Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Cas@d€i - Page 134

  • De Venise à Naples

    Le Festival de musique de La Chaise-Dieu nous a encore offert mercredi un voyage de rêve avec la musique sacrée de Vivaldi , voyage conduit par l'ensemble "les Paladins", voyage magnifié par des jeunes chanteurs talentueux, un choeur de 16 personnes dont 5 solistes. Les hommes, costumes et chemises noirs, cravates de couleur, les femmes, robes longues aux couleurs chatoyantes, pour suggérer peut-être l'ambiance fastueuse de Venise.

    c4c3198611fbfc1140694675d2e1a2ef.jpg


    L'oeuvre exubérante et légère de Vivaldi est parfois interrompue par des pages de méditation très émouvantes comme l'Agnus dei du "Gloria en ré majeur". Le violoncelle accompagne avec une grande tendresse la voix chaude et grave de la mezzo Sacha Hatala. Moments uniques, éphémères, à graver dans nos coeurs pour croire en l'homme.

    46c5a943e735f1b0d0f825f53f328955.jpg


    Jérôme Corréas, qui dirige "Les Paladins", ressuscite également l'oeuvre d'un contemporain napolitain de Vivaldi, Francesco Durante. Il nous fait découvrir son "Dixit Dominus" prière dansante et mélancolique jouée pour la première fois dans l'Abbatiale de La Chaise Dieu.

  • La Place de Jaude

    Au début du XIX siècle, la Place de Jaude à Clermont-Ferrand était déjà le centre de la ville mais il n'y avait ni trottoirs, ni fontaine, ni arbres...En revanche, on y trouvait beaucoup de tanneries, de chevaux. C'était sec et poussérieux l'été, boueux l'hiver.

    La statue du général Louis Charles Antoine Desaix, né en 1768 à Ayat-sur-Sioule, et mort au combat le 14 juin 1800 à la bataille de Marengo en Italie y a été érigée en 1848, celle de Vercingétorix, due à Bartholdi, le sculpteur de la Statue de la Liberté, en 1903.

    Il y a cent ans, en 1907 s'ouvraient les Galeries de Jaude, qui sont restées longtemps le grand magasin de Clermont-Ferrand.

    6f460d078f37be3b7a26337949788b65.jpg


    Et puis, en 1980, après que les édiles aient finalement décidé de raser le vieux quartier du "Fond de Jaude", est venu le Centre Jaude, le centre commercial.

    33df784b021cd60fc4f9f90be24b4ee2.jpg


    Depuis la rénovation de la place en 2005, désormais entièrement dédiée aux piétons et au tramway, on peut encore plus facilement comparer les architectures commerciales du début et de la fin du XX siècle.

    Et ce n'est pas du tout rassurant!

    Est ce que l'accroissement des biens offerts à la consommation des ménages justifie une telle évolution en matière d'architecture commerciale?

    Gageons que d'ici une centaine d'années les Galeries de Jaude seront toujours sur la Place et que le Centre Jaude aura été remplacé!

  • Bonheur d'une découverte

    Le festival de la Chaise Dieu réserve toujours de belles surprises à ceux qui s'aventurent dans le coeur de l'abbatiale! Aujourd'hui, c'est l'organiste et compositeur Thierry Escaich qui va réussir à nous captiver avec son "concerto pour orgue et orchestre".

    9145d8ddebfe541f567fac0446883999.jpg


    Les premières percussions nous désorientent, c'est de la musique contemporaine! Mais le rythme nous emporte! c'est une oeuvre, très expressive, très intense, très inventive également ! Elle m'évoque par son souffle "le sacre du printemps" de Stravinski : est-ce donc une ode à la nature ? une ode à la vie? je ne sais pas mais Thierry Escaich semble nous ballader dans un univers de murmure, de brise, parfois de tempête. C'est assez captivant, étonnant et passionnant sans aucun doute de découvrir cette musique d'aujourd'hui qui s'inspire des grands maîtres d'hier.

    Le festival nous invite ainsi presque malgré nous à pénétrer des mondes musicaux moins classiques! Nichés dans le choeur majestueux de l'église, nous laissons tomber nos réticences et nous écoutons avec bonheur!

  • GR 65 - Le chemin de Saint Jacques : une bulle confortable

    Le chemin de Saint Jacques de Compostelle est en passe de devenir un petit phénomène de société. Les statistiques manquent mais il semble bien que chaque année 10 000 à 15 000 pélerins emprunteraient le GR 65 qui conduit du Puy en Velay à 6d979eeda7c6e762175eb790929f2869.jpgSaint Jean Pied de Port. Les témoignages laissent penser qu'il faut multiplier par 10 ce chiffre sur la partie espagnole El camino frances, et peut être par 100 pour les derniers 100 km qui sont indispensables à l'obtention de la fameuse Compostella, ce certificat qui atteste de la réalité du pélerinage.

    A raison d'une semaine par an, le randonneur que je suis est parvenu à Aire sur l'Adour au mois d'août avec l'espoir d'atteindre les Pyrénées l'an prochain.

    En apparence, on rencontre sur le chemin différentes catégories de Pélerins. La Maison du Pélerin à Aire sur l'Adour en a vu passer près de 7000 depuis son ouverture en 2004. Il y autant de femmes que d'hommes, une très grande majorité de français, suivis par les allemands, les suisses et les néerlandais, souvent venus à pied de leur pays. En mai et juin, on rencontre beaucoup de jeunes retraités,c4f1084a4642df10a2e2fb2e47054ca2.jpg qui vont ou envisagent d'aller jusqu'à Saint Jacques avec comme objectif d'y arriver le 25 juillet, fête de l'apôtre. L'été, on trouver plus de personnes en groupe, qui font le chemin par morceaux faute de pouvoir y consacrer deux mois d'affilée.

    Cette diversification apparente masque en fait une très grande homogénéité des marcheurs. Bien sûr, il y a les vrais pélerins, animés par leur foi ou soucieux de la conforter, il y a les simples randonneurs, heureux de découvrir la France à pied...mais au fond tous ces marcheurs pour l'essentiel appartiennent aux classes sociales moyenne ou aisées. Il y a peu d'ouvriers, on est très loin de la France black, blanc, beur...

    c31b30d87550a85e2f90971afff83e7c.jpg


    Tout au long du chemin, le pélerin est à peu près certain de ne rencontrer que des semblables ou presque, la rencontre avec l'autre si célébrée par les dévôts du pélerinage est à peu près sans risque. Le pélerinage est une période de retrait du monde ou plutôt une plongée dans un mode révé, un monde sans conflit, soucieux de l'environnement, de spiritualité, de convivialité, de fraternité...

    Le monde réel est là à côté du chemin mais on ne le voit pas, on l'entr'aperçoit avec dédain au détour d'une traversée de ville, le plus vite possible.

    Oui, le Chemin de Saint Jacques est une sorte de bulle confortable et rassurante.

  • Un chêne sauvé de la tempête

    Tout le monde se souvient des tempêtes de fin 1999 : Lothar, le 26 décembre puis Martin, les 27 et 28 décembre.

    Les adeptes du dérèglement climatique y voient le prologue de ce que va subir notre XXIéme siècle.

    En Charente-Maritime, c'est Martin qui a sévi, 198 km/h à La Rochelle.

    Depuis nous avons perdu notre petit airial. Un airial c'est dans les Landes une clairière plantée de feuillus (chênes, châtaigniers, arbres fruitiers...) enserrée dans une pinède et où sont regroupés les bâtiments d'habitation et d'exploitation.

    Notre pinède et son airial, du côté de Montendre, "Les chataigniers", a vu tous ses pins tombés au sol ou décapités. D'un seul coup, l'horizon s'est dégagé, le chemin de fer est devenu plus audible. Et surtout le grand chêne qui nous a vu vieillir, nous balancer, a abrité nos ripailles l'été, s'est penché sur le côté, à moitié déraciné!

    Pierre a décidé de laisser faire la nature, les arbres tombés sont restés sur place, il a seulement à nouveau dégagé le chemin pour accéder à l'airial.

    Que faire du chêne? Il voulait vivre! Un peu de terre sur les racines pour améliorer son ordinaire et il a passé l'hiver puis l'été, a refait des pousses.

    Alors pour le sauver "définitivement", Pierre l'a doté d'un "accoudoir" en pierres.

    56b4cd7dc121388d018b4b5b1ee34143.jpg


    Depuis, le chêne abrite de nouveau nos réunions de famille et nous procure l'ombre indispensable à nos siestes réparatrices. Les chataigniers autrefois dominés par les pins les ont remplacés. Notre airial est vraiment bien nommé!

  • La Passione de Caldara

    C'est le programme que nous propose le Festival de musique de La Chaise-Dieu en ce dimanche après-midi à l'abbatiale.

    On s'habille un peu et à quinze heures on retrouve avec plaisir les bancs de l'église fondée par Saint Robert. L'affiche n'a pas fait le plein, il reste quelques places dans les stalles. Dommage, les absents ont bien tort. La Cappella de Turchini, un ensemble à cordes napolitain dirigé par Antonio Florio va nous offrir une heure et demi de bonheur et d'émotion.

    Antonio Caldara (1670-1736) était vénitien et exerçait la fonction de Maitre de chapelle à la Cour de Vienne en 1729, date de création de sa Passione. La Passione di Gesù Cristo Signor Nostro est un oratorio interprété par cinq jeunes chanteurs. Il y a Pierre, Jean, Marie-Madeleine et deux récitants, du haute-contre à la basse.

    ea32a39837f5db9667e653d9cd151a24.jpg


    Le livret est de Pietro Trapassi, dit Metastase (1698-1782). Pierre est seul plein de remords, il se demande pourquoi le soleil ne quitte pas les ténébres alors que la terre tremble, son maître a t'il pu échapper à ses bourreaux? Et puis, il rencontre Jean et Marie-Madeleine, encore sous le choc de ce qu'ils viennent de vivre, qui lui content la passion de Jésus, les larmes de sa mère Marie qui se mêlent au sang de son fils.

    On connait l'histoire, bien sûr, mais l'émotion est là, celle du calvaire d'un homme injustement condamné vécu par ses proches, lesquels se retrouvent seuls sans guide, comme des brebis sans berger, un vaisseau sans pilote, et qui vont devoir tracer leur propre route...

    Il y a pour évoquer les trompettes de Jéricho un beau solo de trombone à coulisse au milieu de toutes ses cordes...

    Longs applaudissements bien mérités et on ressort serein pour constater qu'une petite averse a arrosé le village mais que le soleil est là, La Chaise-Dieu semble remplie de gens heureux.

  • Festival de musique de La Chaise-Dieu

    Samedi 18 août 2007. Il fait beau et froid à La Chaise-Dieu. C'est aujourd'hui que la 41ème édition du festival fondé par les Cziffra père et fils s'ouvre avec les Vêpres de Monteverdi.

    Comme à chaque édition les armes de l'Abbaye royale de La Chaise-Dieu ont été hissées sur la Tour Clémentine.

    e03584a61acd4b9c381eb21e83d54dd9.jpg


    Elles associent les roses des Beaufort, la famille du pape Clément VI, ancien moine casadéen sous le nom de Pierre-Roger, qui décida de construire l'abbatiale actuelle pour en faire son tombeau, et les fleurs de Lys du Royaume de France.

    La terrasse du Bar de la fontaine est pleine, les galeries ont retardé leur heure de fermeture...

    Dans le cloître, les tables sont dressées pour servir le champagne à l'entracte et l'ensemble "les cuivres romantiques" offre quelques éléments de son répertoire dont la marche triomphale de Berlioz.

    d88142fc3180f8c8abb0d247d0d3203e.jpg

    Tous les volontaires qui travaillent d'arrache pied depuis trois jours sont en place pour accueillir les festivaliers.

    Le festival peut commencer..

  • Le chemin des Béates

    C'est un joli nom les Béates! Il s'agit d'une institution créée par Anne Marie Martel en 1670, une ponote. Les Béates, rattachées à la Congrégation des filles de l'instruction du Saint-Enfant Jésus, 0c413079df8bd730c436557efd89143b.jpgsans avoir prononcé leurs voeux, et donc laïques, ont eu un rôle d'enseignement et d'assistance dans les communautés rurales du Forez, en particulier de Haute-Loire. Ces jeunes femmes, formées par des religieuses, apprenaient le catéchisme, la lecture, l’écriture ainsi que le calcul aux enfants et la dentelle aux femmes du Velay.
    Aujourd'hui, on peut s'imprégner de l'esprit de l'époque en parcourant le PR 138 qui part du Hameau de Baissac sur la commune de Craponne sur Arzon, aux confins de la Haute-Loire, de la Loire et du Puy de Dôme.

    12,5 km à travers les prés bien verts en cette saison, les champs de blé en cours de moisson, les pinèdes. On emprunte d'abord le Chemin de César, puis on descend rejoindre l'Ance et le moulin de Mistoux. Là, il faut quitter un moment le sentier, complètement envahi par les herbes hautes, et passer par Pontempeyrat, village à cheval sur la Haute-Loire et la Loire , qui tiendrait son nom de la présence d'un pont gallo-romain. On remonte vers Polagnac et Ranchoux. A Aubissous, on peut visiter la chapelle, sur les hauteurs du hameau. Il y a une vierge noire fb1f2b147da28904a8e9e8fa75c8bc49.jpgassez naïve. A Rochette, il faut s'arrêter à la maison d'assemblée, b43c423cf49979d4880e1cc4e01e316a.jpglà où opéraient les Béates . Le temps semble s'y être arrêté.

    3344ff130e1e710d88ea4212651ca0b4.jpg
    Il est sans doute encore temps de sauver ce témoin du patrimoine rural et de le mettre en valeur.

    Pour en savoir plus sur les béates, on peut lire "Un voyage au pays des béates" chez De Borée Gérard Tisserand Editions.

  • Larresingle, fruit de l'amitié franco-américaine

    Larresingle est un petit village fortifié du Gers à 5km de Condom. Il est surnommé la petite Carcassone du Gers. Je l'ai découvert cet été en parcourant le GR 65 qui mène à Saint Jacques de Compostelle en venant du Puy. Il faut certes faire un petit détour mais la visite effectuée on retrouve assez facilement le chemin avant de franchir le Pont d'Artigues.

    e688cfb55b7690f1317c93dde6baf703.jpg


    Fief des abbés puis des évêques de Condom du XIème siècle jusqu'à la révolution, Larresingle a périclité au XIX siècle au point à la fin de la guerre de 14-18 de menacer ruine.

    C'est là qu'intervient le Duc de Trévise, Edouard Mortier dans le civil, descendant du Maréchal Mortier, 6f9f8f5742df87cd38752d798c532723.jpgqui "découvre" Larresingle à la fin de 1920. Il fait appel aux pouvoirs publics pour sauver ce patrimoine architectural mais en vain. La France est épuisée par la Guerre.

    Notre Duc se tourne alors vers des mécénes américains, fonde une association "La Sauvegarde de l'Art Français", mobilise de généreux mécènes de Boston , qui créent un comité de sauvegarde, achètent les maisons en ruine, les restaurent puis les restituent en 1938.

    D'autres travaux, à l'inititiative de l'Association des amis de Laressingle sont conduits qui redonnent à Larresingle son visage d'autrefois.

    Aujourd'hui, Larresingle accueille 120000 visiteurs par an, la veille de ma visite, mi août, 3800 visiteurs avaient été enregistrés par le laser situé à l'entrée du village.

    Je conseille de venir le matin de bonne heure, avant l'ouverture des magasins de souvenirs en tout genre et des terrasses de café. C'est le meilleur moyen d'admirer les belles pierres dans un air encore vif.

    En 2001, Larresingle, a fété le 75ème anniversaire de l'engagement de sa restauration. Ses habitants sont partis à la recherche des descendants des bostoniens qui se sont impliqués dans cette belle entreprise.

    afff06146cb6abd8bfc043825a32bb49.jpg


    On ne dira jamais assez combien nous devons à nos amis américains.

  • "Le Monde" l'été

    Avec le 15 août, le creux de l'été est passé. La pénitence que nous inflige, Le Monde, notre quotidien habituel, va bientôt se terminer.

    Elle est en général annoncée vers la fin du mois de juin par cette petite phrase à la fin de nos chroniques habituelles : cette chronique s'interrompt et reprendra...en septembre!

    Petit à petit, le nombre de pages diminue. Depuis quelques semaines, il est réduit à 22 ce qui constitue un progrès par rapport aux années précédentes où il a pu descendre jusqu'à 16, voire moins! A titre de comparaison, le New York Times de ce jour propose pas moins de 70 pages et la Frankfurter Allgemeine Zeitung 46!

    Une bonne partie du journal, a priori destiné en sa qualité de quotidien à décrire et commenter l'actualité, est dédié à des sujets magazine, pas inintéressants au demeurant, qui font l'objet de grandes photos et de titres en gros caractères, ce qui a sans doute la vertu de réduire le travail d'écriture.

    Il y a une page entière consacrée à la météo et aux jeux...

    Heureusement la bande dessiné de Serguei est déjà terminée, on aime ou on n'aime pas! Je n'ai pas aimé.

    Et le bouquet, c'est le feuilleton littéraire de Marc Dugain, les vitamines du soleil. La lecture du résumé vous dissuadera définitivement d'en poursuivre la lecture.

    Vivement le mois de septembre!