Manu Dibango
Merci, Merci, Merci! Nous avions eu le bonheur de le voir à Jazz in Marciac l'été dernier.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Merci, Merci, Merci! Nous avions eu le bonheur de le voir à Jazz in Marciac l'été dernier.
Cinquième jour. Le Pont Chaban-Delmas est désert ce matin. Je suis allé courir les 2 km autorisés, pas sur les quais de la Garonne, c'est désormais interdit, et même barriéré, mais le long des immeubles. Une voiture passe de temps à autre, les trams sont vides, leur cadence sera réduite la semaine prochaine, toutes les vingt minutes, et le trafic ne commence qu'à 6:30 pour s'arrêter à 20:30, une difficulté de plus pour les soignants qui habitent souvent loin du centre et travaillent en horaires décalés.
La rue Notre-Dame pas loin de chez nous est vraiment villageoise, peu de monde, la plupart des commerces fermés, sauf le marchand de légumes, la petite boulangerie, bio coop... on entend les oiseaux, les conversations dans les appartements, d'une certaine façon c'est charmant...Ailleurs c'est le silence.
A la maison, on fait plus de cuisine, de lecture, de rangement, on a une liste de tâches à effectuer chaque jour, trier l'épicerie, nettoyer le micro-ondes, le frigo...on en a pour trente jours de tâches, de confinement on ne sait pas!
Bon courage à tous et toutes.
Ce n'est pas une relecture mais un découverte. J'ai mis longtemps à m'y mettre et si vous êtes comme moi allez y, surtout en cette période de confinement. Les éditions Points ont retenu une version courte, Tolstoi a publié ce roman d'abord en feuilleton puis en plusieurs éditions toutes différentes. Cette version, ramassée, met l'accent sur les aspects romanesques au détriment de passages philosophiques prétendument trop longs.
Peu importe, c'est une oeuvre brillante et attachante que l'on abandonne une fois lue avec regrets tant les personnages au fil des pages nous sont devenus familiers.
Il y a bien sûr l'aspect historique, les conquêtes de Napoléon en Europe, Austerlitz, Borodino, la prise de Moscou, son incendie et la débâcle des français. L'opposition entre deux empereurs. L'un issu de la révolution française, Alexandre porté par une aristocratie rétrograde, autant que brillante.
Il y a les batailles, sabre au clair, les stratégies militaires, dont Tolstoi nous explique qu'elle ne sont qu'apparentes, bricolées par les circonstances, l'essentiel étant de faire peur à l'adversaire pour qu'il fuit... les mesquineries entre les généraux, des deux côtés, la recherche de la gloire, des places, des honneurs, la misère des blessés...
Il y a les salons de l'aristocratie russe à Petersbourg, on y parle français, on y est bienveillant chez les Rostov, fiers chez les Bolkonski,il y a les mariages à arranger, les dots à saisir pour les nobles désargentés, les planques dans les Etats-majors pour les fils de bonne famille, les vrais héros romantiques comme le prince Andrei, les bandits comme Dolokhov, les illuminés comme Pierre Bezooukhov, héritier richissime qui ne parvient à rien faire de sa vie, même si c'est une pure intelligence, les francs maçons, les grenouilles de bénitiers, les serfs oppressés par leur maîtres tout puissant.
Il y a du fatalisme chez Tolstoi, l'homme est le jouet du destin et n'a guerre de prise sur lui. on vit, on meurt, on flirte, on se bat, on trahit, on pardonne...mais on ne fait pas l'histoire.
Et il y a de la poésie :
"Comme les nuages glissent paisiblement, pendant que nous sommes là, à courir, lutter et crier. Pourquoi n'avais-je encore jamais remarqué la profondeur du ciel ? Comme je suis heureux d'avoir découvert cela. La guerre, la gloire, toutes ces choses auxquelles j'aspirais tant n'ont plus aucun sens. Tout est vanité, tout est tromperie, hormis l'immensité du ciel." Le Prince Andrei blessé sur le champ de bataille à Austerlitz.
Pendant l'allocution de Macron, sur le covid19 nous étions tranquillement ou inconsciemment au Théâtre National de Bordeaux Aquitaine pour assister à la représentation d'Antigone par un troupe d'acteurs ukrainiens et russes. C'est cela les abonnements. La salle était pleine de jeunes scolaires et de retraités, personnes vulnérables. Mais qu'importe, le spectacle en valait la peine.
Antigone est toujours un texte très moderne même si dans cette mise en scène un peu rude, Créon nous est apparu très cruel, pas du tout tourmenté par le dilemme qui fait l'objet de l'intrigue. La musique qui accompagnait la représentation avec parfois des accents punk rock rap est magnifiquement interprétée par le choeur et adapté à la sévérité de l'action.
Pour les ukrainiens, qui se sont révoltés il y a plusieurs années, il est évident qu'Antigone renvoie à la nécessaire désobéissance civile face à l'oppression. Antigone est et restera actuelle longtemps!
Une excellente soirée.
Très beau Livre! Dans ce récit, Olivier Rolin qui s'est retiré depuis quelques années à Port-Soudan, loin de l'agitation parisienne, où il y survit de petits trafics, apprend la mort d'un de ses amis de jeunesse, à Paris.
Il décide d'aller à Paris. et il enquête sur les dernières années de son ami. Auprès de sa femme de ménage, des voisins, il arpente le jardin du Luxembourg, il se rend à l'hôpital psychiatrique ou a séjourné son camarade, il évoque leurs années de révolutionnaires, sa dernière compagne, très jeune, habillée de blanc et de noir, qui a quitté son ami brutalement. La séparation, c'est pire que la mort, une espèce de trahison.
C'est très beau, très bien écrit.
Agréable à lire, j'ai toujours rêvé sans y parvenir, de maîtriser la mécanique quantique, de comprendre la différence entre relativité restreinte et relativité générale.
Ce petit livre qui alterne passages scientifiques et petite histoire aide à s'approcher de cet objectif. J'entame la deuxième lecture et je comprends de mieux en mieu : la différence entre énergie, charge, intensité, proton, électron, matière antimatière.
Cela reste difficile, la lumière est ainsi une onde mais aussi un faisceau de particules, en mécanique quantique, rien n'est sûr, il n'y a que des probabilité et parfois pas de solutions...
Je recommande,
et je recommande aussi au passage d'aller voir au cinéma La Llorana un très beau film qui met en scène un huis- clos entre la famille d'un dictateur guatémaltèque déchu mais blanchi par un tribunal complaisant du crime de génocide et le peuples maya avec en filigrane une légende de pleureuses...
Désolé, ce livre pas encore été traduit à ma connaissance en français. IL s'agit d'une vaste fresque qui analyse à partir de l'histoire des Etats sur l'ensemble des continents la relation entre l'Etat et la société.
Tous les cas sont possibles il peut y avoir une société forte sans Etat, c'est le cas de certaines sociétés dites primitives, comme les Tiv, un Etat fort sans société, la Chine de Mao par exemple. L'idéal est de se déployer au sein d'un étroit corridor où les pouvoirs de l'Etat et de la société se renforcent simultanément et se contrôlent mutuellement. C'est le parcours des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de bien d'autres.
Tous les cas de figure sont abondamment commentés appuyés sur des faits historiques et la leçon à retenir est que la vigilance s'impose, un pays peut sortir du corridor, la république de Weimar, par exemple, et il est difficile d'y rentrer.
En France, il nous faut être attentif à équilibrer constamment pouvoir croissant de l'Etat et pouvoir de la société, des corps intermédiaires, autrement la sortie de route est possible. A bon entendeur...

En ordonnée le pouvoir de l'Etat, en abscisse, celui de la société
Un bon film d'immersion, l'attention ne se relâche pas une seconde, de très belles images. Mais c'est peu réaliste pour décrire la guerre de 1914 et l'enfer des tranchées. peu crédible d'envoyer deux jeunes caporaux traverser les lignes ennemies pour porter un message il y avait sans doute d'autre moyens. Peu crédible d'arrirer à accomplir cette mission impossible. Pas un mot sur le ressenti des appelés à l'égard d'une hiérarchie militaire aujourd'hui largement déconsidérée. Des alternances de paysages dantesques et de prairies verdoyantes peu réalistes. Une rivière qui ressemble à grand gave en montagne avec des remous et des rapides... une scène surréaliste dans un village en ruine avec une jeune femme et un Bébé...
J'ai tout de même pensé pendant tout le film à mon grand-père et ses frères...
Hier je prends le train à Bordeaux pour me rendre à Paris et retour et je m'aperçois que j'ai oublié ma tablette où je lis en ce moment The narrow corridor un ouvrage de deux américains sur la démocratie à travers les âges et les pays. Heureusement, il existe encore quelques bons livres dans les librairies des gares. J'ai donc lu dans la journée Souvenirs dormants.
Modiano a créé un genre, les souvenirs éparpillés qu'il recolle en général dans le Paris d'après-guerre. On a le sentiment qu'il y a une intrigue mais on ne saisit pas vraiment ses ressorts et à la fin on a le sentiment de n'avoir rien compris. Ce n'est pas grave, la lecture était agréable car à mon âge c'est un peu comme lire Je me souviens de Perec, on retrouve des réminiscence de ses propres souvenirs. J'ai fait de fait un excellent voyage. Je recommande vivement.
C'est grâce à Christian Bobin que j'ai découvert Marina Tsvetaeva. Il l'évoque en deux pages dans son petit livre "Un bruit de balançoire".
Regardez bien ce visage. C'est celui d'une martyre.
Marina Tsvetaeva est une poète russe née en 1892 et décédé en 1941. Sa vie est une descente aux enfers. Son père a été le créateur du Musée des beaux arts de Moscou, sa mère une grande musicienne. Elle se marie très jeune et aura trois enfants. La révolution de 1917 la touche de plein fouet. Son jeune mari Serguei s'engage dans l'armée blanche, elle reste éloignée de la politique, trop indépendante d'esprit, pour elle, seule sa vie intérieure, son âme, importe et la protection de son mari et de ses enfants. La faim les menace, elle tue : sa fille cadette meurt de faim dans un orphelinat, elle s'exile en Tchécoslovaquie puis à Paris, survit en faisant des traductions en vers rimés mais elle échoue à s'intégrer dans l'émigration russe et dans les cercles littéraires de Paris.
Serguei peu à peu se rapproche des valeurs soviétiques au point dans les années trente d'intégrer les services secrets soviétiques pour espionner l'émigration. Marina n'en sait rien toute concentrée qu'elle est à écrire -, traduire, élever ses deux enfants, pourvoir aux besoins du ménage (corvée de charbon, ménage, cousin , couture...) pour lequel Sergueii, tuberculeux, apporte peu de ressources et d'aide.
Elle est sujette à des engouements successifs, la plupart du temps platoniques, envers des hommes et des femmes sur lesquels elle fait une fixation amoureuse, le plus souvent sans retour et va donc de déception en déception.
Et puis son mari est impliqué dans l'organisation de l'assassinat d'un transfuge vers l'ouest d'un soviétique et est exfiltré en Russie par le NKVD. Sa fille, Alia, puis Marina et son fils Nour sont eux aussi exfiltrés en 1939 à Moscou et là Beria fait arrêter sa fille puis son mari dans le but d'organiser un de ces procès dont la Russie a le secret.
Sa fille Alia finira par avouer sous la torture l'appartenance de la famille aux services secrets français, Serguei n'avouera jamais. Il sera fusillé en 1941 sans que Marina le sache et Alia envoyé au goulag d'ont elle ne reviendra qu'en 1955.
Acculé à la misère, sans aucune perspective, sans personne à protéger, Marina se pend dans l'appartement en Aout 1941. Son fils Nour va mourir sur le front en juillet 1944. Alia qui restera fidèle aux valeurs soviétiques rassemblera son oeuvre et toute sa correspondance et décédera en 1975.
Tzvetan Todorov en a extrait ses confessions en un livre poignant et passionnant de bout en bout.