mère qui habite avec elle une ville où elle ne connait personne.

    Ces trois solitudes vont se percuter l'espace de quelques semaines. Un soir de pluie, Etienne va heurter de plein fouet Eva avec sa voiture, Eva, qui lasse d'attendre sa mère, en retard, s'est mise à courir pour essayer de rentrer chez elle.

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    Etienne va "adopter" Eva, se sentir père de cette petite fille plongée dans le Coma à laquelle il va faire la lecture jusqu'à ce qu'elle se réveille, l'emmener se promener dans la grande chartreuse pour tenter de lui redonner le goût et la force de vivre pendant que Thérèse poursuit malgré tout sa quête éperdue de sens ou de non sens.

    Mais la littérature ne peut pas tout...

  • GR65 - l'Aube nouvelle

    Pour celui qui emprunte le GR65 en provenance de Montcuq, l'Aube nouvelle se mérite! L'hotel-restaurant de l'Aube nouvelle, puisque c'est de cela qu'il s'agit, est perdu sur une colline à coté d'une ferme, à 30 km de Montauban. La dernière côte pour y parvenir, permet de découvrir les premiers rangs de vignes du célèbre Chasselas de Moissac. Auparavant, il aura fallu au randonneur risquer sa vie sur 1,5 km de route goudronnée sans aucun aménagement pour les piétons. Le Conseil général du Tarn et Garonne n'a en effet pas les mêmes égards pour les randonneurs que son voisin du Gers malheureusement.

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    L'effort en vaut cependant la peine. L'Aube nouvelle est une ancienne maison de maître aménagée en hôtel restaurant depuis 1953. La troisième génération est en train de prendre progressivement la main et c'est un bel exemple de mondialisation en marche. Pour le moment, c'est Marc et Claudine De Smet-Bruneel qui sont à la barre.

    Marc de SMET est donc le fils du fondateur, il travaille dans son affaire depuis l'âge de 15 ans. Son père, flamand de Belgique, après plusieurs années dans l'agriculture, indispensables à l'époque pour prouver sa légitimité a acquérir un patrimoine foncier, a créé cet hôtel et lui a donné le nom d'Aube nouvelle, un matin, au lever du soleil, selon la légende familiale.

    L'Aube nouvelle est aussi le nom de l'hymne national du Bénin, le titre du journal du Conseil général de l'Aube, natürlich, un site catholique a priori gardien de la tradition séculaire de la doctrine et des rites de la dite religion, une chanson de Marianne Faithfull et personnellement je trouve que dans les années cinquante, il y a une petite résonance de type communiste, internationale, lutte finale...jamais plus comme avant...

    Nous sommes accueillis par Marcella, jeune femme chilienne, mariée avec le fils de Marc de SMET : être accueillis dans le Tarn et Garonne sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, par une jeune femme native de Santiago, qui vous offre un verre d'eau fraîche dès le seuil de l'établissement et vous invite à vous asseoir, c'est pas mal.

    Le grand-père paternel de Marcella était palestinien émigré au Chili.

    Vous comprenez que dans ce restaurant, au parc bien arboré, vous pouvez choisir des spécialités du sud-ouest, du Chili , de la carbonade flamande, des bières, ...il manque du vin et des mezzés libanais!

    Les grandes chambres hautes de plafond viennent d'être refaites, le lit est confortable, on peut manger à l'intérieur ou dans le parc si l'orage ne menace pas. Les projets sont légions : terrasse, piscine, pergola...

    Dans 20 à 30 ans, Julian, deux ans, qui parlera flamand, espagnol, anglais et français prendra la relève.

  • Sur les pas de Gladys

    Dimanche dernier, le groupe "Le liban à petits pas", le groupe de randonnée créé il y a maintenant plus de cinquante ans par Victor Sauma avait demandé à Gladys Nader de guider la promenade du 1er juillet.

    On s'est donc retrouvé à El Laqlouq, dans la montagne au-dessus de Byblos, à une trentaine, à la recherche des cerisiers d'Henri.

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    Gladys est une femme formidable. Ceux qui ne la connaissent pas peuvent lire son portrait et sa fiche d'identité nature dans le magazine Elle Orientale de juin 2007. C'est une fille déterminée, une militante, une lionne, passionnée par l'environnement. Une bonne marcheuse, une skieuse de fond. Un vrai tempérament avec beaucoup d'humour et de liberté.

    Après deux heures de marche le long de la montagne, pas mal d'improvisation pour trouver le chemin, remontant le lit des ruisseaux, taillant dans la pente, et malgré les écorchures causées par les ronces, nous avons trouvé la petite maison en pierre d'Henri , à flanc de coteau, et la dizaine de cerisiers qui constituent son jardin.

    Dégustation et cueillette à l'attention de Victor, 87 ans, pour le dessert du pique-nique tiré du sac qui nous a tous regroupé sur le coup de trois heures alors que le brouillard commençait à tomber.

    Une belle journée avec une pensée pour nos amis britanniques qui redécouvraient en ce dimanche le terrorisme auquel nous sommes confrontés ici si ce n'est quotidiennement du moins assez souvent pour ne pas cesser d'y penser.

    Comme le chante Jean Ferrat : "Que la montagne est belle" mais comment peut-elle s'accommoder de tant de violence, de vindicte, de passions aussi destructrices?