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Cas@d€i - Page 128

  • Cèdres du Liban

    Pas vraiment de chronique aujourd'hui, mais un nouvel album de photos de cèdres qui illustrent un poème de Nadia Tueni.

    Ce cèdre qui est au coeur du drapeau libanais sur un fond blanc qui illustre tout à la fois la pureté et les neiges du Mont Liban. Les deux bandes horizontales de couleur rouge sont là pour rappeler le sang des martyrs...

    Ce cèdre qu'on trouve déjà dans l'épopée de Gilgamesh , héros légendaire sumérien, dont une statue se trouve à l'entrée de la réserve d'Ehden :3c51e5b905f5e476b634db47c2f8fbda.jpg
    Gilgamesh prend sa hache et se met à couper un cèdre. Sa chute fait un bruit assourdissant. Lorsque Houmbaba l'entend, il s'écrie furieux : «Qui a pénétré dans la forêt et a porté la main sur les arbres qui poussent sur ma montagne? Qui a coupé le cèdre?»

    Depuis, la hache n'a cessé son travail. Il y a heureusement quelques réserves, commes celles d'Ehden et de Barouk.

  • Bonnes du Liban : comment avancer?

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que Beyrouth n'a pas apprécié du tout l'article de Dominique Torrès dans Le Monde de la semaine dernière, titré "Liban : Bonnes à vendre" et encore moins le reportage de France 2 de la même Dominique Torres, intitulé : "Liban - le pays des esclaves". La réaction de Maria Chakhtoura dans L'Orient le Jour de ce samedi en témoigne : Déformer n'est pas informer.

    L'arbre ne doit pas cacher la forêt, il n'y a pas de fumée sans feu... faut-il pour faire avancer une cause caricaturer au risque de déformer, le débat ne sera pas clos encore cette fois.

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    La seule certitude, n'en déplaise aux bonnes âmes employeurs de bonnes d'Achrafieh et d'Hamra, c'est que les bonnes ne relèvent pas au Liban du code du travail. Il faudrait commencer par changer cela mais cette revendication ne figure pas dans la pétition qui circule sur Internet et invite Dominique Torres à venir s'entretenir avec les bons employeurs. Y a t'il une pétition des bonnes, ont-elles pu regarder la télévision?

    Dans une société il faut des règles, pas seulement des bons sentiments, et les règles le Liban n'en pas et quand il en a il ne les applique pas!

  • Ubu Roi

    La pièce est donné au Théatre Montaigne à l'Espace des lettres de l'Ambassade de France au Liban jusqu'à samedi soir. Un bon plan compatible avec les finales de rugby puisque la pièce dure seulement une bonne heure à partir de 20 heures.

    C'est à la base une mise en scène pour un public scolaire et donc les spectateurs adultes devront être assez bon public pour apprécier la sollicitude dont ils feront l'objet de la part de la troupe Arcinolether de 4 acteurs français et libanais sous la direction de Christophe Cotteret.

    Ubu a donné l'adjectif ubuesque et celà l'est! La pièce d'Alfred Jarry date de 1896 et elle est prémonitoire du XX siècle.

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    Prise du pouvoir, dictature, et chute du tyran sont les trois actes de la pièce. Le décor est remplacé par des vidéos qui font des parallèles entre Ubu et les grands dictacteurs du siècle passé : Hitler, Mao, Mussolini, Pinochet, Staline. Il manque ceux de la région...

    Tout cela est assez simple mais se veut pédagogique, allez un bon début de soirée! et place au jeu...

  • Grève de transports amoureux

    Ce jeudi matin 18 octobre, l'Orient le Jour qui nous tombe souvent des mains, obligé qu'il est de nous rapporter les propos éculés des participants à la joute présidentielle libanaise nous a ravis.

    Pinter, caricaturiste, a tapé dans le mille en ce jour de grêve des transports et d'annonce du divorce de Cécilia et Nicolas.

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    Bravo l'artiste!

  • Palestine : la spirale infernale

    Au delà de ce que nous montre à intervalles réguliers la télévision, il est utile de prendre un peu de recul pour réaliser ce qui se passe dans les Territoires palestiniens. Bien sûr, il y a pire dans d'autres endroits du monde, mais ici, le drame est que cela se passe alors même que cette région fait l'objet de toutes les attentions de la communauté internationale.

    En 2006, le Pib/tête était de 1129 USD, un tiers de moins qu'en 1999. Surtout la Palestine perd sa substance économique. L'activité économique n'est tirée que par la consommation des ménages et celle de l'autorité palestinienne, financées par les transferts de la diaspora et l'aide internationale qui n'ont jamais été aussi élevés. Les autres moteurs de la croissance sont en panne, exportations, investissements public et privé.

    Les entreprises ferment ou se délocalisent en Egypte ou en Jordanie, les élites et les capitaux fuient.

    La population qui reste n'a aucune opportunité à saisir sauf à parvenir, à quel prix, à s'enroler dans la fonction publique dont les effectifs ont cru de 60 % en 7 ans. Le taux de chômage des jeunes est de 60 %, le taux de participation des femmes au marché du travail de 15 %, un des plus faibles dans le monde, 80 % des élèves ont de mauvaises notes en mathématiques, les 3/4 de la population seraient déprimés...

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    source : banque mondiale

    A Gaza, depuis la prise de contrôle du Hamas, c'est pire, c'est littéralement l'asphyxie, de quoi démontrer aux apôtres du protectionnisme qu'il est impossible à une petite entité économique de se développer en dehors de toute ouverture économique, un cas d'école.

    Avec les restrictions croissantes, mises pour des raisons de sécurité par Israël, au mouvement des personnes et des biens, les territoires palestiniens se transformeront bientôt en véritable camp de réfugiés sous perfusion d'une aide internationale qu'il est difficile d'appeler aide au développement puisqu'elle ne permet que la subsistance.

    De quoi alimenter toutes les frustrations et les humiliations qui sont génératrices de violence.

    Que faire : appliquer les recettes connues depuis longtemps : Améliorer le climat sécuritaire sans lequel rien ne sera possible, démanteler les restrictions sur la circulation des biens et des personnes, construire une autorité palestinienne efficace.

    Mais pour cela il faut que toutes les parties ressentent la nécessité de coopérer!

  • Des millions EUR pour la Chaise-Dieu en Haute-Loire

    Ce 13 octobre à la préfecture du Puy, signature du contrat de projets entre l'Etat et la région Auvergne pour la période 2007-2013.

    Passons sur la polémique entre Laurent Wauquiez, porte parle du gouvernement, et probable candidat à la mairie du Puy et René Souchon, président socialiste de la Région. chacun accuse l'autre de récupération politique. L'essentiel, ce sont les projets!

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    Et pour La Chaise-Dieu, c'est tout simplement génial : l'Etat s'engage à consacrer 6 millions EUR et la région 1,7 million EUR à la mise en valeur de l'Abattiale fondée par St Robert de Turlande et au projet de développement de ce petit chef lieu de canton de Haute-loire de 700 habitants.

    Le rayonnement européen, voire mondial, de La Chaise-Dieu est à portée de main si cette manne est utilisée à bon escient. C'est là un des enjeux des prochaines élections municipales et cantonales. Bravo en tout cas à tous ceux qui ont contribué à construire un projet qui a su convaincre les bailleurs de fonds et tout particulièrement au Maire de La Chaise-Dieu, Robert Flauraud.

  • Rumeurs

    Aujourd'hui, la presse libanaise indiquait que l'Elysée allait annoncer le divorce entre Nicolas et Cecilia. Le site du Monde relayait l'information dans la journée, soulignant que le porte parole de l'Elysée lors de son point de presse avait refusé de répondre à toutes les questions sur ce sujet.

    Peu importe! Heureusement la France n'est pas l'Egypte. Là-bas, le rédacteur en chef du quotidien Al Dustour, Ibrahim Eissa, qui avait en septembre relayé des "rumeurs" sur l'Etat de santé du Président Moubarak a été condamné à un an de prison. L'Imam de la célèbre univesité du Caire Al Azhar est allé jusqu'à préconiser la fragellation pour les journalistes qui répandent des fausses informations...

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    Ibrahim Eissa

    L'Egypte a vraiment encore beaucoup de chemin à faire. La semaine dernière, on apprenait que le projet de manifeste des Frères musulmans préconisait d'interdire l'accès de la présidence aux femmes et aux coptes et envisageait la constitution d'un conseil de sages religieux pour conseiller l'exécutif. On sait depuis bientôt 30 ans ce que cela donne en Iran.

    Robert Solé dans le supplément littéraire du Monde s'interroge sur la nature du régime égytien : dictature ou pas? Chacun jugera, et on sait que le pire guette.

  • Boulangerie Paul à Beyrouth

    Un des hauts lieu de Beyrouth , c'est la boulangerie Paul, la principale, car on en trouve aussi à l'ABC..., au début de la rue Gemmayzé. Il y a du bon pain, le même qu'à Paris, des tartes au citron, aux pommes, à la rhubarbe, on peut y prendre son petit déjeuner, son déjeuner, son thé l'après-midi, y dîner, du moins je crois. De toute façon, si c'est fermé, toute la rue Gemmayzé offre de quoi se sustenter dans une excellente ambiance...

    C'est assez chic, chez Paul, assez friqué même, mais le chic du chic c'est d'aller chercher sa baguette au sésame ou aux graines de pavot en Honda Goldwing, 1500 cc, 6 cylindres, il y a même des versions avec airbag, entre 20 000 et 25 000 USD...

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  • Partage de l'infini -Ramy Khalil Zein

    Sous la forme d'un roman, Ramy Khalil Zein, auteur libanais, essaie de comprendre comment on devient kamikaze aujourd'hui, dans les Territoires palestiniens.

    On plonge donc dans le quotiien de la famille d'Abou et Oum Hassan, les parents d'Hassan, de Seyf et Khalida. Hassan est mort sous la torture des soldats de Tsahal. Seyf, plutôt épris de paix, peu pratiquant, va par désespoir, pour faire quelque chose, franchir le pas et se faire exploser auprès d'une patrouille israélienne. Rami Khalil Zein imagine, il n'y a par définition que peu de témoignages, l'angoisse qui saisit le kamikaze au fur et à mesure que la décision de déclencher son arsenal approche.

    Leyla, la promise de Seyf, décidera de rejoindre la résistance et finira elle aussi, pour l'amour de Seyf, par se faire exploser au détriment de la vie de Haïm, réserviste israélien épris de pacifisme. Je déflore un peu l'énigme du roman mais il y a rapidement peu de doute sur le devenir des personnages.

    Alors on compend le désespoir qui saisit cette famille de Naplouse, dont la maison, centenaire, va être détruite en représaille par Tsahal sous la conduite de Ron, le frère de Haïm. Le roman est très bien situé géographiquement, puisque Naplouse est réputée pour avoir suscité plusieurs vocations de kamikases palestiniens.

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    On comrend les humiliations, les frustrations que subissent depuis 40 ans les familles de ces territoires occupés que les deux parties en cause estiment être leur terre sainte. On vit les barrages, les files d'attentes, les fouilles, les suspicions, les rabrouements, l'inactivité, on se prend de compassion pour cette famille endeuillée qui vaque entre cimetière et mosquée...

    On ne voit pas les dissenssions qui prévalent dans les cercles dirigeants, mais aussi chez les militants et in fine la population, entre Hamas et Fatah. On devine l'ambivalance de la société israélienne avec les portraits esquissés des deux frères réservistes, Ron, le colon et Haïm, le pacifiste.

    On voit bien comment des résistants palestiniens peuvent habiller du drapeau le désespoir d'une jeune femme qui se suicide plus par amour que pour la cause, malgré l'inévitable vidéo...

    Un livre questionnant, qui n'apporte pas de réponse, pas un livre militant, et, sur ce sujet, c'est essentiel, à lire donc. Mais j'aimerai bien savoir pourquoi, diable, ce livre est intitulé partage de l'infini.

  • Les bonnes du Liban

    Belle dénonciation dans l'édition du Monde du 11 octobre de la situation des bonnes au Liban. L'article fait un tabac ici. Chacun, chacune le passe par mail à son réseau. C'est fulgurant.

    Le lecteur du Monde va retenir que les bonnes en provenance du Sri lanka, des Philippines, d'Ethiopie, sont sous payées, de 150 à 250 USD par mois, privées de leur passeport,parfois battues, quelques unes violées et poussées au suicide.

    Le tableau dressé est sans doute trop sombre, le procès trop à charge, l'auteur de l'article a bien sûr comme c'est la règle dans ce genre de reportage retenu les témoignages qui viennent étayer la thèse qu'il entend défendre.

    Chacun d'entre nous ici a rencontré chez des amis des bonnes bien traitées, payées correctement, qui ont la liberté d'aller et venir. Ce qui ne signifie pas que les abus décrits ne soient pas nombreux mais sont-ils la règle?

    Sinon comment expliquer, le téléphone arabe existant aussi en Afrique et en Asie, qu'il n'y ait pas au Liban pénurie de bonnes. comment expliquer que mal payés, mais le salaire minimum au Liban n'est que de 200 USD, non nourri, non logé, les travaileurs immigrés en général, parviennent à adresser chaque année plus de 3 Mds USD à leur famille à l'étranger?

    L'avantage du Liban c'est que ce sujet est débattu, connu, exposé librement et que les ONG qui défendent ces femmes peuvent le faire sans être inquiétées par les autorités. L'action de Caritas au Liban en témoigne.

    Un petit tour sur le net montre qu'il ya près de 10 ans, Michael Young consacrait à la situation des immigrés, et donc des bonnes, mais aussi des travailleurs syriens, des réfugiés irakiens, de tous les palestiniens, qui comme réfugiés n'ont pas le droit même de travailler, un ouvrage bien documenté.

    La situation est donc effectivement scandaleuse mais elle bien plus transparente que dans d'autres pays d'Afrique, d'Asie, du Golfe...même si ce n'est une consolation pour personne.

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    Quand j'étais gamin, il y a 40 à 50 ans, en France, il y avait encore dans ma famille des bonnes, bretonnes, auvergnates, espagnoles. On s'entendait bien et j'en garde de bons souvenirs aujourd'hui. Je pense à elles quand sur la corniche je vois une petite philippine jouer à la balle avec des petits libanais ou les aider à faire du vélo...eux aussi auront j'espère de bons souvenirs...